Cinéma

Festival de Cannes, Palmarès 2011

         

           Le Palmarès de Cannes est arrivé ! Cette année le jury était présidé par Robert de Niro.

           Parmi les films en compétition :

Tree of Life, le très attendu nouveau long métrage de Terrence Malick, obtient la Palme d’or. Génial pour les uns, pire navet de tous les temps pour les autres, une récompense décriée. Le film est déjà en salle, et je l’ai vu la veille de la remise des prix, mon avis très tranché ne tardera pas à faire l’objet d’un article.

Bir Zamanlar anadolu’da, de Nuri Bilge Ceylan et Le gamin au vélo des frères Dardenne se partagent le grand prix.

Le premier est un film turc qui se déroule dans une petite ville et dans lequel d’après le synopsis il ne se passe rien. Très probablement encore un film ennuyeux sur l’ennui. Je crois que je vais passer mon tour pour celui-ci.

Les frères Dardenne sont des habitués de la croisette dont ils reviennent régulièrement récompensés. Une valeur sure. Ce film sur une histoire d’amitié entre un enfant maltraité et une coiffeuse est selon la critique le plus accessible qu’ils aient jamais réalisé, et le plus lumineux. Et c’est bien ce qui me fait peur ! Moi qui aime leur univers austère et dépouillé, souvent très sombre, je ne suis pas sure d’apprécier ces bons sentiments nouveaux. J’irai toutefois sans doute le voir, pour voir justement.

Le prix de la mise en scène revient quant à lui à Nicolas Winding Refn pour Drive : le héros est cascadeur la journée et chauffeur la nuit pour le compte de la mafia, un jour son travail nocturne va l’entraîner dans une course-poursuite infernale sur fond de vengeance.

Joseph Cedar reçoit le Prix du scénario pour Hearat Shulayim. L’histoire d’une famille de chercheurs, la réussite du fils va faire éclater le désir de reconnaissance du père. Difficile de se faire une idée avec si peu d’informations, mais ça peut être pas mal.

Le Prix d’interprétation féminine revient à Kristen Dunst dans Melancholia de Lars Von Trier. Le jour de son mariage, une jeune femme sombre dans la folie alors que la planète Melancholia s’approche de la Terre. L’actrice donne ici la réplique à Charlotte Gainsbourg, qui avait été récompensée l’année dernière pour son interprétation d’Antechrist, du même réalisateur. Lars Von Trier quant à lui a fait scandale cette année et s’est fait renvoyer du jury pour avoir tenu des propos pro-nazis.

Le prix d’interprétation masculine a été décerné à… Jean Dujardin pour son rôle dans The artist de Michel Hazanavicius. Ce film muet en noir et blanc retrace l’histoire de George Valentin, vedette du cinéma muet que l’arrivée des films parlants va faire sombrer dans l’oubli. Une idée originale, je suis assez curieuse de voir le résultat. De plus, je trouve assez ironique que cet incorrigible bavard de Dujardin obtienne un prix pour un rôle où il n’ouvre pas la bouche…

– Enfin, le prix du jury a récompensé Polisse de la jeune Maïwenn. Une photographe vient faire un reportage dans une brigade de police, une intrusion que certains vont avoir du mal à supporter. Ma foi pourquoi pas, tout le monde en dit du bien, ça me semble pour être un bon film.

          Et pour les autres :

Cross de Maryna Vroda a obtenu la Palme d’or du court-métrage. Un film ukrainien sur un garçon qui court et regarde les autres courir.

Le Prix du jury pour un court-métrage est revenu à Maillot de bain 46 (j’ai choisi de vous livrer les traductions plutôt que les titres originaux) de Wannes Destoop. L’histoire d’un petite fille potelée qui n’a guère d’autre réconfort que la piscine (après le garçon qui court, la fille qui nage…). Ca m’a l’air plutôt bien, j’espère avoir l’occasion de le voir.

