Cinéma

Vénus Noire, d’Abdellatif Kechiche

          Drame historique d’Adbellatif Kechiche, avec Yahima Torres, André Jacobs, Olivier Gourmet, Elina Löwensohn.

          A la fin de XVIII° siècle et au début du suivant, Saartjie Baartman participait à un « spectacle », en Angleterre puis en France, dans lequel elle était présentée au public comme une bête de foire. Elle rencontrera un grand succès mais se lassera peu à peu de cette humiliation quotidienne. L’anatomiste Georges Cuvier entend parler d’elle et de son physique particulier et va l’observer, avant de récupérer son corps à sa mort et de l’exposer au public.

          Un film dans lequel le spectateur est en permanence posé dans la position du voyeur. On n’a pas accès à l’intériorité de Saartjie Baartman à laquelle n’est conférée aucune humanité. Le film est de plus en plus malsain au fur et à mesure que l’humiliation du personnage augmente, de spectacle en spectacle. On reste là sans pouvoir compatir. Si le film nous montre une partie de l’histoire méconnue (de moi du moins) et ne nous prend pas par la main pour nous dire que penser, il ne procède non plus à aucune analyse ce qui est à déplorer. Certains disent qu’il met le « blanc » dans une position de coupable. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. Tout le monde est coupable dans ce film, y compris la victime. Un film perturbant, pas dénué d’intérêt dans le traitement du sujet mais extrêmement dérangeant, voyeur, malsain.

Cinéma

Les petits mouchoirs, de Guillaume CANET

          Comédie dramatique de Guillaume Canet avec François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Jean Dujardin…

          Après le grave accident de moto d’un des membres du groupe, une bande de copains décide de partir quand même en vacances au bord  de la mer comme chaque année. Mais les choses commencent à changer entre eux et ils seront amenés à réfléchir sur leur amitié.

          Ce film est toujours à la limite : à la limite de l’humour lourd, à la limite du mièvre, à la limite du cliché ; mais par je ne sais trop quel miracle il arrive à rester du bon côté de cette ligne imaginaire et ne sombre jamais dans le mauvais goût. On rit (un rire un peu forcé parfois, il faut bien le dire) aux blagues des personnages, on ne s’ennuie pas malgré ses 2 heures et on est (presque) ému à la fin. Bref, plutôt une réussite donc. On prend plaisir à retrouver Benoît Magimel. Les histoires de trentenaires adolescents attardés, de bandes de copains, tout ça, ça ne m’emballe pas trop et il y en a marre de voir Marion Cotillard partout, elle me sort par les yeux. Malgré un a priori assez négatif, j’ai passé un bon moment. Un film ni indispensable, ni inoubliable mais agréable.

Cinéma

The Social Network, de David FINCHER

          Que celles qui en ont assez de voir les mêmes articles partout dégainent leurs claviers et râlent un bon coup, j’ai succombé au phénomène cinématographique du moment…

         Drame de David Fincher, avec Jesse Eisenberg, Justin Timberlake, Andrew Garfield (là, j’entends au moins 2 personnes penser au chat, eh bien, non, aucun rapport)

          Ce film retrace la création de Facebook par Mark Zuckerberg. L’idée est née lors d’une soirée bien arrosée, à Havard en 2003. Le jeune prodigue pioche une idée par-ci, en vole une par-là et avec son génie en informatique et un certain talent pour les affaires, crée le site qui révolutionnera la communication sur internet, devenant au passage le plus jeune des milliardaires.

          Pour ceux qui n’auraient pas vécu sur cette planète ces dernières années, n’auraient jamais eu un ordinateur entre les mains avant aujourd’hui et n’auraient eu aucun contact avec télévisions, radios et journaux depuis plusieurs semaines, une petite présentation de Facebook : il s’agit d’un réseau social. On s’y inscrit, on raconte sa vie à travers des photos et de courtes phrases, tous nos contacts en profitent et vice versa. Un genre de communication à l’envers : on ne parle pas avec les autres mais tout seul, avec un nombrilisme effarant, et avec un peu de chance, quelqu’un intercepte le message. Une sorte de bouteille à la mer des temps modernes, la poésie en moins. Souvent, c’est votre patron qui trouve les photos de vos soirées arrosées et ça ne booste pas franchement votre carrière. Le site propose également des minis-jeux en tous genres et tests « psychologiques » de tous accabits afin de vous occuper en toutes circonstances. Notons toutefois qu’utilisé avec précaution, c’est outil assez utile pour garder un contact vague avec un grand nombre de personnes, tenter de communiquer quand on est associable (je sens quelques regards pointer en ma direction…) ou faire passer une information rapidement. Et là, joignons le geste à la parole, pour ceux qui ne sont pas encore abonnés à ma page, c’est par là :

http://www.facebook.com/pages/Les-lectures-de-Madimado/104040586329402?ref=sgm

          Facebook compte 500 000 000 d’usagers (non non, je n’ai pas mis de zéros en trop…) soit environ un être humain sur 10 (quoi que si on ne compte ni les bébés ni les vieillards, la proportion doit se trouver encore largement augmentée). Comme il est dit dans le film, il est des pays où il n’y a pas de routes mais où il y a facebook.

