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Prix littéraires 2015 : les lauréats

Après quelques jours de léthargie, totalement sonnée par les événements récents, retour à la « normale » sur le blog avec un article un peu léger pour reprendre en douceur.

La saison des prix littéraires a pris fin. Je ne vous ai pas tenus informés jour après jour des différentes sélections mais maintenant que le dernier lauréat a été annoncé, je peux vous donner le nom des heureux élus de ce cru 2015.

Prix Goncourt

C’est Mathias Enard qui obtient le plus prestigieux des prix de la rentrée littéraire avec son dernier roman, Boussole (Actes Sud). Je ne l’ai pas encore lu mais connaissant l’immense talent et la culture de l’auteur, je ne doute pas qu’il soit amplement mérité. Il attend depuis quelques semaines dans ma bibliothèque, je vous en parle bientôt.

Boussole, Mathias Enard

Prix Femina

Le Femina revient à La cache de Christophe Boltanski (Stock). Un roman dont je n’ai absolument pas entendu parler. Il faut dire aussi que j’ai suivi cette rentrée littéraire de très très loin. Mystère.

La cache, Christophe Boltanski

Prix Renaudot

C’est Delphine de Vigan qui obtient cette année le prix Renaudot avec son roman D’après une histoire vraie (JC Lattès). J’avais beaucoup aimé son dernier roman et j’avais hâte de lire celui-ci. Ma lecture est en cours et c’est un peu tôt pour se prononcer mais je dois dire que pour le moment je suis plutôt déçue. Mon avis ferme et définitif bientôt sur le blog.

D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Prix Médicis

Je suis généralement le prix Médicis d’assez près, il m’a valu de belles découvertes. C’est Nathalie Azoulai qui l’emporte cette année avec Titus n’aimait pas Bérénice (P.O.L.). J’ai entendu tout et son contraire sur ce livre. Je devrais le lire d’ici peu, je vous dirai ce qu’il en est.

Titus n'aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai

Prix Décembre

Il revient à Christine Angot pour Un amour impossible (Flammarion). Je crois bien que je n’ai jamais rien lu de l’auteur bien que j’aie souvent entendu parler d’elle. Ce sera peut-être l’occasion de s’y mettre.

Un amour impossible, Christine Angot

Grand prix du roman de l’Académie Française

Petite originalité cette année, le prix à consacré deux auteurs à égalité. Il s’agit de Boualem Sansal pour 2084. La fin du monde et de Hédi Kaddour pour Les prépondérants. Deux livres dont on a énormément parlé et qui semblaient faire à peu près l’unanimité en cette rentrée. Je ne pense pas les lire dans l’immédiat. Tous deux sont publiés chez Gallimard.

 2084, la fin du monde, Boualem Sansal   Les prépondérants, Hédi Kaddour

Prix Interallié

Dernier prix de la saison, l’interallié à La septième fonction du langage de Laurent Binet (Grasset). Un livre qui a fait couler pas mal d’encre. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je ne comptais pas spécialement le lire dans l’immédiat mais qui sait, peut-être sera-t-il sous le sapin à Noël ?

Laurent Binet, La septième fonction du langage

Prix Nobel

Un prix qui n’a rien à voir avec les prix de la rentrée puisqu’il consacre un auteur et non pas un roman mais puisqu’il est décerné à peu près à la même époque, j’en profite pour le joindre au lot. C’est l’oeuvre de la biélorusse Svetlana Alexievitch qui s’est vue consacrée. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà entendu parler d’elle (comme souvent avec le Nobel, je dois le confesser). Ses livres sont disponible en France chez Actes Sud.

Svetlana Alexievitch

Bien que pas mal des romans de la rentrée littéraire aient réussi à se frayer un chemin jusqu’à ma bibliothèque je dois admettre que je ne m’y suis pas franchement intéressée cette année. Peu d’auteurs que j’aime publiaient de nouveaux romans et je n’ai pas eu l’impression de voir émerger de voix nouvelles. Une rentrée trop plan plan en somme. La rentrée littéraire pour moi c’est un peu une année sur deux (soit sensiblement le rythme de publication des auteurs que je suis le plus), ça devrait donc aller mieux l’année prochaine. Je vous fais quand même un petit compte rendu de mes lectures d’ici quelques jours (ou semaines plutôt au rythme où je vais), quand j’aurai terminé mes lectures. Rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle fournée de lauréats.

