Mes lectures

La cuisine du diable – Plongez au coeur de la mafia avec Damien Marie et Karl Tollet

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          Le jeune Anthony grandit à Little Italy, à New-York, dans les années 30. En pleine prohibition, la mafia gangrène tout et il voit ses parents mourir sous ses yeux, fauchés par une rafale de mitraillette. Pour sauver sa peau et celle de ses frères, ce gamin va déclencher une véritable guerre des gangs.

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          Je dois avouer que le titre ne m’inspirait guère… Mais cette BD m’avait été très chaudement recommandée, j’ai donc fini par me lancer. Grand bien m’en prit ! Quel régal ! J’ai beaucoup aimé le dessin, fin et précis, à l’aquarelle, un style que j’apprécie et qui m’aide à entrer plus rapidement dans l’histoire. Et celle-ci est passionnante. On plonge dans les bas-fonds de New-York pour découvrir les dessous de la mafia : la cuisine du diable.

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          Anthony est un personnage très attachant, tout comme Candice, sa jeune amie pour qui il serait prêt à tout. L’univers qui est le leur est très sombre : drogue, alcool, prostitution, meurtre et violence sont leur quotidien. L’incroyable détermination de cet adolescent donne envie de suivre jusqu’au bout ses aventures aux nombreux rebondissements. Un dessin accrocheur et un scénario passionnant font de cette BD un grand moment de lecture sur fond historique : une fois qu’on l’a ouverte, impossible de la lâcher !

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Jeunesse·Mes lectures

Coraline – Neil Gaiman

          Coraline et ses parents viennent de déménager. Elle explore les environs et apprivoise peu à peu sa nouvelle maison et ses étranges voisins. Mais ce qui l’intrigue par dessus tout, c’est la porte condamnée dans le salon : derrière un monde magique et effrayant l’attend.

9782290040638FS          Je n’avais jamais rien lu de Neil Gaiman, ce fut donc une découverte. Tous ceux qui avaient lu ce livre m’en avaient dit le plus grand bien. J’ai dans un premier temps été un peu surprise de me trouver face à un roman jeunesse, je ne sais pas pourquoi mais je ne m’y attendais pas vraiment (pourtant l’épaisseur et le sujet auraient pu me guider…). Le style est donc assez simple bien qu’agréable, ce qui m’a un peu prise au dépourvu. Mais finalement, après quelques pages, je suis rentrée dans l’univers de cette petite fille attachante et ce roman m’a rappelé ceux que je dévorais enfant ou même adolescente.

          On se laisse prendre dans l’aventure de Coraline. On a peur avec elle, on vibre à ses aventures. Le personnage est charismatique, on prend cette fillette en affection, on s’imagine comme elle explorer cette maison et son jardin et inventer des vies étranges à ses habitants. Quand on passe de l’autre côté, j’ai trouvé que la peur était bien retranscrite. Peut-être que la façade mielleuse de cet univers sombre et pervers aurait pu mettre un peu plus longtemps à se fissurer pour mieux nous tromper, mais ce n’est là qu’un léger bémol. J’ai beaucoup aimé cette histoire où l’imagination et le courage tiennent une grande place et je sais que je l’aurais plus aimée encore si je l’avais lue à l’âge de Coraline.

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Certains prétendent, déclara-t-il d’un ton onctueux comme de la soie huilée, que cette tendance, chez les chats, à jouer avec leur proie est en réalité une preuve de compassion : après tout, cela permet de temps en temps à notre amusant petit casse-croûte de s’enfuir. Ça t’arrive souvent, toi, que ton dîner s’échappe ?

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S’il te plaît…Comment t’appelles-tu? Moi c’est Coraline. »
Le chat bâilla sans se presser, voire avec application, en dévoilant une bouche et une langue extraordinairement roses. « Un chat, ça n’a pas de nom, répondit-il enfin.
– Ah bon?
– Non. C’est bon pour vous autres, les noms. Parce que vous ne savez pas qui vous êtes. Mais nous, nous le savons; alors nous n’en avons pas besoin. »

Jeunesse·Mes lectures

Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore – William Joyce

          Morris Lessmore aime les mots. Quand une tornade fait disparaître son histoire, il erre sans but jusqu’à découvrir les livres, qui vont venir emplir sa vie. Ils le guérissent tandis qu’il prend soin d’eux. On entre sur la pointe des pieds dans leur merveilleuse histoire.

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          Je suis tombée totalement amoureuse de ce livre ! Le dessin a un charme fou : un peu désuet, très travaillé, plein de poésie. La mise en page et la police sont originales, avec quelques touches de fantaisie, sans jamais en faire trop, restant toujours sobres et élégantes. L’histoire sort également de l’ordinaire et aborde des thèmes très peu fréquents en littérature jeunesse comme l’identité ou le vieillissement.

fantastiques-livres-volants-morris-lessmore-L-7TkVen          Ce livre plein de références cinématographiques et littéraires m’a parfois rappelé les vieux films américains et le cinéma muet, un univers que j’aime beaucoup. C’était d’ailleurs d’abord un court métrage d’animation qui a eu un Oscar. Les images bourrées de détails, avec leurs livres volants, sont pleines de magies et m’ont réellement émerveillée. Rarement un livre jeunesse m’avait à ce point retournée ! Une magnifique déclaration d’amour aux livres qui m’a beaucoup touchée et fait retomber en enfance.

