Culture en vrac

Concours d’illustrations pour le Salon du Livre de Paris

          Comme vous le savez sans doute, le Salon du Livre de Paris se tient chaque année au milieu du mois de mars. C’est un évènement majeur dans le petit monde des livres et sa portée est internationale. D’illustres noms de la mode ou de la BD ont signé les cartons d’invitation les années précédentes : Lacroix, Rykiel, Geluck… Et si cette année c’était votre tour ?

          Pour la première fois, un grand concours est ouvert à tous. Il est doté de 3000 € et le gagnant verra son oeuvre trôner sur les cartons d’invitation pour la soirée d’inauguration si convoitée. Vous avez jusqu’au 31 décembre pour donner votre vision de cet évènement ou de la lecture de manière plus générale. Professionnels ou amateurs, le concours est ouvert  tous ! A vos crayons !!!

          Pour les détails du concours, www.salondulivreparis.com ou pour plus d’informations concoursillustration@salondulivreparis.com

Cuisine·Culture en vrac

La logique américaine a encore frappé…

          Aux États-Unis, comme dans la plupart des pays « riches » (dénomination bien peu satisfaisante en période de crise mais c’est la 1° qui me vient à l’esprit), et sans doute plus encore qu’ailleurs, l’obésité est un véritable fléau. La « cuisine » américaine est réputée pour être à la fois grasse et sucrée et le régime hamburger/frites/soda fait des ravages. D’après une étude récente, 2/3 de la population américaine serait en surpoids dont 1/3 serait obèse (soit 20% de la population !). L’obésité représenterait plus de 15% des décès et serait la 2° cause de mortalité après le tabac.

          Ainsi, comme dans de nombreux autres pays, le gouvernement américain a décidé de lancer une lutte d’envergure contre ce problème de santé publique de grande ampleur. Il s’agit entre autres d’équilibrer les menus dans les cantines scolaires et de proposer plus de légumes aux enfants. Et c’est là qu’est apparue la grande idée qu’il fallait que je vous fasse absolument partager : ça n’arrange pas tellement tellement les industries agro-alimentaires de voir leurs produits supprimés des cantines, ils ont donc trouvé une parade des plus ingénieuse… Sur les pizzas, il y a de la sauce tomate, la tomate est un légume (un fruit en réalité, mais en l’occurrence, peu importe) donc, la pizza EST un légume !

          Une logique imparable et quelque peu terrifiante. Il avait été proposé d’augmenter les doses de tomates sur les pizzas afin d’en faire un repas plus équilibré, mais ce surplus de sauce a un coût et comme les enfants n’ont pas l’habitude de manger des légumes, ils risqueraient de les consommer, inutile donc de tenter cette expérience coûteuse. Fort heureusement, la proposition n’est pas encore passée mais étant donné le poids des lobbying agroalimentaires dans la politique américaine, il ne semble pas si surréaliste que cette idée soit adoptée afin de satisfaire tout le monde (à savoir les politiques qui donnent l’impression de faire un effort et les industriels qui continuent de s’en mettre plein les poches). C’est beau le progrès ! Pour en savoir plus, allez jeter un oeil à l’article paru sur Le Point ou au savoureux dessein de Caro qui m’a mis la puce à l’oreille.

Club lecture·Mes lectures

Ray BRADBURY, Fahrenheit 451

          Guy Montag est pompier. Dans un monde où les livres sont interdits, les pompiers n’éteignent plus les incendies mais les allument. 451 degrés Fahrenheit, c’est la température à laquelle le papier s’enflamme. Dans une société où le questionnement et la réflexion sont découragés, il va peu à peu commencer à rêver à un monde différent, mettant en péril sa sécurité.

          J’avais lu ce livre il y a très longtemps. Il avait été pour moi une vraie révélation. Je me souviens avoir tremblé face au sort incertain du pompier pyromane qui m’inquiétais quelque peu. J’avais adoré cette histoire et s’il me semblait en garder des souvenirs assez nets, j’avais peur qu’ils soient faussés par le temps. Et plus encore, j’avais peur de ne pas y retrouver ce que j’avais tant aimé la première fois.

          J’ai vite été rassurée. J’ai retrouvé la même émotion qu’à la première lecture, et j’en ai sans doute bien plus apprécié le style. Je trouve ce texte d’une modernité déconcertante et l’écriture est limpide et agréable, ce qui vient encore renforcer ce sentiment de modernité. Je pense que j’aurais été bien incapable de dire à quelle date a été écrit ce texte si je n’avais pas lu la 4° de couverture. On y retrouve les ingrédients classiques des romans d’anticipation, notamment les réflexions sur le bonheur, la place de l’individu dans la société, l’importance de la culture, etc ; avec en plus une manière de traiter le sujet novatrice et une fraîcheur qui rend la lecture agréable.

          Le sujet me parle bien sûr tout particulièrement, ce qui ajoute à mon enthousiasme. J’aime aussi le côté ambivalent du personnage principal, qui est bien loin d’être un héros. L’action se déroule rapidement, on n’a absolument pas le temps de s’ennuyer, et je trouve cette histoire particulièrement prenante. Parmi les 3 grands classiques de l’anticipation au programme du club-lecture de novembre, celui-ci est mon préféré. Un roman qui mérite largement son titre de chef-d’oeuvre de l’anticipation et qui restera pour moi un grand moment de ma vie de lectrice.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous laisse tranquilles. Nous avons besoin de vrais tourments de temps en temps.

