Théâtre

La colère du tigre, quand Monet et Clémenceau se confrontent

          « Un géant de la politique, Clémenceau et un géant des arts, Claude Monet, amis de longue date, passent quelques jours ensemble au bord de l’Atlantique. Deux caractères bien trempés, deux hommes à l’ironie célèbre, que l’âge n’a pas rendus plus sages. Monet a détruit des Nymphéas promis à l’Orangerie, une occasion pour le Tigre de piquer l’une de ses plus mémorables colères. »

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          J’ai toujours beaucoup aimé Monet qui est, sans originalité aucune, l’un de mes peintres préférés. Pourtant, bien qu’ayant vu de nombreuses expos et quelques documentaires lui étant consacrés, je ne savais rien de son amitié avec Georges Clémenceau. Ou alors j’ai oublié, c’est possible aussi. Quand j’ai entendu parler de cette pièce qui était consacrée à leur entretiens, avec Claude Brasseur en prime, j’ai forcément eu très envie de la voir. Comme ma maman était tout aussi tentée que moi, je me suis donc fait inviter. La première chose qui frappe, c’est la beauté du décor, à la fois relativement simple et sophistiqué. Sur scène : d’un côté un intérieur campagnard un peu caché, de l’autre une grande partie avec des accessoire qui figure l’extérieur. Par un jeu de projection sur une toile semi-transparente, on croirait voir un tableau de Monet, changeant au fil des heures. Une vraie merveille !

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          Les acteurs sont également exceptionnels. J’ai eu un peu de mal à m’y faire au début, peinant à entendre ce qu’il se passait sur scène, mais au fur et à mesure que la pièce avance, l’interprétation gagne en puissance. J’ai trouvé l’actrice qui joue l’amie de Clémenceau un peu en deçà de ses deux compères pendant la première moitié mais elle s’en sort finalement très bien. Quand à celle qui joue la bonne, elle est tout simplement géniale ! Quant au sujet, il est juste passionnant. Le texte revient sur un séjour de Monet chez Clémenceau où ils se sont empoignés au sujet des Nymphéas que Monet avait promis de livrer pour le musée de l’Orangerie, spécialement aménagé pour les accueillir, et qu’il ne finissait jamais. Autant vous dire qu’il y avait de la tension dans l’air…

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         J’ai beaucoup aimé cette pièce qui nous fait rentrer dans l’intimité de ces deux grands hommes et aborde des aspects de leur vie que je ne connaissais pas forcément. J’ai tout aimé dans cette pièce à la mise en scène très réussie. Voir deux grands acteurs jouer des rôles pareils est forcément un régal. Le décor est éblouissant et si je trouvais les places un peu chères, je dois dire qu’il justifie le prix à lui seul. J’ai adoré voir la lumière changer et le décor évoluer peu à peu, comme une succession de tableaux. Quant à la fin, je l’ai trouvée particulièrement émouvante. Une pièce magnifique à voir pour son sujet passionnant, ses acteurs mythiques et son incroyable décor.

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La colère du Tigre, de Philippe Madral

Mise en scène de Christophe Lidon

Avec Claude Brasseur, Michel Aumont, Sophie Broustal, Marie-Christine Danède

Théâtre Montparnasse

31 rue de la Gaîté, 75014 Paris

Du mardi au samedi à 20h30

De 18 à 54€ la place

Expositions

Les Mayas s’exposent au Quai Branly

          Le musée du Quai Branly propose toujours des expositions très intéressantes, cette fois, ce sont les mayas qui sont à l’honneur. J’ai toujours été fascinée par les civilisations qui ont érigé des pyramides alors qu’on sortait à peine de nos cavernes (j’exagère à peine). Et puis quand notre enfance a été bercée par Les cités d’or, on a forcément une certaine attirance pour les civilisations précolombiennes même si mes connaissances en la matière sont pour le moins sommaires et que j’ai une fâcheuse tendance à tout mélanger. C’était donc l’occasion d’améliorer un peu ma culture ma culture générale.

