Même les cow-girls ont du vague à l’âme – Tom ROBBINS

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          Sissy a les pouces les plus gros du monde, avec cette particularité physique – que d’aucuns considèrent comme un handicap – sa route était toute tracée : elle allait devenir auto-stoppeuse. De fait, elle est devenue la meilleure dans son domaine, de la camionnette à la Mustang, nul véhicule roulant ne lui résiste, chacun s’arrête à la demande de ses appendices hors du commun. Sa route la mènera à la Rose de Caoutchouc, un ranch tenu par des femmes où s’arrêtent deux fois par an les oies sauvages. Ensembles, elles vont vivre de grandes aventures !

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          Il y avait fort fort longtemps que ce livre sommeillait dans ma bibliothèque. Bien qu’il m’ait toujours beaucoup tentée et que j’aie été convaincue avant même de l’ouvrir qu’il me plairait, je ne sais pourquoi j’en retardais toujours la lecture ; par peur d’être déçue peut-être… Finalement, je l’ai inscrit dans mes résolutions de lectures pour 2013 et m’y suis donc mise dès le début de l’année. Quelle riche idée j’ai eue là ! Il paraît (d’après la 4° de couverture tout du moins) que ce serait-là le meilleur roman issu de la contre-culture américaine. Je ne sais si c’est vrai manquant de points de comparaison, mais on ne doit pas être loin de la vérité.

          Le ton est incisif et j’ai beaucoup, beaucoup ri. Tom Robbins a un sacré humour et il y a quelques belles trouvailles dans ce roman. La début notamment est extrêmement prenant. Ce bel élan s’épuise un peu vers le milieu, à l’arrivée à la Rose de Caoutchouc. Il y a alors quelques longueurs et des passages mystico-philosophiques qui m’ont un peu déstabilisée. Bien qu’on y trouve des choses intéressantes, cette dérision au 36° part un peu loin pour moi, qui préfère sans doute un humour un peu plus franc. Toutefois, cette tendance à l’introspection des personnages est de courte durée et l’histoire reprend vite de plus belle. Elle part alors un peu dans tous les sens, c’est le grand n’importe quoi ! Bizarrement, on se laisse tout de même prendre au jeu et on attend avec impatience chaque nouveau rebondissement. Un livre moins léger qu’il n’y paraît et qui aborde de manière détournée des problèmes de société et s’attaque à des sujets aussi vastes que la psychanalyse, le handicap, le rêve américain ou le féminisme. Mais bien sûr, si on l’aime, c’est aussi parce que malgré tout, il nous fait rire de bout en bout.

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Si vous avez une fille qui persiste à s’imaginer un avenir plus exaltant que les travaux ménagers, le secrétariat ou la maternité, il ne vous reste plus qu’à l’amener chez un psychologue pour enfants. Forcez-la à voir la réalité en face. Et la réalité, c’est qu’on a à peu près autant de chances d’être cow-girls plus tard que les eskimos de devenir végétariens.

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Il existe en fait d’innombrables façons de vivre dans l’allégresse et la bonne santé sur cette sphère trémulante, et probablement une seule et unique manière – l’industrialisation des concentrations urbaines – d’y vivre stupidement : et l’homme s’est jeté dessus.

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Les définitions limitent. Les limites tuent. Se limiter est une sorte de suicide. Limiter un autre est une sorte de meurtre. Limiter la poésie est un Hiroshima de l’esprit humain.

 

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