Musique·Théâtre

The King and I, magnifique comédie musicale au théâtre du Châtelet

          Anna, jeune veuve galloise, se rend au Siam avec son fils pour faire classe aux nombreux enfants du roi ainsi qu’à ses favorites. Tous deux dotés d’une forte personnalité et issus de cultures pour le moins différentes, le roi et elle vont avoir bien du mal à se comprendre et à trouver un terrain d’entente. 

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          J’avais choisi cette pièce car j’adore Lambert Wilson, que je n’avais jamais eu l’occasion de voir sur scène, et qu’il tient ici le rôle du roi. Je ne pouvais pas rater ça ! Pourtant, n’étant pas très férue de comédies musicales j’avais un peu peur de ne guère apprécier le spectacle. Je dois avouer que je craignais un peu le pire, d’autan plus que les que les critiques que j’en avais lu n’étaient pas très enthousiastes. Je me demande bien pourquoi… Dès les premières minutes, j’ai été complètement rassurée et très vite, je suis totalement rentrée dans ce spectacle saisissant. Je dois avouer que je ne vois absolument à y redire, tout m’a semblé absolument parfait de bout en bout ! L’histoire, tirée d’un fait réel, n’est pas très complexe mais il y a de l’humour, de l’amour et on ne tombe pas dans la mièvrerie, ça fonctionne très bien et on suit les déboires des protagonistes avec plaisir.

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          Les décors sont très impressionnants. J’ai toujours beaucoup aimé les mises en scènes classiques avec leurs riches décors et leurs costumes imposants : j’ai été servie ! Le rideau se lève sur le pont d’un bateau, nous sommes ensuite transportés dans le palais, la salle de classe ou même dans un théâtre. Des nombreux changements de décors, toujours très bien menés, que j’ai vraiment appréciés. Moi qui craignait un peu de ne pas trop aimer les parties chantées, je les ai trouvées très réussies. La musique est très réussies et les acteurs sont pour la plupart d’excellents chanteurs, ce qui donne beaucoup de charme au spectacle. Mais ce que j’ai aimé par dessus tout, ce sont les somptueux costumes ! Ils sont plus beaux les uns que les autres et m’ont fait voyager.

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          Il y a également des parties dansées dans cette comédie musicale décidément très complète ! Il y a notamment un passage plein d’inventivité et de toute beauté qui m’a laissée sans voix. Malgré les 3h15 du spectacle et la fatigue après une grosse journée, je n’ai pas vu le temps passer. Tout est parfait de bout en bout et on en prend plein la vue. Vous l’aurez compris, j’ai tout aimé dans ce spectacle ! La salle était loin d’être pleine, je n’ai qu’un conseil, courez-y ! C’est certes un peu cher mais il est tellement rare de voir des mises en scène de cette qualité que ça vaut grandement le coup. Un spectacle vraiment magique qui vend du rêve de bout en bout : tout simplement féerique.

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The King and I (Le Roi et Moi)

Théâtre du Châtelet

Place du Châtelet

75004 Paris

Jusqu’au 29 juin

Musique·Théâtre

Into the Woods, les contes de fées revisités par Sondheim au Théâtre du Châtelet

          Cette comédie musicale mêle différents contes de fées : Cendrillon, Jack et le haricot magique et le Petit Chaperon Rouge s’y croisent pour donner naissance à une nouvelle histoire. La forêt sert de décor à cette rencontre, un lieu qui cristallise les peurs et les désirs et fait ressortir le meilleur comme le pire qui sommeille en chacun…

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          Quand j’ai vu la magnifique affiche de ce spectacle, qui ressemble à l’image d’un théâtre d’ombres, je me suis dit qu’il fallait absolument que je le voie ! J’ai toujours eu une tendresse particulière pour les contes de fées. Ils exercent sur moi une certaine fascination et je trouve leur étude absolument passionnante. J’étais curieuse de savoir comment ils allaient être réécrits. Et puis j’ai appris qu’une adaptation cinématographique de cette comédie musicale était en cours avec Johnny Deep : décidément, je ne pouvais pas rater ça ! J’étais donc très enthousiaste en arrivant au Théâtre du Châtelet pour la représentation. Ayant pris les places les moins chères, j’étais très, très loin de la scène mais finalement pas si mal placée étant donné que j’étais de face et qu’aucun obstacle ne me coupait la vue. Bon, en revanche, j’avais un peu oublié que les comédies musicales ne sont pas trop mon fort, je comptais donc sur l’histoire pour rattraper le coup.

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          J’avoue qu’à part l’affiche qui me plaisait bien et qu’il était question de contes de fées, je ne m’étais guère renseignée sur le spectacle, je ne savais donc pas trop de quoi il retournait. J’ai été assez surprise de voir que trois contes cohabitaient, d’autant plus qu’ils ne se passaient pas nécessairement dans les bois. Au début, les histoires se déroulent en parallèle puis petit à petit, des recoupements se font et elles s’entremêlent. On retrouve toutefois les temps forts de chacune, avec quelques petits ajouts. Mais une fois le conte traditionnel une fois achevé, les trois histoires entremêlées continuent pour en créer une nouvelle qui reprend les codes des contes de fées tout en les détournant.

