Les disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.
J’attendais avec impatience le tome 2 de la série La passe-miroir. En effet, j’avais beaucoup aimé le premier tome, Les fiancés de l’hiver et j’avais hâte de savoir si la suite serait à la hauteur. L’attente a été un peu longue mais au moins l’auteur a pris son temps pour ne pas décevoir ses lecteurs. Le résultat est plutôt réussi. Je n’ai pas relu le tome 1 avant de m’attaquer à celui-ci et j’avais peur d’être un peu perdue : l’intrigue est complexe et je n’avais plus tous les détails en tête, loin s’en faut. L’auteur s’en sort bien, parvenant à nous rappeler les grandes lignes de l’histoire peu à peu sans tomber dans la lourdeur. Je suis de suite retombée dans cette univers très attachant. J’ai aimé redécouvrir ces personnages qui gagnent peu à peu en complexité. L’intrigue, proche de la trame policière, nous tient en haleine de bout en bout. Le style est quant à lui toujours aussi limpide et agréable.
Dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé cette suite et j’ai été soulagée de voir qu’on restait dans la lignée du premier tome. Toutefois, j’ai eu l’impression qu’on était un léger cran en dessous par moments. Il manque bien sûr le plaisir de la découverte. Les premiers tomes d’une saga nous ouvrent les portes d’un nouvel univers et ont de ce fait toujours un charme particulier et difficilement égalable. J’ai également trouvé que l’intrigue manquait peut-être un peu de crédibilité par moments. Notre jeune héroïne était sensée être une oie blanche et la voilà en train d’enquêter sur des disparitions mystérieuses dans les sphères les plus dangereuses. Non seulement j’ai trouvé que ça allait parfois un peu loin mais son côté godiche faisait partie de son charme qui disparaît un peu ici au profit d’une personnalité plus affirmée. Enfin, dernier point qui m’a un peu gênée, un aspect plus fleur bleue difficilement évitable vu la trame principale du roman mais dont je me serais bien passée. Heureusement, ça reste léger. Malgré quelques petites faiblesses, un second tome où l’on retrouve l’univers attachant du premier et qui donne envie de se plonger dans la suite.
Ophélie le dévisagea avec un mélange de répulsion et de pitié, comme si elle avait devant elle un sinistre directeur de pompes funèbres.
– Je n’aimerais vraiment pas vivre dans vos souliers.
Thorn était un homme si peu expressif qu’Ophélie interpréta d’abord sa raideur immobile comme une attente ; quand elle s’aperçut qu’il la fixait intensément sans plus ciller ni respirer, elle comprit que, en réalité, elle lui avait coupé le souffle.
– Je vous concède qu’ils ne sont pas très confortables, finit-il par articuler au bout d’un très long silence. Un peu plus que cela, même.
La fabrique du doute, de paolo Bacigalupi
Toute la vie d’Alix n’est qu’un mensonge. C’est ce que ne cesse de dire le jeune homme mystérieux qui la traque et porte des accusations troublantes contre son père. Elle commence alors à enquêter : son père serait à la tête d’une entreprise qui manipule l’information à des fins lucratives. Est-il possible qu’il couvre les méfaits d’entreprises qui ont entraîné la mort de centaines de personnes ? Le séduisant Moïse et le groupe radical de militants adolescents dont il est le leader, pourraient-ils être dans le vrai ? Alix doit faire un choix, et le temps lui est compté. Mais prendra-t-elle le risque de dénoncer le père qui l’aime et l’a élevée ?
Je dois bien admettre que quand j’ai reçu ce roman je n’étais guère emballée. Le titre, le résumé, rien ne me tentait plus que ça. Et puis la littérature pour ados et moi, bon, ça fait deux. J’en lis un peu mais sans plus et souvent sans grande conviction. En terme de thriller, j’ai tendance à être assez traditionnelle. J’aime que ce soit bien sombre. Je n’étais pas sure que ce soit conciliable avec une version pour ados qui risquait fort de contenir sa traditionnelle histoire d’amour à l’eau de rose (c’est d’ailleurs plus ou moins le cas). Mais bon, l’éditeur m’avait gentiment envoyé le roman, j’avais du temps pour le lire, je me suis lancée. Eh bien j’ai été assez agréablement surprise. Certes, il y a des choses un peu bateau dans ce texte : la petite fille bien sage et son lycée pour gosses de riches, le petit frère turbulent, les copines, l’amour. La base quoi – enfin, version américaine. Toutefois, c’est loin de se limiter à ça.
