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38 mini westerns (avec des fantômes)

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          De Mathias Malzieu, j’avais beaucoup aimé Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi et Le plus petit baiser jamais recenséIl y a longtemps que ces 38 mini westerns avaient rejoint ma bibliothèque mais je ne les en avais jamais délogés jusque-là. Je m’attendais un peu à un condensé de l’univers si déjanté de l’auteur je crois et en même temps à quelque chose d’un peu différent. Je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Les histoires qui se succèdent dans ce petit livre sont très courtes et toujours aussi loufoques. Elles m’ont souvent donné l’impression de n’être que des idées jetées sur le papier en attendant d’être développées ailleurs.

          L’univers de Mathias Malzieu est très riche et je trouve que le roman se prête mieux à ses bizarreries, il laisse le temps de s’immerger dans ce monde où naissent 20 idées à la seconde. La nouvelle ne permet pas de les développer et m’a laissée un peu sur ma faim. Le titre est également un peu trompeur. Il y a quand même quelques bonnes idées et on retrouve sa plume si particulière. Trois ou quatre de ces histoires sortent du lot. Finalement, ça m’a presque plus fait penser à de la poésie. Même si je préfère les romans de l’auteur à ces courts-textes, la lecture est agréable et divertissante. Les fans de la première heure seront sans doute conquis, les autres peut-être un peu moins. 

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C’était la première fois que je faisais un cadeau d’amoureux et dans chaque maillon du bracelet, il y avait un morceau de mon coeur.

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Elle sourit, un sourire à double sens, pile entre « Tu te fous de moi… » et « Tu t’en sors bien ».

Sexy sexa – Victor Zarca

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          Victor Zarca jongle avec les mots non sans un certain humour. Et quand il les récite, il préfère les slamer et les faire vivre sur scène pour les partager avec de plus jeunes que lui. Un univers pour le moins surprenant.

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          On ne m’avait pas franchement dit du bien de ce texte qu’on m’avait présenté comme « un vieux pervers qui slame et ne parle que de sexe tout le temps ». Suivi de : « Je n’ai pas pu le finir, veux-tu y jeter un œil pour le blog ? » euh… Non merci. Et puis, finalement, lors d’une visite à l’amie en question, elle m’en a reparlé, elle m’a dit mais si, il faut absolument que tu le lises, c’est drôle quand même, je suis sure que tu vas bien aimer, et j’ai fini par céder à ses avances. J’ai finalement plutôt bien fait tant ces textes sont surprenants. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai apprécié mais j’ai attrapé un réel fou rire, comme rarement avec un livre. Tant et si bien que j’ai même fini par faire une lecture à voix haute des textes pendant une bonne partie de la soirée déclenchant l’hilarité générale.

          Malgré la bonne humeur certaine qui a accompagné cette lecture, je ne peux pas dire l’avoir trouvée de grande qualité. Les jeux de mots s’enchaînent, pas toujours très fins, et on se demande s’il s’agit d’humour ou simplement de mauvais goût. Si on rit, c’est un peu de dépit bien souvent. Mais si certains textes ne sont pas terribles, et d’autres un peu gras à mon goût, il y a quand même quelques mots qui m’ont fait sourire de bon cœur et je dois admettre qu’en vidéo, la conviction que met l’auteur dans sa mise en scène donne au tout bien plus de charme. Un style parfois un peu faible et un humour particulier qui ne fait pas toujours mouche mais que je ne suis sans doute pas prête d’oublier.

Quand je fais l’amour à Assentione

Pas question de pénétratione

A sa vertu elle se cramponne

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Est-ce PAIN PERDU de te dire que je suis toujours MERINGUE de toi ?

Poème de terre – Olivier Douzou et Nouk Ricard

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            Un recueil de poèmes pensé pour les enfants. Plein de jeux de mots et des illustrations décalées pour les initier à la poésie en douceur et leur donner le goût des mots.

