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L’intelligence des arbres

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Documentaire allemand de Julia Dordel et Guido Tölke

          Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s’occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller « La Vie Secrète des Arbres » (vendu à plus d’1 million d’exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l’Université du « British Columbia » au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Affiche de l'intelligence des arbres

          Avant de voir le documentaire, j’avais beaucoup entendu parler du livre – que je ne comptais pas spécialement lire dans l’immédiat. Je ne pensais pas non plus aller voir le film d’ailleurs mais puisqu’il passait quand j’étais chez mes parents, autant en profiter. Je dois bien avouer être restée assez perplexe et ne pas trop savoir qu’en dire… Je vais quand même essayer. Le documentaire se divise en deux parties : une première sur les plantes et une seconde sur les arbres. Le tout est globalement axé sur les systèmes de communication des végétaux et les défenses mises en œuvre en cas d’agression extérieure. J’avais peur d’un truc très « new age » mais non, la plupart des intervenants sont assez convaincants et explosent clairement leurs recherches.

image extraite de l'intelligence des arbres

          Les plantes tout d’abord. J’avoue que j’ignorais à peu près tout des découvertes récentes faites à leur sujet. Il faut dire que la botanique est moi ne sommes pas très copines. Je n’ai jamais été passionnée par les plantes. Je les aime bien, elles ont longtemps fait partie de mon environnement mais on ne peut pas dire que je les connaisse vraiment (mais si d’après certains le fait que je reconnaisse la plupart des végétaux les plus courant est déjà perçu comme une source de savoir inestimable). J’ai trouvé intéressantes certaines des théories évoquées même si je ne suis pas sure d’avoir toujours bien réussi à voir où ça menait et ce qui reliait tout ça. Certains témoignages sont passionnants, d’autres un peu moins, mais j’ai eu du mal à faire le lien entre les informations et à me faire une idée plus globale. Mais c’est peut-être normal étant donné que ces recherches sont récentes et évoquent plusieurs pistes, on manque sans doute encore d’éléments pour bien comprendre les choses dans leur globalité. J’ai trouvé le tout intéressant mais un peu brouillon.

image extraite de l'intelligence des arbres

          Le début de la partie sur les arbres m’a plus convaincue. Tous les témoignages allant dans le même sens, j’ai trouvé qu’il était plus facile de se faire une idée précise du fonctionnement de la communication entre les arbres, qui est expliqué de manière très claire et détaillée. J’ai trouvé ça vraiment très intéressant. En revanche, un gros morceau de cette seconde partie de documentaire est consacré aux recherches en laboratoire pour corroborer les observations des scientifiques et des gardes forestiers. Ca tourne assez vite en rond et une fois qu’on a compris le principe ça s’avère assez soporifique. Ca donne un peu une impression de remplissage. C’est dommage. Dans l’ensemble j’ai trouvé ces deux documentaires intéressants mais inégaux dans le rythme même si les recherches qu’ils exposent pourraient aboutir à une bien meilleure gestion des sols notamment. Le tout est assez brouillon et ne m’a pas vraiment emballée même si ça offre de pistes de réflexion intéressantes.

Volia Volnaïa de Victor Remizov

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          Un roman russe fulgurant, une plongée dans l’immensité sibérienne, qui conte l’éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. Porté par une seule devise, Volia volnaïa, « Libre liberté », une très forte quête identitaire, avec, en toile de fond, le tableau contrasté de la Russie d’aujourd’hui, tiraillée entre tradition et modernité.

          J’aime généralement beaucoup la littérature russe, même si je connais plus les classiques que les contemporains et j’avais bien envie de découvrir ce roman. La vie au cœur de la taïga me fascine, les grands espaces, la nature, la vodka qui coule à flots, je ne sais pas, ça me fait toujours un peu rêver. J’avais donc hâte de commencer ma lecture. Etrangement, je n’ai pas accroché plus que ça. J’ai trouvé que c’était plutôt bien écrit et agréable à lire mais je ne sais pas, je ne suis pas rentrée dedans. Ca partait plutôt bien : la nature, un homme solitaire avec ses chiens, je me voyais déjà au milieu des paysages enneigés.

couverture

          Et puis le reste n’a pas suivi. On change de personnage d’un chapitre à l’autre. La plupart ne m’ont pas été très sympathiques, j’ai eu du mal à m’intéresser à leur histoire, et surtout, j’ai commencé à les confondre. Pourtant j’ai l’habitude des romans russes avec les noms à rallonge, les surnoms, tout ça. D’habitude je m’aide des caractères des personnages pour me repérer mais là j’ai trouvé qu’ils se ressemblaient trop pour cette méthode fonctionne vraiment, mais passer mon temps à douter de qui était qui et avait fait quoi? Exténuant.

