Culture en vrac

Juillet : le bilan

          Le mois de juillet fut riche en (bonnes) lectures. Parmi les coups de coeur du moment, le très beau recueil de nouvelles de Sylvain Tesson, Une vie à coucher dehorsDe très beaux textes qui méritent le détour et que je ne peux que vous recommander chaleureusement, un vrai bijou. Dans un tout autre style, La compagnie noiresérie fantasy très agréable à lire et incroyablement prenante. J’ai beaucoup aimé qu’on sorte des habituels clivages bien/mal pour un mode de fonctionnement plus complexe et autrement plus intéressant. Enfin, une petite biographie pour la route avec Artemisia. Une immersion dans la peinture de la Renaissance des plus prenantes.

         Côté cinéma, très peu de sorties ce mois-ci encore. Un gros coup de coeur tout de même pour Starbuck, qui m’a franchement fait rire et que j’ai trouvé bien plus subtil que ce que j’attendais. Une très belle surprise. Vu au cinéma, Tomboy, un film qui s’en sort bien avec un sujet difficile.

         Une belle exposition également avec Artemisia (oui encore !) au Musée Maillol, avec laquelle j’arrête ensuite de vous embêter. Un peu de danse également avec Alvin Ailey et les très belle créations de cette troupe. Une belle découverte également avec le Chamarré Montmartre. Et vous, quelles découvertes en ce mois de juillet ?

On se retrouve le mois prochain pour de nouvelles aventures !

Divers

Les origines de la Saint Valentin

          14 février, la Saint-Valentin, la fête des amoureux… On est en apparence bien loin de mes préoccupations mais pourtant j’aime particulièrement l’histoire de cette fête. Je ne résiste donc pas à sortir de mes archives pour quelques jours l’article que j’avais consacré l’année dernière à ce sujet.

          Vous le savez sans doute, le 14 février, nous fêtons les Valentin et célébrons les amoureux. Mais savez-vous que cette fête existait bien avant de devenir une aubaine pour les fleuristes et les chocolatiers ? En connaissez-vous l’origine ? Avec deux jours de retard, je ne résiste pas à l’envie de vous raconter cette histoire.

          Valentin vivait à Rome sous Claude II (qui régna seulement 2 ans, de 268 à 270) et prônait la foi catholique à une époque où les chrétiens étaient tour à tour vaguement tolérés ou carrément persécutés. Il s’est fait arrêter pour avoir prêché la bonne parole. De sa geôle, Valentin a rendu la vue à la fille du magistrat qui avait sa charge et en a profité pour convertir toute la famille. Il aurait également marié des couples en douce alors qu’on était en temps de guerre et qu’il aurait dû aller se faire trucider sur les champs de bataille. D’autant plus que le mariage était alors interdit pour qu’il y ait plus d’hommes disponibles pour aller au front. Il a été condamné et décapité sur la voie Flaminia le 14 février 268 après avoir été battu et brisé avec des « bâtons noueux ». C’est là la légende la plus communément admise sur l’origine de la fête des amoureux.

          Cependant, à cette même date, dans la Rome antique toujours, étaient célébrées des fêtes païennes, les Lupercales, en l’honneur de Lupercus dieu des troupeaux et des bergers et Junon, déesse protectrice des femmes et du mariage. Les fêtes commençaient par le sacrifice d’une vierge et de boucs, ensuite, les prêtres badigeonnés de sang couraient dans les rues à moitié nus fouettant au passage les femmes avec des lanières taillées dans la peau des boucs sacrifiés. Les coups reçus devaient assurer à celles qui les recevaient fécondité et grossesse heureuse, elles s’offraient donc à eux de bon coeur. La journée se terminait par un banquet suivi d’une loterie : chaque jeune fille inscrivait son nom sur un parchemin qu’elle déposait ensuite dans une jarre où les garçons tiraient au sort le nom de celle qui devait les accompagner pendant la soirée. Quand l’Eglise a commencé à s’imposer dans l’Empire romain, elle a souhaité mettre un terme à ces fêtes pour le moins indécentes et a lancé le culte de Saint Valentin pour contrecarrer ces pratiques jugées douteuses.

          Voilà vous savez tout ! J’ignore comment Cupidon est venu s’incruster dans cette affaire avec ses petits coeurs partout mais je suppose qu’avec le temps on a juste oublié l’origine de cette fête et qu’on s’est mis à tout mélanger. Une histoire que je trouve en tout cas passionnante. C’est incroyable cette propension des catholiques à tout se réapproprier, fascinant. 

