Drame français de Christophe Offenstein avec François Cluzet, Samy Seghir, Virginie Efira, Guillaume Canet
Quand Yann Kermadec remplace son ami au pied levé au départ du Vendée Globe suite à une blessure, c’est son rêve d’enfant qui se réalise. Il commence la course avec une réelle rage de vaincre mais la découverte d’un passager clandestin à bord en plein milieu de la course vient mettre à mal ses chances de victoire.
Venant de la montagne, je ne suis pas très familière de l’univers marin, pourtant les grandes courses en solitaire m’ont toujours fortement impressionnée et un peu fait rêver aussi. Quant au duo Cluzet-Canet, pas que ça me fasse beaucoup rêver – un peu sage à mon goût – mais pourquoi pas, ça laissait présager d’un film plutôt sympa, gentillet du genre conte de Noël qui finit bien. A voir pourquoi pas après une journée difficile. Finalement, ç’a été un jour où il n’y avait rien d’autre qui passait à l’heure qui m’arrangeait (histoire de changer !). On embarque très vite pour cette longue course en solitaire qu’est le Vendée-Globe. J’ai beaucoup aimer plonger dans l’univers de la traversée qui est très présent et qu’on découvre peu à peu sans qu’il ne devienne non plus trop oppressant pour le néophyte.
Quant à l’histoire du passager clandestin, j’avais peur qu’elle ne soit trop tire larme mais finalement, elle reste relativement sobre. J’ai trouvé que ça fonctionnait plutôt bien. Le scénario ne réserve pas de grandes surprises mais tient la route et n’est pas aussi mélodramatique que je le craignais. Les acteurs sont dans des rôles qui leur vont bien et même Virginie Efira dont j’ai pourtant du mal à oublier le passé de présentatrice télé, se montre ici touchante. Je n’ai finalement pas grand chose à reprocher à ce film (une fois n’est pas coutume, vous remarquerez) qui est là où on l’attend. Si ce n’est pas le genre de cinéma que je préfère, le trouvant peut-être un peu trop prévisible, j’ai trouvé ce film agréable : un joli conte de Noël en pleine mer.
Drame, comédie musicale, français de Jacques Demy avec Dominique Sanda, Richard Berry, Michel Piccoli – 1982
Nantes, 1955. Les chantiers navals sont en grève. François est un jeune métallo fiancé à Violette et loue une chambre en ville. Le jour où il rencontre Edith, c’est le coup de foudre. Mais il ne sait pas qu’elle est la fille de sa logeuse et qu’elle a un mari jaloux ; pourtant, il ne peut déjà plus se passer d’elle.
Quand j’ai décidé d’aller voir ce film, c’était pour parfaire un peu ma culture « classique » dirons-nous. J’ignorais totalement qu’il s’agissait d’une comédie musicale sinon je serai allée voir autre chose. Dès les premières minutes, j’ai su que j’allais terriblement souffrir ! D’une manière générale je suis très méfiante vis à vis des comédie musicales. Je trouve que c’est un exercice particulièrement difficile. En effet, il ne faut pas sacrifier le fond à la forme, oubliant un peu le scénario en route ; pas plus qu’on ne peut se permettre de privilégier celui-ci pour laisser de côté l’univers musical qui doit être de suffisamment bonne qualité pour nous embarquer dans son univers.
Ici Jacques Demy a clairement privilégié l’histoire à ses chansons qui ne sont clairement pas écrites. Il s’agit de simplement de dialogues chantés ce qui est à mon sens un vrai carnage. La plupart des gens s’habituent assez vite et ne font rapidement plus attention, personnellement, je ne peux pas, j’ai l’impression d’être au milieu d’un mauvais dessin animé avec des voix d’adolescents en pleine mue : c’est plus que mes pauvres oreilles ne peuvent supporter. C’est dommage car il y avait du bon dans ce scénario (que je n’ai du coup suivi que de loin, je dois l’admettre…). L’histoire est assez classique mais pose tout de même des questions intéressantes et universelles sur le travail, l’amour, la jalousie ou le conflit des classes. Dommage que ce film ait été chanté, sans cela il m’aurait certainement plu.
Drame belge de Felix Van Groeningen avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse
Elle travaille dans un salon de tatouage, il joue du banjo dans un groupe de country ; entre eux c’est de suite le coup de foudre, une passion dévorante qui rien ne semble pouvoir arrêter. La musique rythme leur vie et elle rejoint rapidement le groupe comme chanteuse en plus de son travail. Très vite, une petite fille viendra par surprise parfaire leur bonheur ; ils l’appelleront Maybelle.
