Mes lectures

Le petit livre des pensées d’humour noir

          Un tout petit livre qui regroupe des citations et bons mots autour de l’humour noir, voire franchement morbide. Certaines sont assez fines, d’autres un peu moins, il y en a un peu pour tous les goûts.

          On m’a offert ce petit livre il y a peu et je l’ai de suite feuilleté, tombant immédiatement sur des bons mots qui m’ont beaucoup fait rire ! Si certains sont célèbres (dont d’incontournables citations de Desproges notamment) d’autres le sont beaucoup moins et j’ai trouvé quelques perles. Comme toujours dans ce genre de recueil, les citations sont un peu inégales mais cela permet aussi à chacun d’y trouver son compte.

          En revanche, j’ai un peu regretté de ne pas toujours bien comprendre comment avait été effectuée la sélection. En effet, il m’a semblé que certaines citations (parfois très drôles au demeurant) ne relevaient pas vraiment de l’humour noir. J’ai trouvé cela un peu dommage été donné la grande profusion d’auteurs à l’humour grinçant que nous avons à portée de main. Toutefois, cet ouvrage ne m’en a pas moins fait passer un agréable moment. Il me paraît tout indiqué pour animer la route des vacances ou les apéros entre amis.

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J’aimerais mieux aller hériter à la poste que d’aller à la postérité. – Jean Commerson

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Qu’est-ce qu’ils ont tous à pleurer autour de mon lit… C’est déjà bien assez triste de mourir… S’il faut encore voir pleurer les autres ! – Marcel Pagnol

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Toutes les bonnes choses ont une fin. Sauf les saucisses, qui en ont deux. – Jean L’Anselme

Mes lectures

La Compagnie Noire, V – Glen COOK

          La compagnie noire est morte. Rares sont les survivants et ils sont dispersés. Madame, qui croit Toubib mort, décide de reprendre à son compte la rédaction des Annales. Toubib, bien mal en point, est en mauvaise posture aux mains d’un mystérieux ennemi. Quant aux autres, ils sont coincés dans une ville assiégée. Cette fois, il se pourrait bien que c’en soit finie de la vieille Compagnie Noire.

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          On change de narrateur après 4 tomes auprès de toubib. L’auteur arrive à accompagner ce changement d’un style nouveau, moins littéraire, plus « brut ». Madame ne fait pas dans la délicatesse et les belles phrases. Le style est un peu moins agréable que dans les tomes précédents mais l’histoire est toujours aussi prenante. Pour la première fois nos héros sont totalement dispersés, on suit donc plusieurs histoires à la fois. Deux tout du moins, puisqu’on alterne entre le récit de la vie de Madame qui tente de rassembler de nouvelles troupes pour mener à bien le contrat, et Toubib en proie avec bien des difficultés. Ce qui peut d’ailleurs paraître étrange car comment peut-elle raconter une histoire dont elle n’est pas témoin ? Je suppose que Glen Cook a dû penser à tout ça et que l’explication tient dans des retrouvailles futures et le récit détaillé des aventures de notre héros à sa belle, qui s’empresse de les retranscrire.

          On se retrouve donc avec deux histoires en parallèle, assez différentes. Nombreux sont les rebondissements souvent inattendus mais après 4 tomes on commence à être habitués à ne rien tenir pour acquis avec Glen Cook ! Les morts reviennent à la vie, les trahisons ne manquent pas et de nouvelles légendes sortent des mémoires endormies. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde ! Si ce tome est sans doute un peu moins exaltant que les précédents (à la fois par son style volontairement moins travaillé et son côté plus décousu en raison de la dislocation de la compagnie), il n’en offre pas moins un nouveau souffle à la série, ouvrant de nombreuses pistes pour la suite. L’auteur prépare la suite et on sent qu’on n’a pas fini de passer du bon temps en compagnie de nos héros. Une série fantasy de très bonne qualité, tant par son écriture de qualité que par son histoire surprenante et bien souvent dénuée de morale. L’assurance à chaque tome de passer un excellent moment.

