Mes lectures

Nouvelles et autres textes courts

          J’ai beau lire presque exclusivement des romans, j’ai toujours eu un attrait particulier pour les recueils de nouvelles qui je trouve sont souvent un bon moyen de découvrir l’univers d’un auteur. En voici quelques-uns, assortis d’autres textes courts. J’en ai aimés certains, d’autres moins, faites votre choix.

Macadam, Jean-Paul Didierlaurent

Pour tromper l’ennui lors des confessions, un prêtre s’adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l’amour aux caisses d’un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l’écriture la plus noire. Une fois l’an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit.

Macadam - Jean-Paul DidierlaurentJe dois avouer que quand j’ai reçu ce petit recueil au milieu des romans de la rentrée littéraire, je me suis dit que ça me ferait une pause agréable au milieu de lectures plus ardues. Si en effet ce livre se lit facilement, je n’ai pas été franchement convaincue. J’ai trouvé ces nouvelles « gentillettes » et plutôt convenues. A tel point que, si elles ne sont pas désagréables à lire, je n’ai pas eu l’envie d’aller jusqu’au bout. En lisant d’autres articles sur ce recueil, je ne suis tombée que sur des avis très élogieux qui semblent notamment dire que toutes ces nouvelles forment un tout réussi et surprenant. Ca m’aurait presque donné envie de reprendre ma lecture pour vérifier (un jour peut-être mais là, le temps me manque déjà pour lire tout ce qui me tente alors…). Un texte un peu fade qui ne m’a pas emballée mais auquel je donnerai peut-être une seconde chance.

La guerre l’avait finalement recraché parmi les siens, décharné et mutique. Il était rentré au pays amputé d’une partie de son esprit, comme d’autres étaient revenus sans bras ou sans jambes, avec la certitude que le morceau manquant de son âme était resté là-bas, au cœur de cette forêt, captif de l’entrelacs de racines.

Silhouettes, Jean-Claude Mourlevat

Lorsqu’elle découvre que son acteur préféré vient tourner près de chez elle, Pauline, répond à une annonce pour être « silhouette » sur le tournage… Puisque ses jours sont comptés, M. Duc n’a qu’une idée en tête : retrouver les personnes auxquelles il a fait du mal autrefois et leur demander pardon… Dans le car qui l’emmène en colo, Guillaume s’aperçoit qu’il a laissé son chat enfermé dans sa chambre. Que réservera le destin à ces héros ordinaires ?

Silhouettes - Jean-Claude MourlevatOn m’a prêté ce recueil estampillé « ado » il y a un certain temps et je dois avouer que je ne me suis pas jetée dessus… J’avais sans doute peur de quelque chose d’un peu facile ou de déjà vu. Pourtant j’ai été agréablement surprise par ces nouvelles dans l’ensemble très réussies. Si ces nouvelles s’adressent plutôt à un public adolescents, elles n’en sont pas pour autant mièvres ou condescendantes, bien au contraire. Certains de ces textes sont assez cruels. Le déroulé des événements et la chute ne surprennent pas à tous les coups mais ils parviennent parfois à faire mouche et chaque histoire fonctionne malgré tout. L’auteur fait montre d’un humour noir des plus délectables et la vie chez lui n’est pas avare en rebondissements à la fois inattendus et criants de vérité. Un recueil qui s’avère assez homogène et révèle une belle connaissance de la nature humaine : jubilatoire. 

J’aurais aimé quelques mots de plus . Écrivez-les moi, s’il vous plaît. Juste quelques mots qui signifieront que j’existe un peu.

Les eaux troubles du mojito, Philippe Delerm

Un recueil de nouvelles sur les plaisir transgressif du mojito, la surprise provoquée par l’averse, la perfection de la pastèque, la nostalgie, l’amour et le bonheur. Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre.

