Théâtre

Tutu, les Chicos Mambo dépoussièrent la danse

          Tutu est un spectacle dont on a beaucoup parlé depuis quelques semaines. Sur scène, uniquement des hommes qui révisent les classiques de la danse, du ballet au tango en passant par la danse contemporaine. J’avoue que je n’étais pas sure d’adhérer à cet univers. Pas que je sois dénuée de toute forme d’humour mais n’étant pas très calée en danse, je n’étais pas sure d’être en mesure d’apprécier les détournements de ses codes. Mais finalement, même s’il y a deux-trois références que je n’ai qu’à moitié comprises, c’est passé tout seul. Il n’y a pas besoin d’être spécialement amateur de danse pour apprécier ce spectacle plein d’humour qui aborde beaucoup de genres différents. Chacun devrait y trouver son compte.

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          Franchement, j’ai beaucoup aimé ce spectacle plein d’humour. Dès le début, j’ai trouvé la mise en scène juste géniale. Les costumes qu’on voit sur l’affiche sont vraiment très drôles et il y a beaucoup de poésie dans ces chorégraphies. Le spectacle est découpé en saynètes qui représentent différentes danses ou des ballets célèbres. J’ai beaucoup, beaucoup ri devant leur interprétation du Lac des Cygnes : juste géniale ! Je vois une version plus classique bientôt mais je sens que je ne la regarderai plus du même œil. La compétition de GRS (Gymnastique Sportive et Rythmique) est également très drôle (et assez impressionnante techniquement). Le tutu est au cœur du spectacle, comme un fil rouge entre les séquences.

Michel Cavalca
Michel Cavalca

          Les réinterprétations sont plus ou moins réussies mais dans l’ensemble le niveau est très bon. J’ai trouvé la 2° partie moitié plus intéressante. Il faut dire que j’étais fatiguée et que la danse moderne me parler franchement moins. J’ai apprécié que malgré une bonne dose d’auto-dérision, la performance ne soit pas oubliée dans ce spectacle qui laisse la place à l’émerveillement. Les danseurs sont non seulement très bons et très beaux (ces corps, c’est juste incroyable, ça me laisse sans voix à chaque fois !) mais ils sont en plus très sympathiques et on a l’impression qu’ils ont une petite marge de manœuvre pour s’exprimer, ce qui fait qu’on a le sentiment que la personnalité de chacun ressort un peu au fil de la représentation. Un spectacle inventif et drôle qui m’a fait passer un très bon moment.

Michel Cavalca
Michel Cavalca

Tutu

Bobino

7, rue de la Gaîté

75014 Paris

Jusqu’au 24 mai 2015

De 20 à 50€

Théâtre

Sara Baras, un ballet flamenco d’une technique impressionnante

          Pour Noël, avec mes parents nous sommes allés voir Sara Baras au Théâtre des Champs Élysées. Sans pratiquer ni y connaître grand chose, nous avons toujours aimé les spectacles de flamenco et en avons donc vu un certain nombre. Je n’avais jamais eu l’occasion de la voir sur scène et bien qu’ayant déjà eu l’occasion d’entendre son nom, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai eu l’agréable surprise de constater qu’on allait avoir affaire à une mise en scène très travaillée et à une troupe assez conséquente. Les premières minutes laissaient présager d’un excellent spectacle. Si ce fut le cas par bien des aspects, quelques détails sont toutefois venus tempérer mon enthousiasme.

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          Nous étions au 2° balcon face. Des places moyennes, très en hauteur et donc un peu loin de la scène, mais bien en face et avec une excellente visibilité. Pourtant, dès que les projecteurs ont éclairé la scène, nous avons été tout bonnement aveuglés. L’ambiance se veut tamisée avec de beaux jeux d’ombres. Malheureusement, vu d’en haut ben… on n’y voit rien justement. Je suppose que l’éclairage a été conçu pour être vu à hauteur de scène (du carré or quoi) et qu’on n’a pas pensé aux pauvres bougres en hauteur (qui paient quand même leur place 40€, signalons-le). Cet effet « lampe torche en pleine poire » est fort heureusement moins prononcée sur certains tableaux mais nombreux sont les moments où on ne distingue que vaguement les silhouettes. La bonne nouvelle c’est que les pieds étant presque toujours en pleine lumière, on peut quand même juger du niveau des danseurs, ce qui est après tout l’essentiel. J’ai quand même trouvé dommage que le jeu des lumières si travaillé et qui s’annonçait splendide (et il doit l’être quand on est place en bas !) et aurait dû être un gros plus devienne un frein pour apprécier le spectacle.