Mes lectures

Trois textes courts et forts

          Voici trois textes lus récemment dont je n’avais pas encore eu le temps de vous parler. Trois textes très courts mais qui ne sont pas moins percutants pour autant. Outre leur format, ils se distinguent par la qualité de leur style. Tous trois se présentent comme des souvenirs et n’en sont que plus poignants. Présentation.

L’expérience, Christophe Bataille

          En avril 1961 se tiennent des essais atomiques dans le désert algérien. Un jeune soldat y assiste, à 3 km de la bombe. Des années plus tard, il raconte. J’ai bien aimé ce texte un peu aride qui se présente comme des bribes de souvenirs. On alterne entre le présent du narrateur alors âgé et son passé de jeune soldat qui a assisté sans vraiment les comprendre aux essais atomiques. Le récit se veut assez objectif quant aux faits, utilisant le point de vue de quelqu’un qui en sait assez peu. En revanche, il met en avant les émotions, les interrogations et les conséquences de cette journée pour cet homme. Des conséquences aussi bien physiques que psychologiques qui sont évoquées sans détours mais avec une certaine pudeur. Je dois admettre que je ne m’étais jamais réellement penchée sur la question des essais atomiques et que j’étais assez ignorante en la matière. Ce texte a le mérite de mettre ce pan de l’histoire sur le devant de la scène. Si le style, pourtant très maîtrisé, ne m’a pas emballée outre mesure, manquant de rondeur à mon goût, j’ai aimé ce sujet qui mérite qu’on s’y intéresse. Une belle découverte.

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Depuis ce jour dans le désert, je ne sais qu’une chose. Peu importe la vie des hommes, puisque la mort ne se combat pas.

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Quel plus grand plaisir que l’obéissance? Bien sûr, cette phrase choquera ma fille, qui croit à la révolte; ou même à la peur, qui nourrit le révolte. C’est qu’elle a vécu dans la douce pensée. Et dans la paix de n’avoir rien vu.

L’incendie, Antoine Choplin et Hubert Mingarelli

          Deux hommes correspondent après des années de silence, à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Peu à peu, leur passé resurgit et avec lui de douloureux souvenirs de la guerre en ex-Yougoslavie. Je ne connaissais Antoine Choplin que de nom, en revanche, j’aime beaucoup la délicatesse d’Hubert Mingarelli, auteur que je suis maintenant depuis une dizaine d’années, je ne pouvais donc qu’être intriguée par ce texte à 4 mains. Sans grande surprise, j’ai beaucoup aimé. Le style est admirable, sobre et efficace, tout en finesse. L’histoire ne démérite pas non plus. On découvre le nœud de l’intrigue au fur et à mesure de l’avancée de la correspondance de ces deux amis qui s’étaient depuis longtemps perdus de vue. J’ai trouvé la construction assez habile. Le texte est prenant et j’ai été surprise par les révélations contenues dans cet échange épistolaire, même si on pouvait se douter dès le début qu’il y avait anguille sous roche. Un joli texte, court mais terriblement efficace que j’ai pris plaisir à lire. 

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Regarder le monde comme il est, ce n’est pas si facile mais surtout, je me dis que ce n’est qu’une occupation parmi toutes celles qu’on peut avoir. Je trouve que c’est bien aussi de regarder le monde comme il pourrait être, ou comme on voudrait qu’il soit. Et c’est bien aussi de ne rien regarder du tout.

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Chacun agit comme il peut pour vivre et s’arranger, et sans doute avons-nous fait de notre mieux jusqu’à aujourd’hui.

Cannibale, Didier Daeninckx

          En 1931 se tient à Paris l’Exposition Coloniale. Quand les crocodiles meurent subitement, un cirque de de Francfort-sur-le-Main propose de leur prêter les siens. En échange, il devront expédier autant de leurs Canaques. Il me semblait avoir lu ce livre quand j’étais lycéenne mais à part son sujet, je n’en gardais aucun souvenir, j’ai donc décidé de me rafraîchir un peu la mémoire. Je dois avouer que j’ai été très agréablement surprise. J’ai beaucoup aimé ce texte qui met en avant un des morceaux de notre histoire les moins glorieux. En peu de mot, l’auteur parvient à nous plonger dans l’univers particulier de l’Exposition Coloniale et à évoquer la culture kanak. J’ai beau être plus ou moins au fait des horreurs qu’a pu engendrer le colonialisme, j’ai été choquée plus d’une fois au cours de cette lecture pourtant assez brève. Très bien écrit, ce texte m’a beaucoup plu par sa justesse de ton ; il donne la parole aux premiers concernés sans tomber dans le misérabilisme. Un court texte qui ne manque pas de force et mérite d’être largement diffusé.

