Archives de Tag: contes

3 recueils de nouvelles

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Le roi Lear des Steppes, Ivan Tourgueniev

 

          « Ivan Tourgueniev a deux cents ans. Plus universelle, plus moderne que jamais, sa prose le place désormais parmi les auteurs qui, en leur temps, ont également relevé le défi de l’universalité. Ce grand sage cosmopolite du XIXe siècle nous livre une clef pour lire le passé, celui de la Russie en particulier et du genre humain dans son ensemble, mais aussi pour cerner la modernité et mieux appréhender l’avenir. » Olga Gortchanina

Le roi Lear des steppes, couvertureFut un temps où je lisais beaucoup de classiques russes (enfin beaucoup… plus que la moyenne en tout cas). Je me suis délectée de l’univers sombre de Dostoïevski, je me suis agacée des digressions de Tolstoï, j’ai admiré la plume de Gorki et j’ai baillé en découvrant Premier amour de Tourgueniev. Je n’avais rien lu d’autre de lui et la nouvelle traduction de 3 de ses nouvelles était l’occasion de connaître un peu mieux cet auteur. Dans ces 3 textes, il met à la sauce russe des classiques de la littérature européenne – dont le Roi Lear. Prometteur. Bon, soyons francs, je me suis ennuyée ferme. J’ai rarement connu style aussi soporifique. Que ça peut être guindé ! Autre problème, je maîtrise assez mal les textes de départ, lus il y a longtemps, j’ai donc probablement raté pas mal des subtilités de ces textes qui intellectualisent beaucoup, beaucoup leurs références. J’ai essayé de les apprécier simplement comme de bonnes histoires mais à vrai dire elles n’ont pas grand intérêt en temps que telles et m’ont plutôt fait penser à un exercice de style, une branlette intellectuelle d’un autre temps. J’ai bien peut qu’entre Tourgueniev et moi le courant ne passe définitivement pas.

Quel plaisir peut-on retirer à rêver de soi-même, de son bonheur ? Il ne sert à rien d’y penser. Pourquoi aller courir après, s’il ne vient pas ? C’est comme la santé : quand vous ne la remarquez pas, c’est qu’elle est là.

Les morts concentriques, Jack London

 

          La folle cupidité des hommes des grandes cités, la rouerie des trafiquants du Klondike, les aspirations bourgeoises des indigènes d’un atoll du Pacifique… Les décors des trois nouvelles de ce recueil sont aussi différents que chers à London ; il y met en scène des personnages aux prises avec leurs passions, nobles ou mesquines, et confrontés à la violence éternelle du monde qui les entoure.

Les morts concentriques, couvertureVoici un recueil qui m’a déroutée. Je suis une grande admiratrice de Jack London. J’ai lu beaucoup de ses textes (mais pas tous, loin s’en faut !) et je pense pouvoir affirmer relativement bien connaître son œuvre. J’ai un gros faible pour ses récits d’aventure même si ses romans sont bien loin de se résumer à ça. Je m’attendais à retrouver dans ces trois textes la force de « L’amour de la vie » notamment, qui est quelque chose comme ma nouvelle préférée de tous les temps (plus ou moins). Eh bien pas du tout ! J’ai été très surprise par la première nouvelle, très politique et qui expose des thèses proches de l’anarchisme. La seconde nouvelle nous transporte dans le Grand Nord et porte bien un esprit d’aventure avec un homme prêt à tout pour échapper à la torture. Enfin, la dernière se rapproche presque du conte, avec l’histoire d’une perle rare sur un atoll que la tempête menace. Trois texte très différents rassemblés pour Borges pour démontrer toute l’étendue du talent de Jack London. Et c’est plutôt réussi ! Si ce ne sont pas mes textes préférés de l’auteur, ils mettent en avant différents aspects de son œuvre avec un certain brio.

Nul ne peut nous éviter. L’iniquité industrielle et sociale aboutit à nous. Nous nous retournons contre la société qui nous à créés. Nous sommes la faillite heureuse de notre époque, la calamité d’une civilisation avilie. Créatures de choix de la perversité sociale, nous opposons la force à la force. Seuls les forts les plus aptes survivront.

9 contes, Margaret Atwood

 

          Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite… Neuf contes poétiques et satiriques empreints d’une ambiance gothique.