Le roman aborde des sujets que j’ai rarement trouvé dans des livres pour adolescents et encore moins sous forme de thriller. Il y est question des falsifications des études réalisées par les labos pharmaceutiques pour la mise sur le marché des médicaments. Un sujet pour le moins d’actualité… La jeune Alix va devoir décidé à qui elle accorde sa confiance et sa loyauté. J’ai aimé qu’on suive son évolution, ses doutes quand elle découvre la vérité à la fois sur qui croire et sur l’attitude à adopter. Le sujet se prête particulièrement bien au thriller et fait froid dans le dos. L’écriture est agréable et le récit bien mené. Si j’ai eu quelques doutes au début, j’ai vite eu envie de découvrir la suite de l’histoire, qui réserve de bonnes surprises et ouvre des pistes de réflexion intéressantes sur des sujets de fond.
La paroi de verre qui avait naguère fait le bonheur d’Alix lui donnait soudain l’impression d’être vulnérable. Qu’est-ce qui pouvait empêcher quelqu’un de prendre un marteau, tout simplement, et de la fracasser ?
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Le langage est la façon dont on pirate le cerveau des autres. C’est la façon dont on leur fait voir les choses de façon dont on veut qu’ils les voient.
Qui es-tu Alaska ? de John Green
Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles, du Grand Peut Etre. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.
Je n’avais jamais rien lu de John Green mais j’avais vu les adaptations au cinéma de Nos étoiles contraires et La face cachée de Margo, ce qui m’avait plutôt donné envie de me plonger dans un de ses romans pour voir un peu comment écrivait le monsieur. J’ai choisi celui-là complètement au pif. J’ai trouvé l’écriture assez agréable et on suit les personnages avec un certain plaisir. La première moitié m’a bien plus. J’ai moins accroché avec la deuxième, qui est pourtant moins classique et aborde des sujets importants. Le personnage d’Alaska m’a rappelé celui de Margo par bien des aspects, notamment son côté aussi fascinant qu’insaisissable. Je dois avouer que je n’ai retrouvé dans aucune de ces deux histoires la sensibilité et l’émotion de Nos étoiles contraires que j’avais contre toute attente beaucoup aimé.
La construction de ce roman le rend assez prévisible, le drame étant annoncé dès le départ, avec parfois un peu trop d’insistance. L’élément pivot est toutefois assez inattendu dans un roman pour ados. La manière dont le sujet est traité est un peu inégale, avec des choses très justes mais parfois un petit manque d’émotion qui aurait pourtant été à sa place. Ceci dit, éviter le larmoyant ne peut être foncièrement une mauvaise chose même si c’est un choix presque étrange dans ce cas précis. Le personnage et son mal-être m’ont parfois agacée dans cette seconde partie même si cela est amplement justifié par l’histoire. Même si je n’ai pas été plus touchée que ça, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de bonnes choses dans ce livre. Un roman qui aborde un sujet sensible avec une certaine finesse. Une assez bonne surprise.
Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j’étais de la bruine et elle, un ouragan.
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On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer d’en sortir, en se régalant à l’avance de cette perspective.
Et rêver à l’avenir permet de continuer, sauf qu’on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l’avenir pour échapper au présent.
Une petite chose sans importance, de Catherine Fradier
Atteint du syndrome d’Asperger, Sacha porte à quatorze ans un regard décalé et innocent sur le monde. Retiré de l’école, il vit avec sa mère, médecin humanitaire. Lors d’une mission en République démocratique du Congo, il sympathise avec Destinée, une enfant soldat. Les deux ados se retrouvent embarqués dans une aventure dangereuse, pleine de suspense et d’émotions, pour échapper aux griffes de trafiquants sans scrupule ?