          Il y a tout dans ce film pour faire un bon thriller : un personnage principal moyennement sympathique (voire carrément tête à claques, à chacun de voir), de la trahison en veux-tu en voilà, et bien sûr, une histoire de gros sous (de très très gros sous). Le réalisateur ne tombe pas dans les travers holliwoodiens et évite la caricature. La réalisation est efficace, les acteurs convaincants (même Timberlake, c’est dire !), la BO bonne aussi. Il n’y a rien à y redire. Personnellement, j’ai trouvé la bande-annonce peut-être meilleure que le film lui-même, en raison de la tension qui y règne, mais bien sûr, il aurait été difficile de tenir le rythme pendant 2h, et puis c’est le problème des histoires vraies, on n’en fait pas exactement ce qu’on veut. On a tellement entendu parler de ce film dans la presse qu’on connaît déjà l’histoire en arrivant mais qu’importe, c’est bien fait et on se laisse prendre au jeu.

          J’ai entendu principalement 2 critiques négatives sur ce film (pour les incultes, non, une critique n’est pas forcemment négative, c’est un avis construit, ce qui est extrêment différent) :

– La première c’est qu’étant donné que le scénario est tirée d’un roman écrit d’après les dires du co-fondateur de Facebook, viré du projet assez rapidement sans un centime et revenant réclamer son dû une fois son ex-meilleur ami multi-milliardaire (quand on vous dit que cette hisoire était faite pour le cinéma, c’est pire qu’une mauvaise série B), et le jeune homme très très riche en question ayant refusé de collaborer à la réalisation du film, celui-ci est construit d’après ce qu’à bien voulu raconter un monsieur très en colère, ce qui peut nuire un peu à la réalité des faits. Certes, on ne peut rien opposer à cela. Ce film est de parti pris. Mais est-ce si dérangeant ? Une vraie biographie de Zuk… – euh, j’ai encore oublié la fin de son nom mais vous avez compris – aurait sans doute été infiniement moins cinématographique. Il aurait refusé qu’on dise du mal de lui et on se serait ennuyé à périr. Non parce que si on ne pouvait pas rire des riches, à quoi serviraient-ils donc ? Tout ça pour dire que l’argument ne tient pas. D’ailleurs personnellement je n’ai pas trouvé le méchant si méchant, juste déconnecté de la réalité – pour autant que « déconnecté » puisse qualifier l’homme qui a justement réussi à connecter une bonne partie de la planète. Et le gentil, Eduardo Saverin (dont personne ne semble décidé à retenir le nom, il n’est même pas le 1° résultat à apparaître lorqu’on tape « facebook Eduardo » sur google !), est certes plutôt posé en victime mais bon, il n’est pas tellement plus sympathique que le premier ce qui équilibre un peu les choses.

– La deuxième c’est « Les personnages sont antipathiques alors je n’ai pas pu accrocher à l’histoire. J’aime pas quand le héros est méchant. » Faut-il vraiment expliquer la limite de ce « raisonnement » (cette « réflexion », hum… cette platitude peut-être ?) ? Déjà, le héros n’a nullement besoin d’être gentil, sinon comment expliquer le succès de Dexter, « la série dont le gentil est le méchant » ? Il y en a marre de cette dictature du héros gentil, de la jolie princesse, de l’histoire qui finit bien. La vie n’est pas un énorme morceau de guimauve tout rose (pour mon plus grand bonheur !) alors pourquoi les films le seraient ? Euh, j’entends d’ici les « parce que moi quand je vais voir un film c’est pour me détendre et je veux que ce soit plus joyeux que la vraie vie » ; je n’ai rien à répondre à ça, aucune loi n’interdit de jouer à la Barbie et d’écouter Chantal Goya (malheureusement !). Ensuite, le personnage principal n’est, de mon point de vue, pas méchant. Il est terriblement humain. Ce qui contribue d’ailleurs grandement à la qualité de ce film. Cet ado génial est juste un pauvre gosse paumé qui voudrait être aimé et ne sait pas comment faire. Certes, trahir son seul ami n’était sans doute pas la chose à faire mais n’oublions pas que c’est un génie. Il ne réfléchit pas comme les autres, a son mode de pensée et sa morale propres. Comme la grande majorité des surdoués, il est seul. Personne, si brillant soit-il, ne peut comprendre ce qui se passe dans sa tête. Comme lui ne pourra sans doute jamais comprendre les autres. Un peu comme un un mac et un PC ne parlent pas le même langage (pour rester dans le thème). Vous avez déjà regardé Canal + sans décodeur ? C’est du même ordre : indécryptable. C’est un modèle unique, condamné à la solitude. Pas loin de l’autisme, la pitié en moins. Du point de vue du jeune Mark, les idées qu’il a piochées à droite à gauche pour créer son site ne constituent pas un vol dans la mesure où il les a incroyablement améliorées et en a fait quelque chose d’infiniment plus intéressant… et plus lucratif (ce qui constitue bien sûr le coeur du problème). Cet adolescent rejeté de tous et ayant du mal à communiquer a décidé de faire venir les autres à lui, faisant passer son projet avant tout le reste, devenant toujours plus seul à mesure qu’il étendait son emprise sur le monde. Un sujet intéressant, traité de manière juste, une démonstration magnifique.