          Depuis toujours, j’apprécie beaucoup la poésie, même si c’est un genre que je délaisse honteusement depuis quelques années. Petite déjà, les vers me faisaient rêver et j’appréciais ces sonorités mystérieuses qui m’entraînaient ailleurs. Pour autant, je ne me souviens pas avoir eu de recueils consacrés à la jeunesse pour m’accompagner dans la découverte des méandres de la langue française, ce sont plutôt les classiques réputés « abordables » et qu’on apprend à l’école qui m’ont donné la passion du beau langage : La Fontaine, Prévert, Verlaine… Je suis donc novice en matière de poésie pour la jeunesse et ce recueil m’intriguait. Je dois admettre que je contenu m’a surprise et laissée un peu dubitative. Comme le dit la présentation de l’éditeur, « Tout sur les vers en vers, en vert, à revers, à l’endroit et à l’envers ».

          Les poèmes sont essentiellement basés sur des jeux de mots, jouant de l’humour pour conquérir le jeune lecteur. Les illustrations originales prêtent à sourire et collent assez bien au texte. Il est vrai que j’attends de la poésie avant tout une part de rêve et de mystère, ici, c’est l’humour et le jeu sur le sens des mots qui est mis en avant, soit une autre fonction du langage, j’ai donc été un peu déçue dans mes attentes (d’autant plus que j’avais déjà lu un recueil humoristique la vieille et que je saturais un peu côté jeux de mots). Je me suis demandée si finalement par sa complexité ce livre n’était pas plus destiné aux parents qu’à leurs enfants, mais je me trompe peut-être, les petits étant souvent friands de jeux de mots. Un recueil avec lequel je n’ai pas trop accroché mais qui n’en est pas moins intéressant par son travail sur la langue et son humour attachant.

9782812603419_1_75La vérité
croix de bois
croix de ver
si je mens
je pars à l’envers.

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Ô rage!
Ô désespoir!
Ô sècheresse ennemie!
Un ver cultivé se lamente ainsi.

Le jour de la licorne – Man Arenas

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          Gabriel voudrait découvrir ce mystère qui entoure la naissance des licornes. Quant à Petit faune, il est né avec le Printemps. Quel est la place de ces animaux mythiques dans notre imaginaire ? Un texte plein de magie et de poésie.

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          Au premier abord, ce livre m’a vraiment emballée. Tout d’abord, les licornes font partie de ces mythes qui enfant nous ont tous fait rêver. Le format carré est très agréable et élégant. Quant aux illustrations, ç’a été un vrai coup de cœur ! Des aquarelles dans des tons tout doux, dans des gris et pastels, avec des traits à la fois précis et harmonieux pour un univers pour le moins apaisant dans lequel il fait bon se plonger.

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          Du côté de l’histoire, elle nous est contée de manière extrêmement poétique. Si j’ai beaucoup apprécié au début, j’ai très vite perdu le fil du récit. Il ne faut donc pas réellement s’accrocher à une histoire à proprement parler mais se laisser porter par la musicalité des mots pour pouvoir apprécier ce livre. J’aurais préféré un texte construit de manière plus « sage » pour accompagner ces magnifiques images et les apprécier pleinement mais ce beau livre sort de l’ordinaire et mérite qu’on s’y attarde.

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L’espérance d’une rose en bouton.

C’est une vie que j’imagine,

Du fond d’un univers, bientôt

on entendra battre un nouveau cœur.

Les déctives sauvages – Roberto Bolaño

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          Arturo et Ulises sont les leader du jeune mouvement poétique réal-viscéraliste, quand Juan Garcia Madero les rejoint, c’est tout son univers qui bascule. A leur contact, il va commencer à voir le monde différemment et passer subitement de l’enfance à l’âge adulte. Mais pour les autres membres aussi la vie est parfois bien compliquée…

