Cinéma·Jeunesse

Rebelle

          Film d’animation, aventure, humour américain, de Mark Andrews et Brenda Chapman (pour les studios Disney).

          Merida est la fille du roi Fergus et de la reine Elinor, qui règnent sur les Highlands d’Ecosse. Mais il y a un problème : elle refuse d’être une princesse ! Elle préfère chevaucher le long des falaises et tirer à l’arc du soir au matin, au plus grand désespoir de sa mère. Cependant, il va falloir la marier… refusant tous les prétendants, elle s’oppose fermement à sa mère qui veut voir la tradition se perpétuer. Elle va alors lancer une malédiction qui pourrait détruire sa famille, et le royaume.

          J’ai bien aimé l’idée de départ de ce dessin animé. Une fille rebelle qui préfère la vie sauvage aux chichis de la Cour, voilà qui me parle ! En plus elle est rousse, il y a des ours, et de beaux paysages. Un très bon début. D’ailleurs dans l’ensemble j’ai bien aimé ce dessin animé plutôt réussi. J’ai aimé l’histoire, bien qu’elle aurait parfois mérité un peu plus de nuance, les personnages attachants, le dynamisme du tout et la petite touche d’humour assez appréciable. L’animation est soignée, notamment concernant les animaux (joli jeu d’oreilles sur le cheval notamment). J’ai trouvé que certains passages auraient demandé à être plus développés comme la lutte entre les prétendants, et d’autre écourtés, dont certaines bagarres. En me mettant dans le peau d’un enfant de 8ans, j’ai aussi trouvé ça relativement violent, à cet âge là j’aurais été morte de trouille (je n’ai jamais été bien téméraire, il faut l’admettre). L’ensemble est toutefois bien fait, avec quelques passages franchement sympathiques. On ne s’ennuie pas une seconde et si un rien plus de subtilité eut sans doute été possible, l’histoire fonctionne assez bien.  Je m’attendais à un peu plus d’originalité étant donné le synopsis mais mis à part cette petite déception, un dessin animé efficace et assez réussi.

Cinéma

Expendables 2 : unité spéciale

          Film d’action, aventure, de Simon West avec Sylverster Stalone, Jet Li, Bruce Willis, Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger (et j’en passe !)

          La bande de gros bras doit récupérer un coffre contenant des informations top secrètes. Sur le chemin, le gros méchant, non seulement leur vole le précieux butin mais tue un des leurs (le plus jeune et le plus mignon). Les gros bras n’auront plus alors qu’une seule idée en tête : venger la mort de leur ami.

          Vous l’aurez compris, inutile d’aller voir ce film pour la profondeur de son scénario. En revanche, le casting réunit tout ce qu’on fait de mieux en vétérans du film d’action à gros budget. Honnêtement, je ne comptais absolument pas aller voir ce film. Nous étions partis pour « Total recall » qui, s’il ne faisait pas partie de mes priorités, mettait à peu près tout le monde d’accord. Mais la séance étant complète, nous avons jetés notre dévolu sur le seul autre film qui passait à cette heure-là. Au moins nous étions tous du même avis : c’était vraiment histoire d’aller voir un film… Quel enthousiasme !

          Bon, que dire de ce film ? Rien qu’on ne sache déjà je suppose. Le scénario, quasi-inexistant, est absolument navrant. Certaines scènes d’action, pourtant spectaculaires et bien menées, sont absolument interminables. Le film n’hésite pas à reprendre quasi-intégralement des scènes de jeux vidéos célèbres (changements d’armes compris), ce qui donne un effet assez étrange. Il n’y a pas le moindre suspens dans ce film. Tout y est convenu, vu, revu et re-revu. Aucune surprise donc. On regrette un peu que certains grands noms de l’affiche brillent autant par leur absence à l’écran, notamment Jet Lee et Chuck Norris. Pour le reste, ce n’est pas l’humour qui va nous étouffer dans ce film et si certaines répliques font sourire prises au second degré, on se demande si c’était bien le but recherché. Bref, un film d’action tout ce qu’on fait de plus creux mais ça bouge et un ne s’ennuie pas une seconde, c’est déjà ça.

Cinéma

Du vent dans mes mollets

              Comédie française de Carine Tardieu Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré.

          Rachel a 9 ans et n’est pas très populaire dans son école. Et puis elle va rencontrer Valérie, une petite fille extravertie qui va devenir sa meilleure amie et changer le cours de sa vie. Ensemble, elles feront les 400 coups et multiplieront les fous rires. Que serait l’enfance sans une bonne copine ?

          La bande-annonce de ce film adapté d’un roman du même nom, très fraîche, m’avait séduite, ainsi que le casting des plus tentants. Cette comédie s’annonçait légère, intelligente et teintée d’un brin de nostalgie. Avec juste le recul et la tendresse nécessaire pour en faire autre chose qu’une carte postale superficielle et nous livrer un film à la fois drôle et intelligent. Bon, visiblement, je me suis emballée pour rien. Ce film est d’un ennui mortel. Honnêtement, j’ai à peine souri face à cette comédie tristement banale.

