Les disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.
J’attendais avec impatience le tome 2 de la série La passe-miroir. En effet, j’avais beaucoup aimé le premier tome, Les fiancés de l’hiver et j’avais hâte de savoir si la suite serait à la hauteur. L’attente a été un peu longue mais au moins l’auteur a pris son temps pour ne pas décevoir ses lecteurs. Le résultat est plutôt réussi. Je n’ai pas relu le tome 1 avant de m’attaquer à celui-ci et j’avais peur d’être un peu perdue : l’intrigue est complexe et je n’avais plus tous les détails en tête, loin s’en faut. L’auteur s’en sort bien, parvenant à nous rappeler les grandes lignes de l’histoire peu à peu sans tomber dans la lourdeur. Je suis de suite retombée dans cette univers très attachant. J’ai aimé redécouvrir ces personnages qui gagnent peu à peu en complexité. L’intrigue, proche de la trame policière, nous tient en haleine de bout en bout. Le style est quant à lui toujours aussi limpide et agréable.
Dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé cette suite et j’ai été soulagée de voir qu’on restait dans la lignée du premier tome. Toutefois, j’ai eu l’impression qu’on était un léger cran en dessous par moments. Il manque bien sûr le plaisir de la découverte. Les premiers tomes d’une saga nous ouvrent les portes d’un nouvel univers et ont de ce fait toujours un charme particulier et difficilement égalable. J’ai également trouvé que l’intrigue manquait peut-être un peu de crédibilité par moments. Notre jeune héroïne était sensée être une oie blanche et la voilà en train d’enquêter sur des disparitions mystérieuses dans les sphères les plus dangereuses. Non seulement j’ai trouvé que ça allait parfois un peu loin mais son côté godiche faisait partie de son charme qui disparaît un peu ici au profit d’une personnalité plus affirmée. Enfin, dernier point qui m’a un peu gênée, un aspect plus fleur bleue difficilement évitable vu la trame principale du roman mais dont je me serais bien passée. Heureusement, ça reste léger. Malgré quelques petites faiblesses, un second tome où l’on retrouve l’univers attachant du premier et qui donne envie de se plonger dans la suite.
Ophélie le dévisagea avec un mélange de répulsion et de pitié, comme si elle avait devant elle un sinistre directeur de pompes funèbres.
– Je n’aimerais vraiment pas vivre dans vos souliers.
Thorn était un homme si peu expressif qu’Ophélie interpréta d’abord sa raideur immobile comme une attente ; quand elle s’aperçut qu’il la fixait intensément sans plus ciller ni respirer, elle comprit que, en réalité, elle lui avait coupé le souffle.
– Je vous concède qu’ils ne sont pas très confortables, finit-il par articuler au bout d’un très long silence. Un peu plus que cela, même.
La fabrique du doute, de paolo Bacigalupi
Toute la vie d’Alix n’est qu’un mensonge. C’est ce que ne cesse de dire le jeune homme mystérieux qui la traque et porte des accusations troublantes contre son père. Elle commence alors à enquêter : son père serait à la tête d’une entreprise qui manipule l’information à des fins lucratives. Est-il possible qu’il couvre les méfaits d’entreprises qui ont entraîné la mort de centaines de personnes ? Le séduisant Moïse et le groupe radical de militants adolescents dont il est le leader, pourraient-ils être dans le vrai ? Alix doit faire un choix, et le temps lui est compté. Mais prendra-t-elle le risque de dénoncer le père qui l’aime et l’a élevée ?
Je dois bien admettre que quand j’ai reçu ce roman je n’étais guère emballée. Le titre, le résumé, rien ne me tentait plus que ça. Et puis la littérature pour ados et moi, bon, ça fait deux. J’en lis un peu mais sans plus et souvent sans grande conviction. En terme de thriller, j’ai tendance à être assez traditionnelle. J’aime que ce soit bien sombre. Je n’étais pas sure que ce soit conciliable avec une version pour ados qui risquait fort de contenir sa traditionnelle histoire d’amour à l’eau de rose (c’est d’ailleurs plus ou moins le cas). Mais bon, l’éditeur m’avait gentiment envoyé le roman, j’avais du temps pour le lire, je me suis lancée. Eh bien j’ai été assez agréablement surprise. Certes, il y a des choses un peu bateau dans ce texte : la petite fille bien sage et son lycée pour gosses de riches, le petit frère turbulent, les copines, l’amour. La base quoi – enfin, version américaine. Toutefois, c’est loin de se limiter à ça.
