Théâtre

Britannicus aux Amandiers

          Néron est empereur et en ce début de règne, aimé de tous. Pourtant, il fait enlever Junie, l’amante de son frère adoptif, Britannicus, dans l’espoir de l’épouser. Leur mère, Agrippine, qui l’a fait asseoir sur le trône qui revenait à son frère, tente de lui faire entendre raison. Mais Néron est en train de sombrer dans la folie et s’apprête à devenir le tyran qu’on connaît. 

          J’aime énormément Racine et Britannicus est une pièce que j’apprécie particulièrement. Elle est une de celles qui m’ont fait découvrir le dramaturge et m’ont donné envie de lire toute son oeuvre (ce dont je ne me suis pas privée). Je ne l’avais jamais vue sur scène et quand j’ai vu que Martinelli la montait aux Amandiers, où je comptais me rendre depuis fort longtemps, je me suis précipitée pour avoir une place (et même deux d’ailleurs) ! Avant j’ai jeté un oeil aux critiques, plus que mitigées… Pour résumer, sobre mais fade. Une description assez peu engageante. Ca ne m’a toutefois pas totalement découragée pour aller jusqu’à Nanterre voir ce qu’il en était malgré un gros rhume. Ce qui valait le coup, au moins pour découvrir ce lieu chaleureux et dynamique qui semble favoriser les rencontres. Et au passage, un grand merci à la jeune femme qui a fait un détour pour nous amener jusqu’au théâtre, nous faisant une visite guidée du quartier, une rencontre surprenante qui a égaillé cette froide soirée et l’a fait démarrer sous les meilleurs auspices.

           Le décor est assez dépouillé mais convient fort bien à ce texte dont l’action de déroule dans un périmètre très restreint à l’intérieur du palais. J’ai aimé que les costumes respectent un certain classicisme de bon goût, tout comme la mise en scène. Ici, pas de Néron le cigare au bec ou d’Agripinne tout de cuir vêtu, ouf ! il reste donc des metteurs en scène qui respectent les textes et ne cherchent pas une pseudo-modernité à tout prix. On commençait à en douter… Toutefois, si la mise en scène est très sobre, elle l’est peut-être un peu trop. Rien qui ne vienne aider à soutenir l’attention, le texte rien que le texte. Malheureusement, les acteurs ne sont pas tous à la hauteur de ce défi. Agrippine est exceptionnelle, elle porte cette pièce presque à elle toute seule. Si les autres ne sont pas mauvais (quoi que Britannicus ait un timbre quasi inaudible), leur jeu manque de conviction. On ne s’ennuie pas, on n’a pas grand chose à reprocher à cette pièce mais on aurait aimé y trouver plus du feu des grands drames. Un peu trop fade pour convaincre totalement mais une pièce qui demeure agréable malgré tout. 

          Britannicus, de Jean Racine. Mise en scène de Jean-Louis Martinelli avec Anne Benoît, Éric Caruso, Alain Fromager, Grégoire Œstermann, Agathe Rouiller, Anne Suarez, Jean-Marie Winling. Au théâtre de Nanterre-Amandiers puis en tournée pour la saison 2013/2014.

Excité d’un désir curieux,
Cette nuit je l’ai vue arriver en ces lieux,
Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes,
Belle, sans ornement, dans le simple appareil
D’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil.
Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence,
Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,
Relevaient de ses yeux les timides douceurs.
Quoi qu’il en soit, ravi d’une si belle vue,
J’ai voulu lui parler, et ma voix s’est perdue :
Immobile, saisi d’un long étonnement,
Je l’ai laissée passer dans son appartement.
J’ai passé dans le mien. C’est là que solitaire,
De son image en vain j’ai voulu me distraire.
Trop présente à mes yeux, je croyais lui parler,
J’aimais jusqu’à ses pleurs que je faisais couler.
Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce ;
J’employais les soupirs, et même la menace.
Voilà comme, occupé de mon nouvel amour,
Mes yeux sans se fermer, ont attendu le jour.

Actualité

L’actualité de la semaine (03/11)

Une semaine encore assez peu joyeuse (histoire de changer…)

L’ouragan Sandy a frappé New-York de plein fouet, faisant de graves dégâts. Une partie de la ville a été privée d’électricité pendant plusieurs jours. S’approvisionner en essence reste difficile et l’activité économique est très perturbée.

Aurore Martin, activiste basque a été arrêtée. Elle a été remise à l’Espagne dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen. L’indignation monte au Pays Basque où François Hollande avait demandé la clémence pour la jeune femme en juillet 2011. Manuel Valls assure n’avoir donné aucun ordre la concernant.

– Aux Etats-Unis toujours, l’élection approche. On saura mardi si Barack Obama sera reconduit pour un deuxième mandat à la tête du pays.

Le « mariage pour tous » continue de créer la polémique. L’Eglise a encore sévit aujourd’hui et s’insurge contre le mariage homosexuel. Toutefois, pas de phrases croustillantes cette fois, comme quoi, même les plus hostiles perdent du souffle. Peut-être peut-on enfin espérer u débat constructif autour de la question ?

– Burkina Faso veut éloigner les islamistes d’Ansar Dine d’Aqmi, Al Qaïda au Maghreb islamique. Cette séparation pourrait aider à résoudre la crise au Nord Mali.

Le mot de la semaine sera tavelé : « parsemé de petites taches ». Un mot croisé bien souvent mais dont j’avais oublié le sens, petite remise en mémoire bien nécessaire donc.

