Mes lectures

Marc VILROUGE, Air conditionné

          Dans une maison d’édition, notre héros (nous ne connaissons pas son nom) reprend le poste de son compagnon, licencié en raison de sa dégradation physique due au sida. Une discrimination que ne supporte pas son ami qui va tout faire pour le venger…

          Le sida (oui, encore, mais bientôt j’arrête mon délire monomaniaque, je vous promets), la discrimination, la vengeance, rien de bien joyeux me direz-vous. Que nenni ! C’est frais, c’est enlevé, c’est drôle. Surtout, surtout, c’est d’un cynisme délicieux. Adeptes de l’humour grinçant, vous allez être servis !

          J’ai aimé le style alerte et efficace. Le narrateur travaille dans le milieu de l’édition qu’il décrit avec une impertinence qui m’a réjouie. Plutôt que de jouer sur le pathos, l’auteur a plutôt choisi de traiter le sujet avec humour. Une manière efficace de dénoncer la discrimination dont sont victimes bien des malades et de mettre en avant la douleur que cela représente tant pour le principal concerné que pour son entourage. Un véritable pamphlet contre la bêtise ambiante !

La disparition du courage intellectuel et l’assèchement de la capacité à penser sont nécessaires au bon équilibre de l’industrie culturelle.

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À l’heure des manipulations génétiques et du clonage, un éditeur doit aussi se livrer aux techniques de sélection du génome le plus conforme au modèle collectif, afin que le produit séduise le marché, à tout prix.

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Quelques mouches certes furètent çà et là et copulent en plein vol, mais elles sont si petites, si stupides, si insignifiantes. je n’en ai dénombré en tout et pour tout dans mon bureau que trois, dont une s’est d’ailleurs bouché la trompe en aspirant de la colle en bâton. Morte de faim la bouche pleine, c’est vraiment très con comme destin.

Mes lectures

Fred VARGAS, L’armée furieuse

          Dans cette nouvelle aventure, le commissaire Ademsberg et son équipe partent sur les traces des légendes normandes et essaient d’arrêter l’Armée furieuse qui terrorise le village depuis des siècles. Il va également devoir prouver l’innocence de Momo-mèche-courte, un petit voyou accusé de meurtre. Mais il trouvera tout de même le temps de sauver un pigeon, avec l’aide de son fils.

          Je n’avais pas spécialement aimé le dernier Vargas, qui sombrait un peu dans la facilité en sombrant dans le fantastique. Les deux d’avant m’avaient plu mais je leur reprochais d’être plutôt destinés au lecteur averti : les intrigues jouaient beaucoup sur l’histoire des personnages, difficile à suivre donc si on n’a pas lu toute la série, alors qu’en théorie, si les personnages évoluent au fil des romans, les enquêtes demeurent tout de même indépendantes. Je craignais donc un peu cette nouvelle histoire, d’autant plus que je n’en avais pas entendu dire que du bien.

          Finalement, j’ai été agréablement surprise. C’est un Vargas bon cru. On y retrouve son univers si particulier et attachant. Elle renoue avec succès avec ses thèmes de prédilections : les croyances populaires. Quand l’historienne ressort, le lecteur est en joie (ben oui, si on peut se cultiver un peu en lisant, c’est quand même mieux, polar ou pas). Les personnages sont toujours décalés et sympathiques. L’histoire (enfin, les histoires entrecroisées) marche bien même si le dénouement est un rien prévisible. Ce roman policier atypique m’a fait passé un très bon moment de lecture.

Il n’arrivait pas à faire coïncider ce nom réputé, en bien ou en mal, avec un homme aussi petit et d’aspect si modeste qui, depuis son visage brun jusqu’à ses vêtements noirs, lui paraissait disloqué, inclassable ou du moins inconforme.

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Ademsberg n’était jamais incommodé par les silences en groupe et il n’éprouvait pas l’instinct compulsif de remplir les blancs coûte que coûte. Les anges, disait-on, pouvaient passer et repasser ses qu’il s’en soucie.

Jeunesse·Mes lectures

Willis HALL, Le dernier des vampires

          Quand Edgard est parti en vacances avec ses parents, il ne pensait qu’ils planteraient par hasard leur tente dnas la propriété du dernier descendant du célèbre comte Dracula. Des vacances que lui et ses parents ne sont pas prêts d’oublier !