Le Prix « Un certain regard » récompense ex-aequo Arirang de Kim Ki-Duk et Arrêt en pleine voie d’Andreas Dresen. L’histoire d’un homme mourant qui fait ses adieux au monde. Dur de se faire une idée avec si peu d’informations, mais ça m’inspire assez. Un film que j’essaierai d’aller voir.

Arirang quant à lui semble en mesure de concurrencer Tree of life dans la catégorie « délire mystique ». Kim Ki-Duk a tout fait dans ce film, de la réalisation à la musique en passant par le montage, et y joue tous les rôles (oui oui, il est donc le seul acteur). Je vous passe le synopsis à rallonge (qui vaut pourtant le détour), sorte de long poème onirique. Si cela vous intéresse, vous pouvez le trouver ici. Un film sans doute très original mais que je ne pense pas être en mesure d’apprécier pleinement, je pense donc ne pas tenter l’expérience.

Le Prix spécial du jury « Un certain regard » a été attribué à Elena d’Andrey Zvyagintsev. Un homme riche et une femme modeste, chacun a eu un enfant d’une relation précédente. Suite à un malaise cardiaque, il réfléchit au sens qu’il souhaite donner à sa vie et décide qu’à sa mort, sa fille héritera de tout. Sa femme, effacée jusqu’alors, décide d’élaborer un plan pour que son fils aussi ait sa part, et une chance de réussir. Souvent, j’aime les films russes. L’intrigue de celui-ci m’inspire assez. J’irai donc le voir à sa sortie (en espérant ne pas oublier d’ici-là).

Le prix de la mise en scène « Un certain regard » revient à Mohammad Rasoulof pour Au revoir. L’histoire d’une famille qui cherche à fuir l’Iran par tous les moyens. Un film que je veux voir aussi. Le cinéma iranien est assez productif ces dernières années et souvent de bonne qualité.

Le 1° prix Cinéfondation revient à La lettre de Doroteya Droumeva. Une jeune femme apprend sa grossesse et raconte son ressenti dans une lettre. Le 2° prix a été décerné à Drari de Kamal Lazrak. A Casablanca, une histoire d’amitié entre deux hommes que tout oppose. Et le 3° prix a été attribué à Ya-Gan-Bi-Hang de Son Tae-gyum. Un homme qui n’a d’autre famille que son frère est obligé de se prostituer pour survivre.

– Enfin, la caméra d’or a été remise à Pablo Giorgelli pour Los acacias. Film et réalisateurs sur lesquels je n’ai strictement aucune information. Tant de mystère m’intrigue.

          Notons qu’un hommage à été rendu à Jean-Paul Belmondo pour l’ensemble de sa carrière.

          Voilà pour les résultats de cette année. Encore un palmarès sujet à controverse. Le moins qu’on puisse dire c’est que les films récompensés sont très éclectiques. Il y en a pour tous les goûts. Pour retrouver toutes les informations sur l’édition 2011, les photos, les films en lice, rendez-vous sur le site officiel.

Cinéma

Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme, de Tsui HARK

Film d’action chinois de Tsui Hark avec Andy Lau, Bingbing Li, Tony Leung Ka Fai.

          En Chine, en 690, Wu Ze Tian s’apprête à devenir la première (et unique) impératrice chinoise, mais des morts mystérieuses menacent son accession au trône. Afin d’élucider ces crimes, elle fait libérer le juge Ti, qu’elle avait elle-même envoyé en prison car il s’opposait à son règne.

          Derrière ce film, une part de vérité historique. L’impératrice Wu Ze Tian et le détective Dee (de son vrai nom Di Renjie) ont réellement existé, même si ici leur histoire est très largement détournée.