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Mes lectures

L’éducation sentimentale – Gustave Flaubert

          Quand le jeune Frédéric arrive à Paris, il est plein d’enthousiasme. Il a de grandes idées, rêve d’amour, de richesse et de gloire. Mais il tombe sous le charme de Madame Arnoux, une femme mariée et chaste, aucune autre ne trouvera plus grâce à ses yeux et il va va peu à peu perdre ses illusions.

7763470613_l-education-sentimentale          Si j’ai lu beaucoup de classiques de la littérature française à l’adolescence puis au durant mes premières années de fac, il y avait un petit moment que je les délaissais, j’avais donc pris comme résolution de m’y remettre un peu en 2013. C’est ainsi que j’ai sorti L’éducation sentimentale de ma bibliothèque. Je dois avouer que j’avais toujours entendu dire que ce roman était difficile en raison de son contexte historique. En effet, il se déroule en pleine Révolution de 1848 et les évènements apparaissent en toile de fond du récit. Il est vrai que quelques notions historiques sur la période sont donc préférables pour bien en comprendre les enjeux. Mais malgré mes connaissances assez sommaires, cela n’a toutefois pas gêné ma lecture.

          L’écriture est bien sûr magnifique, un bijou d’équilibre. Malheureusement, j’ai bien moins accroché avec l’histoire et une belle plume ne fait pas tout. Cinq cents pages durant, Frédéric rêve de Madame Arnoux et de la pureté de son amour pour elle. Environ 250 pages pour lui baiser le poignet, c’est un peu plus que ma patience ne peut supporter. Le reste du temps, il vit au-dessus de ses moyens et décore son appartement, nous avons donc de longues pages sur le choix de la tapisserie ou la couleur des fauteuils. Bien sûr, le roman est loin de se résumer à ça mais ces pages là m’ont semblé bien longues et l’histoire d’amour a sans doute un peu vieilli. Si les premières pages avaient été un plaisir, j’ai eu du mal à me convaincre de venir à bout de ce roman un brin soporifique. A moins d’être un inconditionnel de Flaubert ou un grand romantique, une lecture qui risque de s’avérer bien fastidieuse.

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Qu’est-ce que j’ai à faire dans le monde ? Les autres s’évertuent pour la richesse, la célébrité, le pouvoir ! Moi, je n’ai pas d’état, vous êtes mon occupation exclusive, toute ma fortune, le but, le centre de mon existence, de mes pensées. Je ne peux pas plus vivre sans vous que sans l’air du ciel ! Est-ce que vous ne sentez pas l’aspiration de mon âme monter vers la vôtre, et qu’elles doivent se confondre, et que j’en meurs ?

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Rien n’est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l’on échoue.

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Les cœurs des femmes sont comme ces petits meubles à secret, pleins de tiroirs emboîtés les uns dans les autres.

Mes lectures

Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh

          Le jour où Clémentine rencontre Emma, la fille aux cheveux bleus, sa vie bascule. Elle tombe éperdument amoureuse et découvre avec elle l’amour et le désir. Elle l’aidera aussi à affronter le regard des autres, malgré les difficultés. Un amour que rien ni personne ne semble pouvoir détruire.105635_c

          Il y avait longtemps que je voulais lire cette BD dont j’avais beaucoup entendu parler, toujours dans les termes les plus élogieux. Quand le film qui en est inspiré est sorti, La vie d’Adèle, j’ai donc décidé d’aller le voir avant de lire l’original, l’inverse s’avérant bien souvent décevant. Je n’ai d’ailleurs guère apprécié ce film pourtant encensé par la critique mais on m’avait dit qu’il était fidèle à l’histoire d’origine ce qu’après lecture je trouve contestable, mais j’y reviendrai.

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          Hormis le sujet et l’histoire qui me tentaient bien, le dessin m’attirait beaucoup. Je le trouvais très beau et délicat. Les planches sont des aquarelles. L’ensemble reste essentiellement dans des tons neutres, des gris ou des beiges surtout, avec seulement quelques touches de couleur très lumineuses : le bleu des cheveux et des yeux d’Emma. Ca contribue au charisme du personnage et donne beaucoup de poésie à l’ensemble.

Numériser0002          Et cette histoire dont on parlait tant ? est-elle si belle ? eh bien oui, elle est simplement magnifique. Deux personnes qui s’aiment, c’est simple et c’est beau. La bande dessinée, par la concision du texte, oblige à aller à l’essentiel et j’ai trouvé ce travail très intéressant. On rentre rapidement dans l’univers de Clémentine et on partage son amour, ses doutes, ses peines aussi.

bleu          L’adaptation au cinéma reprenait cela dans une certaine mesure, cependant, maintenant que j’ai lu le texte, je peux dire qu’à mon sens elle en trahit totalement l’esprit. Difficile de dire en quoi sans vous parler de la fin de l’un et l’autre mais disons qu’un amour est absolu et l’autre pas, et c’est là tout la différence. La différence entre l’Amour avec un grand A et une histoire parmi d’autres. En cela, j’ai amplement préféré la BD, qui répond bien plus à ce que j’attendais de cette histoire, à ma soif d’absolu.

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          Je lis peu de BD mais j’ai réellement dévoré celle-ci. Impossible de la lâcher une fois ouverte. Le personnage d’Emma est lumineux et fait partie de ces héroïnes qui marquent. J’ai aimé le dessin comme le texte et tous deux s’équilibrent bien, l’un ne prenant pas trop le pas sur l’autre. Mais c’est l’histoire surtout qui fait toute la différence, absolument magnifique. Un trait délicat, un personnage charismatique et une histoire bouleversante : à lire absolument !