Le roman aborde des sujets que j’ai rarement trouvé dans des livres pour adolescents et encore moins sous forme de thriller. Il y est question des falsifications des études réalisées par les labos pharmaceutiques pour la mise sur le marché des médicaments. Un sujet pour le moins d’actualité… La jeune Alix va devoir décidé à qui elle accorde sa confiance et sa loyauté. J’ai aimé qu’on suive son évolution, ses doutes quand elle découvre la vérité à la fois sur qui croire et sur l’attitude à adopter. Le sujet se prête particulièrement bien au thriller et fait froid dans le dos. L’écriture est agréable et le récit bien mené. Si j’ai eu quelques doutes au début, j’ai vite eu envie de découvrir la suite de l’histoire, qui réserve de bonnes surprises et ouvre des pistes de réflexion intéressantes sur des sujets de fond.
La paroi de verre qui avait naguère fait le bonheur d’Alix lui donnait soudain l’impression d’être vulnérable. Qu’est-ce qui pouvait empêcher quelqu’un de prendre un marteau, tout simplement, et de la fracasser ?
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Le langage est la façon dont on pirate le cerveau des autres. C’est la façon dont on leur fait voir les choses de façon dont on veut qu’ils les voient.
Qui es-tu Alaska ? de John Green
Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles, du Grand Peut Etre. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.
Je n’avais jamais rien lu de John Green mais j’avais vu les adaptations au cinéma de Nos étoiles contraires et La face cachée de Margo, ce qui m’avait plutôt donné envie de me plonger dans un de ses romans pour voir un peu comment écrivait le monsieur. J’ai choisi celui-là complètement au pif. J’ai trouvé l’écriture assez agréable et on suit les personnages avec un certain plaisir. La première moitié m’a bien plus. J’ai moins accroché avec la deuxième, qui est pourtant moins classique et aborde des sujets importants. Le personnage d’Alaska m’a rappelé celui de Margo par bien des aspects, notamment son côté aussi fascinant qu’insaisissable. Je dois avouer que je n’ai retrouvé dans aucune de ces deux histoires la sensibilité et l’émotion de Nos étoiles contraires que j’avais contre toute attente beaucoup aimé.
La construction de ce roman le rend assez prévisible, le drame étant annoncé dès le départ, avec parfois un peu trop d’insistance. L’élément pivot est toutefois assez inattendu dans un roman pour ados. La manière dont le sujet est traité est un peu inégale, avec des choses très justes mais parfois un petit manque d’émotion qui aurait pourtant été à sa place. Ceci dit, éviter le larmoyant ne peut être foncièrement une mauvaise chose même si c’est un choix presque étrange dans ce cas précis. Le personnage et son mal-être m’ont parfois agacée dans cette seconde partie même si cela est amplement justifié par l’histoire. Même si je n’ai pas été plus touchée que ça, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de bonnes choses dans ce livre. Un roman qui aborde un sujet sensible avec une certaine finesse. Une assez bonne surprise.
Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j’étais de la bruine et elle, un ouragan.
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On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer d’en sortir, en se régalant à l’avance de cette perspective.
Et rêver à l’avenir permet de continuer, sauf qu’on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l’avenir pour échapper au présent.
Une petite chose sans importance, de Catherine Fradier
Atteint du syndrome d’Asperger, Sacha porte à quatorze ans un regard décalé et innocent sur le monde. Retiré de l’école, il vit avec sa mère, médecin humanitaire. Lors d’une mission en République démocratique du Congo, il sympathise avec Destinée, une enfant soldat. Les deux ados se retrouvent embarqués dans une aventure dangereuse, pleine de suspense et d’émotions, pour échapper aux griffes de trafiquants sans scrupule ?
