Ma première lecture en VO ou comment j’ai redécouvert Stephen King

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J’ai lu beaucoup de romans de Stephen King dans mon adolescence et pourtant, je n’avais jamais lu Misery, qui est l’un de ses plus célèbres. Depuis quelques temps, la nouille que je suis en anglais s’est mis en tête de progresser. Quand j’ai vu cette version du roman en VO pour débutant avec les mots-clefs traduits publiée chez Harrap’s, ça m’a semblé pas mal pour débuter. La libraire m’a affirmé que c’était abordable et que même si le vocabulaire était un peu difficile au début, l’histoire était assez prenante pour ne pas décourager le lecteur débutant. Me voilà donc lancée dans ma première lecture en anglais.

Dès la première page, j’ai senti que ça n’allait pas être gagné cette histoire ! Même avec les mots-clefs traduits, j’ai été obligée d’aller en chercher un certain nombre dans le dictionnaire. Beaucoup de vocabulaire que je ne connaissais pas dans ce texte. Notamment autour de la douleur. Je n’aurais jamais cru qu’il pouvait y avoir autant de mot pour dire « soupirer » ou « souffrir ». Enfin, en français aussi les nuances sont nombreuses, mais en anglais c’est plutôt pire. Et autant vous dire que vu mon niveau comprendre les nuances n’est pas aisé, pour ne pas dire impossible.

Le choix de ce roman n’était pas exactement une bonne idée pour débuter. C’est un huis-clos, il ne se passe pas grand-chose et la première moitié tourne essentiellement autour de la souffrance du personnage, décrite sous toutes les coutures, avec toutes les nuances possibles et imaginables. Lire ça quand on souffre de douleurs chroniques et qu’on est en pleine crise s’avère d’ailleurs assez déroutant comme expérience. En tout cas quand on manque de vocabulaire, pas évident de commencer par quelque chose qui repose beaucoup sur la psychologie du personnage et demande un minimum de compréhension fine pour en profiter. Je conseillerais plutôt de commencer par un roman d’aventure où l’action prime et qui est surement plus entraînant.

Couverture du roman Misery de Stephen King

J’étais partie pour une sacrée galère mais je me suis accrochée. Je me suis efforcée de lire une vingtaine de pages par jours (heureusement, ce roman est très court) et il m’a fallu trois semaines pour en venir à bout. Bien que j’aie eu beaucoup de mal et que ç’ait été très fastidieux (particulièrement dans la première moitié), j’ai apprécié cette lecture. Souvent, quand je dis que je trouve que Stephen King est loin d’être un mauvais auteur face à quelqu’un qui le méprise, je suis incapable d’expliquer pourquoi. Je trouve ses histoires prenantes, terrifiantes pour certaines, mais je ne sais pas analyser et quoi c’est un « bon » auteur. Il m’aura fallu le lire en VO à un rythme de tortue neurasthénique pour comprendre.

La force de Stephen King réside en sa capacité à créer des images. L’écriture est assez simple en apparence. On n’est pas face à des phrases travaillées et parfaitement construites à la Proust ou à la Flaubert (vu la vitesse d’écriture du King, on ne s’attend pas à ce qu’il passe une semaine sur une phrase me direz-vous). Le style peut sembler familier, souvent c’est écrit un peu comme on parle. Mais cette simplicité est quelque peu trompeuse. L’auteur use d’un vocabulaire vaste. Ici pour décrire la souffrance physique comme psychologique du personnage. Il ne nous épargne aucune nuance. De plus, il use et abuse des comparaisons et métaphores. Ici, une métaphore filée qui compare la douleur au flux et reflux de la marée. La répétition de cette image associée à un grand nombre d’adjectifs pour définir la profondeur de la souffrance du personnage nous permet presque, au fil des pages de commencer à la ressentir nous-même et ainsi nous glisser dans la peau du personnage.

Cette mise en place est assez longue. Mais une fois le lecteur ferré, l’auteur passe à l’action, instille peu à peu un climat d’insécurité, puis de peur, voire de terreur. Il amène le lecteur sur le terrain en même temps que son personnage. Par des images toujours, des petits détails insignifiants en apparence mais qui nous plongent dans cette réalité avec beaucoup de réalisme. Il recrée un quotidien banal dans lequel le lecteur se retrouve, l’y amène par des images simples et forte à la fois, et une fois qu’il a ferré sa proie, tout est prêt pour l’émouvoir ou la terroriser selon son bon vouloir. Je ne sais pas si c’est le cas pour tous ses romans (je ne pense pas, certains étant très différents), mais comprendre le mécanisme d’écriture derrière ses romans psychologiques m’a émerveillée. C’est du grand art. Stephen King est définitivement un conteur hors pair. Misery n’est peut-être pas son meilleur roman mais c’est un texte court qui fonctionne très bien et peut permettre de découvrir son univers. Ca m’a donné envie de lire ou relire d’autres de ses textes en VO.

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