Pour des raisons un peu obscures, je suis toujours attirée par les films ou livres sur l’autisme – même si finalement j’en ai vu/lu très peu – j’ai donc de suite eu envie de lire ce roman jeunesse dont le héros est atteint du syndrome d’Asperger. D’ailleurs, je n’ai pas de suite compris qu’il s’agissait d’un roman jeunesse, il aura fallu pour cela que je commence ma lecture (je ne suis pas d’une rapidité d’analyse confondante en ce moment…). Je me suis de suite beaucoup attachée au personnage principal. Sa logique particulière, ses tocs et ses problèmes de communication on trouvé un certain écho en moi et j’y ai bizarrement trouvé une espèce de réconfort. L’écriture très claire et agréable ne gâche rien. Dans l’ensemble je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce roman qui traite d’un sujet assez délicat.
L’histoire est assez improbable, partant a mi-chemin sur le terrain de l’aventure. Pourtant, si ça semble peu crédible, le rythme et la qualité du style ont fait que je ne m’en suis pas du tout formalisée, au contraire, j’ai apprécié trouver un peu d’action avec un personnage principal tellement à contre-courant des héros habituels. Je crois que j’aurais aimé que les troubles soient un peu plus explicités encore, même si ce n’est pas évident puisqu’on suit le récit du point de vue de l’enfant. Point de vue par ailleurs fort intéressant, permettant de montrer que les autres sont aussi incompréhensibles pour lui qu’il l’est pour eux. Et puis cela permet aussi d’en faire un personnage somme toute « normal » et non pas un enfant qui apparaîtrait comme particulièrement étrange. Un roman assez atypique et franchement réussi malgré quelques (très très) légères réserves qui permet d’aborder le question de l’autisme avec une certaine légèreté. Vivement la suite !
Apprendre à vivre avec Asperger n’est pas le plus difficile. C’est avec les autres qu’il faut apprendre à vivre, et parfois les autres n’y tiennent pas vraiment.
Ce livre est resté très très longtemps dans ma bibliothèque avant d’en sortir. Il est imposant et me faisait quand même un peu peur, autant par sa taille qu’à cause de son titre très mystérieux. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds mais j’avais l’impression de quelque chose d’assez compliqué. Finalement, si en effet l’histoire est plutôt complexe avec ses ramifications autour du personnage principal, le style est agréable et plutôt accessible. Une écriture travaillée mais pas trop lourde : classique somme toute. Le rythme est assez lent mais agréable. J’ai bien aimé ce roman en ayant l’étrange impression qu’il était toujours sur le point de démarrer sans jamais vraiment parvenir à son rythme de croisière. Je n’ai pas eu des affinités particulières avec les personnages mais chacun a un univers bien défini, qui recoupe vaguement celui des autres tout en gardant une identité forte et j’ai bien aimé passer de l’un à l’autre. Même si la mélancolie et la langueur qui dominent dans ces pages ne sont pas ce que je préfère, j’ai bien aimé l’ambiance particulière de ce livre. Je l’ai d’ailleurs lu plus vite que je n’aurais cru et avec grand plaisir. Il y a des longueurs et la fin m’a un peu déçue mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé cette lecture exotique.