            Ce film est sans doute plus inquiétant que Saw VI (surtout si vous avez vu la version Knacki). On en ressort pour le moins troublé et on ne regarde ensuite plus son ordinateur de la même façon. Ce n’est peut-être pas le film du siècle mais il est extrêment bien construit, bien mené, tout y est impeccable, et on prend plaisir à le regarder, on aimerait que tous soient de cette qualité. La manière dont sont traités les personnages est brillante. Un film à voir.

Cinéma

Des hommes et des dieux, de Xavier BEAUVOIS

          Drame de Xavier Beauvois, avec Michael Lonsdale, Lambert Wilson et Olivier Rabourdin.

          Une libre adaptation de l’histoire des moines cisterciens de Tibhirine, enlevés puis tués en 1996, durant la période de graves perturbations politiques en Algérie. Le film a reçu le Grand prix du jury du festival de Cannes en 2010.

          J’attendais énormément de ce film dont j’avais beaucoup entendu parler. La critique était unanime : LE film de la rentrée, un chef-d’oeuvre. La France entière a eu les larmes aux yeux devant l’histoire de ces moines. Un succès qui laissait attendre une révélation. Eh bien j’en suis sortie déçue. L’histoire, si émouvante pourtant, ne m’a pas touchée. Malgré ses qualités indénables, ce film, il m’a laissée de marbre : quelques belles images, mais les plans interminables m’ont lassée. Michael Londasle est merveilleux et j’ai été éblouie par la prestation d’Olivier Rabourdin, que je ne connaissais pas ; en revanche, malgré mon amour inconditionnel pour Lambert Wilson, je ne l’ai pas trouvé au sommet de son art dans ce film (j’ai pas dit qu’il était mauvais hein, simplement, moins extraordinairement convaincant que d’habitude). Le film souffre de nombreuses longueurs et ma faible sensibilité à son côté spirituel ne m’a pas permis de rentrer dedans, je suis totalement passée à côté.

Cinéma

La vie au Ranch, de Sophie Letourneur

          Hier soir, en sortant de mon stage, j’ai décidé d’aller au ciné. Je suis sortie du métro pile à temps pour aller voir La vie au Ranch. Vous remarquerez, qu’une fois n’est pas coutume, je n’ai pas mis le nom du réalisateur en capitales ; ce n’est pas une erreur mais un acte purement charitable. Je n’ai pas non plus rempli la case « genre » ne sachant quoi mettre à vrai dire. Enfin, je n’ai pas cité les actrices, et ce pour 3 raisons : pour commencer, elles ne sont pas réellement actrices ; ensuite, elles « jouent » dans le film le même rôle que dans la vie (d’ailleurs il est tourné dans leur appart) ; enfin, c’est leur rendre un grand service de ne pas les immortaliser, avec un peu de chance on les oubliera un jour.

          Ce film est navrant. Il montre la vie de tout ce que je déteste et ne côtoie que trop bien malgré moi : les étudiantes parisiennes bourgeoises, vulgaires, et fières de l’être. Elles sont « in » (« in » comme, dans le coup, dans le vent, à la mode, même si elles s’en défendent). A leurs yeux, « in » comme « in-téressantes » et « in-domptables », je serais plus tentée de dire « in-cultes » et « in-stables ». De petites écervelées plus bourgeoises que bohème (car au risque d’en décevoir plus d’un(e), boire du pinard au goulot à s’en faire vomir, parler comme une charretière, gueuler comme une truie qu’on égorge ; ce n’est pas bohème, simplement stupide) mais bien bo-bo pourtant : bonnes-à-rien bourrées. Bref, que dire de plus ? Elles sont plus vraies que nature. Je n’ai tenu face à l’écran qu’une demie heure (je tiens à signaler que 4 personnes sont sorties avant moi) et je l’ai passée à tenter de me retenir de hurler « Mais vos gueules à la fin, on s’en fout de vos pseudo discussions de saoulardes » (oui, moi aussi je parle comme une charretière, veuillez m’en excuser). Puis, je me suis rappelée que rien ne m’obligeait à m’infliger ça, même pas le prix de la place étant donné que j’ai une carte illimitée. Je suis donc partie avant de savoir où tout ça allait ou n’allait pas mener.

          Le plus sidérant, ce sont les bonnes critiques qu’a reçu ce « film ». Une seule explication possible. La critique est faite par les mêmes petites gourdes qui ont simplement grandi (passant par la même occasion du rouge à la vodka et de la clope à la coke). Ca se passe de commentaires…

          J’entends d’ici les commentaires : « oui tu es méchante et injuste ». Peut-être, et alors ?  En tout cas, visiblement, je ne suis pas la seule : http://www.allocine.fr/film/critiquepublic_gen_cfilm=137570.html

          Et pour plus d’infos sur le film, son site internet, bien fait et intéressant (la seule chose à sauver) ; dommage qu’il serve une si mauvaise cause : http://www.lavieauranch-lefilm.com/