Et au cinéma ? J’enrage de son absence de Sandrine Bonnaire, une histoire d’amour qui paraît plutôt touchante. Une famille respectablequi retrace le parcours d’un universitaire iranien qui après quelques années en Occident retourne enseigner dans son pays ; un film que j’irai sans doute voir car le cinéma iranien est bien souvent intéressant. 2/DuoYu est vendeuse et Kei vit à ses crochets, quand il va la demander en mariage, leur couple va s’en trouver bouleversé ; un film qui semble assez fin.

Bonne semaine à tous !

Actualité

Prix littéraires, les dernières sélections

          C’est la dernière ligne droite pour les prix littéraires de la rentrée. Cette semaine, les dernières sélections avant le verdict ont été annoncées. Pas de changement pour le Médicis mais je vous remets la liste et au passage, j’ajoute l’Interallié, jusque-là absent du blog.

Prix Femina, lundi 5 novembre :

Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck (Minuit)

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

Musique absolue. Une répétition avec Carlos Kleiber de Bruno Le Maire (Gallimard)

Petite table, sois mise ! de Anne Serre (Verdier)

Prix Médicis, mardi 6 novembre :

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

« Oh… » de Philippe Djian (Gallimard)

Millefeuille de Leslie Kaplan (POL)

Féerie générale d’Emmanuelle Pireyre (L’Olivier)

Le Bonheur des Belges de Patrick Roegiers (Grasset)

Infidèles d’Abdellah Taïa (Seuil)

Prix Renaudot, mercredi 7 novembre :

L’homme des haies de Jean-Loup Trassard (Gallimard)

Une certaine fatigue de Christian Authier (Stock)

Peste & Choléra de Patrick Deville (Seuil)

Les patriarches d’Anna Berest (Grasset)

L’enfant grec de Vassilis Alexakis (Stock)

Prix Goncourt, mercredi 7 novembre :

Lame de fond de Linda Lê (Bourgeois)

Peste & choléra de Patrick Deville (Seuil)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (éd. de Fallois)

Prix Interallié, mercredi 14 novembre :

Les fidélités successives de Nicolas d’Estienne d’Orves(Albin Michel)

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (De Fallois/L’âge d’homme)

« Oh… » de Philippe Djian (Gallimard)

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

La convergence des alizés de Sébastion Lapaque (Actes Sud)

          On peu noter cette année que les listes se tiennent plutôt bien, avec quelques auteurs qui semblent faire l’unanimité, dont Deville (auquel l’Interallié résiste tout de même, hourra !), Ferrari, et un petit nouveau, Dicker. Les verdicts à venir dans les prochains jours s’annoncent intéressants. A la semaine prochaine pour les résultats ! 

Culture en vrac

Octobre, le bilan

          Octobre fut un mois fructueux côté lectures. Beaucoup de belles découvertes dans cette rentrée littéraire qui est décidément de très bonne tenue ! Un gros coup de coeur toutefois parmi mes lectures de ces dernières semaines avec Ciseaux de Stéphane Michaka. Un roman original, un plume acérée et une histoire passionnante. Un livre sur la littérature des plus enthousiasmants.

          César doit mourir, le dernier film des frères Tavianni, point encore commenté sur le blog, est tout en subtilité. Ce film sur des prisonniers jouant le Jules César de Shakespeare a d’ailleurs été récompensé par l’Ours d’or à Berlin. Si je n’ai pas été aussi emballée que le laissait penser la bande-annonce, j’ai toutefois trouvé ce film fort intéressant et habilement menée (plus de détail très prochainement).

          Bohèmes, exposition à voir en ce moment au Grand Palais, propose une grande variété de toiles, essentiellement du 19° s., autours du thème de la bohème, que ce soit comme mode de vie nomade ou comme art de vivre des artistes parisiens. Beaucoup de grands maîtres sont présents, les explications sont intéressantes et la seconde partie réserve bien des surprises. Une exposition très riche et vraiment magnifique. Octobre fut très productif côté expositions avec également Van Gogh, également passionnante.

          Espérons que novembre débutera sous les mêmes hospices. Et vous, quelles découvertes avez-vous faites ces mois-ci ? Rendez-vous le 1° décembre pour un nouveau bilan mensuel. Bonnes sorties et heureuses lectures à tous !

Mes lectures

James Bond : 101 voitures de légende

          On le sait, l’espion charmeur créé pour la littérature par Ian Flemming et qui connait depuis 50 ans un incroyable succès cinématographique est un amoureux de bolides. Nombreuses sont les voitures qu’il aura malmenées au cours de ses 23 aventures sur grand écran : Aston Martin, Rolls Royce, Jaguar ou Lamborghini, toujours assorties des gadgets les plus improbables. Ce livre propose de découvrir ces voitures de légende qui nous ont fait rêver.

            Première impression sur ce livre : sa forme des plus originales est particulièrement agréable et très bien adaptée au sujet. Une double page est consacrée à chacune de ces 101 voitures de légende. Sur la page de gauche, une présentation rapide du modèle, les caractéristiques techniques détaillées de chaque bolide (moteur, vitesse, freins, dimensions…) ainsi que les gadgets qui y furent adjoints, la liste des différents films où la voiture a fait son apparition et un petit texte sur l’histoire de chaque véhicule dans la série. Sur la page de droite, le nom de la voiture, le titre du film (ou livre) dans lequel elle a été le mieux mise en valeur et bien sûr, une grande photographie ! Un livre assez technique à réserver plutôt aux passionnés de grosses cylindrées mais qui possède toutefois un charme indéniable et que j’ai pris grand plaisir à feuilleter.

James Bond, 101 voitures de légende

Jean-Antoine DUPRAT

Editions Opportun

224 pages, 20, 90 €