Cuisine·Mes lectures

La littérature gourmande, de François Rabelais à Marcel Proust

          Du Moyen Age à nos jours, romancier, poètes et dramaturges ont célébré la bonne chère. Cet ouvrage propose 150 extraits des plus belles pages consacrées à l’art culinaire. La Fontaine, Musset, Dumas… les plus grand noms sont représentés dans cet éloge de la gourmandise. Des pages de la littérature française qui vous feront saliver d’envie !

         Cette nouvelles collection initiée chez Eyrolles intitulée « Les plus belles pages » propose un concept intéressant de recueil de grands textes de la littérature française, connus ou moins connus, rassemblés autour d’un thème. Les deux premiers à paraître sont La littérature érotique et La littérature gourmande (que voici). Bien sûr, je me suis jetée sur ce dernier dès que j’en ai entendu parler ! Alors, qu’en est-il à la lecture ? Tout d’abord, j’ai été surprise par la sobriété de la couverture. Si elle est épurée et plutôt agréable à regarder, elle ne m’a pas franchement évoqué la gourmandise (bien que j’adore les cerises). Je crois que j’imaginais quelque chose d’à la fois plus classique et moins sobre. Je pense qu’en magasin, je ne serais pas allée vers ce livre, faute de faire un lien couverture/contenu. Ah, toujours le fameux horizon d’attente de Jauss ! Quant à la maquette intérieure, elle reste trop « scolaire ». Que ce soit la typographie, la mise en page, le choix du papier, tout m’a rappelé un aride livre de théorie littéraire écrit par quelque obscur professeur. Eyrolles n’a pas su sortir de sa spécialisation très technique pour nous offrir un produit à l’enrobage plus appétissant et grand public, c’est bien dommage !

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          En effet, le contenu est quant à lui fort intéressant. Je commence par le petit détail qui me fait tiquer histoire d’en être débarrassée : le livre est sous-titré « De François Rabelais à Marcel Proust » mais commence au Moyen Age pour finir dans les années 60… Il aurait plutôt dû s’intituler « De Marco Polo à Marguerite Duras ». Je chipote me direz-vous… Oui peut-être, je suis un peu tatillonne question lexique mais bon hein, si les mots ont un sens ce n’est pas pour rien ! « De… à… » qu’on le veuille ou non ça marque un début et une fin c’est donc plutôt mieux si on peut en respecter au moins approximativement le sens… Ceci dit, le recueil de texte est vaste et offre un panel varié de la littérature gourmande, tant dans les styles que dans les époques. La partie contemporaine aurait mérité d’être un peu plus étoffée, en revanche, j’ai beaucoup apprécié de découvrir certains auteurs médiévaux. Pour chaque période, une introduction sur la place de la gastronomie nous replace dans le contexte ; quant aux textes, ils s’ouvrent par une petite présentation originale de leur auteur. Ces parties explicatives sont à la fois concises et intéressantes. Les extraits, connus ou moins connus, sont très bien choisis et quelques recettes viennent même s’y glisser. On regrette vraiment cette présentation un peu austère qui ne met pas assez en valeur un contenu pourtant palpitant. Un livre à la fois enrichissant et distrayant qui nous met l’eau à la bouche !

Cuisine·Mes lectures

La Java Africa !

          30 recettes africaines simples et authentiques, écrites par un jeune malien, Souaibou Koita, qui a ouvert en 2008 la première enseigne de restauration rapide africaine implantée en France. Il y revisite les recettes d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale avec le désir de faire partager à partir d’ingrédients simples, la saveur de la cuisine africaine.

          Aujourd’hui, c’est un livre de recettes que je vous présente. Je l’ai reçu en service de presse il y a peu et voulais en tester quelques-unes avant de vous en parler, mais étant malade, je n’en ai malheureusement pas eu l’occasion. Toutefois, j’étais pressée de vous faire découvrir cette ouvrage. Je vais donc faire une petite entorse à mes propres règles et vous présenter un ouvrage non testé. Mais promis, je reviens vers vous avec recettes et photos des plats pour vous délivrer mon verdict très vite.

          La première impression sur ce livre est très bonne, il est vraiment très joli. Une belle présentation, une mise en page simple mais efficace et des photos appétissantes : tout un programme ! Le livre commence par une petite présentation de la cuisine africaine. Les recettes sont assez variées ; parmi les ingrédients principaux manioc, patate douce, bananes plantain, poulet, boeuf, agneau, mérou ou ananas. Les recettes paraissent assez simples mais très savoureuses. Certaines m’ont donné envie de me mettre à mes fourneaux au plus vite, parmi lesquels l’aloco poulet, servi avec des bananes plantains et dont la recette me met l’eau à la bouche. Un livre qui semble une très bonne initiation à la cuisine africaine et la rend accessible à tous. 

La Java Africa, recettes d’Afrique noire

Souaibou Koita

Editions Sud Ouest

80 pages, 30 recettes, 7, 90 €

www.yassafastfood.com

Cuisine

Publicis Drugstore

          La brasserie du Publicis Drugstore est un bar « chic » en haut des Champs Elysées. Nous avions envie d’un thé et une pâtisserie avant d’aller voir un film à côté et nous manquions de temps comme d’inspiration. Le Drugstore proposant des pâtisseries d’Hermé et du thé Mariage Frères, nous nous y rendons sans plus attendre. 