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Nous ne naissons pas libres et égaux., comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l’image de l’autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison.

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Je ne parle pas des choses, avait dit Faber. Je parle du sens des choses. Là, je sais que je suis vivant.

Cinéma

Noces éphémères, de Reza SERKANIAN

          Drame franco-iranien de Reza Serkanian avec Mahnaz Mohammadi, Hossein Farzi Zadeh, Javad Taheri.

          En Iran, une tradition surprenante a cours : le mariage éphémère. Pour « patienter » avant le mariage officiel et définitif, les jeunes hommes peuvent se marier pour une durée déterminée, pour une année ou un simple quart d’heure.

          L’idée de ce film m’a franchement séduite. Je ne connaissais pas l’existence de cette tradition et j’étais curieuse d’en savoir plus. Les relations sexuelles hors mariage étant interdites, une solution simple existe : le mariage en CDD (voire en intérim). On se marie uniquement pour le temps nécessaire, il suffit que les deux partenaires soient d’accord et que l’imam approuve. Et pouf, plus de relations hors mariage. C’est magique. Ca arrange bien les hommes, les mariages sont longs à organiser et la patience n’est pas leur fort. Du côté des femmes, ça concerne essentiellement les veuves (les jeunes filles devant être vierges le jour du mariage « définitif », elles ne peuvent être concernées sans compromettre fortement leur avenir). En effet, c’est un péché pour une femme, à plus forte raison avec des enfants, de rester célibataire, les veuves ont ainsi tout intérêt à se trouver rapidement un protecteur. Une solution qui avantage évidement les hommes mais que j’ai trouvé fort astucieuse.

          Le film aurait pu avec un sujet pareil verser dans la comédie aussi bien que dans le pamphlet politique. Il n’en est rien. La première scène est splendide. J’ai été happée par le raffinement des plans et la beauté des images dès les premières secondes. La lumière est très bien captée et le film commence et finit sur un clin d’oeil à la peinture aussi intéressant que réussi. Le réalisateur nous immerge dans une famille traditionnelle provinciale. Hommes et femmes vivent des vies séparées et ne font que se croiser. Cependant, la bonne humeur règne et si chacun vit dans des sphères différentes, c’est dans le respect de l’autre. Les traditions ont cours, mais avec sans doute moins de virulence que dans la capitale ou les grandes métropoles.

          Kazem est sur le point de se marier. Maryam, la veuve de son frère, vient de la ville pour assister à l’évènement. Tout ne va pas se passer comme prévu et va naître entre eux une complicité nouvelle. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, on ne tombe jamais dans la romance. La trame est d’une grande finesse et habilement mise en scène. J’ai vu un certain nombre de films iraniens et celui-là sort vraiment du lot : ni métaphorique, ni engagé. Le réalisateur filme les traditions iraniennes sans porter de jugement arrêté, il montre simplement un état de fait, et si une légère critique transparaît parfois, c’est toujours avec beaucoup de subtilité et de tendresses. C’est d’ailleurs sans doute ce qui lui a permis de pouvoir tourner librement en Iran tout en recevant les éloges de la critique occidentale. Un pari osé et amplement réussi. On découvre un visage de l’Iran qu’on ne voit que trop rarement : certes, la condition de la femme n’y est pas glorieuse, surtout en ville, mais tout n’est peut-être pas si noir, comme partout, la joie de vivre et l’espoir existent aussi.

          Un premier film dont j’ai beaucoup apprécié la retenue. La tendresse qui transparaît à travers chacune de ses images. Les sentiments sont toujours évoqués avec pudeur : amour naissant, fuite de l’extrémisme, réflexion sur la condition de la femme, amitiés profondes et amour des siens et de sa patrie. Un mélange tout en retenue qui rend compte d’une réalité bouleversante. J’ai été très surprise de voir que c’était un homme qui était à la réalisation (a priori stupide, je le sais, mais j’étais persuadée que seule une femme pouvait filmer de la sorte). Ce film est un petit miracle : bien filmé, bien construit, bien joué (les acteurs, pourtant peu ou pas expérimentés pour la plupart, sont impressionnants) : beau et intelligent à la fois. On en redemande !

          Pour en savoir plus, le site du réalisateur.

Culture en vrac·Jeunesse

Salon de Montreuil 2011

          Le 27° salon du livre et de la presse jeunesse se tiendra 30 novembre au 5 décembre à Montreuil. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans. Cette année, le Mexique est mis à l’honneur. Il y aura également des rencontres avec les auteurs d’Outre-mer et une exposition consacrée au cirque.

          Ce salon permet de découvrir l’offre proposée aux enfants. Le secteur jeunesse est très créatif et ce genre d’évènements est là pour le prouver. L’occasion peut-être de donner à vos enfants l’envie de lire, mais également de commencer vos achats de Noël.