Pour des raisons un peu obscures, je suis toujours attirée par les films ou livres sur l’autisme – même si finalement j’en ai vu/lu très peu – j’ai donc de suite eu envie de lire ce roman jeunesse dont le héros est atteint du syndrome d’Asperger. D’ailleurs, je n’ai pas de suite compris qu’il s’agissait d’un roman jeunesse, il aura fallu pour cela que je commence ma lecture (je ne suis pas d’une rapidité d’analyse confondante en ce moment…). Je me suis de suite beaucoup attachée au personnage principal. Sa logique particulière, ses tocs et ses problèmes de communication on trouvé un certain écho en moi et j’y ai bizarrement trouvé une espèce de réconfort. L’écriture très claire et agréable ne gâche rien. Dans l’ensemble je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce roman qui traite d’un sujet assez délicat.
L’histoire est assez improbable, partant a mi-chemin sur le terrain de l’aventure. Pourtant, si ça semble peu crédible, le rythme et la qualité du style ont fait que je ne m’en suis pas du tout formalisée, au contraire, j’ai apprécié trouver un peu d’action avec un personnage principal tellement à contre-courant des héros habituels. Je crois que j’aurais aimé que les troubles soient un peu plus explicités encore, même si ce n’est pas évident puisqu’on suit le récit du point de vue de l’enfant. Point de vue par ailleurs fort intéressant, permettant de montrer que les autres sont aussi incompréhensibles pour lui qu’il l’est pour eux. Et puis cela permet aussi d’en faire un personnage somme toute « normal » et non pas un enfant qui apparaîtrait comme particulièrement étrange. Un roman assez atypique et franchement réussi malgré quelques (très très) légères réserves qui permet d’aborder le question de l’autisme avec une certaine légèreté. Vivement la suite !
Apprendre à vivre avec Asperger n’est pas le plus difficile. C’est avec les autres qu’il faut apprendre à vivre, et parfois les autres n’y tiennent pas vraiment.
Un roman français contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre de mon article, mais qui se déroule tout de même en Roumanie. J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce livre et le titre me plaisait beaucoup. Pourtant, je dois admettre que je n’avais qu’une très vague idée de ce dont il retournait, ma connaissance de Nadia Comaneci et de la Roumanie des années 70 étant plus que limitée. Au moins, ça ne risquait pas de me gâcher le plaisir de la découverte… J’ai beaucoup aimé le début de ce livre. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi mais bien que le sujet ne me parle a priori pas plus que ça, j’ai trouvé l’écriture très belle et les premières pages ont été un vrai régal. La petite Nadia est assez fascinante et j’ai apprécié la manière dont sa vie est disséquée. En revanche, passé le premier tiers du livre, j’ai trouvé que ça s’essoufflait un peu. Si le personnage principal fascine, il s’avère assez peu sympathique… La jeune fille à l’entraînement quasi-militaire est froide comme la banquise et semble prendre la grosse tête avec ses premiers succès. Même son malheur ne parviendra guère à la rendre plus humaine. Malgré tout, ce roman est bien écrit et permet de se plonger dans une époque que je connaissais mal. Un destin hors du commun, pas toujours très sympathique, mais qui mérite tout de même le détour.
Un jour que je traînais dans une librairie alors que j’avais 2h à tuer et que mon livre était honteusement resté se la couler douce à la maison, je suis tombée sur ce titre. Il m’a intriguée. Tout autant que le tracteur sur la couverture et plus encore le résumé complètement barré. Il me fallait quelque chose de vite lu : c’était parfait ! J’ai de suite accroché avec ce style déjanté et cette histoire ubuesque. J’ai suivi avec plaisir les aventures de ces villageois moldaves prêts à tout pour quitter le pays et surtout ne jamais y revenir. J’ai trouvé que l’auteur faisait preuve de beaucoup d’auto-dérision. Il parle l’air de rien des problèmes majeurs rencontrés dans le pays, avec un humour qui touche à l’absurde. Si j’ai beaucoup ri au début, je dois toutefois avouer que j’ai fini par me lasser un peu de cette énergie débordant qui part dans tous les sens. Certains passages sont plus drôles que d’autres et ça finit par aller très loin. Peut-être bien trop pour que j’arrive à rester complètement dans cette histoire. Mais malgré tout, j’ai apprécié cette lecture dans son ensemble et j’ai envie de découvrir ce que l’auteur a pu écrire d’autre. Un roman un peu inégal mais très drôle et pas inintéressant pour autant : totalement déjanté.