Mes lectures

Les faux-monnayeurs – André GIDE

         Un jeune homme apprend qu’il n’est pas le fils naturel de celui qu’il croyait être son père. Il décide alors de quitter le cocon familial et de ne pas passer ses examens. Cette décision va changer sa vie et mettre sur sa route des personnages singuliers qui font le plonger dans un univers de mensonges dont il sera difficile de démêler les fils.

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          Il y avait longtemps que je voulais lire ce livre, mais ça y est, en 2013 je me suis décidée ! J’ai été assez surprise par le début, je ne m’attendais pas du tout à ça ! J’ai trouvé que le style était un peu daté. Pour moi Gide était synonyme de modernité et pourtant, si je n’avais pas su de qui était l’ouvrage, j’aurais parié avoir affaire à un auteur du XIX° siècle, ou à la limite du tout début XX°. Le livre ayant été publié en 1925, rien de surprenant finalement, c’est juste moi qui avait un horizon d’attente faussé pour je ne sais quelle raison. Toutefois, l’effet de surprise passé, j’ai bien aimé cette écriture assez classique, d’autant plus qu’elle se conjugue à une construction qui elle, est pour le moins moderne. Un décalage qui n’est pas dénué de charme.

          Le début commence bien donc. Malgré un style un rien trop figé à mon goût, j’ai dévoré les 100 premières pages et y ai pris un réel plaisir. Pourtant, peu à peu le charme s’est rompu et j’ai eu de plus en plus de mal à avancer dans ma lecture. Etrangement, je serais bien incapable de vous dire pourquoi ! Je crois qu’il y a eu un peu de lassitude face aux personnages qui s’enfoncent dans leurs mensonges pour des raisons qui peuvent paraître parfois dérisoire. Un petit manque d’intérêt aussi sans doute pour leurs états d’âmes. Et puis la construction même, le roman dans le roman (ou l’autobiographie dans le roman ?), qui en fait tout la modernité et l’alourdit pourtant, puisque c’est la même histoire qui se répète dans l’histoire. Une mise en abîme que j’ai trouvé un peu creux d’un point de vue du contenu. Le tout manque de rythme et malgré un début des plus prometteurs, j’ai trouvé que l’histoire traînait en longueur et s’essoufflait peu à peu. Dommage.

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Ne pas savoir qui est son père, c’est ça qui guérit de la peur de lui ressembler.

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J’ai souvent, remarqué chez des conjoints, quelle intolérable irritation entretient chez l’un la plus petite protubérance du caractère de l’autre, parce que la « vie commune » fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n’est plus qu’un enfer.

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Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire.

Librairies

Librairie L’autre Rive, Toulouse

          La librairie L’Autre Rive est une jeune librairie toulousaine située tout près du Saint-Cyprien, sur les avenues Etienne Billières. Elle a ouvert il y a quelques années à présent mais ce n’est qu’il y a peu que j’ai appris son existence. Je suis donc allée y faire un tour. Présentations.

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          L’Autre Rive est une librairie d’assez petite taille qui propose aussi bien de la littérature générale que des essais, beaux livres, BD ou jeunesse. Elle n’est pas particulièrement visible et j’étais sans doute déjà passée devant sans la remarquer. Cette fois, je l’ai enfin repérée, et testée sur le champ ! La première impression est agréable. La librairie n’est pas très grande mais agréablement agencée, avec différents espaces ouverts mais assez bien délimités. Cette configuration des lieux les rends assez accueillants. Mais l’atout majeur de cette librairie, ce sont ses libraires ! Une équipe de jeunes passionnés aussi accueillants que compétents.