          Le lieu est très froid, une espèce de bulle transparente avec des tables grises ou blanches ultra design (assez moches à mon goût), un bar étincelant et une musique assourdissante. On y trouve des touristes et de jeunes cons parisiens. Visiblement, on vient ici essentiellement pour se montrer, sans se soucier des masses de ce qu’on a dans l’assiette (ou le verre). C’est dommage, les pâtisseries de Pierre Hermé, ça reste quand même un grand moment. Malheureusement, le lieu ne se prête pas du tout à la dégustation. Les tartes vendues à prix d’or (environ 3 fois le prix en magasin), sont servies dans une vaisselle moche, genre assiette blanche Ikea, sans un poil de présentation. Le service est très empressé étant donné la foule qui se presse dans ce lieu sans âme. C’était certes bon, mais on aurait apprécié un cadre plus chaleureux, surtout pour le prix. Une adresse où je ne pense pas revenir, en revanche, je tenterais bien l’atelier de Joël Robuchon à l’étage supérieur…

Publicis Drugstore

133 avenue des Champs-Elysées

75008 Paris

Mes lectures

L’école des saveurs – Erica Bauermeister

          La mère de Lilian est plongée dans ses livres depuis que le père de la petite fille les a quittées. L’enfant apprend très tôt à remplacer sa mère pour s’occuper de la maison. C’est ainsi qu’elle va découvrir la cuisine. Une idée va alors lui venir : et si elle pouvait guérir sa mère en lui mitonnant de bons petits plats ? Des années plus tard, elle on la suit avec ses élèves dans les cours de cuisine qu’elle dispense dans son restaurant. 

          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre : des gens autours de moi qui avaient apprécié, des émissions « littéraires » qui le décrivaient comme un miracle de sensibilité ; devant tant d’enthousiasme, j’ai laissé mon scepticisme de côté et je me suis lancée à mon tour. Je vous épargne le suspens quant à mon verdict, dès les premières lignes j’ai failli être étouffée par tant de mièvrerie. Ca dégouline de bons sentiments. La vision de la femme m’a également exaspérée : mère, cuisinière, ménagère… Le féminisme a l’air d’avoir épargné l’auteur (une femme, précisons-le). Mais la cuisine aussi y est décrite de manière très naïve. Tout est beau, sens bon, est réussi du premier coup et ces recettes magiques peuvent guérir tous les maux. Bref, la sous-littérature américaine dans toute sa splendeur.

          L’histoire de la petite fille qui veut guérir sa maman est mignonne mais manque de profondeur. On la survole pour ne garder que des moments d’une naïveté qui frôle la bêtise, ce qui gâche un peu l’histoire tout de même. Puis nous sommes directement catapultés 20 ans plus tard dans un cours de cuisine. Là on découvre une galerie de personnages plus fades les uns que les autres, un ramassis de clichés sans âme. Quand à la cuisine, malgré mon amour pour les bons petits plats, tout m’a agacée. J’ai eu l’impression de lire une ode à la cuisine des années 50 dans une version édulcorée. Les recettes ne m’ont pas particulièrement fait rêvé, ça reste finalement assez simple et chaque image employée est vue et revue (la coloration du beurre, la lumière dans un verre de vin, l’odeur du chocolat…). Je m’attendais à saliver devant les descriptions mais elles m’ont plutôt écoeurée. Bref, un livre creux et niais qui manque cruellement tant de modernité que de profondeur.

Sa mère prit la tasse et la porta à sa bouche, souffla légèrement sur le dessus en soulevant des spirales de vapeur qui lui montèrent au narines. Elle but quelques gorgées timides, presque perplexe, et releva les yeux de son livre pour regarder au loin.

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Le nappage était une crème au beurre épaisse, somptueuse comme une robe de satin contre la texture ferme et fragile du biscuit. A chaque bouchée, on sentait d’abord fondre le biscuit, puis le glaçage, l’un après l’autre, comme des amants qui se laissent tomber sur un lit.

Bars, restaurants

Le sagittaire

          Au pied de Montmartre, du côté de la mairie du 18° arrondissement, loin de la cohue des touristes, on trouve nombre de petits restaurants aux tarifs abordables qui nous réservent de bien bonnes surprises. Parmi eux, Le Sagittaire. Le lieu est assez chic et propose pourtant des menus à l’excellent rapport qualité/prix. Une cuisine classique mais généreuse qui ne déçoit pas.

          La devanture rouge au beau milieu de la rue Lamarck laisse penser à un bistrot chic, d’autant qu’on aperçoit un très joli bar derrière la vitrine. Une fois à l’intérieur, c’est une salle bien plus bourgeoise qui nous attend. Le restaurant propose le midi un menu à 20,50€ entrée/plat ou plat/dessert avec un quart de vin et un café. Un menu à 35€ est également proposé, tout compris (apéritif, entrée, plat, salade, fromage, dessert, 1/2 de vin, café). Le choix et vaste bien que très classique.Vous pourrez y manger potage de pois cassés, foie gras, cuisse de canard, pavé de boeuf au poivre, profiteroles ou crème brûlée. Pas plus d’originalité dans la réalisation que dans l’intitulé mais tout est impeccablement réalisé et servi avec le sourire en prime. Une adresse classique mais de bon goût.

Le Sagittaire

77 rue Lamarck

75018 Paris