Comme la plupart des gens je suppose, je pensais grosso modo que le Kamasutra était une sorte de traité de sexologie aux positions improbables, qui a été au fil des siècle illustré et ré-illustré pour mettre du piment dans la vie de couple. Quand je suis tombée sur cette nouvelle traduction de Frédéric Boyer faite à partir du texte original (nullement illustré donc), avec un titre des plus poétiques, j’ai eu très envie de voir de quoi il retournait. Je l’ai feuilleté quelque peu, lu des passages très énigmatiques, et ma curiosité l’emportant, je l’ai finalement acheté. J’ai sauté la préface pour aller directement au cœur de texte, qui se présente comme une sorte de long poème découpé en chapitres. Si ce texte est un précis sur le couple, la séduction et les relations amoureuses, il loin de ne parler que de sexe. Ce texte m’a beaucoup surprise. A la fois par sa forme, quasi-mystique à mes yeux (sans doute accentuée par la traduction d’ailleurs) et par un contenu souvent d’une incroyable modernité même si certaines pratiques peuvent nous sembler on ne peut plus étrangères. Un mélange déroutant. C’est étrange comme certains passages prônent le respect de la femme (voire sa vénération), quand d’autres peuvent s’avérer autrement plus machistes. Si j’ai beaucoup aimé cette lecture (parcellaire, je dois l’admettre), j’ai en revanche été extrêmement déçue par la préface qui est pour moi un contre-sens total – ce qui est gênant vu qu’elle est écrite par le traducteur. Ca a un peu terni ma vision de ce livre. Ce texte m’est finalement plus apparu comme un traité de vie et de bien-être universel qui dans l’ensemble n’a pas tellement vieilli.
Je ne lis quasiment aucun manga. Je n’y connais absolument rien, alors quand mes pas me portent par hasard dans le rayon, je me contente de regarder les titres et celui-ci m’a forcément tapé dans l’œil. Je savais pas trop à quoi m’attendre mais ça parlait de nourriture, c’était déjà un bon début ! J’ai été étonnée de ne pas accrocher tant que ça. Je ne saurais pas trop expliquer ce qui s’est passé avec ce livre. Je lui ai trouvé un certain charme. Chaque chapitre correspond à une découverte culinaire du personnage. On découvre ainsi page après page des spécialités japonaises bien souvent inconnues dans nos contrées. Tout ou presque m’a fait envie ! Ce livre donne terriblement faim et laisse comme une envie d’aller explorer les bas fonds de Tokyo. Toutefois, j’ai assez vite saturé. Ce texte se déguste. Je me suis arrêtée en route, ne voyant pas trop passés quelques passages, ce que je pourrais y trouver de plus hormis une intense frustration. Peut-être que je m’y replongerai un jour. Un texte que je n’ai sans doute pas su apprécier à sa juste valeur mais qui m’aura tout de même fait saliver.
Voilà un film que j’ai énormément aimé et dont j’ai malencontreusement oublié de vous parler. Je vais donc corriger cette fâcheuse erreur de ce pas. Je dois avouer que si j’avais lu le synopsis et qu’il me tentait bien, je n’en attendais finalement pas grand chose. J’ai donc été très agréablement surprise de découvrir une petite pépite. Il est vrai que j’aime les films engagés et j’ai ici été servie ! Je ne connais pas du tout l’histoire d’Haïti et je dois avouer avoir été choquée par la répression sanglante de manifestations étudiantes et populaires contre la dictature. On suit l’histoire à travers les yeux d’étudiants qui se battent pour la liberté. Ca peut donner un côté un peu manichéen au film mais la sympathie qu’on éprouve pour les personnages compense amplement ce défaut. Plus que ses qualités cinématographiques (le tout reste assez linéaire et plutôt classique), c’est l’aspect historique de ce film qui m’a vraiment séduite. Il a le mérite de mettre en lumière des événements importants qui m’avaient totalement échappés. Un film assez classique dans sa forme mais intéressant et touchant à la fois. Une belle découverte.
Une des grosses déceptions de 2015. On disait le plus grand bien de ce film fleuve en 3 parties qui se sert des légendes des Mille et unes nuits pour dénoncer les travers de la société portugaise actuelle. Une idée assez géniale, un potentiel à peu près infini et une presse unanime : ça commençait bien ! J’étais on ne peut plus curieuse de découvrir le résultat. Dès les premières images, j’ai su que ce film n’allait pas être pour moi. C’est lent, mais leeeent… J’ai trouvé que c’était très long à démarrer, avec une sorte d’explication du projet et de sa mise en oeuvre assez lourde et artificielle. D’autant plus que l’esthétique n’est pas franchement folle. Pas que j’aie beaucoup plus accroché avec les contes en eux-même cela dit. Si je continue à trouver l’idée géniale et que certains fonctionnent assez bien, d’autre sont un peu plus obscurs. Le trait est forcé, étiré, déformé, avec plus ou moins de réussite. Je n’accroche pas du tout avec le côté absurde, ce qui explique en grande partie que ce film ait été pour moi une torture. Il ne manque ni d’humour, ni d’inventivité mais m’a profondément ennuyée. Un projet original et inventif qui avait sur le papier tout pour me plaire mais que j’ai trouvé au final d’un mortel ennui.
