Culture occitane : Frédéric Mistral et le Félibrige

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          Depuis le temps des troubadours, bien d’autres hommes de lettres ont marqué la culture occitane. Parmi eux, l’un des plus célèbres demeure Frédéric Mistral. Rien moins que l’un des premiers Prix Nobel de littérature ! Un homme qui à la fin du XIX° siècle, s’est donné pour mission de redonner à sa langue ses lettres de noblesse. Un pari pour le moins réussi !

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          Frédéric Mistral est né le 8 septembre 1830 à Maillane, en Provence, il est le fils de petits propriétaires terriens. Il mourra dans la même village le 25 mars 1914. Il va d’abord à l’école à Maillane avant d’être envoyé dans pensionnat près de Tarascon puis à Avignon. Il passe son baccalauréat à Nîmes et entame des études de droit à Aix-en-Provence. Il apprend pendant ses études l’histoire de sa région et après sa licence, il rentre dans son village natal avec la ferme intention de « provoquer une résurrection par la restauration de la langue maternelle et historique de mon pays ». C’est alors qu’est née l’idée du Félibrige.

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          Il le fonde en 1854 avec Joseph Roumanille et cinq autre poètes provençaux (Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan) afin de promouvoir la langue provençale. Ensemble, ils souhaitent promouvoir la langue provençale et en codifient l’orthographe, en se basant sur le graphie française. Ainsi, aujourd’hui encore, on écrit souvent le provençal selon la graphie instaurée par le Félibrige alors que les autres dialectes utilisent une graphie dite « normalisée » basée sur celle qu’employait les troubadours. Si au début le nombre de félibre était restreint, il s’est rapidement accru. Il a accueilli à la fin du XIX° siècle les poètes catalans chargés d’Espagne et aujourd’hui encore, défend la langue provençale ainsi que les autres dialectes occitans et de manière plus générale, les minorités linguistiques.

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          Mais Frédéric Mistral est également un homme de lettres. Son chef-d’oeuvre est Mirèio. Un poème en vers monumental qui raconte les amours contrariés de Vincent et Mireille, deux jeunes provençaux de conditions sociales différentes. Il a consacré huit années à cette rédaction homérique et le livre paraît en 1859. Une ode épique à sa langue et  sa région qu’il dédie à Alphonse de Lamartine. Celui-ci lui répondra « Un grand poète épique est né ». L’auteur a traduit lui-même son oeuvre en français (malheureusement, la traduction est bien pâle face à la beauté de l’original !) et elle a également été traduite en une quinzaine d’autres langues. En 1863, le texte est adapté à la scène pour un opéra. En 1904, c’est la consécration, Frédéric Mistral reçoit le Prix Nobel de littérature conjointement à José Echegaray, atteignant ainsi son objectif de rendre leur prestige à sa langue et sa culture. 

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  1. Ah oui ça fait du bien de tirer de l’ombre des auteurs qui ont servi une noble cause. Félicitations pour cet article!

  2. Pingback: Culture occitane : Frédéric Mistr...

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