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Tatoueurs, tatoués – le tatouage à l’honneur au Quai Branly

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          Le tatouage, une pratique artistique qui est née dans les sociétés « primitives » où elle revêt des fonctions sociales, religieuses ou mystiques. Une marque indélébile qui a conquis tous les continents et fascine aujourd’hui plus que jamais.

tatoueurs-tatoues          C’est avec beaucoup, beaucoup de retard que je vous parle de cette exposition vue il y a de cela déjà plusieurs semaines. Il faut dire aussi qu’elle dure particulièrement longtemps, ce qui fait que je ne me suis pas trop pressée pour vous en parler. Je ne suis pas franchement amatrice de tatouages, pourtant je tenais à voir cette exposition. Ou peut-être justement pour ça, parce que cette pratique m’échappe un peu et que qu’étant curieuse de nature j’avais envie d’en savoir plus. D’autant plus que le Quai Branly propose souvent des accrochages assez intéressants. Je me souviens notamment d’avoir beaucoup aimé l’exposition Cheveux chéris qui offrait une vision très large de la représentation de la chevelure (ce qui a priori ne me passionne pas vu le temps que je passe à me coiffer).

96049421          Cette fois encore, je n’ai pas été déçue. J’ai de plus en plus l’impression que les expositions du Quai Branly sont souvent plus réussies quand elles se construisent autour d’un thème et vont piocher dans différentes cultures. Celle-ci s’intéresse au tatouage à travers le temps et l’espace. Elle évoque ses origines (diverses) et sa pratique à travers le monde. Différentes cultures utilisent traditionnellement le tatouage et il est intéressant de la signification qu’il recouvre en fonction des lieux et des époques. L’exposition est très bien conçue et surtout très variée. Vidéos, dessins, matériel, affiches : les supports sont pour le moins diversifiés. Quant au fond, il l’est tout autant avec les bagnards, les yakuzas, les maoris ou les « monstres de foire ». On n’a pas le temps de s’ennuyer !

2          J’ai trouvé vraiment intéressants les différents aspects de cette exposition. La signification des tatouages en prison notamment m’a passionnée – et la petite vidéo qui va avec est très drôle. La seule chose que j’ai un peu regrettée c’est que les aspects sociaux du tatouage aujourd’hui soient peu développés. Il  a une partie passionnante sur l’émulation artistique autour de cette pratique avec des exemples très variés, quelques photos de tatoués à travers le monde, mais il m’a semblé qu’il manquait par exemple que le tatouage comme appartenance à un gang était assez peu représenté et expliqué. Il faut dire aussi qu’il est difficile de tout développer. Ce petit bémol mis à part, j’ai trouvé cette exposition particulièrement réussie. Le parcours est très long. Comptez facilement 1h30 à 2h pour tout voir. Une exposition riche et passionnante sur le tatouage à travers les époques et les continents.

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Musée du Quai Branly

37, quai Branly – 75007 Paris

Jusqu’au 18 octobre 2015

Exposition comprise dans le billet pour les collections permanentes

9€ plein tarif, 7€ tarif réduit

Chrysis, un très beau roman de Jim Fergus

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          Gabrielle a 18 ans quand elle entre aux Beaux-Arts, dans le seul atelier ouvert aux femmes. Très vite, elle prendra pour nom d’artiste « Chrysis » et la jeune fille de bonne famille va découvrir un monde où les mœurs sont pour le moins dissolues. Fascinée, elle va en faire le matériau principal de son art. Elle va également rencontrer Boguey, un cow-boy qui a intégré la légion étrangère pendant la guerre et avec qui elle va vivre une grande histoire d’amour.

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          Jim Fergus nous a surtout habitués à des récits passionnants sur les peuples indiens, comme c’était le cas avec Mille femmes blanches notamment. J’ai été surprise de voir qu’ici il changé totalement de sujet en nous livrant la biographie d’une peintre française du début du XX° siècle. J’avais hâte de découvrir ce texte dont j’avais entendu dire tant de bien. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue ! L’écriture est plus fluide que dans les deux autres romans que j’avais lus de l’auteur. Elle a ici une certaine légèreté qui me semble parfaitement coller à l’ambiance du Paris des années 30. De plus, le court texte introduisant le roman et racontant son origine est pour le moins émouvant et offre une lecture toute particulière de ce qui suit.

