Mes lectures

Le système Victoria – Eric REINHARDT

          La vie de David bascule le jour où il aborde Vicoria dans une galerie marchande. David est marié et cette femme va devenir sa maîtresse. Moins d’un an après, elle trouve la mort et David se retire dans un hôtel perdu de la Creuse, bouleversé par le rôle qu’il a joué dans cette histoire.

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          J’attendais beaucoup de ce livre dont l’histoire me paraissait intéressante et dont j’avais entendu dire le plus grand bien de toute part. Ca ne m’avait pourtant pas empêché de le laisser un peu mariner dans ma bibliothèque, ne manquant pas d’autres lectures. Je me suis finalement lancée il y a peu, pleine d’enthousiasme, quasiment sure de tenir là un grand roman. Comme souvent dernièrement, j’ai vite déchanté. J’en viens à me demander si ce n’est pas juste moi qui suis mal lunée en ce moment… Toujours est-il que je n’ai pas du tout accroché.

          Au début du roman, on regarde David suivre Victoria pendant des heures dans un centre commercial. La situation est aussi improbable que dénuée d’intérêt. Les cent premières pages sont entièrement consacrées au désir de cet homme – dont on se contrefout – et ont mis mes nerfs à dure épreuve. J’ai eu beau insister, rien à faire, impossible de m’intéresser à cette histoire à laquelle je n’ai pas cru une seconde. Sans compter que j’ai trouvé le style assez plat et plutôt froid. L’ennui fut tel (assorti d’une petite pointe d’agacement, admettons-le) que j’ai fini par abandonner lâchement. Une déception. 

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Quand vous vous trouvez, en compagnie de quelques-uns de vos semblables, tout en haut de la pyramide, et c’était le cas de Victoria, personne n’est susceptible de vous causer des ennuis, vous êtes payé pour en créer aux autres par les contraintes que vous imposez et par les stratégies que vous mettez en oeuvre.

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D’être possédé par l’autre nous rend à nous-même.

Cinéma

Mud – Sur les rives du Mississippi

Drame américain de Jeff Nichols avec Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Lofland

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          Ellis et Neckbone sont deux adolescents qui écument les rives du Mississippi. Un jour, ils découvrent lors de l’une de leurs escapes un fugitif caché sur une île au milieu du fleuve. Cet homme, c’est Mud, aussi étrange que fascinant. Ils vont décider de l’aider à retrouver la femme qu’il aime et à s’enfuir avec elle.

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          J’aime beaucoup ce genre de films, à la fois film d’initiation et hommage à la nature, dans la lignée de classiques de la littérature américaine comme Huckleberry Finn ou Tom Sawyer. Et puis Matthew McConaughey est un acteur aux choix parfois discutables mais qui est aussi capable du meilleur, j’avais donc très envie de le revoir dans un rôle intéressant. Je me suis donc précipité dans les salles dès la sortie de ce film( avant de mettre deux bonnes semaines à vous en parler…). Bizarrement, je ne sais pas trop que dire de ce film que j’ai aimé et qui m’a pourtant un peu laissée sur ma faim, qui correspondait à mes attentes et m’a pourtant surprise. Etranges contradictions.

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          Sur l’aspect nature, les paysages du Mississippi, cette vie un peu hors du temps, je dirais que le film est une vraie réussite et va même plus loin que ce que j’attendais. L’aspect initiatique est également très bien traité, avec ses deux adolescents qui passent en l’espace de quelques jours d’une enfance protégée et un rien idyllique aux dures réalités de l’âge adulte. C’est fait avec beaucoup de subtilité et on échappe aux clichés et aux réflexions moralisatrices qui accompagnent généralement ce type de sujet. Pourquoi mon étonnement alors si les deux aspects majeurs du film ont plus que comblé mes attentes ?

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          Le personnage de Mud m’a déroutée. Je le pensais extravagant, finalement, pas tant que ça. C’est surtout un ado coincé dans un corps d’adulte, un gars un peu paumé qui n’a pas les deux pieds dans la réalité. Je m’attendais à des situations cocasses, à quelque chose de drôle et léger, mais la réflexion qui se construit autour de Mud est bien plus grave qu’il n’y paraît. Le personnage est attachant, plein de contradictions mais m’a mise vaguement mal à l’aise. Une de ces personnalités au charme déroutant mais dont l’assurance n’est qu’une façade qui cache quelque chose proche des sables mouvants, tant tout semble instable en eux. Matthew McConaughey est brillant dans ce rôle.