Neuf contes, couvertureAutre déception avec ces contes. Je connais mal Margaret Atwood (pour ne pas dire « pas »). Je n’ai lu d’elle que son dernier roman, que j’avais beaucoup aimé, et j’ai vu l’adaptation en série de « La servante écarlate » que j’ai absolument adorée. Je partais donc avec un a priori très positif et l’envie de mieux découvrir son œuvre. Je n’ai pas du tout retrouvé dans ces courts textes la force de ses romans. J’ai trouvé ça somme toute assez « mignon » et je n’ai pas bien compris où elle voulait amener le lecteur. J’ai bien aimé que les 3 premiers contes soient liés, même si ça reste assez anecdotiques. Les deux suivants m’ont laissée encore plus perplexe. Je ne suis finalement pas allée au bout. Je n’ai pas vraiment accroché avec cet univers qui pour moi manquait de profondeur, je m’attendais à des textes plus fort mais ça reste dans l’ensemble assez anecdotique. J’ai l’impression d’être totalement passée à côté.

Contes de fesses

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          J’ai toujours aimé les contes de fées – j’ai même voulu les étudier à la fac (à la place je me suis retrouvée dans un cours sur la Bible, faute de place) – et par la même occasion leurs réécritures. Certaines sont inventives, drôles, touchantes. J’aime retrouver ces histoires qui ont marqué mon enfance de manière décalée.

Benjamin Chaud

          C’est donc comme ça que pour mon anniversaire je me suis retrouvée avec un exemplaire de ces contes de fesses, qui s’étaient glissés par mégarde dans les rayonnages d’une amie libraire jeunesse. Chaque conte classique est représenté par une illustration, dans un style assez naïf qui laisserait penser à un livre jeunesse, mais avec des sujets franchement grivois.

Benjamin Chaud

          J’ai beaucoup ri avec ce petit livre irrévérencieux souvent très bien senti. Bon, l’a propos ne m’a pas toujours sauté aux yeux, d’autant plus que je connais assez mal certains contes, mais la plupart sont franchement bien vus. Benjamin Chaud, qui a revu son nom pour l’occasion, nous livre des illustrations pleines d’humour. Une revisite pour adultes des classiques de la jeunesse qui ne manque pas de piquant.

Benjamin Chaud

Des albums jeunesse à la pelle

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          Une petite sélection de livres jeunesse lus ces derniers mois et dont je ne vous ai pas parlé. Il y en a un peu pour tous les âges et dans tous les styles. Faites votre choix !

32694383_7020524La belle et la bête : J’aime bien ce conte mais je ne l’avais jamais lu, je n’en connaissais finalement que les adaptations cinématographiques. Quand on m’a offert ce petit livre, j’ai été ravie de pouvoir découvrir la version originale. Je dois dire que j’ai été assez surprise par le côté hyper moralisateur de ce conte. Pas vraiment ma tasse de thé mais ça ne fait pas de mal de connaître ses classiques. J’ai beaucoup aimé les illustrations, vraiment très belles.

BOUCLE-D-OR-A-TOUCHER_ouvrage_largeBoucle d’or : cette histoire me fascinait quand j’étais petite. J’aurais tellement voulu goûter à la bouillie des ours moi aussi ! J’ai donc été ravie de relire ce grand classique. Les illustration ne m’enchantaient pas outre mesure, en revanche, les textures différentes à chaque page sont extrêmement inventives et réussies. J’aurais adoré avoir le même !

couv_haikusIl était une fois… Contes en haïkus : les contes traditionnels revisités sous formes de haïkus, saurez-vous les reconnaître ? Pour la peine ce n’est pas vraiment un album mais ça reste un livre illustré. Il y en a que j’ai eu un peu de mal à trouver mais condenser les contes en 17 syllabes est un tour de force que l’auteur réussit à merveille. Une bonne initiations à l’art du haïku et une révision ludique de nos classiques.

la-legende-du-cerf-volantLa légende du cerf-volant : ce livre est juste splendide. Les illustrations sont très belles, elles sont à la fois douces et colorées. Comme les dessins, l’histoire est tout ce que j’aime, une légende empreinte de sagesse et de poésie. Le genre de classique dont on ne se lasse pas. J’ai passé un excellent moment avec ses pages magnifiques.