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          J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir une peintre dont j’ignorais tout. Je ne suis pas experte en la question mais le milieu du Montparnasse dans l’après-guerre m’a semblé extrêmement bien décrit. L’auteur le rend très vivant et nous immerge dans cette effervescence qui y règne. L’histoire d’amour entre Gabrielle et Boguey est très forte sans pour autant sombrer dans la mièvrerie ou les clichés habituels. Elle est simplement belle. Beaucoup de sujets de société sont abordés l’air de rien dans ce roman, la place des femmes notamment. Il nous livre aussi une peinture fascinante du milieu artistique parisien de l’époque. J’ai trouvé ce texte passionnant de bout e bout. Cette lecture est un vrai régal.

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Si tu ne revois jamais cet homme, une partie de toi l’aimera jusqu’à la fin de tes jours. Tu garderas pour toujours le souvenir d’un sentiment pur. L’amour concrétisé est rarement aussi durable.

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Il n’y a pas de sujet qui soit hors de la portée de l’artiste, à partir du moment où il se sent engagé.

Une journée au château de Pommard

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          Au début de l’été, j’ai été conviée à passer une journée au Château de Pommard. Au programme, le vernissage d’une exposition de photographies, la présentation de robes évoquant les grands crus mais aussi visite du domaine et dégustation. Voici donc un petit résumé de cette journée.

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          Le Château de Pommard est un nom célèbre qui parlera aux amateurs de vin et plus particulièrement de Bourgogne. Le domaine a été créé vers 1650 et appartient depuis 2004 à Maurice Giraud. J’étais invitée à l’occasion des 10 événements organisés pour les 10 ans du rachat dont je vous parlais ici. Le matin, nous avons commencé par la visite de ce très beau domaine de 20 ha parfaitement restauré et de sa magnifique cave avec explications détaillées sur les terroirs, les vignes et la vinification : passionnant ! Je remercie au passage l’équipe du domaine pour son accueil, sa patience et sa bonne humeur. Elle nous a fait passer une journée magnifique malgré le temps capricieux.

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          Nous sommes ensuite passés à la dégustation. Depuis 2005, la vente se fait uniquement en direct. Pommard, ce sont 60 000 bouteilles de grands vins et 35 000 visiteurs en 2013 dont beaucoup d’américains. Seul le vin roue porte l’appellation « Château de Pommard » même si le domaine vinifie du blanc sous d’autres appellations (Chassagne-Montrachet notamment). Pour les grands crus, le choix a été fait de recourir à une bouteille du XVIII° s. dont le modèle est déposé et qui donne à ce vin une identité forte. Je ne suis pas férue de rouge, en revanche le vin blanc était absolument délicieux et j’ai apprécié d’avoir la chance de goûter ces grands crus autrement hors de ma portée.

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          Après un repas à l’extérieur (le restaurant du domaine a l’air à tomber, il faudra que je l’essaie à l’occasion), nous avons assisté au vernissage de l’exposition Peter Knapp sur la vigne. Je ne connaissais pas ce monsieur et cette rencontre fut passionnante. Nous avons terminé la journée par la présentation des robes. Le château propose des dégustations qui font appel au toucher pour décrire la robe du vin : velouté, satiné, etc… Un concept que je trouve très intéressant et permet de découvrir ce milieu parfois un peu impressionnant autrement. Le domaine propose aussi une galerie d’art intéressante avec en particulier des sculptures et lithographies de Dali. Un endroit plein de charme qui séduira les amateurs de vin et de patrimoine. 

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Château de Pommard

15 Rue Marey Monge

21630 Pommard

Ouvert tls de 9h30 à 18h30 sans RDV

Visite et dégustation : 21€

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Paris 1900, la ville spectacle à découvrir d’urgence au Petit Palais

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          Paris 1900 : l’exposition universelle et l’émergence ou la prolongation de nombreux courants dans une grande émulation artistique. L’âge d’or de Rondin, Cézanne ou Renoir et la naissance de l’Art Nouveau. Que de choses nouvelles en ce début de siècle ! Elle sont à découvrir au Petit Palais, lui même enfant de 1900.

