Cela fait plusieurs mois déjà que le narrateur ne vit plus avec Marie. Un soir celle-ci l’appelle, suite à un accident. Ces circonstances dramatiques vont le plonger dans ses souvenirs et faire surgir le manque. Aimerait-il toujours Marie ?
Une histoire assez difficile à résumer. On plonge tour à tour dans les sensations présentes du narrateur et dans ses souvenirs. Son histoire d’amour avec Marie est au centre du récit, et pourtant, ce roman est bien plus que cela : c’est à la fois banal par le sujet choisi et singulier par le traitement. L’écriture est magnifique. Ce n’est jamais larmoyant, jamais mielleux, jamais convenu. Un véritable tour de force. Pourtant ce livre n’impressionne pas, pas de tours de manches ici, on reste dans une relative simplicité.
Je me méfie assez des histoires d’amour mais celle-ci est magistralement traitée. Je me suis par moments un peu ennuyée dans cette plongée dans les souvenirs qui m’a semblé traîner un peu en longueur. Cependant, la dernière partie fait largement oublier ce petit passage à vide. C’est simple et beau. Ce n’est pas exactement le genre de littérature qui me touche, pourtant j’ai beaucoup aimé ce livre, qui l’air de rien, sort largement du lot. C’est un très bon roman que signe ici Jean-Philippe Toussaint. L’auteur francophone le plus vendu au Japon mérite qu’on s’y intéresse.
Pourquoi arrivait-il à chaque fois un moment, quand nous étions ensemble, où, tout à coup, toujours, très vite, elle me détestait passionnément.
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Parfois, à partir d’un simple détail que Marie m’avait confié, qui lui avait échappé ou que j’avais surpris, je me laissais aller à échafauder des développements complets, déformant à l’occasion les faits, les transformant ou les exagérant, voire les dramatisant.
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Je connaissais tous les silences de la maison, ses craquements nocturnes, les brusques reprises du réfrigérateur pendant la nuit, que suivait un dégradé de hoquets exténués, qui annonçait le retour apaisé d’un ronronnement plus régulier dans le sombre silence de la maison endormie dans l’obscurité.
Et oui Toussaint c’est pas mal! Il y a quelques temps délà que je l’ai lu… et j’avais été impressionnée par le galot du cheval échappé qui tient en haleine, j’avais trouvé cela très fort. J’avais lu de lui un bon essai sur la télévision. A suivre…
Oui, à suivre, vraiment pas mal du tout…
J’aime beaucoup Toussaint. J’avais pris beaucoup de plaisir à lire L’appareil photo. Je vais sûrement me laisser tenter et l’embarquer pour les vacances !
Ca faisait un moment que je voulais lire quelque chose de lui, j’ai été agréablement surprise.
Ce fut un très grand moment de lecture !
Oui, c’est vraiment bon, je suis impressionnée.
Ah cette capacité à tout s’approprier quand c’est bon, Jean-Philippe n’est pas un auteur français, il est belge… bon c’est vrai que rien n’est belge dans ses romans, mais nous ne pouvons pas voler à ce pays qui participe grandement à la littérature francophone leurs meilleurs éléments.
« La vérité sur Marie » est le troisième opus d’une trilogie commencée avec » faire l’amour », qui continue avec « fuir ». Trois épisodes où on retrouve ce couple, et on peut espérer les retrouver une quatrième fois
Jean-Philippe Toussaint est un écrivain remarquable qui prouve la richesse des éditions de minuit.
Honte à moi ! Eh bien, je ne savais tout bonnement pas que Jean-Philippe Toussaint était belge, et il ne m’est pas venu à l’esprit de vérifier… Je vais donc corriger cette grave erreur !
C’est vrai que je n’ai pas parlé de la trilogie, n’ayant pas lu les deux autres (toujours cette manie de tout faire dans le désordre). Je pense que je vais tout de même me les procurer bientôt.
Je pense que Monsieur Toussaint va faire partie de ces (trop) rares contemporains que je suis.