Je n’avais rien lu de cet auteur dont j’avais entendu parler sans vraiment être capable de citer un de ses titres (et pourtant elle a écrit un roman qui porte mon prénom). Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre quand on me l’a offert et j’avais un peu peur de quelque chose de trop fleur bleue pour moi qui ne le suis pas beaucoup. Finalement, ç’a été une des (rares) bonnes surprises de cette rentrée littéraire dans l’ensemble bien terne. J’ai eu un peu de mal avec l’écriture au début, un peu brute à mon goût. Pourtant j’ai fini par rentrer dans l’histoire peu à peu. On alterne entre le passé et le présent du narrateur. J’avoue avoir au début bien plus accroché avec certains chapitres qu’avec d’autres mais peu à peu l’histoire se met en place, découvre les blessures intimes du personnage et leur origine. Ce qui pouvait au premier abord semble agaçant chez lui devient touchant au fil des pages. Finalement, j’ai été profondément émue par son goût de l’amour toujours déçu. Un roman un peu chaotique qui parle d’amour en négatif avec force.
Après la bonne surprise de la rentrée, la mauvaise (voilà, comme ça les choses sont dites d’entrée). Je n’avais jamais rien lu d’Alain Mabankou mais j’en avais entendu dire le plus grand bien, j’avais donc hâte d’entamer cette lecture qui fut d’ailleurs pour moi la première de cette rentrée littéraire. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Ce petit garçon aurait dû m’être sympathique mais il m’a laissée indifférente. J’ai eu l’impression d’un texte un peu décousu qui manque d’émotion et ne prend pas assez le temps de s’attarder sur la psychologie de son personnage qui est plus vu à travers des faits épars que par sa vie intérieure. J’ai totalement décroché dans la seconde partie où même l’espèce de sympathie de principe que j’avais pour ce jeune orphelin et qui ne demandait qu’à s’exprimer a juste totalement disparu. La fin est ce qu’il y a de plus réussi dans ce roman mais ça n’a pas suffi à compenser les longues pages d’ennui qui avaient précédé. Le style est agréable mais manque un peu de tenue et de caractère. L’idée de ce roman était séduisante, pourtant je n’ai pas du tout accroché. J’ai trouvé l’ensemble très moyen. Une lecture qui ne m’a absolument pas emballée.
De Carole Martinez, j’avais adoré Le cœur cousu qui avait été un coup de cœur totalement inattendu. Je n’avais pas lu Du domaine des murmures mais j’ai été très heureuse de me voir offrir La terre qui penche. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman (décidément !). Les premiers chapitres m’ont laissée perplexe. J’avais un peu de mal à suivre qui étaient les différents narrateurs, quelque chose m’échappait dans leur personnalité ou leur histoire. J’ai bien cru que je n’allais jamais rentrer dans ce livre. Et puis finalement, au bout de quelques chapitres, j’ai fini par m’habituer au style un peu particulier puis même par y prendre goût. J’ai retrouvé la patte que j’avais tant aimé dans l’autre roman que j’avais lu de l’auteur. L’histoire est très prenante. On s’attache peu à peu à la petite fille qui est au centre du livre et plus on pressent une fin tragique, plus on a envie de savoir ce qu’il va lui arriver. Le contexte historique m’a également bien plu. Il m’aura fallu un peu de temps pour rentrer dans ce roman assez particulier qui fait appel au fantastique et aux légendes mais l’écriture est belle et ç’aura finalement été pour moi un des meilleurs moments de lecture de la rentrée.