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          Même s’il  a un petit (gros ?) loupé coté lumières, la mise en scène est soignée avec un réel effort artistique. Des panneaux représentent les grands noms du flamenco, comme un hommage muet. Entre les morceaux, on entend des interviews sur la danse et le monde gitan. Elles sont en VO avec un accent andalous à couper au couteau, autant vous dire qu’il faut un espagnol irréprochable pour espérer suivre ! L’intention est quand même louable et ça crée une ambiance un peu particulière que j’ai beaucoup aimée. Coté technique, musiciens comme danseurs sont impressionnants. Sara Baras est époustouflante. Certains regretteront un spectacle peut-être un peut trop technique. Personnellement ça ne m’a pas trop gênée mais c’est vrai qu’on est plus dans la performance que dans l’émotion, ce qui est parfois du à juger quand on ne s’y connaît pas outre mesure. Il  a quand même quelques tableaux très poétiques avec des jeux de châles ou des robes qui ressemblent à des coquelicots. Une technique époustouflante et une belle mise en scène pour un spectacle qui ravira les amateurs de flamenco.

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Sara Baras Ballet Flamenco

Voces, suite flamenca

Théâtre des Champs Elysées

15 av Montaigne, 75008 Paris

Jusqu’au 11 janvier

De 15 à 68€

Théâtre

Casse-Noisette, un magnifique spectacle de Noël à Bastille

          Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai pris cette année un abonnement à l’opéra pour une série de ballets. Après Rain, j’ai donc vu Casse-Noisette et j’ai eu la joie d’assister par hasard à la première. Je n’avais jamais vu ce spectacle qui est pourtant un classique. Grosso modo, je savais juste qu’il y avait dedans des rats, une petite fille et des soldats de plombs. Je n’étais pas très sure d’aimer ça, trop fantastique à mon goût. Dès le début, j’ai pu constater que la mise en scène était très impressionnante : décors imposants et costumes somptueux, tout ce que j’aime ! Les moyens déployés sont considérables et franchement, ça en met plein la vue !

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©Sébastien Mathé

          La première partie est surtout composée de tableaux de groupe et la performance n’y a que peu de place. On profite surtout de la beauté des décors et on s’imprègne de l’ambiance de Noël qui se dégage de du tout. Après l’entracte, on entre dans un monde rêvé, beaucoup plus poétique. Le tableau où il neige sur scène est tout simplement magnifique ! De même pour la scène du bal : c’est beau, c’est beau, c’est beau ! Il y a des passages beaucoup plus techniques qui en mettent franchement plein la vue, Clara et le prince sont tous deux excellent.

Casse-Noisette Noureev
©Sébastien Mathé

          Inutile de dire que la musique de Tchaikovski n’est pas pour rien dans la réussite de ce ballet. C’est incroyable le nombre de passages qui sont incroyablement connus. Pour certains, je ne savais même pas qu’ils en étaient extrait. Bon, évidemment, ça fait un peu bizarre quand on les a connus dans des pubs mais bon, on s’habitue. J’ai été totalement embarquée dans cet univers, la chorégraphie de Rudolf Noureev est très classique mais de toute beauté. Si vous pouvez avoir des places, foncez, c’est le plus beau des spectacles de Noël. Juste magique !

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Chorégraphie de Rudolf Noureev, musique de Piotr Ilich Tchaïkovski

Jusqu’au 29 décembre

De 20 à 130€

Théâtre

Rain, un spectacle déroutant à Garnier

          Cette année, j’ai pris un programme théâtre et ballet un peu chargé, bien que j’ai déjà redistribué pas mal de pièces à mes amis faute de pouvoir y aller. Le premier ballet de la saison était Rain, à l’Opéra Garnier. J’avais visité l’opéra l’été dernier mais je n’y avais jamais vu de spectacle. Le lieu à lieu seul est impressionnant et vaut le déplacement ! Je n’y connais à peu près rien à ballet. J’ai fait un peu de danse classique et me suis empressée de tout oublier et j’ai vu somme toute assez peu de spectacles, ma culture reste donc entièrement à faire en la matière. Toutefois, tout le monde m’avait dit du bien de Rain, j’avais donc hâte d’en voir plus. Autant je suis assez à l’aise avec le classique, autant la danse contemporaine a tendance à me laisser plus perplexe et là, on est en plein dedans ! Pourtant, cette chorégraphie ne manque pas d’atouts.