On change encore de genre et de pays, avec cette fois une histoire qui se déroule en Pologne (écrite en anglais pas un immigré polonais ayant pris la nationalité américaine). Il traînait depuis un certain temps dans ma bibliothèque et j’aimais beaucoup le titre (eh oui, encore !) sans bien savoir de quoi il s’agissait. Je ne me souviens pas d’avoir relu la quatrième de couverture avant de commencer à le lire et j’avoue avoir été très surprise par la violence de ce texte. Je m’attendais bêtement à quelque chose de beaucoup plus léger… On y suit un petit garçon rejeté de tous à cause de la couleur de ses yeux et pour qui les malheurs vont s’enchaîner à un rythme soutenu. Chaque chapitre est consacré à une nouvelle croyance et un nouvel épisode funeste pour notre jeune héros. A sa sortie, le livre a eu un succès retentissant et a été lu comme une autobiographie, faisant alors grand bruit. Personnellement j’aurais tendance à penser que vu la quantité astronomique de malheurs qui pleut sur la tête de cet enfant, ce texte est plutôt à lire comme un catalogue des croyances profondément ancrée ou autant de paraboles sur la connerie humaine. Une histoire qui sonne étrangement actuelle… Un texte très difficile de par son extrême violence mais également l’un des plus fort qu’il m’ait été donné de lire. Bouleversant.
Je dois avouer que quand j’ai reçu ce petit recueil au milieu des romans de la rentrée littéraire, je me suis dit que ça me ferait une pause agréable au milieu de lectures plus ardues. Si en effet ce livre se lit facilement, je n’ai pas été franchement convaincue. J’ai trouvé ces nouvelles « gentillettes » et plutôt convenues. A tel point que, si elles ne sont pas désagréables à lire, je n’ai pas eu l’envie d’aller jusqu’au bout. En lisant d’autres articles sur ce recueil, je ne suis tombée que sur des avis très élogieux qui semblent notamment dire que toutes ces nouvelles forment un tout réussi et surprenant. Ca m’aurait presque donné envie de reprendre ma lecture pour vérifier (un jour peut-être mais là, le temps me manque déjà pour lire tout ce qui me tente alors…). Un texte un peu fade qui ne m’a pas emballée mais auquel je donnerai peut-être une seconde chance.
On m’a prêté ce recueil estampillé « ado » il y a un certain temps et je dois avouer que je ne me suis pas jetée dessus… J’avais sans doute peur de quelque chose d’un peu facile ou de déjà vu. Pourtant j’ai été agréablement surprise par ces nouvelles dans l’ensemble très réussies. Si ces nouvelles s’adressent plutôt à un public adolescents, elles n’en sont pas pour autant mièvres ou condescendantes, bien au contraire. Certains de ces textes sont assez cruels. Le déroulé des événements et la chute ne surprennent pas à tous les coups mais ils parviennent parfois à faire mouche et chaque histoire fonctionne malgré tout. L’auteur fait montre d’un humour noir des plus délectables et la vie chez lui n’est pas avare en rebondissements à la fois inattendus et criants de vérité. Un recueil qui s’avère assez homogène et révèle une belle connaissance de la nature humaine : jubilatoire.