Encore un livre qui ne m’a pas séduite (on est à un sur deux pour le moment mais vous verrez, ça ne va pas durer, elle ne m’a vraiment emballée cette rentrée). J’avais beaucoup aimé Je suis le gardien du phare il y a déjà un certain temps. Je n’avais jamais rien lu d’autre de cet auteur et j’ai ouvert ce livre avec le sentiment d’une valeur sure. Grave erreur. Pour commencer, j’ai trouvé l’écriture on ne peut plus commune (et ça encore, c’est la version sympa…). Ensuite, l’histoire m’a laissée totalement indifférente. Les personnages m’ont été plus antipathiques les uns que les autres, j’ai trouvé ça mal construit (ou plutôt pas construit pour être exacte) et d’une crédibilité douteuse. A aucun moment je n’ai réussi à m’y intéresser un tant soit peu. Si j’en suis venue à bout, c’est uniquement parce que ce roman est suffisamment court pour que ça ne vaille pas le coup de l’abandonner en route. Un roman aux nombreux rebondissements qui ne m’ont pas convaincue : malgré un style léger, une lecture laborieuse.
Voilà LE livre de la rentrée littéraire. Je serais presque tentée de dire le livre de l’année même. Un premier roman dont on a pas mal parlé et qui a connu un immense succès d’estime. Je me désole qu’il n’ait pas eu un prix littéraire qui eût été amplement mérité. Je ne suis pas très portée sur les récits de l’intime mais celui-ci me tentait beaucoup. Si j’avais un peu peur d’un récit forcément larmoyant, je me suis vite rendue compte que ce n’est pas du tout le cas. J’ai été très admirative de la manière dont cette mère faisait son deuil. Ses réactions peuvent parfois paraître inhabituelles mais j’ai trouvé qu’elle avait une dignité incroyable. J’envie sa force et l’énergie qui se dégage de ces lignes. On ne peut qu’être terriblement émus par ce texte que traverse le désespoir de la perte d’un enfant. Mais la manière de se reconstruire force le respect et on en ressort avec l’impression que c’est l’amour de la vie qui l’emporte malgré tout. Ni haine ni ressentiment dans ce texte. Sophie Daull offre à sa fille une magnifique déclaration d’amour. Un texte bouleversant.
Le titre de ce roman me tentait énormément. Sans doute en grande partie parce que l’amoureuse de Racine que je suis y a de suite vu une référence à une de ses pièces de théâtre préférées. Bon, malheureusement, on ne peut pas dire qu’il ait conquis les foules autour de moi et je n’étais donc pas très sure d’aimer malgré mon amour inconditionnel pour la tragédie racinienne. A mon plus grand regret, mes craintes étaient fondées : j’ai détesté. Ce livre est d’un ennui mortel. D’un point de vue syntaxique, nul doute que Nathalie Azoulai maîtrise, pas de problème de ce côté-là. Mais non seulement c’est pompeux (avec une obsession inquiétante pour l’hypotypose) mais c’est d’un chiant ! Je n’ai absolument pas réussi à m’intéresser au petit Jean allant en cours ou traînant dans le jardin. Mon amour modéré pour la version latine ne m’a permis de bien comprendre toute la profondeur du récit visiblement. Ce roman manque cruellement de sentiment. Il ne m’a absolument rien évoqué (pour quelqu’un qui nous parle d’hypotypose à tout va, on ne peut pas dire qu’elle maîtrise franchement sa mise en application). J’ai fini par lâcher l’affaire après 100 pages de supplice. Un roman au sujet qui avait tout pour me séduire et m’est tombé des mains.
