Archives de Tag: famille

Le Pactole

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          Bea, Melody, Jack et Leo n’ont pas grand-chose en commun si ce n’est le joli héritage laissé par leur père, qui doit leur être distribué le jour des quarante ans de la benjamine. Mais le jour J, c’est la soupe à la grimace. Les trois « petits » découvrent que leur aîné, Leo, séducteur et égoïste, a dilapidé le magot. Les hostilités sont lancées ; la fratrie exige que Leo la rembourse.

Le Pactole, couverture

          A priori, on n’est pas trop là dans mon type de littérature mais je ne sais pas trop pourquoi ce roman me tentait bien. Sans doute parce qu’un des personnages avait des liens avec le milieu de l’édition. Et puis cette histoire d’héritage, je me disais que ça pouvait être sympa. Je n’avais finalement pas eu l’occasion de le lire mais il se trouve qu’on me l’a offert pour mon anniversaire. Le moment ou jamais de me rattraper donc ! Je dois admettre que je ne sais pas trop que dire de ce roman. Du bon et du moins bon, au final je ne suis pas trop sure de savoir ce que j’en ai pensé.

          Le style est léger mais j’ai été plutôt agréablement surprise : c’est enlevé, ça se lit bien. L’intrigue est assez simple mais efficace, même s’il n’y a pas un gros suspens quant à sa résolution. Les personnages sont relativement réussis, chacun avec sa tonne de défauts. Ils sont peut-être un brin caricaturaux mais ça fonctionne plutôt bien et leurs relations sont clairement ce que ce roman a de plus réussi. En revanche, il y a eu un moment où j’ai eu un peu de mal avec la chronologie alors que c’est a priori très simple.

          Finalement, cette lecture s’est avérée agréable. Pour un premier roman, Cynthia d’Aprix Sweeney s’en sort plutôt bien. La première partie fonctionne bien, ensuite il y a quelques moments de flottement mais dans l’ensemble, ça se laisse lire avec un certain plaisir. Ce ne sera toutefois pas une lecture marquante, malgré un certain potentiel, le tout manque un peu de caractère pour convaincre totalement. Ca reste toutefois une lecture agréable qui offre un moment de détente appréciable.

Cynthia d'Aprix Sweeney

Quoi qu’il dise, quelle que soit sa réaction,la décision lui appartenait. A elle et à elle seule. Elle ôta la capuchon de son stylo,raya « célibataire » et écrivit « mère ».

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Chanson douce

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           Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

Couverture de chanson douce

           Ma maman m’avait offert ce roman cet hiver et bien qu’on m’en ait dit le plus grand bien, je n’avais pas encore pris le temps de le lire. J’étais à peu près à jour dans les nouveautés, j’ai donc décidé de me lancer. Dès les premières phrases, j’ai été séduite par le style. C’est très très bien écrit. Je trouve toujours difficile de décrire un style. Là les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont fort, puissant, mais aussi plein de finesse et pas dénué d’une certaine simplicité. On entre directement dans le vif du sujet avec l’un des premiers chapitres les plus marquants qu’il m’ait été donné de lire. Ca commence fort, très fort. On est de suite happés par ce drame et on n’a ensuite qu’une envie : comprendre.

           Le roman s’ouvre un drame donc et revient ensuite à ses origines. Il retrace le chemin qui y a conduit. C’est extrêmement sensible. Ca nous amène au cœur de la folie à travers un personnage extrêmement seul qui paraît si équilibré mais qu’on sent déraper peu à peu. J’ai beaucoup aimé la manière dont le sujet était traité et la relative identification avec le personnage. Je dois admettre que c’est aussi assez perturbant. Il y a un certain suspense qui se met en place – bien qu’on connaisse l’issue dès le départ – et à partir de la moitié du roman l’ambiance se fait pesante. Plutôt stressant comme histoire… Ca m’a donné très envie de lire le 1° roman de Leïla Slimani. Un très beau roman, original et très bien écrit. Un Goncourt amplement mérité.

Portrait de Leila Slimani

On se sent seul auprès des enfants. Ils se fichent des contours de notre monde. Ils en devinent la dureté, la noirceur mais ne veulent rien savoir.

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Nous ne serons heureux, se dit-elle alors, que lorsque nous n’aurons plus besoin les uns des autres. Quand nous pourrons vivre une vie à nous, une vie qui nous appartienne, qui ne regarde pas les autres. Quand nous serons libres.