Je ne suis pas une grande fan des textes de Delerm. D’aucuns jugeront que c’est un parfait manque de sensibilité mais je me fiche comme d’une guigne de ce qu’il peut bien ressentir en buvant sa bière. Le filon semble toutefois bon puisque les recueils se sont enchaînés année après année. Le titre de celui-ci présageait de quelque chose dans le même goût que les premiers. Sans surprise, j’ai trouvé ce livre parfaitement sans intérêt. Trop de bons sentiments. Je ne m’étendrait donc pas. J’ai vaguement espéré qu’avec l’âge je réviserais mon avis sur ce type de texte mais visiblement toujours pas, allez, je retenterai ma chance dans une dizaine d’années, qui sait ? Si je n’ai toujours pas d’affinités avec cet auteur pourtant fort sympathique, je suis convaincue que les amoureux de Delerm se retrouveront totalement dans ce texte dans la lignée de La première gorgée de bière.
Je connais assez peu Pascal Quignard mais j’ai aimé chaque texte que j’ai lu de lui ou que j’ai eu l’occasion de voir mis en scène. Je trouve son écriture d’une rare délicatesse et son érudition m’enchante. Quand j’ai vu que ce texte était joué au théâtre du Rond Point, j’ai eu très envie d’aller le voir. J’avais beaucoup aimé Le nom sur le bout de la langue, vu il y a quelques années joué par la même actrice (Marie Vialle). J’en garde un excellent souvenir. Malheureusement, j’ai découvert l’existence de cette pièce un peu tard et n’ai pas eu l’occasion de la voir. Quelques semaines plus tard, une amie de ma mère m’a fait la surprise de m’en offrir le texte et je me suis empressée de le lire. J’ai aimé retrouver l’univers si particulier de cet auteur. Ce récit se présente comme une succession de cinq contes. Certains m’ont touchée plus que d’autres même s’ils semblent s’enchaîner en un seul mouvement mais j’ai aimé tant leur poésie que les thèmes qu’ils abordent. On referme ce livre à regrets. Un très beau texte, subtil et plein de sensibilité.
Voici un grand classique qui est plutôt un roman mais que j’ai jugé suffisamment court pour trouver sa place dans cet article (de toute façon on est chez moi, c’est moi qui décide). Ce livre est un classique de la littérature française dont on a tous forcément entendu parler et j’avais le souvenir qu’on me l’avait vendu comme quelque chose de très drôle. Je dois avouer avoir été déçue (oui, c’est un peu l’article des déceptions). Ce texte a franchement vieilli. J’ai trouvé l’humour lourdingue et le style daté. Ce texte a beau être très court, j’ai trouvé cette lecture extrêmement longue… Je me suis même demandé si j’allais en venir à bout (et pourquoi on en faisait un tel cas, par la même occasion). Sans doute aurais-je ri si j’avais lu ce texte à 13 ou 14 ans… et encore. Malheureusement, je suis bien plus adepte du cynisme que de la farce et je n’ai pas su goûter toute la saveur de ce texte. Une rencontre manquée.
Je suis tombée amoureuse il y a très longtemps des écrits de François Cheng. Je les trouve d’une rare sensibilité. J’ai commencé par ses romans avant de m’attaquer à sa poésie (son domaine de prédilection) et ses textes sur la calligraphie. Si ses romans sont de loin ce que je préfère chez lui – en dépit de leur rareté – j’ai toutefois été très heureuse de me voir offrir ce recueil de poésie, genre que je délaisse bien qu’il m’ait toujours attirée. L’auteur y aborde des thèmes universels tels que la nature, l’amour ou la mort. Certains m’ont touchée bien plus que d’autres mais j’ai aimé retrouver son style épuré et sa sensibilité exacerbée. Il offre à travers ses textes des pistes de réflexion sur la vie. Bien que je sois loin d’avoir fait le tour de son oeuvre, François Cheng reste pour cela un de mes auteurs favoris. Un très beau recueil dont certains poèmes mériteraient d’être appris et médités.