Ceux qui me suivent le savent sans doute, en ce moment, non seulement j’ai tendance à voir les films assez longtemps après leur sortie mais en plus, ayant du retard dans mes articles, je traîne pour vous en parler. Ce film-ci est sorti il y a plusieurs semaines déjà et je n’avais pas encore réussi à le voir mais bien qu’ayant encore deux articles ciné en attente, j’ai décidé de vous en parler le plus rapidement possible, avant qu’il ne disparaisse totalement des écrans. En effet, ç’a été pour moi un véritable coup de foudre et j’ai eu envie de le partager avec vous tant que quelques salles le passaient encore. Le synopsis est très mystérieux et il est difficile d’en dire plus sur ce film sans en dévoiler certaines ambiguïtés qui en font aussi le charme. Toutefois, pas de demi-mesure possible, soit on reste dans le flou le plus total, soit on dévoile tout le ressort de l’histoire. Aucun suspens d’ailleurs, tout est dit dès les premières images mais comme le titre, l’affiche et le résumé jouent le mystère, que ceux qui préfèrent ne pas en savoir plus sur le contenu de l’histoire sautent le prochain paragraphe et nous retrouvent au suivant.
Le film est construit de manière un peu décousue, par flash-backs ; des allers-retours continuels entre différentes époques de leur vie de couple, qui sont parfois un peu déroutants. A 6 ans, Maybelle tombe malade, une leucémie. Elle va devoir commencer une chimiothérapie et son état se dégrade. Ses parents vont tout faire l’aider à affronter ça et à garder malgré tout la joie de vivre. Quant à eux, ils vont devoir apprendre à reconstruire leur couple autour de la maladie. Après un si grand bonheur, le malheur éloigne-t-il ou rapproche-t-il encore plus ? Comment le couple survit-il face à la maladie se son enfant ? Bien sûr, ce n’est pas la première fois que le cinéma aborde le sujet, mais c’est ici fait avec beaucoup de finesse et d’originalité à la fois, un mélange de fraîcheur et de gravité qui m’a un peu prise de court et m’a très agréablement surprise. En allant voir ce film, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais vu l’affiche, très belle et mystérieuse, le titre qui l’est tout autant et lu le synopsis qui ne nous apprend pas grand chose. La curiosité et les critiques élogieuses me poussaient à aller voir de quoi il s’agissait.
La réalisation m’a réellement étonnée, et m’a un peu perdue aussi parfois, bien que cela ait finalement assez peu d’importance. Un grand soin est apporté aux images avec des plans splendides. Les personnages – une tatoueuse et un joueur de banjo – sortent de l’ordinaire et fascinent. Je suis tout particulièrement tombée sous le charme de l’actrice principale, simplement exceptionnelle. Le film est rythmé par le son de la country, des airs tantôt endiablés, tantôt mélancoliques, qui en valeur, souvent par des jeux de contrastes, cette histoire entre peine et bonheur. Jamais on ne sombre dans le pathos, la délicatesse est de mise, avec une belle réflexion sur le couple, la douleur et les croyances intimes de chacun. J’ajouterai même qu’on y trouve un pointe d’engagement pour le plus grand plaisir des spectateurs pointilleux dans mon genre.
Comme souvent face à un coup de cœur, difficile d’en parler sans avoir l’impression de trahir ce qu’on a ressenti, et surtout, vient la crainte de créer un attente trop grande chez le lecteur et une inévitable déception. Car on aime des choses simples, et ce sont de celles-là qu’il est le plus difficile de parler. J’espère donc vous avoir donné envie d’aller découvrir Alabama Monroe, et que ceux qui le verront l’apprécieront autant que moi car ce fut pour moi un grand moment de cinéma. Un de ces films trop rares qui font passer par un large panel d’émotions et dont l’univers nous poursuit longtemps après être sorti de la salle. Une construction un peu décousue mais des images magnifiques, une musique entraînante et une histoire à fendre le cœur pour ce film splendide qui aura réussi à me faire verser plus d’une larme.
Drame français de François Ozon avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot
Isabelle a 17 ans, elle est jeune et jolie et vit l’âge des premiers amours dans une famille qui l’aime. Mais alors que tout semble aller pour le mieux dans sa vie, elle sombre dans la prostitution ; son portrait en 4 saisons et autant de chansons.