J’avais beaucoup aimé le dernier roman de Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, que j’avais trouvé très émouvant. J’avais donc hâte de lire ce livre, d’autant plus qu’on m’en avait dit le plus grand bien. Pourtant (ou justement pour ça), j’ai été franchement déçue. Pour tout dire, j’ai trouvé le style un peu faible, je m’attendais vraiment à mieux. Quant à l’histoire, elle m’a laissée perplexe. Je n’y ai pas vraiment cru. Elle ne m’a pas convaincue une seconde. J’ai trouvé ça assez prévisible. Il y avait pourtant un bon potentiel de départ mais la structure même du roman tue tout suspens dans l’œuf. En effet, l’auteur ne cesse de répéter dès les premières pages que cette histoire est incroyable et que cette relation avec sa nouvelle amie s’est avérée nocive. Elle prépare une suite qui n’a donc plus rien d’une surprise, c’est vraiment dommage. Il est vrai que j’ai lu pas mal de choses sur les pervers narcissiques et que cette histoire m’a sans doute paru un peu fade comparée à d’autres. Si cette lecture n’est pas désagréable, elle ne m’a franchement pas emballée. Une de mes grosses déceptions de cette rentrée.
Voilà un projet littéraire qui m’intriguait. Isabelle Monin a acheté un lot de photos d’une famille dont elle ne savait rien. A partir de ces clichés, elle a décidé d’inventer une histoire. Une première partie est le résultat de ce travail, une deuxième est consacrée à ses recherches. Son ami Alex Beaupin a quant à lui proposé des chansons sur le même principe. Ca a au moins le mérite d’être très original ! J’avais beaucoup aimé le dernier roman d’Isabelle Monin, Daffodill Sylver, si je lui avais trouvé quelques défauts, le style m’avait vraiment séduite, j’avais donc hâte de lire ce nouveau livre. Malheureusement, je n’ai pas été conquise (je sais, je suis particulièrement chiante en ce moment…). J’ai trouvé l’écriture un peu faiblarde et si l’histoire de cette petite fille qui cherche sa mère est assez mignonne, elle ne m’a pas non plus emballée outre mesure. Je me suis arrêtée à la première partie que j’ai trouvée pas mal, la seconde me tentant moins. Au final, si le principe m’a séduite, j’ai trouvé le résultat plutôt sympa mais sans plus. Dommage.
J’ai hésité longuement avant de m’attaquer à ce roman. Comme beaucoup (à peu près la moitié de la planète à vrai dire), j’avais adoré la trilogie Millenium et savoir que cette série prévue initialement en 10 tomes n’aurait jamais de suite de chagrinais profondément. En même temps, ça faisait aussi partie de son charme, en quelque sorte elle n’aurait jamais l’occasion de nous décevoir. Une suite par un autre auteur est toujours délicate. On n’y retrouve jamais exactement la touche qu’on appréciait. Difficile pour un auteur de trouver son style propre sans décevoir son lectorat. Je m’étais presque résolue à ne pas ouvrir ce livre. Et puis après avoir résisté plusieurs fois à la tentation de l’acheter, je l’ai vu chez mes parents et je n’ai pu que me plonger dedans. Honnêtement, j’ai trouvé ça assez mal écrit. Il faut dire que le style de Stieg Larson n’était pas non plus fou fou mais son côté brut de décoffrage faisait partie de son charme. Là c’est juste pauvre. Première déception. Ensuite l’histoire est un peu tirée par les cheveux. Là aussi je sais, c’était pareil dans les 3 premiers, mais la différence, c’est que cette fois j’ai peiné à réellement rentrer dedans. J’ai quand même été contente de retrouver les personnages qui restent dans le même esprit et si je n’ai que moyennement accroché, j’ai quand même trouvé cette lecture agréable. Le dernier tiers est autrement plus prenant et l’histoire retrouve enfin du souffle. Au final, même si j’ai trouvé ça un ton en dessous des tomes précédents, une suite honorable à laquelle j’ai pris un certain plaisir. On attend la suite.



Pour le petit Augusten, son père est une présence fantomatique, à peine signalée par une toux ou des volutes de tabac dans l’obscurité d’une pièce. Ce géniteur dévoré de psoriasis, Augusten l’aime plus que tout et ne souhaite qu’une chose : le lui prouver. Mais ce dernier en a décidé autrement et, peu à peu, l’amour se mue en une haine tenace et acerbe.
1878. Vincent Van Gogh arrive en Belgique pour se rendre ensuite en Provence où Gauguin le rejoint. Après le départ de ce dernier, Van Gogh se coupe une oreille et se fait interner dans un asile…







