Divers

Message pour un visiteur anonyme

          Aujourd’hui, quelqu’un a visité ce blog en cherchant « auteur similaire à Folco ». Ayant moi-même désespéremment essayé de trouver un équivalent à ce génie trop peu connu, je me suis sentie dans l’obligation de laisser un petit mot pour répondre à cette recherche.

          J’ai écumé les sites internet, erré dans les librairies, demandé conseil à des lecteurs en tous genres, spécialistes ou non : il n’existe aucun équivalent à la plume acérée de Michel Folco. Son style est unique et nulle part ailleurs on ne retrouve une telle érudition mêlée à un humour aussi corrosif. Je sais que la déception est rude, mais il en est ainsi.

          Il y a bien Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis, dans le genre humour décapant, mais il y manque le solide de fond historique qui fait qu’on se sent quand même beaucoup plus cultivé à la lecture de Folco. Coté roman historique, le style est souvent un peu tristounet. Et s’il y a bien quelques auteurs à l’humour grinçant, aucun ne mêle les genres avec autant de bonheur. Vous me voyez désolée d’annoncer de si tristes nouvelles, et si quelqu’un découvre un auteur digne de tenir la comparaison, qu’il n’hésite pas à faire partager sa trouvaille. D’ici-là, attendons sagement le prochain ouvrage du génial écrivain et relisons pieusement les anciens.

Culture en vrac

Hubert NYSSEN, mort d’un grand homme

          Hubert Nyssen est mort dans le 12 novembre dernier. Je ne l’ai appris qu’aujourd’hui même et tenais à rendre un modeste hommage à cette grande figure du monde des lettres. Il était le fondateur de la célèbre maison Actes Sud. Créé en 1969, l’Atelier de cartographie thématique et statistique (Actes) diversifie son activité et devient une maison d’édition dont le premier livre paraît en 1977. En 1983, les éditions dont le pari fou de s’installer à Arles. Personne alors ne croit à la possibilité de faire des livres ailleurs qu’à Paris.

          35 ans plus tard, la petite maison arlésienne rivalise avec les grands noms parisiens. Elle est devenue une véritable référence, grâce à bon nombre de choix avisés dans ses publications. La maison a connu son premier succès avec la publication de Nina Berberova. Elle a ensuite singé un coup de maître en faisant découvrir Paul Auster à la France. D’autres grands noms ont depuis rejoint le catalogue et la maison a accumulé les prix littéraires avec entre autres Nancy Huston, Laurent Gaudé, Mathias Enard, Imre Kertész ou Elfriede Jelinek (tous deux prix Nobel de littérature). En 2006 la maison signe sans doute le deuxième plus beau coup du siècle après Harry Potter en achetant pour une bouchée de pain (enfin, comparativement aux bénéfices récoltés)  les droits de Milenium de Stieg Larson pour le français et plusieurs langues étrangères. Le livre a connu un énorme succès et lancé une véritable mode du polar suédois. La maison a ensuite surfé sur le mouvement avec Camilla Lanckberg, autre gros succès. La maison est ainsi à l’abri du besoin pour de nombreuses années.

          Notons aussi la très belle collection de poche de la maison, Babel. Un peu plus chère que ses concurrentes, elle est d’une qualité incomparable (ah son beau papier crème, épais, qui résiste si agréablement sous les doigts…). On y trouve de nombreuses (re) traductions des classiques de la littérature russe, qui a donné un second souffle a bien des auteurs classiques quelques peu délaissés. La maison en grandissant en a racheté d’autres, pas pour les dévorer goulûment mais pour les sauver de la ruine.

          Hubert Nyssen a créé une maison d’édition humaine, qui propose des ouvrages de qualité. Un véritable visionnaire qui est allé au bout de ses convictions et a déniché bien des talents. Il a laissé il y a quelques années la direction de l’entreprise familiale à sa fille, Françoise. À contre courant du mouvement actuel, la maison représente l’une des plus belles réussites dans ce secteur. Elle s’est imposée comme une référence et son nom est gage de qualité. La disparition de cette figure tutélaire du monde des lettres va laisser un grand vide.

Mes lectures

Jack LONDON, Construire un feu

       Un recueil de nouvelles comme Jack London en a le secret : le Grand Nord dans toute sa splendeur, le froid, l’immensité des paysages, la mort qui n’est jamais très loin et des hommes hors du commun forgés par cette nature inhospitalière. 