          Ce roman s’adresse aux jeunes adolescents. A partir de 12 ans dit la 4° de couverture, pour ma part, c’est plutôt ce que je lisais entre 8 et 10 ans. J’ai assez apprécié le style, le vocabulaire est très varié, sur un registre assez soutenu. Ici on ne prend pas les enfants pour des imbéciles. Bien que férue d’histoires de vampires, celle-ci m’a déçue. Pas beaucoup de suspense, beaucoup de rebondissements improbables, même pour ce type d’histoires. En revanche, j’ai apprécié le ton léger et l’humour décalé. Le petit plus : les illustrations de Babette Cole (raison pour laquelle je me suis jetée sur ce livre). Dans l’ensemble une lecture agréable qui amusera surement vos enfants.

ALUCARD… C’était un mot ou un nom bizarre, même si c’était de l’allemand.

Il se raidit. Il avait trouvé.

ALUCARD, c’était DRACULA à l’envers…

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Et moi, tu m’avoueras, me voilà dans le pétrin. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais un comte, un vrai, s’invite à ma table pour le thé, et je n’ai rien à lui proposer qui ne sorte pas d’une boîte ! Pas même un nuage de lait frais !

Mes lectures

Laurent MAUVIGNIER, Ce que j’appelle oubli

          Ce court texte de 60 pages, sans points, s’inspire d’un fait divers : à Lyon en 2009, quatre vigiles ont tabassé à mort un homme pour le vol d’une bière.

          Ce texte est très surprenant. Je ne suis pas une inconditionnelle de l’écriture un peu âpre de Laurent Mauvignier, ni d’une manière générale des récits aussi intimistes. Je ne dirais donc pas que ce texte m’a particulièrement touchée. En revanche, on ne peut que remarquer son incroyable force. Ce texte se lit dans un souffle, sans arrêts ni pauses (d’où l’intérêt de l’absence de points), on commence à manquer d’air en même temps que le personnage qui agonise sous les coups.

          Laurent Mauvignier fait partie des grands auteurs d’aujourd’hui, des voix qui comptent. Il a un style très marqué, sans pour autant tomber dans la facilité d’un roman à l’autre. Si je ne suis pas particulièrement friande de ses textes, je trouve cependant qu’ils sont particulièrement intéressants dans leur construction et dans le travail de l’écriture. Un auteur qui ne me touche pas tellement mais que je pense quand même incontournable, un auteur dont j’admire l’indépendance dans le paysage littéraire actuel et que je compte suivre. Si vous ne le connaissez pas (et si vous le connaissez aussi d’ailleurs), je vous recommande la lecture de ce texte.

– peut-être ont-ils demandé si ça allait ? – est-ce que le plus vieux s’est penché vers lui pour le secouer ? et sa peau toute blanche, est-ce qu’elle a rougi un peu avant de demander, tu vas répondre, dis, ça va ? réponds et soudain l’image de la mort s’est collée sur la rétine de ses yeux verts et sur les deux autres, ceux que la lâcheté a fait reculer d’un pas

          Le 24 mars dernier, une journée d’étude consacrée à Laurent Mauvignier a été organisée par l’université de Toulouse le Mirail. Différents intervenants ont parlé de ses textes et c’était fort intéressant. Notamment parce que c’était très accessible au grand public : point jargonneux et dirigé par des gens que l’on sent passionnés. L’ambiance détendue et bonne enfant, trop rare dans les rencontres de recherche universitaires était des plus agréable. En fin de journée, l’auteur est venu lire son texte. Une performance exceptionnelle, qui vallait vraiment le déplacement et mettait en avant toute sa force. un grand moment.

Club lecture

Club lecture avril

          Au mois d’avril nous lirons un roman policier : Les chiens de Riga, d’Henning MANKELL. L’inspecteur Wallander est amené à enquêter sur le meurtre d’un de ses amis en Lettonie. Il semblerait que l’exécution ait étée avant tout politique et l’inspecteur va se retrouver piégé dans une situation qui le dépasse, où chacun essaiera de le manipuler.

          Ce roman est un des moins connus de Mankell, cependant, il a le bon goût d’être le plus court, ce qui convient parfaitement aux exigences de notre club-lecture. Nous nous réunirons pour en parler le 19 avril à 20h, toujours au Café livres. Bonne lecture à tous.