Mes lectures

Raymond QUENEAU, Connaissez-vous Paris ?

          Pendant deux ans, de 1936 à 1938, Raymond Queneau a posé chaque jour aux lecteurs de L’intransigeant trois questions sur Paris. De son propre aveu, les années les plus heureuses de sa vie.

          Les éditions Gallimard (la maison de Queneau, évidemment, qui d’autre aurait bien pu s’en charger) nous livrent ici quelques unes de ces questions/réponses, plus de 450 tout de même ! Elles ont été choisies en fonction de leur actualité, en effet, Paris a bien changé depuis ce temps-là.

          Je vous en livrerai quelques unes au fil des semaines, sur le même principe que celui choisi par l’auteur : la réponse se cachera dans un article (parmi les 5 derniers publiés, les réponses seront signalées en couleur et porteront le même numéro que la question qui leur est associée), à vous de la retrouver. Bonne visite de Paris.

Le Paris que vous aimâtes

n’est pas celui que nous aimons

et nous nous dirigeons sans hâte

vers celui que nous oublierons

Topographies ! Itinéraires !

Dérives à travers la villes !

Souvenirs des anciens horaires !

Que la mémoire est difficile…

Et sans un plan sous les yeux

on ne nous comprendra plus

car tout ceci n’est que jeu

et l’oubli d’un temps perdu

1) Il y a dans Paris un pavé de bronze. Où se trouve-t-il ?

Il y aun pavé de bronze au centre du grand refuge de la place du Parvis Notre-Dame. C’est le point de départ du kilométrage de toutes les routes de France. Il fut placé en 1924.

Mes lectures

David LODGE, L’auteur ! L’auteur !

          Quel écrivain de théâtre n’a pas rêvé d’entendre à la fin de la représentation cet appel du public : L’auteur ! L’auteur. Henry James, le grand Henry James, n’échappe pas à la règle. Lui aussi ne rêve que de succès et de reconnaissance. Car si aujourd’hui tout le monde connaît son nom et salue son oeuvre, il n’en fut pas de même de son vivant.

          Dans ce roman, David Lodge retrace le parcours d’Henry James : ses espoirs, ses désillusions. Un livre d’une extrême richesse, écrit avec brio. Un peu trop peut-être. Je ne connais ni Henry James, ni l’Angleterre dans laquelle il a vécu et je me suis un peu noyée dans le flot des références culturelles. La critique a salué ce roman comme le meilleur signé par cet auteur. Le plus sérieux sans doute, le plus difficile, c’est certain. Pour ma part, ce n’est pas celui qui m’a le plus touchée, qui m’a le plus fait rire, malgré l’humour subtil Je l’ai trouvé un peu trop ardu pour réellement y prendre du plaisir. Au final, je suis quand même heureuse d’en être venue à bout et en suis ressortie avec l’impression d’avoir sérieusement amélioré ma culture générale. Un livre intelligent qui mérite qu’on prenne la peine de s’y arrêter.

Lorsque Henry James se tourna face à l’auditoire, s’apprêtant avec bonne grâce à saluer, un déluge de huées déferla du dernier balcon sur sa tête sans défense. « Hou ! Hou ! Hou ! » Il y avait aussi des lazzis, des sifflements et autres bruits, mais c’était cette longue diptongue, « ououou » qui dominait. « Hou ! Hou ! » James parut abasourdi, terrassé, totalement incapable de comprendre ce qui lui arrivait et de réagir. […] Il ouvrit et ferma la bouche une ou deux fois, lentement, silencieusement, tel un poisson dans un aquarium. « Hou ! Hou ! »

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Pour ceux qui ne liront pas ce livre, ou n’auront pas la patience d’en venir à bout, voilà son magnifique final :

Voilà un agréable fantasme : l’esprit d’Henry James planant quelque part dans le cosmos, sachant tout ce que j’aurais voulu qu’il sût avant de mourir, observant avec une satisfaction légitime la manière dont sa réputation croissait après sa mort, additionnant les chiffres de vente, lisant les critiques, regardant les films et les feuilletons télévisés sur un magnétoscope ou un lecteur DVD célestes, et écoutant notre babillage à son propos et au sujet de ses livres à travers les espaces intersidéraux comme une ovation prolongée

Henry, où que vous soyez, saluez votre public.