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          Nous avons fait cette exposition après avoir passé 2h à arpenter l’autre accrochage du moment, Tatoueurs Tatoués. Je dois avouer que je commençais à avoir mal aux pieds, et au dos, et à être fatiguée. Je n’étais donc pas dans des conditions optimales pour en profiter et je savais que je la ferai un eu au pas de course, quitte à revenir la voir plus tard si elle me plaisait vraiment. Je dois avouer que je n’ai pas été emballée-emballée… Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas lu touuus les panneaux mais seulement celui d’introductions puis ceux qui expliquaient des objets qui m’intriguaient ou qui concernaient des aspects qui me parlent plus que les autres comme l’écriture par exemple.

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          Je dois avouer que je n’ai pas trop accroché avec cette exposition. La fatigue et le temps déjà passé dans le musée ce jour-là sont doute en partie responsables mais tout de même, je n’ai pas été aussi subjuguée que je l’espérais. Il y a énormément de poteries dans cet accrochage. Certaines sont de toute beauté, extrêmement bien conservées avec des décors très fins et des couleurs incroyables. Toutefois, leur grand nombre finit par lasser un peu. Il  y a également beaucoup de statuettes, ce qui ne me passionne guère. Le résultat est assez monotone. Certaines pièces sont toutefois splendides, comme certains masques de jade. Malheureusement, ceux-ci apparaissant à la fin, je commençais à être moins disponible, d’autant plus que les gens se ruaient un peu dessus.

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          Malgré des aspects intéressants et quelques beaux objets vraiment magnifiques, j’ai eu du mal à rentrer dans cette exposition. Je suis assez fascinée par la finesse des sculptures et l’ingéniosité des mayas sur bien des points. Il est également intéressant de voir à quel point cette civilisation était évoluée, à travers son calendrier, ses jeux ou son écriture. Pourtant, j’ai eu le plus grand mal à me représenter leur mode de vie et ça m’a franchement manqué pour apprécier pleinement ce que je voyais. Je crois que j’aurais aimé plus de photos replaçant les objets dans leur contexte ou d’explications sur l’utilisation concrète des objets aux quotidien afin de mieux appréhender cette culture si riche et mystérieuse. Peut-être qu’en refaisant l’exposition avec plus de temps (et moins de monde), je me ferai une idée plus précise du mode de vie maya. Un sujet passionnant et de belles pièces pour une exposition qui m’a un peu laissée sur ma faim.

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Mayas

Musée du Quai Branly

37 quai Branly – 75007 Paris

Tous les jours sauf le lundi de 11h à 19 ou 21h

Plein tarif, 9€ exposition seule, 11€ avec les collections permanentes

Photo

Un automne à Paris

 

 

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Il y a deux semaines, avec ma maman, nous sommes allées faire une balade ensoleillée au Bois de Vincennes en sortant de la Cartoucherie où nous avons vu le merveilleux Macbeth d’Ariane Mouchkine dont je vous parlerai bientôt. L’occasion de profiter des premières couleurs automnales.

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Nous avons fini cette journée par un passage par les quais de Seine et Notre-Dame, que j’apprécie toujours autant, surtout de nuit. Le parvis est généralement très animé et j’aime bien m’y arrêter quand je suis dans les parages.

 

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Bars, restaurants

Coretta : mon avis sur le restaurant dont tout le monde parle

          Si vous n’habitez pas le quartier des Batignolles, vous n’y avez peut-être pas fait attention mais depuis plusieurs mois, le Coretta, c’est le restaurant dont tout le monde parle. Il semblerait que tout ce que Paris compte de critiques s’y soit rassemblé. J’en ai entendu parler absolument partout, et toujours en bien : une critique par Pudlowski, des éloges dans l’Express, de même dans le Grumeau et une présentation alléchante dans Cuisine et Vins de France et Saveurs. Et encore, je vous passe tous les blogs sur lesquels j’ai vu passer une critique. Habituellement, on ne parle ja-mais du 17° – ni du 18° d’ailleurs – soit rien qui soit à côté de chez moi.  Comme il est vraiment juste à côté, à l’entrée du parc où j’aime aller prendre le soleil, il fallait absolument que je le teste moi aussi.