          Le rythme est très lent, ce qui en soi n’est pas particulièrement un problème, mais comme je n’accrochais pas trop avec les personnages, j’ai vite trouvé le temps long. C’est un peu bizarre, quelque part j’aimais bien cette lecture, simplement je n’arrivais pas à suffisamment m’y intéresser pour avoir envie de rouvrir ce livre après l’avoir refermé. Je n’avais pas non plus spécialement envie de l’arrêter mais puisque je n’avançais pas, que je n’étais pas plus intriguée que ça par la suite de l’histoire et que j’en venais à toujours trouver mieux à faire que lire, je l’ai finalement laissé de côté. Trop de lectures qui m’attendent. Je regrette un peu de ne pas avoir aimé ce roman plus que ça, je pense qu’il aurait pu me plaire à une autre période, il y a des livres qui ne tombent pas au bon moment. Dommage.

Victor Remizov

La solitude dans la taïga est une drogue accrocheuse. Celui qui y a goûté, s’il vaut quelque chose, ne peut plus s’en passer et, s’il y renonce contre son gré, il en souffre comme d’une perte irréparable.

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Le matin, il se découvrit face au soleil levant et resta longtemps à le contempler. C’était sa façon de prier.

Captain Fantastic

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          Drame américain de Matt Ross avec Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay
Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Captain Fantastic, affiche

          Bien que le titre et le casting laissent supposer le contraire, nulle trace ici d’un film de super-héros (quoi que). Ce mal-entendu étant dissipé, nous pouvons commencer. Quand j’ai vu la bande-annonce de ce film je me suis dit qu’il fallait absolument que j’aille le voir et ce pour plusieurs raisons. La principale c’est bien sûr Viggo Mortensen qu’on voit à mon goût bien trop peu (ah ce moment où il pose son oreille contre le rocher dans Le seigneur des anneaux, une scène d’anthologie qui m’aura valu bien des fou-rires !). Ensuite, le sujet. Ca avait l’air frais, sympa, original et pas inintéressant qui plus est. Le petit côté hippie me parlait assez. Malgré le sujet plutôt grave, ça semblait être la promesse d’un bon moment de détente. D’ailleurs dans l’ensemble, le film tient plutôt bien ses promesses et m’a fait passer un moment agréable, malgré une petite pointe de déception…

Captain Fantastic, image

          S’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est à trouver quelque chose de terriblement familier dans ce film. Sauf que voilà, je viens d’un coin de Pyrénées où il y a une grosse communauté hippie et bon, les fratries qui grandissent dans les bois, c’est un peu la norme. Certes, chez nous, ils sont plus pacifistes que survivalistes et rares sont ceux qui baignent dans la philo dès le berceau (même s’il y en a…), n’empêche que quand même, ce truc de vivre loin de la société de consommation au plus près de la nature, on connaît bien. Vous voyez les Fortin, de Vie sauvage, ben c’est chez nous qu’on les a retrouvés. Dès qu’on parle de chez nous c’est qu’il y a des gens qui se planquent ou un mètre de neige en plein mois de mai de toute façon. Pourtant je vous jure, on est presque civilisés (pas trop quand même, n’exagérons pas, on tient à notre indépendance). Je m’attendais donc à être dépaysée et à la place je me suis sentie renvoyée tout droit à la maison – paysages à couper le souffle compris. C’est sympa, mais ce n’était pas tout à fait l’effet escompté.

Captain Fantastic, image

          La relation que ce père entretient avec ses enfants est intéressante et parfois touchante même si le film ne joue pas trop sur la corde sensible. Certains se rebellent un peu contre cette éducation éloignée du schéma classique. J’aurais aimé que ce soit plus marqué. A l’adolescence, il n’est pas franchement rare de vouloir rentrer dans le moule et être « comme les autres ». On sent un gros parti pris chez le réalisateur qui a visiblement une grosse sympathie pour son personnage principal et ses principes éducatifs. C’est dommage de ne pas plus avoir le point de vue des enfants. C’est un peu le cas mais ça ne va à mon sens pas assez loin, même si j’ai beaucoup aimé la cohésion de cette famille qui redonne le sourire. Il y a quelques moments qui ne manquent pas d’ironie et m’ont amusée. Là encore, les quelques pistes offertes pour réfléchir sur les dérives de notre société auraient mérité d’aller plus loin. La musique est très bien choisie et constitue un des gros points forts de ce film, avec son casting, très soigné. Les enfants sont tous plus beaux les uns que les autres et respirent l’intelligence. C’est un plaisir de les regarder évoluer. Si ce film ne m’a pas transportée autant que je l’espérais, il m’a tout de même fait passer un bon moment avec son univers joyeux et coloré.

Balade dans les Pyrénées ariégeoises

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Fin avril, je suis allée passer quelques jours dans ma famille, au cœur des Pyrénées ariégeoises (pour ceux qui confondent – et ils sont nombreux ! – l’Ariège se situe dans les Pyrénées centrales, rien à voir donc avec l’Ardèche, au sud-ouest des Alpes, même si les deux semblent pareillement sauvages). Malgré une santé défaillante, j’ai quand même réussi à mettre un peu le nez dehors et à faire mes deux balades favorites. En voici une.

