Mes lectures

Maylis de KERANGAL, Naissance d’un pont

          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre l’année dernière (en bien) et me l’étais fait offrir à Noël après qu’il ait reçu le prix Médicis. Ceux de mon entourage qui l’avaient lu ne tarissaient pas d’éloges à son sujet. Après avoir longuement attendu pour une raison indéterminée, je me suis donc lancée dans cette lecture avec enthousiasme à peine mon mémoire présenté.

          Eh bien je serai brève : je n’ai pas du tout accroché, mais alors, PAS-DU-TOUT !!! Le style m’a horripilée dès les premières pages. J’ai eu beau tenter de me raisonner, rien à faire, c’est une réaction épidermique totalement incontrôlable. Le livre présente plusieurs personnages, pensant que c’était peut-être simplement le premier qui me dérangeait, j’ai feuilleté la suite, lisant de longs passages au hasard : non, non et non, rien à faire, cette écriture me crispe, j’ai dû refermer le livre aussitôt ouvert.

          Je vous passerai donc l’histoire (la construction d’un pont à travers l’histoire de plusieurs personnages), et ne citerai qu’un court extrait étant donné que je n’ai même pas réussi à avancer assez pour me faire une idée. Il y avait longtemps qu’une plume ne m’avait pas tant rebutée. La déception de l’année.

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Téléporté ainsi de biotope en biotope, à bord de vols long-courrier finissant bien souvent en coucou biturne, il ne reste guère plus de dix-huit mois sur un site et ne voyage jamais, dégoûté de l’exotisme, de sa trivialité.

Culture en vrac

Goncourt 2011, première sélection

          La première sélection pour le Prix Goncourt 2011 est (déjà) tombée, les heureux élus au prix suprême sont :

Stéphane Audeguy Rom@ Gallimard
Emmanuel Carrère Limonov POL
Sorj Chalandon Retour à Killybegs Grasset
Charles Dantzig Dans un avion pour Caracas Grasset
David Foenkinos Les Souvenirs Gallimard
Alexis Jenni L’Art français de la guerre Gallimard
Simon Libérati Jayne Mansfield 1967 Grasset
Ali Magoudi Un sujet français Albin Michel
Carole Martinez Du Domaine des Murmures Gallimard
Véronique Ovaldé Des vies d’oiseaux L’Olivier
Eric Reinhardt Le Système Victoria Stock
Romain Slocombe Monsieur le Commandant Nil
Morgan Sportès Tout, tout de suite Fayard
Lyonel Trouillot La belle amour humaine Actes Sud
Delphine de Vigan Rien ne s’oppose à la nuit JC Lattès

          Quelques grands noms de la littérature contemporaine, un nouveau roman (au moins, je ne les connais pas tous), la part belle faite aux auteurs Gallimard et Grasset, comme le veut la tradition (le Seuil se cache sous ses filiales cette année)… Bref, une sélection assez classique. Quelques titres me tentent bien. J’espère avoir l’occasion d’en ouvrir 2 ou 3 pour me faire une idée. La suite très prochainement !

Mes lectures

Patrick LAPEYRE, La vie est brève et le désir sans fin

          Deux hommes, tous deux amoureux de la même femme, l’un à Londres, l’autre à Paris. Une femme indépendante, énigmatique, insaisissable. Une femme qui fait souffrir mais qui aussi rend heureux. Un homme terre à terre, jeune, beau, brillant et riche. L’autre flegmatique, sans ambition, vieillissant et sans le sous. Elle papillonne entre eux deux, paraissant ne jamais devoir se poser.

          Ce roman a reçu le prix Femina l’année dernière. Il attendait depuis plus de 6 mois dans ma bibliothèque et c’est avec joie que je me suis enfin lancée dans cette lecture. Dès le début, j’ai moyennement accroché avec le style. C’est assez décousu, on suit tour à tour les différents personnages et le changement est parfois assez déstabilisant. Le personnage principal est un peu vaporeux, il semble sans consistance. Ce n’est pas en soi une mauvaise idée (ça m’a un peu rappelé le commissaire Adamsberg par certains côtés) seulement on a du mal à lui trouver le moindre charme. Les personnages sont d’ailleurs dans l’ensemble un brin caricaturaux, ils manquent de profondeur.

          L’histoire commence bien. Classique mais efficace : une femme partagée entre deux hommes que tout oppose. Malheureusement, si j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de bonnes idées, tant dans le fond que dans le style, ça ne fonctionne pas vraiment. Le tout est un peu nonchalant. Il y manque le petit quelque chose en plus qui fait qu’on a envie de continuer la lecture. J’y ai retrouvé quelque chose dans le style de La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint, mais avec un talent bien moindre. Ce livre n’est pas mauvais, plutôt moyen disons. Il y en a de meilleurs dans la même veine. Des bonnes choses cependant : une certaine poésie, de la justesse dans le ragard porté sur les relations de couple. Il lui manque ce petit rien qui marque la différence et nous séduit ; une écriture qui mériterait sans doute de mûrir encore un peu. Pas mal mais un peu fade, dommage.

Blériot ne ait pas ce qui l’angoisse le plus, de devoir un jour quitter sa femme ou de vieillir avec elle.

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Nora marchant à son bras comme s’ils étaient mari et femme, l’un marchant bouche ouverte pour avaler le bonheur, et l’autre – c’est évidemment lui – bouche fermée pour l’empêcher de s’échapper.

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Et en même temps, alors qu’ils marchent tous les deux dans la rue, il se doute bien qu’il ne peut pas continuer à balancer ainsi pendant des mois entre l’angoisse de l’infidélité et et la dépression de la fidélité – puisque dans ce genre de situation il n’y a pas de normalité.