          Dès l’entrée, j’ai reçu un accueil charmant et la libraire s’est empressée de voler à mon secours, avide de me prodiguer ses conseils, par ailleurs très judicieux. Je savais ce que je venais chercher mais j’ai écouté attentivement ses avis, fort bien argumentés, et en ai profité pour discuter un peu. Tant d’enthousiasme et une telle envie le partager sont un véritable plaisir. Une librairie comme je les aime, où priment le conseil et la proximité avec le client. Cette librairie, quoiqu’un peu éloignée de mes quartiers de prédilection, deviendra sans doute un passage quasi-obligé lors de mes escapades toulousaines. Un accueil chaleureux et des conseils avisés qui donnent envie d’aller chez son libraire. 

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Librairie L’Autre Rive

24 avenue Etienne Billières

31300 Toulouse

Actualité·Culture en vrac·Mes lectures

L’étrange disparition d’Italo Calvino…

          Vous l’ignorez sans doute étant donné que je n’en ai il me semble jamais parlé sur ce blog, mais Italo Calvino figure parmi mes auteurs favoris. Entre 13/14 ans et ma première année de fac, j’ai lu une bonne dizaine de ses livres, dans des styles très variés. Enfant, ma maman me lisait Marcovaldo ou les saisons en ville, recueil de nouvelles que j’ai lu et relu par la suite avec toujours le même émerveillement. Mais c’est Si par une nuit d’hiver un voyageur qui m’a donné l’envie de m’attaquer au reste de l’oeuvre du célèbre auteur italien. Un amour qui ne s’est pas démenti au fil du temps, même s’il y a quelques années que je n’ai rien lu de lui (envie de découvrir d’autres choses mais surtout d’en garder pour plus tard).

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          Toutefois, j’ai continué à conseiller et re-conseiller ses ouvrages de nombreuses fois à des occasions diverses et variées, dont ce Noël, pour quelqu’un qui cherchait un livre à offrir à un adolescent (Le Baron perché, ça fait rêver tous les enfants petits ou grands non ?). Quelle ne fut alors pas ma surprise en apprenant par hasard – merci Le Monde – que les ouvrages de l’auteur n’étaient plus disponibles depuis trois ans maintenant ! Italo Calvino absent des rayonnages des librairies, voilà qui me semble ubuesque ! Je me suis donc penchée de plus près sur les mystérieuses raisons de cette disparition…

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          La veuve d’Italo Calvino, qui gère les droits, avait un contrat avec Le Seuil, qui traduisait déjà l’auteur de son vivant. Elle demandait semble-t-il des sommes colossales que l’éditeur lui accordait pour garder ce grand nom dans son catalogue. Toutefois, il semblerait que la dame ait été gourmande et ne se soit pas contentée de cet accord. Le contrat prenait fin en 2009 et, ayant jugé que les traductions proposées par l’éditeur ne respectaient pas l’oeuvre de son défunt époux (l’éditeur assure de son côté que celui-ci les avait vérifiées lui-même…), elle a décidé de ne pas le renouveler et a demandé le mise au pilon de l’intégralité du stock ! Procédé qui m’a estomaquée, il va sans dire !

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          La dame n’a cependant pas oublié ses intérêts en route et a signé un nouveau contrat avec Gallimard cette fois. Si elle demande une retraduction de l’oeuvre de son mari, le point crucial de ce nouvel accord avec un éditeur français semble avant tout une publication future dans la célèbre collection « La Pléiade » (malgré la mesquinerie du procédé, je dois admettre que l’idée d’avoir les oeuvres complètes de Calvino dans La Pléiade me réjouit très fortement !!!). L’éditeur promet que « La trilogie des ancêtres » (Le vicomte pourfendu, Le baron perché et Le chevalier inexistant), sera rééditée dans les plus brefs délais afin qu’elles réintègrent les programmes de nos chères têtes blondes ; la retraduction attendra un peu. Des inédits, déjà promis au Seuil qui n’en a jamais vu la couleur, auraient également été annoncés chez Gallimard. Une affaire qui risque fort de faire encore parler d’elle donc ! En attendant, les nombreux titres du génial auteur italien vont peu à peu refaire leur apparition en librairie. L’occasion de découvrir ou redécouvrir son oeuvre avec délices. Une triste histoire qui, on l’espère, finit bien !