Les faux-monnayeurs – André GIDE

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         Un jeune homme apprend qu’il n’est pas le fils naturel de celui qu’il croyait être son père. Il décide alors de quitter le cocon familial et de ne pas passer ses examens. Cette décision va changer sa vie et mettre sur sa route des personnages singuliers qui font le plonger dans un univers de mensonges dont il sera difficile de démêler les fils.

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          Il y avait longtemps que je voulais lire ce livre, mais ça y est, en 2013 je me suis décidée ! J’ai été assez surprise par le début, je ne m’attendais pas du tout à ça ! J’ai trouvé que le style était un peu daté. Pour moi Gide était synonyme de modernité et pourtant, si je n’avais pas su de qui était l’ouvrage, j’aurais parié avoir affaire à un auteur du XIX° siècle, ou à la limite du tout début XX°. Le livre ayant été publié en 1925, rien de surprenant finalement, c’est juste moi qui avait un horizon d’attente faussé pour je ne sais quelle raison. Toutefois, l’effet de surprise passé, j’ai bien aimé cette écriture assez classique, d’autant plus qu’elle se conjugue à une construction qui elle, est pour le moins moderne. Un décalage qui n’est pas dénué de charme.

          Le début commence bien donc. Malgré un style un rien trop figé à mon goût, j’ai dévoré les 100 premières pages et y ai pris un réel plaisir. Pourtant, peu à peu le charme s’est rompu et j’ai eu de plus en plus de mal à avancer dans ma lecture. Etrangement, je serais bien incapable de vous dire pourquoi ! Je crois qu’il y a eu un peu de lassitude face aux personnages qui s’enfoncent dans leurs mensonges pour des raisons qui peuvent paraître parfois dérisoire. Un petit manque d’intérêt aussi sans doute pour leurs états d’âmes. Et puis la construction même, le roman dans le roman (ou l’autobiographie dans le roman ?), qui en fait tout la modernité et l’alourdit pourtant, puisque c’est la même histoire qui se répète dans l’histoire. Une mise en abîme que j’ai trouvé un peu creux d’un point de vue du contenu. Le tout manque de rythme et malgré un début des plus prometteurs, j’ai trouvé que l’histoire traînait en longueur et s’essoufflait peu à peu. Dommage.

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Ne pas savoir qui est son père, c’est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.

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J’ai souvent, remarqué chez des conjoints, quelle intolérable irritation entretient chez l’un la plus petite protubérance du caractère de l’autre, parce que la « vie commune » fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n’est plus qu’un enfer.

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Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire.

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  1. Bonsoir,

    une analyse que je partage complètement ! Un roman inclassable (et de ce fait décevant), polymorphe, polyphonique, dont les héros semblent figés dans une atemporalité qui n’est pas sans rappeler certaines oeuvres de Cocteau… Pour ma part, c’est un roman dont on a beaucoup parlé mais qui laisse sur sa fin. Il vaut mieux relire  » Les nourritures terrestres  » !

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