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Le respect, chez nous en pays Kanak, il ne vient pas à la naissance comme la couleur des yeux. Il se mérite tout au long de la vie.

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Vous tous qui dites « hommes de couleur », seriez-vous donc des hommes sans couleur ?

Mes lectures

L’homme qui savait la langue des serpents, le livre magique à lire absolument

          Ce livre est mon gros coup de cour de ce début d’année, il y a d’ailleurs fort à parier qu’il sera mon coup de cœur de l’année tout court. J’ai mis un certain temps avant de me décider à le lire malgré tous les avis plus qu’enthousiastes. Je ne sais pas pourquoi mais ce livre me faisait un peu peur : le titre mystérieux déjà (et puis les serpents…), épais en plus, la couverture étrange, et puis la littérature estonienne… J’aime les découvertes mais là ça faisait beaucoup d’étrange et d’inconnu, je n’avais aucune idée d’où je pouvais bien mettre les pieds, d’autant plus que je n’avais même pas lu la quatrième de couverture. C’est donc un peu sur la réserve que j’ai attaqué ce roman… On avait eu beau me le répéter, je n’y avais pas cru, mais mes craintes étaient totalement infondées. J’ai a-do-ré ce roman dès les premières lignes. Un énorme coup de cœur comme j’en ai rarement eu, à la limite de la révélation. Si si, je vous jure. Alors, il y a quoi dans ce roman ?

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          L’histoire est inspirée de légendes estoniennes où la forêt et la magie tiennent une grande place. Tout ce qui est sus-cité est joyeusement mêlé. J’ai de suite eu l’impression d’être plongée dans un des contes de mon enfance, de ceux que j’adorais qu’on me raconte, sauf que là, il fait 400 pages. 400 pages de pur bonheur. L’histoire n’est pas située dans le temps, ce qui la rapproche de nous et lui donne à mes yeux un côté à la fois mystérieux et intemporel. Dans des temps reculés, tout le monde parlait la langue des serpents, qui permettait de soumettre les animaux à sa volonté, et une salamandre géante venait vous défendre si on était assez nombreux à l’appeler. Mais depuis que des hommes de fer ont débarqué, les gens préfèrent vivre dans des villages plutôt que dans la forêt et cultiver les champs pour faire un pain qui a goût à terre au lieu de manger de chevreuil bien goûteux et des baies. D’autant plus que la langue des serpents est dure à apprendre et plus encore à maîtriser. Notre jeune héros est le dernier de sa race à la connaître. Le dernier défenseur d’une langue et d’une culture en perdition.

          Vous n’imaginez pas à quel point ça me parle, moi qui parle une langue en train de disparaître (pour plus d’info, c’est ici) et à qui on a conté des légendes que personne autour de moi ne connaît. C’est à la fois une richesse, une chance, et un lourd fardeau. C’est bien sûr plus beau enrobé d’ours qui parlent et de bois magiques mais au fond, c’est sensiblement comme ça que les choses se sont passées. J’ai trouvé que les émotions du jeune homme face à la situation étaient particulièrement bien décrites. Garder son mode de vie envers et contre tout (et tous) est un acte de courage et de résistance qui n’est pas sans conséquences pour lui. Un acte désespéré aussi. Le choc des cultures entre la tradition et la « modernité » est également très bien abordé – non sans une certaine dose d’humour. Ce sont des sujets que j’affectionne particulièrement et que j’ai rarement trouvés traités avec autant de talent et de délicatesse. C’est d’une incroyable justesse sans jamais être pesant, restant toujours en toile de fond. Ce roman est absolument magnifique. Je me suis retrouvée dans une grande épopée qui m’a replongée en enfance, avec sa magie, son ses légendes, ses animaux extraordinaires. Un grand moment de littérature. 

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Ce sont de vieilles légendes, les gens ne les ont inventées que parce qu’ils ont besoin de trouver des solutions simples à tous les problèmes compliqués : nul ne veut reconnaître ses limites.

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J’étais vraiment une feuille morte, une feuille de l’an dernier qui par malheur avait poussé trop tard pour voir la splendeur de l’été.

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Bien peu de femmes leur résistent, aux ours, ils sont si grands, si tendres, si gauches, si velus.

Cinéma·Jeunesse·Mes lectures

Trois œuvres pour parler de la Shoa

Le labyrinthe du silence, de Giulio Ricciarelli

          Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les allemands ne fuient pas leur passé.