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Temps menaçant et végétation qui hésite encore entre hiver et printemps.

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Je n’ai malheureusement pas réussi à immortaliser le cerfs et les biches rencontrés en chemin.

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           Pour ceux qui passeraient dans le coin, ce sentier de randonnée est balisé. Il part du col de Péguère pour arriver au Col de Port en longeant les crêtes offrant une vue imprenable sur la plaine d’une part, et la montagne de l’autre. Bonne balade.

Quelques jours sur l’Aubrac

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          Il y a peu, je suis allée faire un petit tour sur le plateau de l’Aubrac à l’occasion d’un repas chez Michel et Sébastien Bras. Je ne connaissais pas du tout cette région et j’avais peur de ne pas franchement apprécier le paysage. J’aime passionnément les paysages montagneux et escarpés. Le bord de mer ne trouve grâce à mes yeux que si falaises il y a (ou grosses vagues et temps orageux). Certes, je peux trouver la campagne mignonne s’il y a des coteaux mais je m’en lasse assez vite. De l’Aubrac, j’ai d’abord découvert les bords du plateau et je dois dire que même si on y trouve de très beaux villages et que c’est assez escarpé, j’ai trouvé que c’était joli mais manquait un peu de caractère quant au paysage en lui-même. Et puis, nous sommes allés au centre du plateau et là, ça a beau être plat, je suis tombée totalement amoureuse du paysage !

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          Le plateau est très vert, avec beaucoup de prés bien entretenus et séparés par des petits murets et des clôtures aux piquets en bois qui leur donnent beaucoup de charme. Les vaches pullulent pour mon plus grand plaisir (oui, j’adore les vaches). Pourtant, bien que ce soit à peine vallonné, on sent qu’on est en altitude avec une végétation bien spécifique et un air bien frais avec l’arrivée de l’automne. Il y a des endroits où on voit tellement loin qu’on a l’impression de voir le bout du monde. Quasi aucune maison à part quelques cabanes de berger, plein de nuances de vert et de bleu et la sensation d’être seul au monde. C’est beau, c’est beau, c’est beau ! Si ce n’étaient les longs mois d’hiver dans la neige, le froid et le vent, et la nécessité de travailler pour manger, j’aurais posé mes valises immédiatement ! Si si, je vous jure.

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          Durant ce week-end, on a également très bien mangé à petit prix. Il y a beaucoup de petits restaurants qui servent des produits frais et une cuisine copieuse à des prix défiant toute concurrence. Je trouve d’ailleurs ça injuste, la vie est moins chère qu’à Paris et tout est plus beau, la vie est mal faite ! Un des principaux chemins vers Saint-Jacques de Compostelle traverse le plateau de l’Aubrac. On trouve donc de très nombreux hébergements à petits prix et des édifices religieux un peu partout. Il y a notamment un couvent où les sœurs font du chocolat (comment ça je ne pense qu’à manger ?!). La gastronomie locale est d’ailleurs délicieuse. Il y a le fameux aligot et la truffade : des pommes-de-terre et du fromage, un délice ! Il y a le thé de l’Aubrac, une plante qu’on peut boire en infusion et qui sert à la confection d’un apéritif. De l’excellente viande. Du très bon fromage. Et pas mal de choses à base de myrtille, châtaigne et autres plantes de montagne. N’hésitez pas non plus à goûter les bières et limonades locales.

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          Si vous passez par là, visitez une coutellerie. Mais méfiance, de nombreux couteliers ne forgent pas leurs lames sur place. Pour ma part, j’ai visité les forges de Laguiole, célèbres pour leur bâtiment conçu par Philippe Starck. Il y a également à côté Honoré Durand, et il me semble avoir entendu parler de Benoît. J’ai adoré la visite de la forge. On y va quand on veut et un regarde les ouvriers travailler (je détesterais être à leur place !). Il y a 2 personnes qu’on peut interroger sur tout ce qu’on veut et qui peuvent nous montrer l’assemblage. J’aurais pu y passer la journée. D’ailleurs, j’en suis repartie avec le couteau dont je rêve depuis que je suis toute petite, le même que mon papa et offert par lui. Ca n’a pas de prix.

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              L’Aubrac me semble se prêter parfaitement à la photographie. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour faire quelques balades et immortaliser le paysage. J’ai pris quelques photos mais je trouve qu’elles ne rendent pas vraiment l’immensité de lieux. Un grand angle n’aurait peut-être pas été de trop pour prendre la photo parfaite. Je pense que la lumière est extrêmement changeante avec le temps. Ca doit être magnifique par temps d’orage ou sous un manteau de neige. Vous l’aurez compris, j’ai adoré mon court passage dans la région, d’autant plus qu’il faisait un temps magnifique et que c’étaient-là mes seules vacances de l’année. J’espère bien avoir l’occasion de découvrir un peu mieux le plateau à l’avenir. Un endroit assez magique et franchement dépaysant.

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