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          Je dois avouer que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant voir cette exposition. Je crois que je pensais surtout qu’il y aurait beaucoup de photographies et de tableaux assez classiques. Le thème en tout cas me tentait beaucoup ! D’ailleurs, je ne suis visiblement pas la seule à avoir eu cette idée : à la première tentative, il y avait beaucoup de monde et le vigile nous a conseillé de réserver avant de venir et de venir tôt en raison du grand nombre d’œuvres exposées, au deuxième essai, il n’y avait plus de places disponibles à la réservation, la troisième fois fut la bonne. Il est rare de voir tant de monde au Petit Palais qui propose pourtant toujours des expositions très intéressantes (parmi les très belles surprises Jordaens en début d’année ou Félix Ziem la saison passée).

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          Dès la première salle, j’ai été assez surprise par cet accrochage. Le début de l’exposition est consacré à l’Exposition Universelle. J’ai appris plein de choses, notamment les dates de constructions du Petit et du Grand palais que je pensais bien plus anciennes. Il y a beaucoup de dessins de projets architecturaux qui n’ont jamais vu le jour et que j’ai trouvé très intéressants. Après ce premier grand thème, une grande salle magnifique est consacrée à l’Art Nouveau. C’a été une excellente surprise ! J’avais été très déçue par l’exposition Art Nouveau à la Pinacothèque et j’ai trouvé dans celle-ci ce qui m’avait manqué dans l’autre : du beau mobilier, des bijoux, des tableaux… Une diversité qui nous plonge dans cette période avec délices. Et bien sûr, Mucha est à l’honneur.

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          Mais ce n’est pas la dernière surprise que réserve cette exposition. En effet, après l’Art Nouveau, on passe aux peintres et sculpteurs exposés alors au Salon : Renoir, Cézanne, Rodin… Tous les grands noms sont au rendez-vous, ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment. Il y a certains artistes également que je ne connaissais pas et dont j’ai trouvé le travail très intéressant. Il y a une profusion de toiles surprenante. L’éclairage n’est pas forcément très réussi et ne met pas beaucoup en valeur les œuvres, c’est un peu dommage. Un peu plus loin, sont également présentées des robes et autres pièces vestimentaires qui donnent un bon aperçu de la mode de l’époque (là aussi ça rappelle une exposition récente, Roman d’une garde-robe, mais avec un peu plus de réussite). Bien que n’étant pas passionnée par les chiffons j’avoue avoir apprécié cette salle qui m’est apparue en quelque sorte comme une pause légère dans le parcours.

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          Viennent ensuite les cabarets. Là aussi, beaucoup de choses intéressantes et une pièce sur les maisons de plaisir avec un mur de photos très réussi. Il y avait beaucoup de monde et certaines pièces sont assez exigües, j’ai bien cru qu’une dame allait décrocher un tableau avec son sac à dos en regardant une vidéo dans un endroit particulièrement étroit. La scénographie est parfois un peu chargée et l’éclairage assez chiche ne met guère les toiles en valeur dans certaines salles. Toutefois dans l’ensemble, il n’y a pas grand chose à reprocher à cette exposition d’une grande richesse. Elle couvre des domaines très variés et permet de se faire une idée de la vie parisienne des années 1900. Une belle exposition qui par sa richesse et sa variété saura séduire le plus grand nombre. N’hésitez pas à aller découvrir les petites merveilles qu’elle vous réserve.

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Paris 1900, la ville spectacle

Petit Palais

Avenue Winston Churchill

75008 Paris

Du 2 avril au 17 août 2014

Du mardi au dimanche de 10h à 18h, 20h le jeudi

11€

Confiteor – Jaume Cabré

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          Adrià grandit à Barcelone dans les années 50, entre une mère effacée qui veut qu’il étudie le violon et un père autoritaire qui le pousse vers l’apprentissage des langues. Dans leur appartement empli d’œuvres d’art, il n’y a pas de place pour la fantaisie. Au fil du temps, le jeune garçon va découvrir la provenance des trésors qui l’entourent.