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          Même s’il m’a fallu un petit temps d’adaptation, j’ai bien aimé cette histoire quelque peu improbable au croisement de plusieurs contes. La mise en scène est très belle, très travaillée, avec des décors impressionnants. Je n’ai pas spécialement trouvé que le fait que ce soit chanté apporte grand chose mais la musique est assez réussie. Il y a beaucoup d’humour dans la manière dont l’histoire est contée et on se laisse prendre par cette histoire inattendue. La première partie est une vraie réussite ! Malheureusement, j’ai beaucoup moins accroché avec la seconde. On s’éloigne du conte traditionnel pour entrer en quelque sorte dans l’histoire après l’histoire. C’est quelque chose que j’ai déjà vu dans des réécritures notamment dans la Blanche-Neige de Robert Walser qui raconte avec talent les problèmes de couple de la jeune femme avec son prince une fois le conte terminé.

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          Ici j’ai trouvé le résultat moins réussi. La fin est très sombre et je dois avouer que je trouvais que ça devenait un peu n’importe quoi. Pourtant l’histoire n’est pas dénuée d’une certaine logique, ni même d’intelligence. On sent que l’auteur a lu Bettelheim mais j’ai trouvé cela un peu fourre-tout et un poil agaçant pour tout dire. C’est dommage, ça avait si bien commencé ! Toutefois, malgré une deuxième partie que j’ai trouvé bien inférieure à la première et qui m’a ennuyée au plus haut point, j’ai plutôt aimé le spectacle dans son ensemble. Originale, pleine d’humour et très bien mise en scène, cette comédie musicale, malgré certaines faiblesses et une fin un peu bancale propose une vision moderne des contes de fées qui est loin d’être dénuée d’intérêt. 

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Cinéma

Une chambre en ville

Drame, comédie musicale, français de Jacques Demy avec Dominique Sanda, Richard Berry, Michel Piccoli – 1982

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          Nantes, 1955. Les chantiers navals sont en grève. François est un jeune métallo fiancé à Violette et loue une chambre en ville. Le jour où il rencontre Edith, c’est le coup de foudre. Mais il ne sait pas qu’elle est la fille de sa logeuse et qu’elle a un mari jaloux ; pourtant, il ne peut déjà plus se passer d’elle.

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          Quand j’ai décidé d’aller voir ce film, c’était pour parfaire un peu ma culture « classique » dirons-nous. J’ignorais totalement qu’il s’agissait d’une comédie musicale sinon je serai allée voir autre chose. Dès les premières minutes, j’ai su que j’allais terriblement souffrir ! D’une manière générale je suis très méfiante vis à vis des comédie musicales. Je trouve que c’est un exercice particulièrement difficile. En effet, il ne faut pas sacrifier le fond à la forme, oubliant un peu le scénario en route ; pas plus qu’on ne peut se permettre de privilégier celui-ci pour laisser de côté l’univers musical qui doit être de suffisamment bonne qualité pour nous embarquer dans son univers.

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          Ici Jacques Demy a clairement privilégié l’histoire à ses chansons qui ne sont clairement pas écrites. Il s’agit de simplement de dialogues chantés ce qui est à mon sens un vrai carnage. La plupart des gens s’habituent assez vite et ne font rapidement plus attention, personnellement, je ne peux pas, j’ai l’impression d’être au milieu d’un mauvais dessin animé avec des voix d’adolescents en pleine mue : c’est plus que mes pauvres oreilles ne peuvent supporter. C’est dommage car il y avait du bon dans ce scénario (que je n’ai du coup suivi que de loin, je dois l’admettre…). L’histoire est assez classique mais pose tout de même des questions intéressantes et universelles sur le travail, l’amour, la jalousie ou le conflit des classes. Dommage que ce film ait été chanté, sans cela il m’aurait certainement plu.

Musique·Théâtre

Chantecler Tango

         Un cabaret délabré de Buenos Aires change de mains. C’est le Chanteclair, un lieu mythique de la capitale du tango. L’occasion pour le vieil homme contraint de le céder de se plonger dans ses souvenirs. Souvenirs d’amour et de danse, la passion de toute une vie.

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        J’attendais avec impatience cette comédie musicale autour du tango qui se présentait comme l’événement 2013 de la programmation du théâtre du Châtelet. La promotion était énorme : très belles affiches partout dans le métro, jolie bande-annonce. Après hésitation nous n’avons pas lésiné sur les moyens et nous sommes payé des places en 2° catégorie afin d’être bien placées. Le jour J, j’avais hâte d’enfin découvrir ce spectacle dont on parle tant. Première déception, comme toujours au Châtelet – à moins peut-être d’être en 1° catégorie – on ne se trouve jamais assez bien placé pour le prix payé ! Nous étions au 1° rang du 2° étage ce qui donne certes une bonne vue sur la scène mais est aussi très haut. Mais tracasseries techniques mises à part, ce ne fut bizarrement pas la seule déception de la soirée.