          On m’avait beaucoup parlé de ce livre et on m’en avait dit le plus grand bien : « un vrai chef-d’œuvre », « on ne peut plus le lâcher une fois qu’on l’a commencé », « à découvrir absolument », longue fut la litanie des compliments… Malheureusement, malgré un enthousiasme certain au moment de l’achat, je n’ai pas eu l’occasion de le lire de suite et le nombre de pages conséquents (930 tout de même) m’a un peu découragé de le sortir de ma bibliothèque. Jusqu’à cet été où je me suis enfin décidée à faire un effort et à me lancer dans cette aventure au long cours. Je dois bien l’admettre, dès les premières pages, j’ai craint que le temps ne me paraisse un peu long en compagnie de nos amis poètes. Si le style est agréable, il manque un peu de finesse à mon goût et à moins d’une grande maîtrise, je préfère souvent les narrations à la troisième personne pour ce type de texte aux multiples personnages dont les destinées s’entrecroisent.

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          Si j’ai eu un peu de mal à accrocher au début, j’ai toutefois assez rapidement eu envie de connaître la suite. Un sentiment étrange : je n’étais pas passionnée par ce livre et pourtant juste assez intriguée pour ne pas non plus m’ennuyer au point de vouloir le lâcher. Je doit admettre que le sujet ne m’a guère enthousiasmée… Roberto Bolaño invente un mouvement poétique proche des surréalistes qui réunit une poignée d’adolescents rêveurs et un peu paumés. L’occasion de réfléchir sur le rôle de la poésie – même si l’auteur ne fait guère dans le discours pontifiant. Je dois admettre que ce n’est pas ce que j’attends d’un roman (à moins toujours d’un talent exceptionnel), et que pour répondre à ce type d’interrogations, je préfère lire un essai, à mon humble avis bien plus apte à y répondre. Les bande d’adolescent me sont en soi plutôt antipathique, sans doute parce que j’ai toujours été moi-même très solitaire. Toujours est-il que ça me parle peu.

          Qu’ai-je donc aimé dans ce roman ? En voilà une question qu’elle est bonne ! Eh bien j’ai aimé cette polyphonie dans laquelle on déambule et se perd, l’ambition du projet et la folie des personnages, qui ne sont pas sans rappeler certaines oeuvres de Dostoïevski. On trouve dans ce roman tous les élément de la jeunesse, de l’amour à l’amitié, de l’enthousiasme à la perte des illusions. Cette volonté de tout montrer est louable et l’auteur y réussit très bien. Les personnages d’Arturo et Ulises sont à la fois charismatiques et inquiétants, ils exercent sur le lecteur une certaine fascination qui le pousse à les suivre dans leurs aventures qui les mènent toujours plus loin dans les bas-fonds. S’il y a bien une vraie réussite dans ce roman, ce sont ces personnages crépusculaires. Il y a quelques très beaux passages, avec un certain Amadeo et deux jeunes gens. Un certain suspens aussi, avec une course-poursuite d’un coté et de l’autre la recherche d’une poète nommée Césarea et retirée du monde depuis longtemps. Une lecture intéressante même si un peu trop intellectualisante par moments, ce qui colle mal avec un coté parfois un peu « brouillon ». Les personnages sont particulièrement intéressants et j’ai beaucoup aimé le petit air d’aventure qui souffle entre ces pages. Un auteur et un texte à découvrir.

Bolano

J’ai su, pendant cette seconde de lucidité, que publier un livre de ce type allait m’attirer la poisse, qu’avoir ce type assis devant moi dans mon bureau, qui me regardait avec ses yeux vides sur le point de s’endormir, allait m’attirer la poisse, que la poisse était probablement en train de planer au-dessus du toit de mes éditions comme un corbeau puant ou un avion d’Aerolineas Mexicanas destiné à s’écraser contre le bâtiment ou se trouvaient mes bureaux.

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Avec une voix d’outre-tombe don Pancracio a mentionné la foule de ses admirateurs. Ensuite la petite légion de ses plagiaires. Et pour finir l’équipe de basket de ses détracteurs.

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L’amour ni la toux ne se peuvent dissimuler. Mais était-ce l’amour ce que ces deux jeunes gens éprouvaient l’un pour l’autre ?