Par amour, Valérie Tong Cuong

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          L’histoire de deux familles havraises emportées dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. D’un côté, Joffre et Emélie, concierges d’école durs au mal, patriotes, et leurs enfants ; de l’autre, le clan de Muguette, dont l’insouciance sera ternie par la misère et la maladie.

          Je n’avais jusqu’alors lu qu’un seul roman de Valérie Tong Cuong. J’avais bien aimé le style, très agréable, ainsi que le sujet. Pourtant, il m’avait manqué quelque chose pour être totalement convaincue. Si la base était bonne, l’histoire manquait de crédibilité sur la longueur, pour un résultat finalement plutôt moyen. J’étais curieuse de lire autre chose d’elle, afin d’affiner mon premier avis sur cet auteur. Je ne m’attendais pas forcément à un grand roman mais à une lecture agréable entre deux textes plus ardus. Finalement, j’ai été agréablement surprise.

Par amour, couverture

          J’ai beaucoup aimé le style, assez sobre et touchant. Quant à l’histoire, elle est très intéressante. Comme dans le roman que j’avais lu précédemment de cet auteur, les relations familiales sont très bien traitées. Le fait que les points de vues soient alternés d’un chapitre à l’autre permet de s’attacher un peu plus aux différents personnages qui ont ainsi des caractères prononcés et acquièrent une belle profondeur. J’ai bien aimé les relations des uns envers les autres, leur attachement, leurs petits travers, leur rancune parfois. Leurs convictions et leurs valeurs aussi. J’ai trouvé ça extrêmement réaliste. Ca sonne juste.

          C’est d’ailleurs la grande force de ce roman : sonner juste. J’ai lu pas mal de romans sur le Seconde guerre mondiale, presque tous sur la déportation ou, plus rarement, sur l’exil. Assez rares sont ceux qui s’intéressent à ceux qui restent. On ne parle pas tant de collaboration ou de résistance ici que de la vie d’une famille ordinaire dans une ville bombardée où la survie devient chaque jour plus difficile. Je trouve que cette ambiance d’apocalypse est bien rendue et on compatit aux sacrifices consentis, même si l’auteur est parfois à la limite d’en faire trop. Un roman émouvant et bien écrit sur une famille dans la tourmente.

portrait d'écrivains

La guerre était une immense vague qui nous portait de creux en crêtes, gare à ceux qui quittaient l’écume, ils seraient envoyés par le fond.

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En l’entendant, j’avais pensé que ce devait être ça, l’ivresse, une porte qui s’ouvre en grand dans la poitrine, un vent qui vous renverse de l’intérieur, la sensation de marcher sur l’air.

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This Is Us

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          Série dramatique américaine de Dan Fogelman avec Milo Ventimiglia, Mandy Moore, Sterling K. Brown. En production, 1 saison de 18 épisodes (42 min) en cours de diffusion sur Canal+.

          Selon Wikipédia, en moyenne 18 millions d’êtres humains partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, dispatchée entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

This is us, affiche saison 1

          Bien que j’en regarde beaucoup, je parle finalement très peu de séries sur le blog. Sans doute parce que je les regarde souvent assez en retard et que je trouve parfois difficile de résumer plusieurs saisons qui peuvent réunir des réalités très variées (et les articles épisode par épisode, très peu pour moi). Mais là pour une fois, je suis dans les temps et on est sur une première saison (qui n’est d’ailleurs pas encore finie, je n’en ai à ce jour vu que le premier tiers, la suite n’ayant pas encore été diffusée), ce qui me facilite quand même sacrément la tâche. Et puis surtout c’est un énoooorme coup de coeur ! This Is Us, c’est l’histoire d’une famille. Un couple, qu’on suit alors qu’ils sont tous les deux encore jeunes et amoureux, puis parents. Et leurs enfants, à l’âge adulte. Des triplés : un beau gosse célèbre, égocentrique et peu sûr de ses capacités ; une obèse marrante et sensible qui vit dans l’ombre de son frère ; et un noir adopté, brillant, obsédé par la perfection et un peu à l’écart de la fratrie.