          Je m’attendais en allant voir ce film à un bon vieux film d’arts martiaux très stylisé à la Tigre et dragon. Que nenni ! Il y a un peu ça, mais pas seulement : des combats assez bien chorégraphiés, en effet, mais aussi une enquête complexe et des éléments de science-fiction (des gens qui brûlent de l’intérieur à cause de cloportes aussi rares que dangereux). Et puis beaucoup, beaucoup, beaucoup d’effets spéciaux et d’images de synthèse. Qu’on se le dise : trop d’image de synthèse tue l’image de synthèse. Lors des reconstitutions de la ville (qui pourraient être assez impressionnante cela dit) on se croirait dans un jeu vidéo. De plus, cela était-il dû au film ou à l’écran, je ne sais, mais j’en ai vu une version numérique où je pouvais sans peine compter les pixels depuis mon siège. Côté technique, des choses à revoir donc.

          L’histoire, trop complexe, est parfois un peu dure à suivre, sans pour autant en devenir plus intéressante. Le côté merveilleux, avec ses cloportes qui prennent feu et ses cerfs qui parlent m’a un peu gênée (pour ne pas dire beaucoup). Certes, les films d’arts martiaux ne sont jamais un comble de réalisme mais bon, trop d’impossible finit par laisser perplexe. Les combats sont plutôt réussis et les costumes époustouflants. De beaux efforts de mise en scène et d’esthétisme dans l’ensemble.

          Je n’ai pas franchement aimé ce film. Pourtant, malgré des défauts a priori rédibitoires (mauvais effets spéciaux entre autres) je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est mauvais. Un film unique en son genre, espèce de version chinoise des navets américains avec Nicolas Cage. Je pense qu’un minimum de la culture chinoise doit être indispensable à sa bonne compréhension. Le film est bien construit et je suppose qu’il se base sur des mythes chinois dont je n’ai jamais entendu parler (ma connaissance de la culture chinoise est très vague il faut dire) et qui m’ont rendu le tout très obscur. Je mettrai donc une grande part de mon scepticisme sur le compte de mon ignorance. Un projet très ambitieux qui n’est à mon sens que très moyennement réussi mais qui a au moins le mérite de nous surprendre.

 

Cinéma

Les couleurs de la montagne, de Carlos César ARBELAEZ

          Drame colombien de Carlos César Arbelaez, avec Hernan Ocampo, Genaro Aristizabal, Norbelto Sanchez.

          C’est l’histoire de Manuel, un petit garçon de 9 ans qui vit dans les montagnes colombiennes. Comme tous les enfants de son âge, il a des amis, avec qui il aime jouer au football, dès qu’il a un moment de libre. Pourtant, il a une enfance pas comme les autres. L’école est souvent fermée, les institutrices étant obligées de fuir les unes après les autres, chassées par les guérilleros. Les habitants aussi fuient, autant la guérilla que les militaires. Du haut de ses 9 ans, le petit Manuel, est surtout obsédé par son ballon neuf tombé au milieu d’un champ de mines, son seul but est d’aller le récupérer.

          Un film qui aurait pu ne pas être mal. On s’attendait à un fond social fort, de beaux paysages, de l’émotion. Eh bien que nenni ! Rien de tout cela. C’est incroyablement mal filmé, pas de belles images en vue. Pas de scénario tellement construit non plus, si on suit les grandes lignes de l’histoire, c’est un peu décousu. Aucune émotion ne passe. Quant à l’aspect politique, il passe un peu à la trappe. Guérilleros et militaires ne sont finalement présents qu’en toile de fond. C’est bien dommage. Il y avait là matière à faire quelque chose d’intéressant. Au final, cette histoire de gamins qui veulent récupérer un ballon dan sun champ de mine n’est pas d’un grand intérêt. Ca aurait pu être drôle à la rigueur, mais même pas, pas la moindre scène cocasse. Bref, on s’ennuie ferme et c’est bien dommage !