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          Le rythme du film m’a également surprise, bien plus lent que ce à quoi je m’attendais. Il prend le temps de poser les choses, et est finalement assez contemplatif. C’est sans doute ce qui m’a un peu frustrée, pourtant, il faut reconnaître que c’est aussi ce qui lui permet d’atteindre une certaine profondeur. Je ne m’attendais pas non plus au suspens qui se crée peu à peu autour de cette chasse à l’homme et qui se rapprocherait presque parfois du polar. Un film multiple, qui mêle les genres de manière inattendue et intelligente. Il faudrait pouvoir aller voir ce film sans a priori, sans savoir ce qu’on va y trouver, pour en apprécier pleinement toute la force. Un film qui ne fait pas de bruit mais nous livre l’air de rien quelques belles réflexions sur la vie et marque sans doute plus durablement qu’il n’y paraît.

Cinéma

La Sirga

Drame colombien de William Vega avec Joghis Seudin Arias, Julio César Roble, Floralba Achicanoy

          La famille d’Alicia a été massacré. Elle fuit a se réfugie chez son oncle, à la Sirga. Elle tente de se reconstruire en aidant son oncle à arranger sa maison pour en faire une auberge qui pourra accueillir des touristes. Le retour de Freddy, son cousin, va raviver ses craintes.

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          J’aime généralement beaucoup le cinéma d’Amérique latine et les critiques sur ce film étaient excellentes, je me suis donc précipitée dans le premier cinéma dès sa sortie. J’ai vite déchanté… On est face à un cinéma lent, lent, leeeeent, trèèèès lent… Dès le premier plan j’ai senti que ça allait être compliqué. Chaque plan est interminable. Et silencieux. On n’est pas loin du film muet. La musique en moins. Cela ne me gêne pas toujours beaucoup mais l’ambiance chargée se prête assez peu à la contemplation. Le contexte est très lourd, entre trafic d’armes et massacres de la population. Toutefois, bien que l’histoire soit intimement liée à cette extrême violence, elle n’est qu’esquissée : un cadavre accroché à un poteau, une crosse de fusil, et c’est tout.

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          La suggestion a parfois du bon mais j’avoue que là c’est vraiment trop subtil à mon goût. J’aurais aimé en voir plus, en savoir plus, en entendre plus. Bref, me faire une idée un peu plus précise d’où je suis et ce qu’il s’y passe. Je n’ai jamais accroché franchement à cette histoire qui est pourtant forte mais exposée de manière trop timide pour qu’on parvienne à y prendre prise. Un dépouillement qui frôle l’ennui. J’ai un peu de mal à comprendre ce que la critique a bien pu trouvé de génial à ce film, certes esthétique mais qui manque d’engagement. C’est dommage, cette Colombie dure et aride est loin des clichés et c’est un plaisir de la découvrir un peu à travers ces images. On aurait aimé un cinéma qui s’affirme plus, à trop faire dans la subtilité, le message est noyé et le spectateur quelques peu perdu.

Mes lectures

Isaac le pirate, les Amériques

           Isaac rêve de gagner sa  vie en vendant ses toiles. Toutefois, son talent de peintre n’est pas reconnu et il vit dans la misère avec sa fiancée. Jusqu’au jour où un homme lui propose de gagner de l’argent rapidement en l’accompagnant pour un petit voyage. Un périple qui va le mener tout droit aux Amériques.

          Isaac le pirate, ce n’est pas récent récent comme BD et c’est avec grand plaisir que je me suis plongée dedans. Je n’aime pas particulièrement les dessins dont je trouve le trait un peu grossier. En revanche, on rentre très facilement dans l’histoire de ce peintre raté qui va devenir pirate malgré lui. Il y a beaucoup d’humour dans le texte et l’aventure est au rendez-vous. On s’amuse aux dépends de ce pauvre Isaac et on ne voit pas le temps passer tandis qu’il s’embourbe dans une situation des plus improbables et que diminuent les chances de le voir retrouver sa fiancée. Si on n’est pas face à une grande BD, ce premier tome donne toutefois envie de lire la suite. Une BD agréable et légère qui fait passer un bon moment.

Mes lectures

Le plus petit baiser jamais recensé – Mathias MALZIEU

          Quand un inventeur dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l’embrasse, la situation s’annonce compliquée. Surtout quand celui-ci a le coeur en miette à cause d’une bombe d’amour qui l’a quittée. Heureusement, un détective génial va l’aider à retrouver sa belle invisible à l’aide de son perroquet dressé pour retrouver les filles un peu trop jolies. Arrivera-t-il à les réunir ?