Les eaux troubles du mojito - Philippe DelermJe ne suis pas une grande fan des textes de Delerm. D’aucuns jugeront que c’est un parfait manque de sensibilité mais je me fiche comme d’une guigne de ce qu’il peut bien ressentir en buvant sa bière. Le filon semble toutefois bon puisque les recueils se sont enchaînés année après année. Le titre de celui-ci présageait de quelque chose dans le même goût que les premiers. Sans surprise, j’ai trouvé ce livre parfaitement sans intérêt. Trop de bons sentiments. Je ne m’étendrait donc pas. J’ai vaguement espéré qu’avec l’âge je réviserais mon avis sur ce type de texte mais visiblement toujours pas, allez, je retenterai ma chance dans une dizaine d’années, qui sait ? Si je n’ai toujours pas d’affinités avec cet auteur pourtant fort sympathique, je suis convaincue que les amoureux de Delerm se retrouveront totalement dans ce texte dans la lignée de La première gorgée de bière.

On aime les choses telles qu’on les a trouvées, même les plus alambiquées, les moins utiles, les moins fonctionnelles. On veut les vies d’avant sa vie, et les faire siennes, épouser le décor et lui faire plaisir.

Princesse vieille reine, Pascal Quignard

Cinq contes. Cinq merveilleuses robes : une longue tunique franque, une robe de soie de Chine longue et souple, un kimono japonais tout raide, un manteau de fourrure immense, une robe à crinoline Napoléon III. Plus le souvenir de la fourrure d’un chat et celui d’une robe en serge noir d’enfant.

Princesse Vieille Reine - Pascal QuignardJe connais assez peu Pascal Quignard mais j’ai aimé chaque texte que j’ai lu de lui ou que j’ai eu l’occasion de voir mis en scène. Je trouve son écriture d’une rare délicatesse et son érudition m’enchante. Quand j’ai vu que ce texte était joué au théâtre du Rond Point, j’ai eu très envie d’aller le voir. J’avais beaucoup aimé Le nom sur le bout de la langue, vu il y a quelques années joué par la même actrice (Marie Vialle). J’en garde un excellent souvenir. Malheureusement, j’ai découvert l’existence de cette pièce un peu tard et n’ai pas eu l’occasion de la voir. Quelques semaines plus tard, une amie de ma mère m’a fait la surprise de m’en offrir le texte et je me suis empressée de le lire. J’ai aimé retrouver l’univers si particulier de cet auteur. Ce récit se présente comme une succession de cinq contes. Certains m’ont touchée plus que d’autres même s’ils semblent s’enchaîner en un seul mouvement mais j’ai aimé tant leur poésie que les thèmes qu’ils abordent. On referme ce livre à regrets. Un très beau texte, subtil et plein de sensibilité.

Le temps passait, versait, tournait, tombait, s’en allait, mais point leur amour.
Point leur désir qui revenait sans cesse.

Tartarin de Tarascon, Alphonse Daudet

A Tarascon, Tartarin raconte partout qu’il est le plus grand chasseur. Pour raconter, ça, il raconte beaucoup, et pour expliquer, ça, il explique ! Mais les gens de Tarascon, eux, voudraient bien voir des preuves de son héroïsme… Alors, à force de le dire, Tartarin de Tarascon est bien obligé de partir… en Afrique, au pays des lions !

Tartarin de Tarascon - Alphonse Daudet - LibrioVoici un grand classique qui est plutôt un roman mais que j’ai jugé suffisamment court pour trouver sa place dans cet article (de toute façon on est chez moi, c’est moi qui décide). Ce livre est un classique de la littérature française dont on a tous forcément entendu parler et j’avais le souvenir qu’on me l’avait vendu comme quelque chose de très drôle. Je dois avouer avoir été déçue (oui, c’est un peu l’article des déceptions). Ce texte a franchement vieilli. J’ai trouvé l’humour lourdingue et le style daté. Ce texte a beau être très court, j’ai trouvé cette lecture extrêmement longue… Je me suis même demandé si j’allais en venir à bout (et pourquoi on en faisait un tel cas, par la même occasion). Sans doute aurais-je ri si j’avais lu ce texte à 13 ou 14 ans… et encore. Malheureusement, je suis bien plus adepte du cynisme que de la farce et je n’ai pas su goûter toute la saveur de ce texte. Une rencontre manquée.

