Mes lectures

La dévoration – Nicolas d’Estienne d’Orves signe un roman dérangeant

          L’écrivain Nicolas Sevin s’est spécialisé dans les histoires sanglantes. Son éditrice voudrait le voir changer radicalement de style et aborder des sujets plus intimes. Après une longue réflexion, un sujet s’impose à lui : l’histoire du cannibale japonais Morimoto. Une expérience d’écriture dont il risque de ne pas sortir indemne.

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          J’avais a-do-ré le dernier roman de Nicolas d’Estiennes d’Orve, Les fidélités successives, mon gros coup de cœur de la rentrée littéraire 2012. Je n’avais rien lu d’autre de lui et j’avais donc hâte de m’attaquer à son nouveau roman, bien que le sujet me laisse un peu perplexe. Je dois avouer que dans l’ensemble j’ai été assez déçue. Je m’attendais à retrouver ce style fluide et maîtrisé qui m’avait tant séduite et ça n’a pas tellement été le cas. J’ai trouvé le début certes agréable à lire mais un peu fade. On peine à s’intéresser à l’histoire de cet auteur en manque d’inspiration qui apparaît avant tout comme un sale gosse prétentieux.

           Ces chapitres un peu vides intérêt alternent avec d’autres sur une lignée de bourreaux qu’on suit à travers les âges. Leur histoire m’a un peu rappelée celle de Dieu et nous seuls pouvons de Michel Folco, roman qui me fait mourir de rire bien qu’il retrace l’histoire d’une lignée de bourreaux. Le texte de Nicolas d’Estienne d’Orves est autrement plus sérieux et j’ai fait de mon mieux pour ne pas le comparer à un de mes livres préféré, ce qui n’aurait pas été à son avantage. J’ai honnêtement trouvé que ces chapitres, extrêmement bien documentés, étaient les plus réussis. J’ai pris grand plaisir à les lire et je les attendais avec impatience.

           Quant au arrive aux passages sur Morimoto – dans les 50 ou peut-être 80 dernières pages du roman – un certain suspens se crée. On sait comment ça se termine mais voir la manière dont il en est arrivé là crée une tension indéniable. Je ne vous cache pas qu’il y a un passage franchement dégueulasse. Rarement (jamais ?) un livre m’avait donné envie de vomir, c’est en soi un exploit. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai apprécié cette partie du texte mais c’est sans nul doute la plus forte. Après tout, la littérature doit avant tout faire réagir et susciter des émotions, on ne peut pas dire que ce n’est pas le cas ! En résumé, un roman qui met du temps à démarrer pour devenir finalement très dérangeant. Une lecture un arrière goût des plus désagréables mais ne laisse en tout cas pas indifférent.

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 On dit qu’une simple image peut changer votre conception du monde. Ainsi se passent les conversions : il suffit d’une épiphanie.

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J’aime les rues vides. Comme j’aime la foule compacte. L’une et l’autre poussent à l’effacement. Vous devenez une ombre ou un quidam, ce qui revient au même.

Actualité

Prix littéraires 2014 : les premières sélections

          Cette année, je ne vous ai pas tenus informés de l’actualité des prix littéraires au fur et à mesure. Mais maintenant que la majorité des premières sélections sont annoncées, les voici. Je signale au passage qu’en établissant ces listes, j’ai pu me rendre compte une fois de plus du travail bâclé des journalistes. Je passe sur le fait qu’ils ne connaissent pas les règles typographiques, mais j’ai également trouvé des erreurs dans les titres et les noms d’auteurs. J’espère qu’au moins ils n’en ont pas fait dans les listes… Pour plus d’informations sur un roman, cliquez sur son titre.

Prix Goncourt

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud
– On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt, JC Lattès.
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
– Le roi disait que j’étais diable, de Clara Dupont Monod, Grasset
– L’ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Les tribulations du dernier Sijilmassi, de Fouad Laroui, Julliard
– La femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– Karpathia, de Mathias Menegoz, POL
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– La ligne des glaces, d’Emmanuel Ruben, Rivages
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Le Seuil
– La peau de l’ours, de Joy Sorman, Gallimard
– Tristesse de la terre, d’Eric Vuillard, Actes Sud

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Prix Renaudot

Romans :

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Dans les yeux des autres, de Geneviève Brisac, L’Olivier
– Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud
– Le roi disait que j’étais diable, de Clara Dupont Monod, Grasset
– Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, de Christophe Donner, Grasset
– Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
– L’Oubli, de Frederika Amalia Finkelstein, L’Arpenteur
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Incident voyageurs, de Dalibor Frioux, Le Seuil
– Joseph, de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
– Les Enquêtes de Monsieur Proust, de Pierre-Yves Leprince, Gallimard
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– La femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– La Musique des illusions, de Jean-Marc Moura, Albin Michel
– Pétronille, d’Amélie Nothomb, Albin Michel
– L’Amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Le Seuil