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          J’ai eu un gros coup de cœur pour ce film. Extrêmement bien réalisé, l’image très bien construite, millimétrée. La musique est bien choisie, soulignant habilement le discours sans jamais en faire trop. C’est d’ailleurs ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce récit : il n’en fait pas trop. Le sujet est difficile et on aurait pu craindre qu’il tombe dans l’horreur et/ou le pathos. Certains pourraient d’ailleurs sans doute lui reprocher un côté trop froid et trop carré. Personnellement, j’ai trouvé que l’histoire se suffisait à elle-même et que cette retenue lui conférait un surplus de dignité. Il m’est difficile de parler de ce film, même si je l’ai vu il y a déjà quelques temps, tant j’ai du mal à prendre du recul. J’ai trouvé que visuellement c’était très beau, que la musique était magnifique et que cette histoire était pour le moins poignante. Je suis toujours admirative face au courage et le héros de ce film en déborde. J’ai trouvé simplement passionnante cette histoire vraie, d’un homme qui veut rétablir la vérité et œuvrer pour la justice. Un film extrêmement fort qui m’a émue aux larmes de bout en bout. Magnifique. 

 

La dernière page, de Gazmend Kapllani 

          A la mort de son père, un fils découvre un pan de l’histoire familiale jusque-là enfoui. Une découverte qui va bouleverser ses certitudes. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de l’exil des juifs grecs vers l’Albanie durant la seconde guerre mondiale. Il faut dire que je n’avais jamais lu de littérature albanaise et à peu près aussi peu de littérature grecque. J’ai donc été ravie de recevoir ce roman suite à la dernière opération Masse Critique organisée par Babelio.

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          Je dois avouer que je ne m’attendais pas vraiment à ce sujet, le titre et la 4° de couverture n’en laissant pas supposer grand chose. Ca m’a un peu déstabilisée au début de ma lecture, je m’attendais plutôt à un roman sur l’écriture. Le récit se présente en deux parties consacrées à un père et son fils. Le 2nd découvrant l’histoire du 1° lors d’un carnet qu’il trouve chez lui après son enterrement. J’ai très largement préféré la partie consacrée au père, que j’ai trouvée à la fois très intéressante et émouvante. En revanche, celle parlant du fils m’a paru d’un intérêt bien moindre. De plus j’ai trouvé le dispositif de narration un peu ??? et superflu. A mes yeux, ce roman aurait été bien meilleur si l’auteur s’était consacré exclusivement à la partie sur le père et l’avait plus développée. En effet, j’aurais aimé en savoir plus sur la vie de cet homme, sa fuite pendant la guerre puis la vie sous la régime communiste. Face à cette histoire forte, on a celle beaucoup plus banale de son fils qui n’apporte pas grand chose. C’est un peu dommage car ce roman est bien écrit mais s’avère assez irrégulier. Ca n’en demeure pas moins une lecture très intéressante sur un sujet dont j’ignorais tout.

Pour Melsi, le grec était une grande dame qui, après avoir voyagé dans le monde entier, avait perdu tout son éclat, alors que l’albanais était un montagnard indomptable, un peu cinglé et terriblement rétrograde, passé maître dans l’art de la survie.
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Un silence au téléphone est la pire des choses, on ne sait jamais comment le briser.

La balle rouge, de Patrick Bousquet

Je suis une balle rouge.
J’appartenais à un enfant nommé Samuel,
mais que tout le monde appelait Sam.
C’était hier…
En Europe.
Pas loin d’ici…
Au temps des nouveaux barbares…

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          Ce récit pour la jeunesse est intéressant. L’auteur raconte l’histoire à travers une balle rouge emportée aux camps par un enfant. Un point de vue un peu particulier mais qui permet d’aborder le sujet sous un angle intéressant. J’ai souvent du mal avec les récits dont le narrateur n’est pas une personne. Je trouve que c’est souvent dur à tenir et il finir par y avoir un moment où je n’y crois plus. Ici, ça fonctionne plutôt bien et malgré quelques maladresses l’histoire est touchante. Difficile de juger avec nos yeux d’adultes de l’effet produit, d’autant plus que je ne suis pas franchement une spécialiste de la littérature jeunesse. Je pense toutefois que ce récit doit être particulièrement marquant pour les jeunes lecteurs. L’écriture est agréable et j’ai trouvé que cette lecture intéressante. L’auteur raconte le quotidien des camps avec une certaine pudeur, sans en rajouter dans l’horreur. C’est simple et efficace. Un petit livre à faire lire sans hésitation aux enfants pour leur parler de la Shoa.

C’est une histoire terrible que la mienne
Une histoire incroyable
Mais aussi une histoire d’espérance.