          Certes, les acteurs font de leur mieux pour sauver ce film de la catastrophe. Ils le tiennent tant bien que mal à bout de bras et si les adultes ne s’en sortent pas trop mal, les fillettes livrent quant à elles une prestation médiocre. Le scénario aurait pu être intéressant mais aurait mérité d’être un peu plus creusé. On reste à la surface des choses et finalement, même si tout ça est bien mignon, c’est surtout du réchauffé. Le décor début des années 80 et les couleurs légèrement sépias ne suffisent pas à donner du charme. Tout comme un sourire d’enfant et quelques étourderies de petite fille ne peuvent à eux seuls faire une bonne comédie. Une bonne idée, mais un film qui parvient à en faire à la fois trop et pas assez pour un résultat bien fade et convenu.

           Première le dit mieux que moi, je me permets donc de reprendre leur critique : « C’est au tour de la malheureuse Carine Tardieu de nous horripiler avec sa comédie émotionnelle saturée de chichis visuels et musicaux, de compositions esthétisantes calculées jusqu’à la névrose et de péripéties où l’humour sonne aussi faux que le drame. » Et pour faire bonne mesure, reprenons le bon mot du Parisien : « Il y a des histoires qui font sans doute d’excellents livres mais qui, une fois portées à l’écran, peuvent provoquer de l’urticaire (…) ce film, comme son final, nous a donné froid aux mollets. »

Cinéma

Magic Mike

Comédie dramatique américaine de Steven Soderbergh avec Channing Tatum, Alex Pettyfer, Matthew McConaughey.

          Mike rêve de créer sa société de meubles design. Pour y arriver, il cumule les petits boulots : il gère une société d’accessoires automobiles, est couvreur la journée, mais surtout passe ses nuits comme strip teaser dans un bar. Il devient alors Magic Mike, la vedette du show. Lorsqu’il croise Adam, il va de suite déceler son potentiel et l’intégrer à la troupe. Mais pourra-t-il aider le jeune homme à échapper aux affres de la vie nocturne ?

          Autant le dire de suite : ce film ne me tentait pas des masses. L’affiche est moche, le titre pas très engageant et le synopsis pas du meilleur augure. Mais une fois de plus, le hasard des horaires m’a amenée à entrer dans la seule salle qui passait quelque chose à l’heure qui m’arrangeait. Un peu à reculons, je suis donc allée voir ce que Soderbergh nous réservait. Très vite, mes craintes se sont dissipée. La première chose qui m’a frappée, c’est l’incroyable maîtrise technique mise en oeuvre. Il y a dans ce film des plans de toute beauté (et d’une originalité certaine) et un incroyable travail sur la lumière. Une esthétique qui m’a époustouflée et conquise.

          Ensuite l’histoire. Eh bien c’est qu’elle n’est pas si mal ! Elle est même franchement intéressante. Le personnage est loin des stéréotypes, à la fois complexe et torturé. Si à de nombreuses reprises le réalisateur aurait pu choisir la facilité et se vautrer dans le cliché, il traite au contraire le sujet avec une grande finesse. N’étant pas le moins du monde attirée par le monde du strip tease, j’ai quand même presque réussi à comprendre ce qu’on pouvait y trouver (que les amatrices de testostérones se jettent quant à elles littéralement sur ce film qui devrait les ravir). Un éveil de ma curiosité qui en soi constitue déjà un exploit. Malgré sa profondeur, ce film ne sombre pas dans la noirceur et reste divertissant, avec un subtil dosage entre drame et humour. Un histoire habilement menée, servi par un casting impeccable et une réalisation magistrale. Un divertissement intelligent comme on en voit trop peu. Du grand cinéma hollywoodien.

Cinéma

Les enfants de Belle Ville

          Drame iranien d’Asghar Farhadi avec Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian

          Abkar vient d’avoir 18 ans. Il était en centre de détention pour mineur après le meurtre de sa petite amie en attendant d’avoir l’âge d’être exécuté. Son anniversaire sonne la fin de la trêve. Son seul espoir est de convaincre le père de sa victime d’accorder son pardon. Sa soeur et son meilleur ami vont unir leurs force pour tenter de le sauver.

          Le film est construit autour de la tension qui entoure la demande du pardon dans cette circonstance extrême. Le rythme est extrêmement lent et le style assez aride. J’ai bien aimé le tout début, ensuite j’ai été un peu déroutée par le déroulement des évènements. Le film est assez intimiste avec peu de personnages et une économie d’énergie troublante. Je n’aime pas beaucoup les engueulades au cinéma et autant vous dire que côtés cris j’ai été servie ! Des thèmes intéressants sont évoqués avec simplicité : le devoir, la religion, l’amitié, le pardon, l’amour…  C’est l’aspect de ce film qui m’a le plus convaincu. Ainsi que la manière dont le réalisateur se passe de juger ses personnages. Chacun a ses convictions et ses raisons pour cela, toutes sont exposées, sans donner de réponse au spectateur. J’ai trouvé cette manière de traiter le sujet intelligente. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce film par ailleurs pas dénué de défauts quant à la réalisation et au scénario. Datant de 2004 et inédit en France, il préfigure ce qui fera le succès du réalisateur notamment dans Une séparation. Trop âpre à mon goût, mais pas inintéressant, une séance mitigée.