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Essais :

– De chez nous, de Christian Authier, Stock
– La femme, de Bénédicte Martin, Les Equateurs
– Jules Ferry, de Mona Ozouf, Gallimard
– Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault, Plon
– Comme des barbares en Inde, de Jean-Claude Perrier, Fayard
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel

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Prix Femina

Français :

– L’homme qui marche, d’Yves Bichet, Mercure de France
– L’an prochain à Grenade, de Gérard de Cortanze, Albin Michel
– Le Triangle d’hiver, de Julia Deck, Minuit
– Les hommes meurent, les femmes vieillissent, d’Isabelle Desesquelles, Belfond
– La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger, Grasset
– Mon âge, de Fabienne Jacob, Gallimard
– Joseph, de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
– Bain de lune, de Yanick Lahens, Sabine Wespieser
– L’autoroute, de Luc Lang, Stock
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil
– Tristesse de la terre, de Eric Vuillard, Actes Sud
– Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

 

 

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Etranger :

– La lumière des étoiles mortes, John Banville, Robert Laffont – Irlande
– L’homme provisoire, de Sebastian Barry, Gallimard – Irlande
– Lola Bensky, de Lily Brett, La Grande Ourse – Australie
– Prière pour celles qui furent volées, de Jennifer Clement, Flammarion – Etats-Unis
– A l’orée de la nuit, de Charles Frazier, Grasset – Etats-Unis
– Cette nuit je l’ai vue, de Drago Jancar, Phébus – Slovénie
– La couleur du lait, de Nell Leyshon, Phébus – Grande-Bretagne
– La femme d’en haut, de Claire Messud, Gallimard – Etats-Unis
– Le fils, de Philipp Meyer, Albin Michel – Etats-Unis
– Hérétiques, de Leonardo Padura, Métailié – Cuba
– Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier – Etats-Unis
– Le ravissement des innocents, de Taiye Selasi, Gallimard – Grande-Bretagne
– Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev, Gallimard – Israël
– Les réputations, de Juan Gabriel Vasquez, Le Seuil – Colombie

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Prix de l’Académie Française

– Un secret du docteur Freud, d’Éliette Abecassis, Flammarion
– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– L’Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
– Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
– Blanès, d’Hedwige Jeanmart, Gallimard
– La Femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– Voyageur malgré lui, de Minh Tran Huy, Flammarion
– Les Grands, de Sylvain Prudhomme, Gallimard
– Dialogue d’été, d’Anne Serre, Mercure
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil

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Prix Médicis

Français :

– L’aménagement du territoire, d’Aurélien Bellanger, Gallimard
– Ame qui vive, de Véronique Bizot, Actes Sud
– En face, de Pierre Demarty, Flammarion
– Le Soleil, de Jean-Hubert Gailliot, L’Olivier
– La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger, Grasset
– Blanès, d’Hedwige Jeanmart, Gallimard
– La loi sauvage, de Nathalie Kuperman, Gallimard
– Visible la nuit, de Franck Maubert, Fayard
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– Plus rien que les vagues et le vent,  de Christine Montalbetti, POL
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil
– Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

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Etranger :

– MaddAddam, de Margaret Atwood, Robert Laffont – Canada
– Lola Bensky, de Lily Brett, La grande ourse – Australie
– Wave, de Sonali Deraniyagala, Kero – Sri Lanka
– Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, de Mohsin Hamid, Grasset – Pakistan
– Des 1001 façons de quitter la Moldavie, de Vladimir Lortchenkov, Mirobole – Moldavie
– Terminus Allemagne, de Ursula Krechel, Carnets Nord/Montparnasse – Allemagne
– Une constellation de phénomènes vitaux, d’Anthony Marra, JC Lattès – États-Unis
– La petite lumière, de Antonio Moresco, Verdier – Italie
– Histoires d’un médecin russe, de Maxime Ossipov, Verdier – Russie
– Hérétiques, de Leonardo Padura, Metailié – Cuba
– Tous les jours sont des nuits, de Peter Stamm, Bourgois – Suisse
– Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier – États-Unis
– Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev, Gallimard – Israël
– Les réputations, de Juan Gabriel Vasquez, Le Seuil – Colombie
– Tous les oiseaux du ciel, de Evie Wyld, Actes Sud – Australie

