Petite Poucette – Michel Serres

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          Ces derniers années, les nouvelles technologies ont changé bien des choses dans notre rapport au monde. A tel point que la jeunesse doit tout réinventer. Avec un accès instantané et illimité au savoir, il faut découvrir une nouvelle manière d’apprendre et d’échanger. 

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          J’avais beaucoup entendu parler de ce court essai qui à vrai dire ne me tentait guère mais l’enthousiasme général, et plus particulièrement celui de certaines personnes de mon entourage a fini par attiser ma curiosité et me pousser à y regarder de plus près. J’ai particulièrement aimé la première partie de ce livre. Le style est clair et agréable, les idées sont exposées de manière simple et efficace, sans répétition inutile. Dans un premier temps, l’auteur nous présente la « Petite Poucette » (jeune fille qui se sert fréquemment de ses pouces, téléphone portable oblige) et sa vision des mutations que nous sommes en train de vivre. J’ai trouvé les réflexions qu’il mène très justes et étonnamment pleines de bienveillance envers cette jeunesse qui parfois déroute. Ces quelques pages mettent le doigt sur les problèmes inhérents au développement des nouvelles technologies et donnent des pistes pour repenser notre rapport au savoir et à la communication.

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          La seconde partie est centrée sur l’école et développe ce qui a été évoqué précédemment même si, sur le fond, l’essentiel avait déjà était dit. On y trouve toutefois des choses très intéressantes, notamment sur le rapport à l’enseignement. Quant à la troisième partie, elle s’intéresse plutôt aux mutations dans la société. J’avoue avoir décroché à ce moment là… Le propos tourne un peu en rond et finalement, si les questions posées sont très pertinentes, aucune réelle ébauche solution n’est apportée. C’est un peu dommage, ça partait tellement bien ! La fin m’a d’ailleurs laissée un peu perplexe. Je crois que j’aurai finalement préféré que le texte reste axé sur la question du savoir et de sa transmission (qui occupe toutefois les 2/3 du texte !). Mais même si l’auteur n’a pas réussi à me convaincre jusqu’au bout, la qualité des premières pages compense largement la petite baisse de régime dans le développement. Ca m’a même donné envie d’aller voir ce que l’auteur a écrit d’autre, afin d’y trouver un ouvrage un peu moins grand public qui me siérait sans doute mieux. L’écriture est très accessible et permet de mettre les questions de société soulevées par l’auteur à la portée de tous ; un essai à l’écriture légère qui n’en pose pas moins des questions profondes. Si vous avez une heure ou deux à y consacrer, n’hésitez pas !

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Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques, la moisson d’été, dix conflits, cimetières, blessés, affamés, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts…, sans avoir expérimenté, dans la souffrance, l’urgence vitale d’une morale ?

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Ceux qui assistent à un cours évaluent toujours le professeur. Il y avait beaucoup de monde dans l’amphi ; plus que trois ou quatre étudiants ce matin : sanction par le nombre. Ou par l’attention : écoute ou chahut. Cause de soi, l’éloquence prend sa source dans le silence de l’auditoire, lui-même né de l’éloquence.

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