This is us, saison 1

          On pourrait penser que ça va tomber dans le cliché. Ou que ça ne va pas être crédible. Et pourtant. Pourtant ça fonctionne incroyablement bien. Les personnages ont tous une belle profondeur et leur psychologie est très fouillée. Ils ont tous leurs forces et leurs failles, leur charme aussi, tous sont attachants pour des raisons qui leur sont propres. L’histoire est assez simple. On suit d’une part leur quotidien, leurs joies, leurs doutes, leurs déboires ; et d’autre part celui de leurs parents à différents moments de leurs vies, de la rencontre à la difficulté d’élever trois enfants. On nous montre ce qui fait, dans le passé et le présent, ce qui fait qu’ils ont eux. Et le charme opère. C’est extrêmement sensible et chaque épisode est une vraie perle. Ils m’ont à ce jour tous mis la larme à l’oeil. Cette série est à la fois drôle et diablement émouvante. Ca sonne juste, ça met en avant des personnages hors normes, ça pointe du doigts au passage les travers de la société. C’est terriblement bien joué, classique d’un point de vue visuel, un peu plus complexe dans la construction et un rien mélo. Je ne trouve pas grand chose à y redire, reste à voir si ça tient la distance. La série la plus touchante du moment. 

Captain Fantastic

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          Drame américain de Matt Ross avec Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay
Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Captain Fantastic, affiche

          Bien que le titre et le casting laissent supposer le contraire, nulle trace ici d’un film de super-héros (quoi que). Ce mal-entendu étant dissipé, nous pouvons commencer. Quand j’ai vu la bande-annonce de ce film je me suis dit qu’il fallait absolument que j’aille le voir et ce pour plusieurs raisons. La principale c’est bien sûr Viggo Mortensen qu’on voit à mon goût bien trop peu (ah ce moment où il pose son oreille contre le rocher dans Le seigneur des anneaux, une scène d’anthologie qui m’aura valu bien des fou-rires !). Ensuite, le sujet. Ca avait l’air frais, sympa, original et pas inintéressant qui plus est. Le petit côté hippie me parlait assez. Malgré le sujet plutôt grave, ça semblait être la promesse d’un bon moment de détente. D’ailleurs dans l’ensemble, le film tient plutôt bien ses promesses et m’a fait passer un moment agréable, malgré une petite pointe de déception…

Captain Fantastic, image

          S’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est à trouver quelque chose de terriblement familier dans ce film. Sauf que voilà, je viens d’un coin de Pyrénées où il y a une grosse communauté hippie et bon, les fratries qui grandissent dans les bois, c’est un peu la norme. Certes, chez nous, ils sont plus pacifistes que survivalistes et rares sont ceux qui baignent dans la philo dès le berceau (même s’il y en a…), n’empêche que quand même, ce truc de vivre loin de la société de consommation au plus près de la nature, on connaît bien. Vous voyez les Fortin, de Vie sauvage, ben c’est chez nous qu’on les a retrouvés. Dès qu’on parle de chez nous c’est qu’il y a des gens qui se planquent ou un mètre de neige en plein mois de mai de toute façon. Pourtant je vous jure, on est presque civilisés (pas trop quand même, n’exagérons pas, on tient à notre indépendance). Je m’attendais donc à être dépaysée et à la place je me suis sentie renvoyée tout droit à la maison – paysages à couper le souffle compris. C’est sympa, mais ce n’était pas tout à fait l’effet escompté.

Captain Fantastic, image

          La relation que ce père entretient avec ses enfants est intéressante et parfois touchante même si le film ne joue pas trop sur la corde sensible. Certains se rebellent un peu contre cette éducation éloignée du schéma classique. J’aurais aimé que ce soit plus marqué. A l’adolescence, il n’est pas franchement rare de vouloir rentrer dans le moule et être « comme les autres ». On sent un gros parti pris chez le réalisateur qui a visiblement une grosse sympathie pour son personnage principal et ses principes éducatifs. C’est dommage de ne pas plus avoir le point de vue des enfants. C’est un peu le cas mais ça ne va à mon sens pas assez loin, même si j’ai beaucoup aimé la cohésion de cette famille qui redonne le sourire. Il y a quelques moments qui ne manquent pas d’ironie et m’ont amusée. Là encore, les quelques pistes offertes pour réfléchir sur les dérives de notre société auraient mérité d’aller plus loin. La musique est très bien choisie et constitue un des gros points forts de ce film, avec son casting, très soigné. Les enfants sont tous plus beaux les uns que les autres et respirent l’intelligence. C’est un plaisir de les regarder évoluer. Si ce film ne m’a pas transportée autant que je l’espérais, il m’a tout de même fait passer un bon moment avec son univers joyeux et coloré.