Ce livre est resté très très longtemps dans ma bibliothèque avant d’en sortir. Il est imposant et me faisait quand même un peu peur, autant par sa taille qu’à cause de son titre très mystérieux. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds mais j’avais l’impression de quelque chose d’assez compliqué. Finalement, si en effet l’histoire est plutôt complexe avec ses ramifications autour du personnage principal, le style est agréable et plutôt accessible. Une écriture travaillée mais pas trop lourde : classique somme toute. Le rythme est assez lent mais agréable. J’ai bien aimé ce roman en ayant l’étrange impression qu’il était toujours sur le point de démarrer sans jamais vraiment parvenir à son rythme de croisière. Je n’ai pas eu des affinités particulières avec les personnages mais chacun a un univers bien défini, qui recoupe vaguement celui des autres tout en gardant une identité forte et j’ai bien aimé passer de l’un à l’autre. Même si la mélancolie et la langueur qui dominent dans ces pages ne sont pas ce que je préfère, j’ai bien aimé l’ambiance particulière de ce livre. Je l’ai d’ailleurs lu plus vite que je n’aurais cru et avec grand plaisir. Il y a des longueurs et la fin m’a un peu déçue mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé cette lecture exotique.
Comme la plupart des gens je suppose, je pensais grosso modo que le Kamasutra était une sorte de traité de sexologie aux positions improbables, qui a été au fil des siècle illustré et ré-illustré pour mettre du piment dans la vie de couple. Quand je suis tombée sur cette nouvelle traduction de Frédéric Boyer faite à partir du texte original (nullement illustré donc), avec un titre des plus poétiques, j’ai eu très envie de voir de quoi il retournait. Je l’ai feuilleté quelque peu, lu des passages très énigmatiques, et ma curiosité l’emportant, je l’ai finalement acheté. J’ai sauté la préface pour aller directement au cœur de texte, qui se présente comme une sorte de long poème découpé en chapitres. Si ce texte est un précis sur le couple, la séduction et les relations amoureuses, il loin de ne parler que de sexe. Ce texte m’a beaucoup surprise. A la fois par sa forme, quasi-mystique à mes yeux (sans doute accentuée par la traduction d’ailleurs) et par un contenu souvent d’une incroyable modernité même si certaines pratiques peuvent nous sembler on ne peut plus étrangères. Un mélange déroutant. C’est étrange comme certains passages prônent le respect de la femme (voire sa vénération), quand d’autres peuvent s’avérer autrement plus machistes. Si j’ai beaucoup aimé cette lecture (parcellaire, je dois l’admettre), j’ai en revanche été extrêmement déçue par la préface qui est pour moi un contre-sens total – ce qui est gênant vu qu’elle est écrite par le traducteur. Ca a un peu terni ma vision de ce livre. Ce texte m’est finalement plus apparu comme un traité de vie et de bien-être universel qui dans l’ensemble n’a pas tellement vieilli.
Je ne lis quasiment aucun manga. Je n’y connais absolument rien, alors quand mes pas me portent par hasard dans le rayon, je me contente de regarder les titres et celui-ci m’a forcément tapé dans l’œil. Je savais pas trop à quoi m’attendre mais ça parlait de nourriture, c’était déjà un bon début ! J’ai été étonnée de ne pas accrocher tant que ça. Je ne saurais pas trop expliquer ce qui s’est passé avec ce livre. Je lui ai trouvé un certain charme. Chaque chapitre correspond à une découverte culinaire du personnage. On découvre ainsi page après page des spécialités japonaises bien souvent inconnues dans nos contrées. Tout ou presque m’a fait envie ! Ce livre donne terriblement faim et laisse comme une envie d’aller explorer les bas fonds de Tokyo. Toutefois, j’ai assez vite saturé. Ce texte se déguste. Je me suis arrêtée en route, ne voyant pas trop passés quelques passages, ce que je pourrais y trouver de plus hormis une intense frustration. Peut-être que je m’y replongerai un jour. Un texte que je n’ai sans doute pas su apprécier à sa juste valeur mais qui m’aura tout de même fait saliver.
