Club lecture

Club lecture, le retour

          Suite à plusieurs demandes, le club-lecture reprend du service. Nous nous retrouverons le jeudi 18 octobre à 20h à l’Imprévu, 9 rue Quincampoix, dans le 4° arrondissement. Puisque nous sommes en pleine saison des prix littéraires, nous nous réunirons autour d’un prix Goncourt, Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé. Un texte pas trop long, une écriture simple et efficace, et surtout au final, un très beau texte. Beaucoup l’auront sans doute déjà lu, ce qui va à l’encontre de notre principe de base mais c’est pour une reprise en douceur.

Petite présentation du livre : La lignée des Scorta est née en 1870 à Montepuccio, un petit village au sud de l’Italie où le soleil rend fou. Descendants d’un brigand sans envergure, ils sont condamnés à l’opprobre et la pauvreté. Mais il existe des richesses plus grandes que l’argent : le dévouement à la famille, l’amour de la terre et la soif de vivre. C’est cela qu’il ont promis de se transmettre, de génération en génération, afin que se perpétue leur héritage.

Une très beau texte qui mérite vraiment le détour.

          Nous manquons de participants, vous êtes donc tous les bienvenus pour cette rentrée du club-lecture. Au programme, le livre du mois ben sûr mais aussi vos autres coup de coeur lecture, du cinéma, des sorties et autres sujets divers et variés. Venez nombreux. C’est le 18 octobre à 20h, et ça se passe à l’Imprévu, rue Quincampoix. Bonne lecture à tous et à  très bientôt pour une nouvelle rencontre littéraire.

Actualité·Mes lectures

Où j’en suis de la rentrée littéraire…

          Il y a un peu plus d’un mois, devant la masse de nouveautés qui me tentaient, je décidais de consacrer entièrement mes lectures de septembre aux romans de la rentrée littéraire. Où en suis-je un mois après ? J’ai lu 8 romans français. Pour 5 d’entre eux les articles sont déjà parus sur ce blog (en voici la liste : Mingarelli, Joncour, Gaudé, Enard et Rey), 2 sont en préparation, et pour le dernier, je n’ai pas encore fini ma lecture. Sur les 8, 7 étaient d’excellente qualité. Je n’en ai plus d’autres en attente dans ma bibliothèque. Vais-je pour autant m’arrêter là ? Je ne pense pas. En effet, il reste encore 2 ou 3 titres qui me tentent et il serait surprenant que je ne craque pas pour au moins l’un d’eux.

          Et puis surtout, je suis en manque de littérature étrangère, et de ce côté-là aussi il y a des romans très prometteurs en cette rentrée. Je ne peux décemment pas les laisser de côté. Le dernier Jim Harrison notamment m’appelle à grands cris. Je trouve aussi que je délaisse trop les essais et il y en avait justement quelques uns qui m’inspiraient bien. Pour la peine, j’ai décidé de prolonger un peu cette immersion dans les dernières sorties éditoriales. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas lu autant de nouveautés, ni que je ne m’y étais intéressée de si près et je dois admettre que cela me manquait quelque peu. Je me réjouis donc de prolonger d’un petit mois mon exploration de la littérature contemporaine.

          Vous l’aurez compris, ce blog va être inondé pendant encore un mois d’encre fraîche. J’en suis d’autant plus heureuse que cette rentrée s’avère être d’excellente qualité. Cela va comme par magie nous amener à la saison des prix littéraires et aux grandes révélations de début novembre. Qui seront les auteurs consacrés ? Encore quelques semaines de suspens, et bien sûr, les résultats ici-même dès leur publication. Encore un peu de patience…

Mes lectures

L’amour est déclaré – Nicolas Rey

          On connaît Nicolas depuis des années maintenant : sale gosse de la littérature qui n’aime rien temps que le sexe, la drogue et l’alcool. Enfin, la drogue plus tellement depuis sa cure de désintoxication. Et puis voilà  qu’il rencontre Maud. Qui eut crû que le couple finirait par lui tomber dessus ? Cette fois c’est sûr : l’amour est déclaré.

          Je n’avais lu qu’un livre de Nicolas Rey, Courir à 30 ans. Moi je devais en avoir 15 et j’avais beaucoup aimé ce texte il me semble. Mais c’était il y a fort longtemps et depuis mes goûts ont bien changé. Et puis ce livre était sans doute le 1° du genre que je lisais, depuis j’ai découvert Beigbeder et consors. Car oui, je trouve qu’il y a du Beigbeder chez Nicolas Rey… le style en moins, mais nous y reviendrons. J’avais lu de bonnes critiques sur ce livre, le roman de la maturité paraît-il, et ça m’avait donné envie de le lire. Mais il y a tant de choses à lire en cette rentrée que je l’avais laissé de côté. E voilà que l’attachée de presse du Diable Vauvert me propose de le chroniquer. Je me suis bien sûr jetée sur l’occasion !