Avec cette rage d’aventures, ce besoin d’émotions fortes, cette folie de voyages, de courses, de diable au vert, comment diantre se trouvait-il que Tartarin de Tarascon n’eût jamais quitté Tarascon ?

La vraie gloire est ici, François Cheng

Avec ce titre, qui a tout d’un énoncé manifeste, le subtil penseur du vide médian ose de déroutants alliages : l’âpre et la joie, le silence et la lucidité, la mort et les nuages, les oiseaux et les larmes, l’émoi et les étoiles…

La vraie gloire est ici - François ChengJe suis tombée amoureuse il y a très longtemps des écrits de François Cheng. Je les trouve d’une rare sensibilité. J’ai commencé par ses romans avant de m’attaquer à sa poésie (son domaine de prédilection) et ses textes sur la calligraphie. Si ses romans sont de loin ce que je préfère chez lui – en dépit de leur rareté – j’ai toutefois été très heureuse de me voir offrir ce recueil de poésie, genre que je délaisse bien qu’il m’ait toujours attirée. L’auteur y aborde des thèmes universels tels que la nature, l’amour ou la mort. Certains m’ont touchée bien plus que d’autres mais j’ai aimé retrouver son style épuré et sa sensibilité exacerbée. Il offre à travers ses textes des pistes de réflexion sur la vie. Bien que je sois loin d’avoir fait le tour de son oeuvre, François Cheng reste pour cela un de mes auteurs favoris. Un très beau recueil dont certains poèmes mériteraient d’être appris et médités.

Bleus de la profondeur,
Nous n’en finirons pas
d’interroger votre mystère.

L’illimité n’étant
Point à notre portée,
il nous reste à creuser, ô bleus

Du ciel et de la mer,
Votre mystère qui n’est autre
que nos propres bleus à l’âme.

Mes lectures

Les faux-monnayeurs – André GIDE

         Un jeune homme apprend qu’il n’est pas le fils naturel de celui qu’il croyait être son père. Il décide alors de quitter le cocon familial et de ne pas passer ses examens. Cette décision va changer sa vie et mettre sur sa route des personnages singuliers qui font le plonger dans un univers de mensonges dont il sera difficile de démêler les fils.

gide-les-faux-monnayeurs

          Il y avait longtemps que je voulais lire ce livre, mais ça y est, en 2013 je me suis décidée ! J’ai été assez surprise par le début, je ne m’attendais pas du tout à ça ! J’ai trouvé que le style était un peu daté. Pour moi Gide était synonyme de modernité et pourtant, si je n’avais pas su de qui était l’ouvrage, j’aurais parié avoir affaire à un auteur du XIX° siècle, ou à la limite du tout début XX°. Le livre ayant été publié en 1925, rien de surprenant finalement, c’est juste moi qui avait un horizon d’attente faussé pour je ne sais quelle raison. Toutefois, l’effet de surprise passé, j’ai bien aimé cette écriture assez classique, d’autant plus qu’elle se conjugue à une construction qui elle, est pour le moins moderne. Un décalage qui n’est pas dénué de charme.