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         Présenté comme une comédie musicale, ce spectacle est plutôt du tango traditionnel très théâtralisé. La mise en scène est très belle, avec des décors travaillés, tout comme les costumes d’ailleurs. J’ai trouvé que ça mettait un peu de temps à démarrer. Quant au fait qu’il y ait une véritable histoire, c’est une excellente idée, mais qui toutefois s’est avérée moins exaltante que prévu. En effet, la trame est extrêmement complexe et il n’est pas toujours simple d’en comprendre tous les ressorts en l’absence de paroles. Les premières grosses scènes de danse m’ont semblé longues à arriver. Même si on avait déjà quelques petits moments de danse, j’avais hâte d’en prendre plein les yeux et quand ça arrive enfin, j’étais déjà un peu ailleurs.

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           Ce spectacle m’a laissé une impression étrange. Mis à part le début qui est un peu lent, le reste est très beau. Des scènes impressionnantes, de beaux décors, des danseurs impeccables : on en prend plein la vue. Pourtant à aucun moment je n’ai été touchée, émue. J’ai trouvé cela assez lisse et sans âme tout en voyant la beauté pourtant. Je crois finalement que j’aime les choses moins sophistiquées. J’ai tendance à préférer les tableaux conviviaux où tous dansent ensemble plutôt que les couples qui entrent en scène les uns après les autres pour démontrer leur talent. Ici, se sont surtout les portés qui sont mis en valeur, toujours très impressionnants mais qui cassent le rythme lorsqu’on en abuse. Finalement, je suppose que je les spectacles plus traditionnels me conviennent mieux par leur simplicité et leur chaleur. Un très beau spectacle, impeccablement exécuté et impressionnant mais auquel il a manqué pour moi le petit plus qui fait toute la différence.

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Chantecler Tango

Théâtre du Châtelet

2 rue Edouard Colonne

75 001 Paris

Du 9 octobre au 3 novembre

22 à 82 €

Musique·Théâtre

Sunday in the park with George, au Théâtre du Châtelet

          Georges, c’est George Seurat, post-impressionniste français rendu célèbre par ses toiles pointillistes. Cette comédie musicale lui rend hommage en s’inspirant de sa toile la plus connue : « Un dimanche après-midi à l’île de la Grande-Jatte ». Un univers coloré et foisonnant qui en met plein la vue.

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          J’avais ouï dire le plus grand bien de cette comédie musicale aux décors spectaculaires et au sujet si particulier. Je me suis donc précipitée avec enthousiasme pour acheter une place hors de prix et mal placée. L’arrivée au théâtre m’a un rien refroidie : aller s’enfermer dans un théâtre par la seule soirée ensoleillée du mois d’avril, c’est un peu bête, surtout pour être au 6° étage de 3/4… Mais bon, Seurat, c’est beau, ça doit quand même valoir le coup, surtout quand on voit l’orchestre symphonique qui patiente dans la fosse. Ca hume bon le grand spectacle ! Et ça l’est !

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          Le décor est impressionnant ! Le fond du tableau de Seurat est projeté sur une toile blanche en demi-cercle , il y a des arbres au milieu de la scène et les personnages déambulent au milieu de tout ça. La première partie raconte l’histoire de la naissance de ce tableau qui deviendra célèbre. Les personnages se promènent, se rencontrent, discutent : en un mot, ils vivent. Voilà pour les bons côtés. Malheureusement, malgré toute cette énergie déployée et la magnificence du décor, je n’ai pas particulièrement accroché. Le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas une inconditionnelle du chant lyrique et, devinez quoi ? on est plus proche ici de l’opérette que du genre de comédie musicale à laquelle je m’attendais. Les parties chantées manquent cruellement de légèreté et alourdissent au contraire sérieusement la pièce.

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          La mise en scène est extrêmement soignée, à plusieurs reprises, les acteurs prennent les pauses des personnages des tableaux et semblent intégrés aux toiles de l’artiste par un habile jeu de transparence. Malheureusement, lorsqu’on est tout en haut et de biais, la perspective change et l’artifice, sans doute génial vu de face, tombe totalement à plat. J’ai trouvé la première partie très belle visuellement mais assez lente et plutôt longue. Heureusement, le début de la seconde partie est plus dynamique et vraiment enthousiasmant. Ca ne dure pas : passé le premier quart d’heure de la seconde partie, ça va de mal en pis jusqu’à devenir n’importe quoi et frôler dangereusement les limites du supportable. Dans l’ensemble, cette comédie musicale reste tout de même magnifique et très impressionnante, seulement, elle ne m’a nullement émue. Un manque de rythme et de légèreté qui m’a beaucoup gênée. Le genre de spectacle qu’on voit très rarement et qu’on regrette amèrement de ne pas apprécier.

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