Voilà un film que j’ai énormément aimé et dont j’ai malencontreusement oublié de vous parler. Je vais donc corriger cette fâcheuse erreur de ce pas. Je dois avouer que si j’avais lu le synopsis et qu’il me tentait bien, je n’en attendais finalement pas grand chose. J’ai donc été très agréablement surprise de découvrir une petite pépite. Il est vrai que j’aime les films engagés et j’ai ici été servie ! Je ne connais pas du tout l’histoire d’Haïti et je dois avouer avoir été choquée par la répression sanglante de manifestations étudiantes et populaires contre la dictature. On suit l’histoire à travers les yeux d’étudiants qui se battent pour la liberté. Ca peut donner un côté un peu manichéen au film mais la sympathie qu’on éprouve pour les personnages compense amplement ce défaut. Plus que ses qualités cinématographiques (le tout reste assez linéaire et plutôt classique), c’est l’aspect historique de ce film qui m’a vraiment séduite. Il a le mérite de mettre en lumière des événements importants qui m’avaient totalement échappés. Un film assez classique dans sa forme mais intéressant et touchant à la fois. Une belle découverte.
Une des grosses déceptions de 2015. On disait le plus grand bien de ce film fleuve en 3 parties qui se sert des légendes des Mille et unes nuits pour dénoncer les travers de la société portugaise actuelle. Une idée assez géniale, un potentiel à peu près infini et une presse unanime : ça commençait bien ! J’étais on ne peut plus curieuse de découvrir le résultat. Dès les premières images, j’ai su que ce film n’allait pas être pour moi. C’est lent, mais leeeent… J’ai trouvé que c’était très long à démarrer, avec une sorte d’explication du projet et de sa mise en oeuvre assez lourde et artificielle. D’autant plus que l’esthétique n’est pas franchement folle. Pas que j’aie beaucoup plus accroché avec les contes en eux-même cela dit. Si je continue à trouver l’idée géniale et que certains fonctionnent assez bien, d’autre sont un peu plus obscurs. Le trait est forcé, étiré, déformé, avec plus ou moins de réussite. Je n’accroche pas du tout avec le côté absurde, ce qui explique en grande partie que ce film ait été pour moi une torture. Il ne manque ni d’humour, ni d’inventivité mais m’a profondément ennuyée. Un projet original et inventif qui avait sur le papier tout pour me plaire mais que j’ai trouvé au final d’un mortel ennui.
Au milieu de la nuit, Hanna et son mari sont attaqués sauvagement dans leur lit. Il ne survit pas aux coups et Hanna est défigurée, elle ne conservera aucun souvenir de cet épisode tragique. Tous les soupçons se portent sur le seul intrus présent dans la maison ce soir-là : Rud, le petit ami de Dawn, la cadette, qui dormait avec elle. Trois ans plus tard, Rud, emprisonné, fait appel. Un nouveau procès va s’ouvrir. Alors que Hanna tente désespérément de se rappeler les événements du drame, Dawn revient vivre chez sa mère.
Jeune, belle, mariée à un homme qui la vénère, installée dans une jolie maison, Suzanne Stone ressemble à ces filles trop parfaites des magazines. Mais elle veut davantage, elle veut la célébrité, elle décide que la télévision sera son royaume et, à force de persuasion, obtient un petit poste dans la station locale. Quand son époux est retrouvé mort, la veuve éplorée, point de mire des caméras, devient rapidement suspecte.
Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett.
Vingt nouvelles qui varient les registres autour des émotions de leurs personnages dans des moments clef de leur existence. L’auteur construit un monde noir où subsiste pourtant toujours une issue.
Un pari lors d’une soirée trop alcoolisée amène Enzo MacLeod, ancien légiste de la police écossaise établi en France, à entreprendre une enquête autour de la mystérieuse disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du Premier ministre devenu star de la télévision et dont on n’a plus aucune trace depuis le mois d’août 1996.
Cette fois-ci, l’enquête d’Adamsberg l’emmène dans les brumes islandaises avant de lui faire croiser le chemin de Robespierre. Mais quel est le lien entre ces deux univers en apparence si différents ?
Adam Langer est un journaliste qui s’ennuie loin de New York. Jusqu’à ce que sa route croise celle d’une vieille connaissance, Conner Joyce – auteur de thrillers à succès –, venu à Bloomington, Indiana, pour assurer péniblement la promotion de son dernier roman. Bientôt, Conner révèle à Adam qu’il a reçu une offre des plus étonnantes qui va bouleverser sa vie.
Elle est la plus rousse, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant…
Deux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie pour enquêter sur l’assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence, ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.