          Je vais me répéter, j’en ai bien peur. Je vais donc faire bref. Jack London dépeint les grands espaces comme personne. Ses récits nous propulsent tout droit dans une nature aussi impitoyable que terriblement belle. J’ai retrouvé dans ces nouvelles le vent de liberté qui soufflait dans L’amour de la vie.

         La rudesse de l’écriture et sa force me fascinent toujours autant. J’ai avec surprise retrouvé dans la cruauté de certaines de ces nouvelles un petit quelque chose de Maupassant. Une écriture intransigeante et des aventures à couper le souffle. Pour moi Jack London reste l’un des plus grands auteurs du début du XX° siècle. Éblouissant.

Rien que de la barbarie. Chaque année, lui dont le coeur ne vivait que pour les studios,  les théâtres et les cours, il avait été cerné par elle. Il avait acheté sa vie avec du sang.

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Mais, à cette température, lorsque les pieds sont mouillés et en train de geler, il ne sert à rien de courir pour réactiver la circulation. On a beau foncer comme un dératé, les pieds mouillés n’en gèleront que plus fort.

Club lecture·Mes lectures

Georges ORWELL, 1984

      En 1984, dans un monde où aucune liberté de pensée n’est admise, Wintson commence la rédaction d’un journal intime. Il sait qu’il ne pourra échapper longtemps à la Police de la Pensée mais espère pouvoir d’une manière ou d’une autre pouvoir laisser une trace de son passage et de ses idées.

          Le deuxième livre au programme du club lecture du mois de novembre (qui, je vous le rappelle, se tiendra le mardi 29 novembre). Ici aussi, un classique de l’anticipation. Depuis longtemps j’avais le projet de lire ce roman, sans jamais m’être lancée. Voilà qui est chose faite ! J’ai eu beaucoup de mal à démarrer. L’écriture est assez aride, j’ai peiné avant de me prendre à l’histoire.

           J’ai retrouvé dans ce livre beaucoup de choses déjà présentes dans Le meilleur des mondes, trop peut-être. Orwell décrit un monde totalitaire, où l’individu n’a d’existence qu’au sein du groupe, pas réellement d’identité propre. Un homme seul détient le pouvoir. Le passé n’existe plus, chacun doit oublier ou changer ses souvenirs selon le bon vouloir de Big Brother. Ce livre est écrit en 1950 et les traces du III° Reich y sont clairement visibles.

          Le moins qu’on puisse dire c’est que le style ne m’a pas éblouie. J’avais aimé la légèreté et la verve de La ferme des animaux, ici, l’écriture est bien plus austère, nulle trace de fantaisie. Ce livre répond aux standards de l’anticipation, mais s’il développe ce qui existait déjà, je n’y ai pas vu de nouveautés majeures, ce qui m’a un peu déçue étant donné sa grande renommée. Malgré cette petite déception face à l’austérité du texte, je l’ai toutefois trouvé plein de bon sens. Il pose des questions intéressantes, notamment sur le pouvoir, et les travers de la société comme de la nature humaine y sont bien mis en exergue. Un texte difficile mais intéressant.

Comment communiquer avec l’avenir ? C’est impossible intrinsèquement. ou l’avenir ressemblerait au présent, et on ne l’écouterait pas, ou il serait différent, et son enseignement, dans ce cas, n’aurait aucun sens.

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Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés.

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Les meilleurs livres, se dit-il, sont ceux qui racontent ce que l’on sait déjà.

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Rien n’existe que par la conscience humaine.

Mes lectures

Casanova, Madame F.

         Un petit livre qui regroupe deux extraits des mémoires du célèbre séducteur.

        J’avais de Casanova l’image d’un libertin à la vie trépidante et pensais retrouver dans ses écrits, le style si enlevé que j’aime tant de le XVIII° siècle. Malheureusement, c’est un peu laborieux. J’ai peiné à m’intéresser à la manière dont le jeune homme a séduit Madame F. Ca manque d’entrain et n’est même pas si croustillant. Une terrible désillusion donc.

        Cependant, peut-être la lecture de son autobiographie au complet serait-elle plus judicieuse, les choses y étant replacées dans leur contexte, cela doit permettre de prendre mieux la mesure du personnage. Une lecture qui ne m’a donc pas totalement découragée de découvrir la vie du célèbre auteur.