Divers

Message pour un visiteur anonyme

          Aujourd’hui, quelqu’un a visité ce blog en cherchant « auteur similaire à Folco ». Ayant moi-même désespéremment essayé de trouver un équivalent à ce génie trop peu connu, je me suis sentie dans l’obligation de laisser un petit mot pour répondre à cette recherche.

          J’ai écumé les sites internet, erré dans les librairies, demandé conseil à des lecteurs en tous genres, spécialistes ou non : il n’existe aucun équivalent à la plume acérée de Michel Folco. Son style est unique et nulle part ailleurs on ne retrouve une telle érudition mêlée à un humour aussi corrosif. Je sais que la déception est rude, mais il en est ainsi.

          Il y a bien Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis, dans le genre humour décapant, mais il y manque le solide de fond historique qui fait qu’on se sent quand même beaucoup plus cultivé à la lecture de Folco. Coté roman historique, le style est souvent un peu tristounet. Et s’il y a bien quelques auteurs à l’humour grinçant, aucun ne mêle les genres avec autant de bonheur. Vous me voyez désolée d’annoncer de si tristes nouvelles, et si quelqu’un découvre un auteur digne de tenir la comparaison, qu’il n’hésite pas à faire partager sa trouvaille. D’ici-là, attendons sagement le prochain ouvrage du génial écrivain et relisons pieusement les anciens.

Club lecture

Club lecture octobre

          Au mois d’octobre, une petite nouveauté pour notre club-lecture. Ce mois-ci, les participants auront le choix entre deux livres. En effet, l’un pouvant décourager par son sujet, l’autre par sa longueur, il nous a semblé opportun de laisser chacun décider de ce qui lui convenait le mieux. C’est donc avant tout à la découverte d’un auteur que nous partirons. Un de mes auteurs fétiches, quelqu’un que j’aime, que j’admire, que dis-je ? que je vénère même ! Un humour corrosif et une culture immense, le tout servi par un style d’une fluidité sans égale, sans jamais se prendre au sérieux. Je ne ferai pas durer le suspens plus longtemps, c’est de Michel Folco qu’il s’agit.

     Au menu donc, Dieu et nous seuls pouvons, la biographie (imaginaire) d’une lignée de bourreaux : vous suivrez tout des difficultés du métier et découvrirez que oui, les bourreaux sont aussi des hommes comme les autres au fond. Un livre aussi drôle qu’érudit malgré un sujet difficile. Ou alors, Un loup est un loup, l’histoire de quintuplés, dont un choisi de vivre parmi les loups. Cinq petits monstres pour le moins attachants qui connaîtront bien des mésaventures.

          Deux livres plein d’humour que j’aime tous deux pour des raisons différentes. Je suis heureuse de faire découvrir un auteur qui pour moi a été une réelle révélation. Je suis un peu inquiète aussi : les autres vont-ils aimer ? La réponse le 25 octobre. Nous avons décider de nous retrouver à date fixe : le dernier mardi du mois. Ce mois-ci, nous nous réunirons à L’Imprévu, 7 rue Quincampoix dans le 4°. Bonne lecture à tous !

Mes lectures

Dai SIJIE, L’acrobatie aérienne de Confucius

          En 1521, la Chine est dirigée par un empeureur extravagant qui se cache au milieu de quatre parfaits sosies. Des parties de chasse géantes, des aventures amoureuses incroyables. La Quinte Souveraine ne cesse de surprendre.

           Que dire de ce livre ? Eh bien pour commencer, c’est dur à lire. Le style varie sans cesse, c’est foisonnant, on a du mal à suivre. Ensuite, je n’ai pas réellement réussi à me m’intéresser à l’histoire. Le personnage principal n’est pas un mais 5, ce qui n’aide pas tellement à s’y identifier. Impossible de rentrer un tant soit peu dans l’intimité des personnages qui semblent dépourvus de toute psychologie. Un roman surprenant qui me laisse totalement perplexe. Malgré une histoire qui semblait passionnante (celle d’un fou de plus), je n’ai pas du tout accroché. Dommage…

Le jour où mes sosies parviendront à contrefaire ma pensée, demanda un jour l’Empeureur à un devin, pourrai-je enfin connaître la paix ?

Le devin :

– Majestée, je ne le crois pas. ce jour-là vous deviendrez un sosie de vos sosies.

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Moi, je veux être vénéré de mon vivant, ne serait-ce que par des prostituées, comme le dieu protecteur de leur profession, et que mon culte se perpétue après ma mort.

Mes lectures

Jean-Michel RIOU, 1658, L’éclipse du Roi-soleil

          Ete 1658. A Calais, le jeune roi se meurt. Personne n’arrive à déterminer quel mal ronge le souverain, alors à peine âgé de 20 ans. Antoine Petitbois, espion de la couronne, va mener l’enquête. Partisant de la thèse de l’empoisonnement, il s’alliera aux défenseurs de l’antimoine pour sauver le roi. Arrivera-t-il à découvrir la vérité que le grand cardinal Mazarin semble s’évertuer à cacher ?

          Je lis peu de romans historiques. Je me suis pourtant laissée entraîner par celui-ci. Le style alerte est agréable. Assez ignorante en matière d’histoire (je le confesse avec honte), je ne connaissais rien de cette histoire d’empoisonnement de Louis XIV au début de son règne. J’ai donc été fort aise de m’instruire (le coté instructif étant toutefois à prendre avec des pincettes dans ce type d’ouvrage « grand public ») avec cette enquête à la Cour. L’enquête policière n’est pas des plus palpitantes, mais on se laisse porter par l’histoire somme toute plaisante.

          Le roman semble coller d’assez près à la réalité historique, ce que j’ai apprécié. Les notes en bas de page, apportant des précisions sur les personnages ayant existé sont utiles à la remise en contexte pour les ignorants tels que moi. Le livre comporte des maladresses, si le style est agréable dans l’ensemble car facile à lire et enlevé, il est parfois un peu bancal. Je ne suis pas sure que les dialogues soient toujours très en accord avec l’étiquette du XVII°… Mais peut-être est-ce là l’effet d’un naturel trop méfiant. Si l’ouvrage ne fait pas montre d’une grande profondeur, il a du moins le mérite d’être plaisant et instructif. Quelque chose me dit que les passionnés d’histoire ne le goûteraient guère, les autres y trouveront une lecture agréable.

La rue a ceci de remarquable. On y apprend souvent ce que les puissants ignorent encore. Comment expliquer que le bon peuple sache tout, y compris ce que l’on tente de lui cacher ? Eh bien ! C’est que l’air de la rue contient plus que du vent et, dans le brouhaha de tapages, de racontars qui l’encombre, la Vérité surnage toujours.

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J’avais repéré ma proie, flânant dans la maison même du roi. Elle allait sans méfiance. D’ailleurs, qu’aurait-elle craint puisqu’elle se croyait à l’abri de tout ?

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Si le premier commandement de l’enquêteur est d’écouter, celui de l’espion est de se faire oublier, car l’ombre sied à la profession, je crois l’avoir répété. Cet adage souffre-t-il d’exception ? Aucune.

Mes lectures

Lectures en cours

1661 d’Yves Jégo et Denis Lépée, roman historique paru aux éditions Timée.
Ce qui plait aux dames, Voltaire, recueil de nouvelles chez Babel.