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          J’avais eu un véritable coup de coeur pour le premier roman de Mathias Malzieu, une plume parfois encore un peu hésitante mais une fraîcheur et une inventivité comme un bol d’air frais dans la littérature contemporaine. Son second roman, mieux construit et mieux écrit, avec pourtant un peu moins de charme mais confirmait largement l’énorme potentiel du charismatique chanteur de Dionysos. Et puis, le troisième roman avait rompu le charme (voir l’article que je lui avais consacré). Je n’y avais pas retrouvé la même poésie, pas la même profondeur derrière la légèreté des mots, il n’y avait plus cette fêlure que j’aime tant chez lui et le tout m’avait semblé plein de bons sentiments et au final assez indigeste. Alors, avant d’ouvrir celui-ci, moi qui suis si réticente face aux histoires d’amour, j’ai eu un peu peur de ne pas retrouver derrière la folie du scénario, cette éraflure qui faisait tout résonner et le faisait sortir du lot.

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          Dès le début, on retrouve l’univers complètement fou de Mathias Malzieu. On ne s’y étonne même plus de croiser une fille invisible et un homme qui promène son coeur brisé dans une boîte, ça fait partie du décor. Mais très vite, j’ai réussi à rentrer dans son drôle de monde, ce que je n’avais pas réussi à faire avec son précédent roman. Les images farfelues qu’il peint les unes après les autres, ne sont que l’expression très imagée de sentiments qu’on a tous ressentis un jour où l’autre et d’un coup, tout paraît tellement limpide, dit avec ces mots-là ! L’histoire est pleine de petites trouvailles et de jeux de mots souvent très bien sentis. Cette histoire d’un homme qui oscille entre deux amours est à la fois drôle et touchante et pose des questions essentielles sur ce que sont l’amour et le bonheur. On le suit avec plaisir dans ses doutes, ses questionnements, ses excentricités aussi. Un personnage aussi loufoque qu’attachant qui n’est pas sans ressemblance avec son auteur. L’histoire sent le vécu et ça lui réussit ! Mathias Malzieu nous livre ici un texte touchant, à la fois drôle et sensible. L’écriture est toujours aussi enlevée et le style atypique mais avec un petit surplus de maîtrise qui en fait ressortir toute la poésie. L’auteur nous livre ici son meilleur roman et confirme sa place parmi les jeunes talents littéraires sur qui il faut compter. Un univers tendre et décalée qui m’a laissée sous le charme. 

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Tu n’es pas obligé de ne plus avoir peur. Il te faut juste accepter de vivre avec tes angoisses et les siennes. Ne pas les ignorer sans pour autant te focaliser dessus. On en est tous là.

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Mi-humains mi-thermomètres au mercure fiévreux, nous regardions partout ailleurs que dans nos yeux.

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C’était une sensation étrange. Comme si je courais après un éternel été sans jamais voir le soleil qui poussait devant ma porte.

Mathias Malzieu

Le plus petit baiser jamais recensé 

Flammarion

157 p. – 17€50

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          Ce roman m’a été envoyé dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Flammarion (comme mes lecteurs assidus le savent, avec moi l’envoi d’un livre gratuit est pourtant bien loin de garantir une bonne critique !). Dans l’ouvrage, l’auteur invente un chocolat au goût de baiser : cacao et orange sanguine. Hugo et Victor, l’excellent duo pâtissier/chocolatier (dont je vous parlais ici), l’a réalisé pour l’occasion ! Et comme ils ne font pas les choses à moitié, les éditions Flammarion en ont envoyé une boîte pour accompagner le roman. Une fine coque en chocolat, un caramel d’orange sanguine et un coeur de meringue à la fleur d’oranger, le tout présenté dans les boîtes/carnets emblématiques de la marque. Un régal pour les yeux et les papilles ! Merci donc aux éditions Flammarion et à Hugo et Victor pour cette délicate attention ainsi qu’à Mathias Malzieu pour son roman qui se dévore comme une friandise.

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          Et pour finir, 5 exemplaires du Plus petit baiser jamais recensé contenant un ticket d’or ont été dispersés en librairie. Ceux qui auront la chance de les trouver ne rencontreront sans doute pas Willy Wonka (quoi que…) mais auront la chance d’assister à une lecture-concert privé. Vous avez jusqu’au 28 avril pour les débusquer !

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