          Le début commence bien donc. Malgré un style un rien trop figé à mon goût, j’ai dévoré les 100 premières pages et y ai pris un réel plaisir. Pourtant, peu à peu le charme s’est rompu et j’ai eu de plus en plus de mal à avancer dans ma lecture. Etrangement, je serais bien incapable de vous dire pourquoi ! Je crois qu’il y a eu un peu de lassitude face aux personnages qui s’enfoncent dans leurs mensonges pour des raisons qui peuvent paraître parfois dérisoire. Un petit manque d’intérêt aussi sans doute pour leurs états d’âmes. Et puis la construction même, le roman dans le roman (ou l’autobiographie dans le roman ?), qui en fait tout la modernité et l’alourdit pourtant, puisque c’est la même histoire qui se répète dans l’histoire. Une mise en abîme que j’ai trouvé un peu creux d’un point de vue du contenu. Le tout manque de rythme et malgré un début des plus prometteurs, j’ai trouvé que l’histoire traînait en longueur et s’essoufflait peu à peu. Dommage.

755764

Ne pas savoir qui est son père, c’est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.

_______________

J’ai souvent, remarqué chez des conjoints, quelle intolérable irritation entretient chez l’un la plus petite protubérance du caractère de l’autre, parce que la « vie commune » fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n’est plus qu’un enfer.

_______________

Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire.

Actualité

Le prix des libraires, 1° sélection

Après l’averse de 2° sélection pour les prix littéraires prestigieux que nous avons connu hier, voilà que le prix des Libraires nous dévoile aujourd’hui sa très belle première liste. 26 ouvrages sont sélectionnés :

Olivier Adam, Les lisières (Flammarion)
Metin Arditi, Prince d’orchestre (Actes Sud)
Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit)
Nathalie Démoulin, La grande bleue (Editions du Rouergue)
Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)
Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (Fallois),
Lionel Duroy, L’hiver des hommes (Julliard)
Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)
Eric Faye, Devenir immortel et puis mourir (Corti)
Jérôme Ferrari, Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
Yannick Grannec, La déesse des petites victoires (Anne Carrière)
Cécile Guilbert, Réanimation (Grasset)
Thierry Hesse, L’inconscience (L’Olivier)
Fabrice Humbert, Avant la chute (Le Passage)
Serge Joncour, L’amour sans le faire (Flammarion)
Fabienne Juhel, Les oubliés de la lande (Editions du Rouergue)
Marie-Hélène Lafon, Les pays (Buchet-Chastel)
Sébastien Lapaque, La convergence des alizés (Actes Sud)
Mathieu Larnaudie, Acharnement (Actes Sud)
Douna Loup, Les lignes de ta paume (Mercure de France)
Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson (Sabine Wespieser)
Hubert Mingarelli, Un repas en hiver (Stock)
Derek Munn, Mon cri de Tarzan (Leo Scheer)
Makenzy Orcel, Les Immortelles (Zulma)
Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

          Si certains de ces titres ont déjà été sélectionnés sur d’autres listes (à tout hasard, Patrick Deville…), d’autres étaient jusque-là absents. Une très belle liste qui comporte presque tous les livres de cette rentrée que j’ai aimés dont le très beau Jérôme Ferrari, le trop rare Hubert Mingeralli et le  si émouvant Serge Joncour.

          La deuxième sélection sera dévoilée début novembre, puis une dernière liste de 3 titres seulement en janvier et enfin, le résultats au mois de mars. Il y a fortes chances que j’ai complètement oublié d’ici-là mais avec un peu de chance, je vous tiendrai au courant.

Mes lectures

Laurent GAUDÉ, Le soleil des Scorta

          La lignée des Scorta est née en 1870 à Montepuccio, un petit village au sud de l’Italie où le soleil rend fou. Descendants d’un brigand sans envergure, ils sont condamnés à l’opprobre et la pauvreté. Mais il existe des richesses plus grandes que l’argent : le dévouement à la famille, l’amour de la terre et la soif de vivre. C’est cela qu’il ont promis de se transmettre, de génération en génération, afin que se perpétue leur héritage.

          Ce roman avait reçu en 2004 le prix Goncourt et j’en avais entendu dire le plus grand bien, aussi bien sur le moment que depuis. J’avais donc depuis un moment envie de le lire, mais ayant la manie d’éviter ce dont on parle trop… Je me suis finalement décidée à l’acheter il y a peu. Lorsque je vous ai présenté les nouveautés de ma bibliothèque, j’ai oublié de le citer, et c’est ainsi, que j’ai choisi de le lire en premier.