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          La décoration est très épurée, à la mode scandinave : des tables en bois clair toutes simple, pas de nappes et une déco minimaliste. Je dois avouer que je trouve que ça manque un peu de chaleur. Je ne demande pas de nappes blanches et verres en cristal mais une petite touche de couleur aurait été bienvenue. Par contre, j’ai beaucoup aimé la cuisine ouverte mais pas trop m’as-tu-vu. La carte est courte et met à l’honneur des produits de saison. J’ai opté pour une salade de tomate et une pièce de bœuf. Hyper classique quoi. Je trouve que les noms de plats mériteraient un poil plus de poésie. Elle se présente sous forme d’accumulation de noms de produits genre « bœuf / échalote / pomme grenaille » pour le plat (ou quelque chose dans le genre). A mon goût ça en dit ou trop ou pas assez mais c’est un avis très personnel. Toujours est-il que je trouvais quand même la carte assez alléchante.

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          On commence par une crème de courgette au curry servie comme un guacamole en amuse-bouche : je n’aime pas trop les courgettes mais c’était bien relevé et vraiment très bon. Quand les plats arrivent, on remarque surtout leur côté très graphique. Il y a pas mal d’informations dans l’assiette et j’ai trouvé que ça manquait un peu de sobriété (contrairement à la déco, je sais, je suis pénible), ça donne un côté un peu brouillon. En revanche, du côté du goût, il n’y a rien à y redire ! Il y avait un genre de purée à l’échalote avec ma viande qui était à tomber ! C’était extrêmement goûteux, un vrai régal. Une fois n’est pas coutume, je me suis passée de dessert mais j’espère avoir l’occasion de les tester une autre fois. Le Coretta cède peut-être un peu trop aux effets de mode en matière de présentation mais se démarque du côté du goût avec des associations efficace et des assaisonnements justes. Une bonne table.

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Coretta

151 bis Rue Cardinet

75017 Paris

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Formule à 24€ le midi, menu à 39€ le soir

Mes lectures

Les heures souterraines, Delphine de Vigan

          Mathilde est harcelée au travail et sombre peu à peu dans une dépression dont elle ne sait plus comment sortir. Seuls ses enfants la maintiennent en vie. Quant à Thibault, médecin urgentiste, il vient de quitter la femme qu’il aime et qui ne l’aimait pas. Tous deux sont seuls au milieu de la ville. Ils ne se connaissent pas mais pourraient se rencontrer. Ou pas.

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          Je n’avais jamais rien lu de Delphine de Vigan bien que j’aie entendu le plus grand bien de certains de ses ouvrages. Quand j’ai trouvé celui-là sur une étagère à la maison, je me suis dit que c’était l’occasion de m’y mettre. Je dois avouer qu’à la lecture de la quatrième de couverture, j’ai vite compris qu’il y avait peu de chances que ce livre m’emballe réellement. Les histoire de rencontres manquées me frustrent toujours, j’ai bien peur d’être assez peu sensible à ce genre de délicatesse. Il n’empêche que cette lecture fut malgré tout une bonne surprise.

          Le style est simple mais efficace et les personnages sont attachants. Deux portraits tout en nuances et brossés avec finesse. Mathilde est touchante, si fragile et désemparée. Son histoire de harcèlement est très forte et parlante. Elle met mal à l’aise et nous fait prendre conscience que ce problème peut nous toucher tous. Le personnage de Thibault est moins fort mais n’est pas pour autant inintéressant. J’ai regretté le côté très discret de cette histoire, j’aime les choses plus franches et tranchées même si j’ai apprécié cette lecture dont le gros point fort est sans nul doute ses personnages. Un texte tout en nuances au sujet fort. Une lecture peut-être pas très marquante mais agréable.

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Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.

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Les gens qui aiment au-delà de ce qu’on peut leur donner finissent toujours par peser.

Une adaptation cinématographique est en cours avec Vincent Elbaz et Sandrine Kiberlain.