Je ne suis pas une toujours inconditionnelle du cinéma de François Ozon, que je trouve un peu inégal, et qui parfois m’exaspère. Mais je reconnais à ce réalisateur un talent certain et de l’inventivité. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il se renouvelle. Quel rapport en effet entre 5 x 2 et Potiche, Le temps qui reste et Dans la maison? Il n’a pas peur de casser son image et de s’essayer à de nouveaux genres. Je vais généralement voir ses films, d’autant plus que le sujet de celui-ci me tentait bien. Je craignais un peu que ce film ne vire au vulgaire, mais ce n’est jamais le cas, bien que les scènes de sexe soient nombreuses et filmées de manière directe ; une certaine esthétique permet que ça ne vire au glauque sans pour autant en jouer démesurément. J’ai par moments trouvé quelques faiblesses au scénario mais les acteurs s’en sortent suffisamment bien pour nous les faire vite oublier.
J’ai été assez surprise par la façon dont la question de la prostitution est abordée dans le film . Je m’attendais à une manière plus brutale de traiter de le sujet. En effet, si c’est filmé de manière crue et que les passes de la jeune Isabelle avec des hommes trois fois plus vieux qu’elle ne nous sont guère épargnées, en revanche on en sait finalement très peu sur les états d’âmes de la jeune fille. J’ai trouvé ça un peu dommage. Le sujet se prêtait à un personnage torturé et finalement le personnage est assez lisse. On ne sait même pas au juste comment elle en arrive là, à part par curiosité peut-être.
D’un côté cette banalité est intéressante, elle offre un regard nouveau sur la prostitution, qui est ici surtout un prétexte à l’étude des relations familiales. Finalement, ce n’est presque qu’un secret de famille parmi d’autres, une erreur de jeunesse comme on en fait tous, et c’est la manière de gérer cette crise qui est au cœur de l’histoire. Etant férue de films engagés, bien que trouvant cette sorte de détachement osée, je n’ai pu m’empêcher de regretter que la psychologie du personnage ne soit pas plus fouillée et qu’il n’y ait pas une esquisse de réflexion sur la prostitution volontaire. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas ! Un film réussi dont le sujet délicat est traité avec habileté ; il manque un peu d’épaisseur pour réellement marquer durablement mais on passe un bon moment.
Drame franco-allemand de Billy Wilder avec Marthe Keller, William Holden, Hildegard Knef – 1978
Fedora est une actrice à la beauté légendaire qui depuis longtemps ne tourne plus et vit retirée loin des regard. Un producteur qui l’a connue dans sa jeunesse souhaite la rencontrer pour la voir jouer dans son prochain film et la remettre sur le devant de la scène. Mais bien des mystères entourent cette femme dont la beauté semble éternelle.
Je dois admettre que si je vais souvent au cinéma, je connais assez mal mes classiques et si j’en ai vu quelques uns au gré de leurs passages sur leur petit écran, j’ai de sérieuses lacune en la matière que je ne me suis jamais franchement préoccupée de combler. Quand j’ai vu que ce film-là ressortait en version restaurait, je ne sais pourquoi, il m’a de suite tentée et j’ai finalement dérogé à mon habitude de n’aller voir que des films contemporains pour aller découvrir celui-ci. J’aurais bien eu tort ! En effet, si l’histoire est peut-être un peu longue à commencer, un suspens se crée peu à peu, on se laisse totalement prendre au jeu et on ne peut qu’être étonné par le dénouement imprévu.
A la fois histoire d’amour et thriller, on ne s’ennuie pas un instant dans ce film où on sent à tout instant que le drame va arriver sans bien savoir quelle au juste en sera la cause. Fedora semble au bord de la folie mais affirme qu’elle est séquestrée et droguée par les amis chez qui elle loge. Eux-même bien sûr, ont une tout autre version des choses. Difficile alors de démêler de vrai du faux et de savoir qui dit la vérité et qui est à craindre. Une ambiance de plus en plus malsaine et un suspens grandissant qui ne laissent pourtant rien présager de l’incroyable révélation finale. Le sujet de film, la peur de vieillir et la quête de la jeunesse éternelle, n’a pas pris une ride. Une histoire très prenante et un sujet aujourd’hui encore d’actualité pour un film qui a très bien vieilli et est un plaisir à regarder.