          Il n’y a pas à dire, le hasard fait parfois très bien les choses ! Je suis de suite rentrée dans ce texte, qui sent à plein nez la terre sèche d’Italie. L’écriture est sans fioritures, simple et belle. Le texte se lit très facilement, les pages défilent sans qu’on ne les voie passer. J’ai beaucoup aimé l’histoire de cette famille, qui n’a rien de bien exceptionnel mais en rappelle bien d’autres. Elle est contée avec une retenue qui la rend plus touchante encore. On est en Italie, mais bien des familles de paysans, ouvriers, pêcheurs ou petits commerçants pourraient s’y reconnaître. C’est l’histoire d’une famille sans prestige, condamnée à un travail éternel et qui pourtant y trouve son bonheur.

          J’ai trouvé ce texte très juste et très beau. Il pose des questions essentielles sur la famille, le bonheur, la vie. J’ai aimé la description de cet attachement à la terre, pourtant si rude. Cet amour du travail éreintant et des choses simples. Rien d’exceptionnel en apparence dans ce petit livre. Pas de style alambiqué ou de grands discours. Une sobriété qui rend hommage aux hommes et aux femmes qu’il décrit. Un texte d’une grande justesse, à la portée de tous. J’ai pris un grand plaisir à le lire, un de mes coups de coeur de l’année.

Une journée était déclarée bonne lorsqu’on avait pu faire un repas digne de ce nom. A deux repas la journée était exceptionnelle et plongeait Giuseppe dans une bonne humeur qui pouvait l’accompagner plusieurs jours. 

_______________

Donato resta bouche bée.

– Pourquoi me dis-tu cela, zio ? demanda-t-il ?

– Parce que je vais mourir et que tout sera englouti avec moi. Je veux qu’au moins une personne sache ce que j’ai eu au fond du ventre toute ma vie.

Mes lectures

Serge JONCOUR, Que la paix soit avec vous

          Un homme vit seul dans un studio parisien. Sans emploi, il regarde le monde changer et suit à la télé le début de la guerre en Irak. De la lumière dans l’appartement voisin du sien va venir troubler son quotidien.

           Dès les premières pages, la situation est claire : on est face à un Joncour grand cru ! On retrouve ici encore son cynisme si caractéristique dont je ne me lasse pas. Le style m’a semblé plus abouti que ce que j’avais pu lire jusque-là. C’est extrêmement bien écrit et j’ai été happée par l’histoire dès les premières pages. Il faut dire que je me sens certaines affinités avec ce personnage un peu grinçant…

          Je me suis assez vite lassée des passages sur la guerre en Irak. En revanche, j’ai beaucoup aimé ceux relatifs à la deuxième guerre mondiale. La fin m’a un peu laissé sur ma faim, justement, mais n’a pas pour autant gâché mon plaisir. Quelques longueurs peut-être mais c’est un peu le principe même du roman qui veut ça puisqu’il porte sur une (quasi) absence d’action. La vivacité de l’écriture est un régal, on ne le dira jamais assez, Serge Joncour est un auteur à découvrir !

Je suis bien la personne au monde avec laquelle j’aurai passé le plus de temps, il n’y a pas de quoi sourire ou s’apitoyer, on en est tous là, à s’accompagner du mieux qu’on peut, à se suffire, il y en a même que ça éblouit.

_______________

Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler.

_______________

C’est encombrant d’en apprendre sur les autres, c’est prendre le risque de s’en rapprocher.

______________

C’est toujours favorable d’avoir un ami riche, on en escompte une forme de contamination,on s’en imprègne comme d’une émanation. L’ami riche c’est le répit du fauché, rien que de le voir ça rassure sur son compte, ça ferait même dire que c’est possible, que si le monde est mal fait il a ses largesses tout de même.