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          On m’avait grandement vanté les mérites de ce roman dont le sujet me tentait bien. J’avais donc hâte de m’y atteler bien que j’aie un peu traîné en raison de la taille du pavé (plus de 700 pages tout de même !). J’étais pour le moins enthousiaste en m’y attelant mais les premières pages m’ont très sérieusement refroidie. En effet, l’écriture est pour le moins déroutante ! Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est mal écrit puisque le style est très travaillé et même plutôt agréable d’un point de vue purement syntaxique, en revanche, c’est extrêmement confus. Le narrateur, atteint d’Alzheimer, raconte ses souvenirs. Il les raconte donc dans le désordre, s’y perdant souvent, et passant sans cesse du coq à l’âne. Mais plus que cela, c’est le changement constant d’énonciation qui m’a gênée. Il arrive fréquemment qu’il passe du « je » au « il » dans une même phrase, toujours parlant de lui-même. Pas toujours simple pour s’y retrouver…

          Du côté de l’histoire, il y a des choses passionnantes. Toutefois, là aussi c’est pour le moins brouillon. Tout en racontant son histoire, le narrateur raconte celle des objets qui l’entourent. Parfois, on passe d’une histoire à l’autre, d’une époque à l’autre, au sein du même paragraphe et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Certes, cela rappelle constamment la maladie du narrateur mais ç’aurait sans doute pu être fait de manière un peu plus subtile, sans perdre le lecteur en route. Fort heureusement, ces histoires dans l’histoire sont très intéressantes, retraçant divers pans de l’Histoire à travers des destinées pour le moins diverses. C’est la culture qui transpire de ce texte qui m’a donné envie de le continuer malgré quelques difficultés à suivre le fil du récit. J’ai parfois eu l’impression que ce roman était un peu fourre-tout, avec des connaissances très diverses entassées qui m’ont parfois agacée en me donnant le sentiment que l’auteur en faisait trop. Cependant, c’est justifié par l’histoire et le plus souvent j’ai simplement

          Beaucoup se sont enflammés à la lecture de ce livre, sur sa beauté, son intelligence, sa finesse… Je dois avouer que pour ma part, si je lui reconnais certaines qualités de style comme de fond, j’ai eu du mal à réellement entrer dedans. Je l’ai lu avec un certain plaisir mais il n’a pas éveillé en moi la moindre émotion. Le personnage n’a pas suscité ma sympathie outre mesure et si certains événements relatés sont tragiques, je les ai trouvé plus intéressants qu’émouvants. Bref, rien à faire, j’ai eu beau m’intéresser à l’histoire d’un point de vue purement intellectuel, elle ne m’a pas bouleversée. Dans l’ensemble, j’ai trouvé ce roman extrêmement nébuleux de par sa construction assez anarchique ce qui le rend assez difficile, d’autant plus qu’il est particulièrement long. Si cela m’a un peu moins agacée au fil des pages, je n’irais pas jusqu’à dire que je m’y suis habituée. Je pense que ça en découragera plus d’un ! Malgré un fond passionnant, le style confus rend la lecture laborieuse, pour un résultat en demie-teinte. Si on en vient à bout, on referme toutefois ce livre en se sentant un peu moins bête.

Photo de Xabier Mikel Luburu Van Woudenberg

Photo de Xabier Mikel Luburu Van Woudenberg

Le musicien veut l’instrument pour en jouer. Quand il l’a, il en joue. Le collectionneur n’a pas à jouer : il peut avoir dix instruments et il les caresse de la main. Ou des yeux. Le collectionneur ne joue pas de l’instrument : il joue avec.

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L’art véritable naît toujours d’une frustration. A partir du bonheur, on ne crée rien.

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Je crois que nous faisons tout un trajet aller et qu’ensuite nous faisons le trajet retour vers le point de départ. Dans la vie de l’homme, il y a toujours un retour aux origines. A condition que la mort ne se soit pas interposée avant.