Mes lectures

L’amour entre les rayonnages

La bibliothèque des cœurs cabossés, de Katarine Bivald

 

          Sara est une jeune femme timide qui vient de perdre son travail de libraire en Suède. Amy est une vieille dame cultivée qui vit au fin fond de l’Iowa. Elles correspondent toutes deux depuis longtemps autour des livres et Sara décide d’aller lui rendre visite pour l’été mais les choses vont prendre une bien drôle de tournure.

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          C’est LE livre dont toute la blogosphère a parlé en début d’année. Genre « un chef-d’oeuvre », « tellement émouvant » et j’en passe. Je me suis alors retrouvée face à un terrible dilemme : que faire d’un livre contenant à la fois un de mes mots préférés et un de ceux qui me rebutent le plus – je vous laisse deviner lequel est quoi. Sans compter que généralement les grands succès et moi ne sommes pas très copains (il en faut toujours une qui n’aime pas, le fameux esprit de contradiction). Je me suis quand même lancée, histoire de mourir moins bête (ou pas).
Sans grande surprise, je suis ressortie de cette lecture assez mitigée. Il faut bien l’admettre, ça aurait pu être pire, je n’ai pas franchement détesté – loin s’en faut, j’ai même pris plaisir à cette lecture – mais il y avait clairement une erreur de casting. On est face à une histoire d’amour pour midinettes alors que je ne les aime (presque) que tragiques. L’histoire est rafraîchissante et plutôt sympa sur une grosse première partie, ensuite ça devient beaucoup plus prévisible et les bons sentiments deviennent plus pesants. J’ai eu l’impression qu’après un début plutôt réussi, la fin avait été un peu bâclée. Les personnages manquent un peu de caractère et de profondeur à mon goût, ils auraient mérité d’être plus contrastés. Certains éléments de l’histoire peuvent sembler quelque peu improbables mais je me suis laissée porter par le déroulé des événements. L’écriture quant à elle est assez « neutre » : pas exceptionnelle mais plutôt agréable. Une lecture un peu légère à mon goût mais qui ravira sans doute les plus romantiques d’entre vous.

Quelle terrible prise de conscience : savoir qu’il y avait tant de livres qu’elle ne toucherait jamais, tant d’histoires qui se poursuivraient sans elle, tant d’auteurs anciens qu’elle n’aurait pas le temps de découvrir !

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Tu sens? L’odeur des livres neufs. Des aventures pas encore lues. Des amis dont on n’a pas encore fait la connaissance, des heures d’escapade hors de la réalité qui attendent.

Le cœur entre les pages, de Shelly King

 

          Maggie a 34 ans et vient d’être licenciée d’une start up de la Silicon Valley. Depuis, elle passe ses journées à traîner au Dragonfly, une petite librairie de livres d’occasion. En cherchant un livre pour un club de lecture, elle va tomber sur une étrange correspondance amoureuse dans L’amant de Lady Chatterley qui va devenir une véritable obsession.

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          Je n’avais visiblement pas ma dose de romance puisque j’ai enchaîné avec ce roman que m’a envoyé l’éditeur. Je m’attendais à y trouver à peu près la même chose que dans le précédent et ç’a été plus ou moins le cas. On y trouve en tout cas des livres et une histoire d’amour. Mais j’ai peut-être trouvé ce roman un peu plus abouti. L’histoire est relativement originale tout en restant plausible. J’ai bien aimé les personnages atypique, tous plus ou moins asociaux et décalés, ce qui crée une drôle d’ambiance que j’ai bien aimée. En dehors du décor, rien de très original mais j’ai bien aimé cette histoire. J’ai trouvé que ça traînait un peu en longueur sur la fin avec quelques passages un peu mièvre (c’est un roman d’amour, je saiiis) mais heureusement ça n’a pas trop duré. Si c’est un roman d’amour, c’est d’ailleurs plutôt une déclaration d’amour aux livres – avec quelques maladresses, il faut bien l’admettre – qu’une romance à proprement parler. Le style manque sans doute un peu de finesse, restant très simple. Finalement, même si ce n’est pas franchement mon style de littérature, j’ai bien aimé cette lecture légère et agréable.

Les librairies sont des créatures romantiques. Leurs marchandises vous séduisent et leurs problèmes vous brisent le coeur. Tous les grands lecteurs rêvent d’en avoir une. Ils pensent que passer la journée au milieu de tous ces livres sera le grand accomplissement de leur passion.

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Ce sont nos imperfections qui nous rendent plus dignes d’amour.