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Prix Décembre

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Dans les yeux des autres, de Geneviève Brisac, L’Olivier
– Le cercle des tempêtes, de Judith Brouste, Gallimard-l’Infini
– Le Royaume, d’Emmanuel Carrère,  P.O.L
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
–  L’oubli, de Frederika-Amalia Finkelstein, Gallimard
– La musique des pierres, de Nicolas Idier, Gallimard
– Le manteau de Greta Garbo, de Nelly Kapriélan, Grasset
– Œuvres Vives, de Linda Lê, Christian Bourgois
– Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, d’Elisabeth Roudinesco, Le Seuil
– Dialogue d’été, d’Anne Serre, Mercure de France
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel

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Prix Interallié

– Le Soldat d’Allah, de Christian Authier, Grasset
– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, de Christophe Donner, Grasset
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
– La Dévoration, de Nicolas d’Estienne d’Orves, Albin Michel
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Les Nouveaux Monstres, de Simonetta Greggio, Stock
– Les Fils de rien, les princes, les humiliés, de Stéphane Guibourgé, Fayard
– L’Ecrivain national, de Serge Joncour, Flammarion
– Karpathia, de Mathias Menegoz, P.O.L
– Les Inoubliables, de Jean-Marc Parisis, Flammarion
– L’Amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Avis à mon exécuteur, de Romain Slocombe, Robert Laffont
– Le Voyageur malgré lui, de Min Tran Hui, Flammarion

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          Il  a pas mal de recoupements dans les sélections, notamment entre le Goncourt et le Renaudot. Mais également entre les sélections étrangères. Beaucoup, beaucoup de titres qui me tentent en cette rentrée des plus réjouissantes. Je regrette un peu l’absence d’Olivier. Heureusement Serge Joncour, est sur la liste de l’Interallié. J’en profite également pour vous signaler que le prix du roman Fnac dont je vous avais présenté la sélection ici a été décerné à Benjamin Wood pour son premier roman, Le Complexe d’Eden Bellwether.

          La suite des prix littéraires dans quelques jours avec les 2° sélections puis le verdict final, début novembre. Et vous, quels romans ont votre préférence en cette rentrée ?

Mes lectures

Une histoire d’hommes touchante par Zep

         Après plusieurs années de séparation, une bande de copains se retrouve. Ils étaient membre d’un groupe de rock qui a été dissout après l’erreur de l’un d’eux. Sandro a su tirer son épingle du jeu et devenir une star au détriment de sa relation avec son frère. Un week-end suffira-t-il à les réconcilier ?

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          J’avais entendu dire le plus grand bien de cette BD et j’avais hâte de la lire. De l’auteur je ne connaissais que le célèbre Titeuf et j’avoue que je voyais mal ce que ça pouvait donner dans un style aussi différent. A moins de le savoir, difficile de deviner que c’est la même personne qui a donné naissance au célèbre petit garçon à la mèche et à cette histoire d’hommes mûrs aux rêves brisés. Et honnêtement, je trouve que ce sérieux lui réussit.

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          J’ai lu cette BD d’une traite. J’ai été vraiment prise par l’histoire de ces hommes qui essaient de se retrouver. L’univers très rock avait tout pour me séduire et ç’a été le cas ! J’ai également beaucoup aimé l’univers visuel très marqué avec des monochromes qui donnent un petit air mélancolique que j’ai beaucoup apprécié et mettent parfaitement en avant la subtilité de l’histoire qui se cache parfois sous le vernis de l’humour.

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          La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est que cette BD soit trop courte. J’aurais aimé que l’histoire soit un peu plus développée pour en profiter plus longtemps. Malgré ce léger regret, je l’ai trouvée touchante et déroulée avec intelligence. Bien que rapidement esquissées, les relations entre les personnages sonnent juste et ne sont pas dépourvues d’une certaine authenticité. Un joli texte et des dessins réussis pour une BD pour le moins séduisante. 

Mes lectures

L’écrivain national : quand Serge Joncour retourne aux sources

          Serge est écrivain, peu connu malgré de nombreuses années de galère, il vit toutefois de son art et est même invité en résidence d’auteur dans une petite ville du Morvan. Mais une fois arrivé là-bas, rien ne va se passer comme prévu. Fasciné par un fait divers sordide, il va se retrouver mêler d’un peu trop près à cette histoire.   

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          J’ai une tendresse toute particulière pour l’écriture de Serge Joncour et son humour au vitriol. Dans son précédent roman, L’amour sans le faire, il délaissait cette écriture nerveuse à l’apparente légèreté pour plus de douceur. Bien que l’absence de son humour décapant m’ait au début déroutée, je n’ai pu qu’admettre qu’il signait là malgré tout son plus grand roman, d’une incroyable délicatesse. Je me demandais donc si son roman suivant resterait dans ce ton ou si on y retrouverait son côté décalé. Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, avec ce livre, Serge Joncour renoue avec ses premières amours. On retrouve son sens aigu de l’observation et son auto-dérision tout à fait délectable.