9782912080615Papa barque : ce livre qui parle de l’absence du père m’a agréablement surprise. Je n’ai pas vraiment accroché avec les illustrations mais elles font vraiment sens avec le texte et le complètent parfaitement. Un livre émouvant qui parle d’amour et d’absence aux enfants avec justesse et sensibilité.

9782748512861FSSato lapin et la lune : je dois admettre que ce n’est pas mon album préféré mais il faut dire que je préfère généralement les livres pour les un peu plus grands. Les illustrations ne m’ont pas emballée, j’avoue préférer les choses un peu plus classiques. Toutefois l’histoire est pleine de poésie et plaira surement aux plus petits.

ZOU Zou : Zou, c’est un petit zèbre tout mignon. Les illustrations sont très jolies et toutes douces, je les aime vraiment énormément. L’histoire quant à elle est particulièrement mignonne et les parents l’apprécieront surement autant que les enfants. Un très joli livre plein d’humour et de tendresse à offrir aux jeunes parents. Un gros coup de cœur.

9782226040558-XLe premier œuf de maman poule : ce livre a été un gros de coup de coeur. Un de mes chouchous que j’ai lu et relu. Les illustrations sont sympa, il y a plein de textures différentes pour les petits avec des volets à soulever et autres choses du genre. Le texte est plein d’humour et de tendresse. Un vrai bonheur !

caroline-aux-sports-d-hiver-242955-250-400 Caroline aux sports d’hiver : un de mes préférés de la série Caroline que j’aimais tellement quand j’étais enfant. J’aimais tellement suivre les frasques de ces adorables petits chiens et je pouvais passer des heures à regarder les illustrations pour inventer des détails à l’histoire. Sans doute mes premiers fous rire de lecture – et ils sont encore bien rares ! Je me le suis fait offrir à Noël et même si j’ai été déçue de trouver l’histoire plus courte que dans  mon souvenir, ça reste un énorme plaisir de lecture.

Contes des sages du Japon

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          Depuis quelques années déjà, Le Seuil collecte des contes venus du monde entier dans une très jolie collection de livres illustrés au format original. Ici, ce sont les contes du Japon qui sont mis à l’honneur, essentiellement centrés sur la sagesse de la philosophie zen. Deux cent pages de bon sens qui appellent à la réflexion. 

          J’ai toujours été friande de contes zen, cette philosophie qui fait l’apologie du vide, parfait opposé de nos aspirations occidentales. Je n’en avais toutefois pas lu depuis fort longtemps. Suite aux expositions autour du Japon à la Pinacothèque (voir l’article ici), j’ai profité de ce petit air nippon pour me replonger quelques heures dans les traditions du Pays du Soleil Levant. L’occasion aussi de me plonger dans cette très belle collection qui me faisait de l’oeil depuis si longtemps. Ce livre est très joliment illustré et la mise en page est extrêmement soignée, ce qui en rend la lecture très agréable. J’ai pris grand plaisir à feuilleter ce très bel objet (pour un prix somme toute raisonnable). Quant aux contes, la sélection est très bien fait – autour de plusieurs axes tels que la famille, la vie quotidienne ou la religion – et me semble nous offrir un bel aperçu de la société traditionnelle japonaise. Une lecture fort agréable. 

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Le dieu était fâché de ne plus avoir ses musiques et ses danses. Il s’ennuyait. Pour lui rendre sa bonne humeur et garder sa protection, le supérieur décida à contrecoeur qu’on lui servit à nouveau son divertissement quotidien.

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Le voleur n’a pu

Emporter une chose :

La lune qui brille à ma fenêtre.

Histoires pressées, de Bernard FRIOT

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          De courtes histoires pour les enfants sages ou moins sages. Une ou deux pages pour rêver quand le temps presse.

          J’ai bien aimé certaines de ces histoires, aussi variées qu’imaginatives. Cependant, j’ai une petite préférence pour les histoires qui prennent un peu plus le temps de s’installer. Un petit livre sympathique, à destiner peut-être avant tout aux enfants turbulents qui ont du mal à fixer leur attention plus de quelques minutes et trouveront ici peut-être le goût de la lecture.

Il était une fois un enfant qui ne croyait pas aux histoires. Dès que sa mère commençait : « Il était une fois un ogre cruel… », il l’interrompait.

– Ne me raconte pas d’histoires, disait-il, les ogres ça n’existe pas !