          Premier bon point pour ce livre, son titre : j’aime beaucoup, simple, élégant, non dénué d’humour. Tout est dit. Je serais d’ailleurs tentée de dire, avec une certaine cruauté peut-être, que le génie de ce texte est tout entier concentré dans son titre. En effet, si on commençait fort avec la couverture, le charme est retombé comme un soufflé raté dès la première phrase : « Salope, j’ai fait ». Je ne le redirai jamais assez, j’aime les écritures classiques et policées, par pitié, pas de langage ordurier en littérature. Oui, je suis vieux jeu, c’est comme ça. Mais mes oreilles souffrent assez à longueur de journée, j’aime lire une belle langue, pure et chaste (bon j’exagère un peu, mais il y a de ça). A la deuxième phrase on apprend qu’il parle à son éditrice et là je me sens presque personnellement insultée. Et les gens ne comprennent pas pourquoi je ne veux pas bosser en littérature, quand on voit comment les auteurs traitent leurs éditeurs dans les livres, imaginez ce que c’est en vrai ! Bref, ligne 2, Nicolas Rey m’a déjà perdue. Mais j’étais en pleine insomnie, il était 5h du mat, j’avais la flemme de me relever pour aller chercher un autre livre et puis par respect pour sa pauvre attachée de presse, j’ai continué contre vents et marrées.

          La bonne nouvelle c’est que malgré un style souvent douteux, ça se lit bien. Certes, on est au comble de la littérature égocentrique mais c’est affiché avec un tel aplomb qu’on s’en amuse. A défaut d’être écrit comme du Flaubert, ça avance vite. Pas le temps de s’ennuyer ; c’est déjà ça. Et puis, contre toute attente, il y a de vrais moments de grâce dans ce texte. Allez comprendre ! Derrière le fanfaronnage, on découvre une sensibilité à fleur de peau, une réelle émotion qui n’est pas tout à fait assumée et n’en est que plus touchante. On s’amuse des maladresses de l’auteur, de son énergie et de ses névroses. Finalement, si on n’ira certes pas jusqu’à dire que c’est un grand roman, il n’est pas dénué de charme. Un effort sur le style n’aurait pas été de trop et on a une impression insistante de déjà vu tant le créneau du quadra névrosé est encombré. Cependant, on lit ce roman avec un certain amusement et on en vient à être indulgent. Allez Nicolas, tu n’auras pas le Goncourt avec ton livre mais on espère qu’au moins il t’aura servi à reconquérir Maud ! 

Nicolas REY

L’amour est déclaré

Au Diable Vauvert

196 pages, 17€50

Je hais l’idée même de dormir avec quelqu’un. De lui envoyer un texto. De penser à la personne. Je ne supporte pas le promiscuité. Par pitié, promets-moi que nous n’irons jamais à deux au cinéma.

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C’est la raison pour laquelle les bars existent. Pour la digestion. Entre perdants, on trinque, on s’aime, on se comprend.

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Dans la vie, les choses se terminent toujours mal.

Dans un livre, pas forcément.

Actualité

Prix Femina, 1° sélection

          Pas de « top ten » aujourd’hui, le sujet ne m’inspirait guère et recoupait trop des thèmes précédents. J’en profite donc pour vous communiquer la 1° sélection du Prix Femina, annoncée voilà déjà une bonne semaine mais que j’avais totalement oublié de vous faire partager. La voici donc avec un peu de retard :

– Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)

– Jeanne Cordelier, Escalier F (Phébus

– Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit)

– Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)

– Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (Fallois)

– Philippe Djian, « Oh… » (Gallimard)

– Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)

– Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)

– Claudie Hunzinger, La survivance(Grasset)

– Leslie Kaplan, Millefeuille (P.O.L)

– Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson(Wespieser)

– Florence Noiville, L’attachement (Stock)

– Gisèle Pineau, Cent vies et des poussières (Mercure de France)

– Nathalie Rheims, Laisser les cendres s’envoler (Scheer)

– Catherine Safonoff, Le mineur et le canari (Zoé)

– Colombe Schneck, La réparation (Grasset)

– Antoine Sénanque, Salut Marie (Grasset)

– Anne Serre, Petite table, sois mise ! (Verdier)

– Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

          Une fois de plus, je me contente de la sélection française, ne m’étant pas penchée de très près sur la littérature étrangère en cette rentrée (ce que je déplore par ailleurs). Est-il nécessaire de noter que Patrick Deville est encore est toujours là ? Décidément, pas un prix qui ne l’ait retenu ! Jérôme Ferrari confirme également son succès. Mais cette liste propose aussi des titres quelques peu délaissés par les journalistes et jurés de prix littéraires. Je suis loin d’avoir entendu parler de tous ces ouvrages mais c’est sans doute la liste de la rentrée qui me donne le plus envie. Etvous, qu’en pensez-vous ?

Actualité·Culture en vrac

Henry Bauchau nous quittés

          Le grand écrivain belge Henry Bauchau est mort à l’âge de 99 ans dans son sommeil. Il a été avocat et est entré dans la Résistance durant la Senconde Guerre Mondiale avant de quitter la Belgique, où la Justice l’accusait après la guerre, pour venir s’installer à Paris en 1946. Il y découvre la psychanalyse et en fera son métier. Il écrit ses premiers poèmes au début des années 50 et son premier roman La déchirure paraît en 1966. Il est notamment connu sur son travail romanesque autour du mythe d’Oedipe et Antigone.

          Il a reçu en 2008 le prix du Livre Inter pour Le boulevard périphérique. Bien que presque sourd et aveugle, il aura écrit jusqu’à la fin. Il laisse des manuscrits en cours et un ouvrage, Pierre et Blanche, paraîtra en octobre chez Actes Sud. Je n’ai jamais pu finir son Antigone tant son écriture est complexe et bourrée de références culturelles qui me font défaut. Pouvoir en venir à bout un jour reste un objectif à long terme, comme une jauge de culture générale et de bon développement intellectuel. Henry Bauchau laisse derrière lui une oeuvre riche et raffinée.