          J’ai un peu regretté la finesse et la maturité de son précédent roman (je sais, je suis pénible, je ne sais pas ce que je veux) tout en étant heureuse de retrouver le style pour lequel je suis cet auteur depuis quelques temps maintenant. Pour le contenu en revanche, le petit côté polar est tout à fait inédit. L’auteur n’a décidément pas fini de nous surprendre ! J’ai beaucoup aimé le ton de ce roman. Serge Joncour maîtrise décidément l’ironie comme personne. Son personnage semble être un véritable reflet de lui-même. Je me suis délectée de ses déboires. J’ai parfois eu l’impression qu’à travers ce personnage bourru, c’était lui-même que l’auteur dépréciait. Quand on connaît son talent et sa sympathie, on espère que ce n’est qu’une fâcheuse impression.

          Bien que j’aie beaucoup aimé ce roman, j’ai eu le sentiment par moments que l’auteur se cachait derrière son humour. Même si ce texte sonne souvent juste, j’ai trouvé qu’il y manquait la sincérité du précédent. Difficile de marier les deux mais j’espère qu’il y parviendra dans l’avenir. Quand on a vu de quelle justesse il est capable, on a beau adorer son humour, on ne peut que souhaiter qu’il explore un peu plus cette voie. Le roman est très drôle, avec un personnage bourru et maladroit qui a un vrai don pour se fourrer dans les emmerdes. J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. L’esprit des petits village y est décrit de manière tout à fait délectable. L’ambiance de ce livre est sans nul doute un de ses gros points forts tout comme le mélange des genres, entre humour et polar décalé. Un roman surprenant dans lequel l’auteur renoue avec l’humour. Une lecture aussi riche qu’agréable. Serge Joncour reste décidément un auteur à suivre !

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Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous de n’être que soi.

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Un auteur dans le fond doit-il servir à quelque chose, de même que chacun d’ailleurs, est-ce qu’on doit tous servir à quelque chose et est-ce qu’il y a des degrés dans cette implacable hiérarchie des utilités ?

Mes lectures

Chrysis, un très beau roman de Jim Fergus

          Gabrielle a 18 ans quand elle entre aux Beaux-Arts, dans le seul atelier ouvert aux femmes. Très vite, elle prendra pour nom d’artiste « Chrysis » et la jeune fille de bonne famille va découvrir un monde où les mœurs sont pour le moins dissolues. Fascinée, elle va en faire le matériau principal de son art. Elle va également rencontrer Boguey, un cow-boy qui a intégré la légion étrangère pendant la guerre et avec qui elle va vivre une grande histoire d’amour.

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          Jim Fergus nous a surtout habitués à des récits passionnants sur les peuples indiens, comme c’était le cas avec Mille femmes blanches notamment. J’ai été surprise de voir qu’ici il changé totalement de sujet en nous livrant la biographie d’une peintre française du début du XX° siècle. J’avais hâte de découvrir ce texte dont j’avais entendu dire tant de bien. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue ! L’écriture est plus fluide que dans les deux autres romans que j’avais lus de l’auteur. Elle a ici une certaine légèreté qui me semble parfaitement coller à l’ambiance du Paris des années 30. De plus, le court texte introduisant le roman et racontant son origine est pour le moins émouvant et offre une lecture toute particulière de ce qui suit.

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          J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir une peintre dont j’ignorais tout. Je ne suis pas experte en la question mais le milieu du Montparnasse dans l’après-guerre m’a semblé extrêmement bien décrit. L’auteur le rend très vivant et nous immerge dans cette effervescence qui y règne. L’histoire d’amour entre Gabrielle et Boguey est très forte sans pour autant sombrer dans la mièvrerie ou les clichés habituels. Elle est simplement belle. Beaucoup de sujets de société sont abordés l’air de rien dans ce roman, la place des femmes notamment. Il nous livre aussi une peinture fascinante du milieu artistique parisien de l’époque. J’ai trouvé ce texte passionnant de bout e bout. Cette lecture est un vrai régal.

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Si tu ne revois jamais cet homme, une partie de toi l’aimera jusqu’à la fin de tes jours. Tu garderas pour toujours le souvenir d’un sentiment pur. L’amour concrétisé est rarement aussi durable.

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Il n’y a pas de sujet qui soit hors de la portée de l’artiste, à partir du moment où il se sent engagé.