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          Je ne suis pas la mieux placée pour vous parler d’un ballet n’étant pas experte en la matière mais je vais quand même vous livrer mon ressenti sur ce spectacle un peu particulier. Le décor est très épuré mais réussi je trouve. Les danseurs semblent évoluer sans logique sur la scène, courant d’un bout à l’autre pour un résultat très fluide qui rappelle l’eau qui coule. Moi qui suis adepte de « performance », elle m’a un peu manqué ici mais je ne peux nier que le résultat est hypnotique. Mais ce que j’ai adoré dans ce spectacle, c’est sa musique. Juste splendide. J’ai eu l’impression d’écouter pendant une heure le bruit d’un orage qui approche. C’était tellement beau ! D’ailleurs je crois bien que j’ai passé autant de temps à regarder l’orchestre jouer qu’à regarder les danseurs.

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          Si la technique ne m’a pas époustouflée – et bien que je n’aime pas spécialement les courses effrénées sur scène – il se dégage de cette chorégraphie beaucoup de grâce et de légèreté. Je ne sais pas si ça rappelle la pluie mais le bouillonnement sur scène est assez fascinant.  Le jeu des lumières est magnifique. Honnêtement, le résultat est un peu trop ensorcelant à mon goût, j’ai piqué du nez une ou deux fois. Ce n’est pas le genre de spectacle qui me touche le plus mais je l’ai tout de même trouvé très beau et assez intéressant. Il y a un moment où le message m’a semblé assez clair mais évidemment, j’ai oublié lequel en route. Peu importe au fond, il suffit de se laisser bercer par ce ballet atypique dont la musique déroutante m’a totalement conquise.

Cinéma

Geronimo

Drame français de Tony Gatlif avec Céline Sallette, Rachid Yous, David Murgia

          Geronimo est éducatrice et tente d’apaiser les tensions dans un quartier difficile. Quand une jeune turque fuit un mariage arrangé pour aller rejoindre un jeune gitan, la cité s’embrase. Geronimo va essayer de calmer les ardeurs de chacun afin d’éviter le pire.

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          Je dois admettre que même si l’évocation de son seul nom suffit à me faire rêver, je n’ai vu que eu de films de Tony Gatlif dont javais beaucoup aimé Transylvania il y a quelques années. J’ai toujours été assez attirée par le monde gitan, sa musique, sa danse, sa culture. Peut-être parce que le voyage a toujours a toujours comme un air de liberté. Pour une fois, je n’avais presque pas entendu parler de ce film avant sa sortie et n’avais lu aucun avis qui viendrait parasiter ma manière de l’aborder. Une chance de plus en plus rare ces temps-ci.

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          Dès le début, j’ai senti que j’allais adorer ce film. La première scène est vraiment très belle et donne le ton : des plans très travaillés, une musique entraînante et un écriture nerveuse. Au fur et à mesure que le film avance, les tensions s’exacerbent et la violence éclate. Si elle en gênera sans doute certains, j’ai trouvé qu’elle était particulièrement bien filmée. Tony Gatlif a un sens évident du rythme et de la mise en scène. Les bagarres ne sont pas sans rappeler certaines comédies musicales tant elles sont chorégraphiées et soulignées par une musique particulièrement bien choisis. Certains passages m’ont semblé un peu longs même si c’est de ces longueurs que naît une certaine tension.

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         L’histoire effleure des sujets tels que le mariage forcé ou les rivalités entre familles mais il m’a semblé que c’est avant tout la question de l’honneur qui était au cœur de l’histoire et qui régit la vie de ces jeunes à fleur de peau. Céline Sallette est très convaincante – tout comme le reste du casting d’ailleurs – et a ici une très beau rôle. Mais ce que j’ai trouvé fascinant dans ce film, c’est sa lumière, toujours très travaillée. Il y a une scène dans un bâtiment abandonné avec une lumière rasante qui est juste sublime. On peut trouver ce film un peu décousu et pour le moins violent mais on ne peut que souligner son énergie et sa grande beauté formelle. Tony Gatlif dresse un portrait de la communauté gitane par petites touches avec un œil d’esthète. Un film dur, survolté et terriblement beau.