Cinéma

Les chats persans, de Bahman GHOBADI

          Depuis longtemps, j’hésite : dois-je ou ne dois-je pas intégrer à ce blog des films ratés au cinéma et vus lors de leur diffusion à la télé ? Et si oui, lesquels ? Comment choisir ? Je ne peux pas mettre toutes les émissions que je regarde, la tache serait immense (autant qu’inutile). Mettre uniquement ceux que j’aime ne collerait que très moyennement avec l’esprit de ce blog. Mettre aussi alors ceux que j’ai longtemps attendus et qui m’ont déçue ? Je n’ai jamais réussi à me décider, et je me passais donc jusqu’à présent de critiquer des films qui ne passent plus en salle. Aujourd’hui est le début d’une ère nouvelle : pour la 1° fois, je me décide à parler d’un film vu à la télé. A la fois parce que la nécessité de partager cette expérience m’est apparue comme une évidence, et un peu aussi parce que là tout de suite je suis à court d’autre idée pour un article (ben oui, soyons honnête, un article par jour, ce n’est pas évident).

          Drame iranien de Bahman Ghobadi avec Negar shaqhaqhi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad.

          Une jeune femme et un de ses amis décident de monter un groupe de musique underground, avec l’espoir de pouvoir sortir du pays pour se produire à l’étranger, notamment en Angleterre. Ils partent à la recherche de musiciens prêts à se lancer dans l’aventure. Les autorisations officielles sont dures à obtenir. Ils devront se battre pour tenter de réaliser leur rêve, sombrant souvent dans l’illégalité, avec les risques que cela comporte. Pourront-ils aller au bout de leurs convictions ?

          Je tenais à voir ce film quand il est sorti en salles. Cependant, pour une raison que j’ignore (ne serait-ce pas cette tendance à toujours reporter au lendemain ?), je l’ai raté. J’ai donc profité de sa diffusion sur Canal+ récemment pour réparer cette erreur. Les films longtemps attendus déçoivent souvent, surtout que le passage au petit écran s’avère souvent difficile. Eh bien, ce film a tenu ses promesses. A mi-chemin entre documentaire et fiction, il retrace l’histoire de jeunes passionnés de musique dans un monde où les libertés sont très limitées. Il me paraissait très intéressant de s’intéresser de plus près à cette vague libertaire iranienne dont on n’entend que trop peu parler.

 

          Ce film retrace assez bien je pense la réalité du pays. Peu de libertés mais une jeunesse qui n’a pas encore totalement perdu espoir. Un dynamisme incroyable et une créativité rare, mais s’ilsrestent confinés dans des caves. La musique rock qui est au centre du film lui donne une énergie propre à captiver le spectateur occidental, faisant peut-être parfois un peu oublier le coeur du problème. Cependant, le fond social est bien présent. Il s’agit bien là d’un film politique, appel au secours de jeunes artistes iraniens avides de liberté et de reconnaissance. On ne tombe jamais dans le misérabilisme et l’auto-apitoiement (même lorsque cela serait justifié). Au final, sans doute un message d’espoir. Tourné à la va-vite, sans autorisation, ce film est une belle réussite, malgré quelques faiblesses, l’énergie communicative qu’il dégage en fait un moment fort du cinéma. Prix spécial du jury à Cannes, Un certain regard, largement mérité. Un film qui vaut le détour, pour découvrir un aspect méconnu de la société iranienne et rendre hommage à l’engagement de ceux qui l’ont tourné, car ne l’oublions pas, réalisateurs et acteurs ont risqué leur vie pour que ces images nous parviennent.

Cinéma

Rabbit hole, de John Cameron MITCHELL

Drame américain de John Cameron Mitchell avec Nicole Kidmann, Aaron Eckhart, Dianne Wiest, Sandra Ho.

          Un couple qui a perdu un enfant de 4 ans, écrasé par une voiture, quelques mois plus tôt, essaie de se reconstruire. Comment surmonter cette perte ? comment faire son deuil ? doit-on effacer toute trace de ce passé ou au contraire tenter de le préserver ? un couple peut-il surmonter une pareille épreuve ?

          Ce film pose des questions intéressantes et évite la plupart des clichés habituels. J’ai adoré retrouver Aaron Eckhart que je vénère depuis Thank you for smoking et qu’on voit malheureusement trop peu. Je ne l’avais vu jusque là que dans des comédies, ce rôle dramatique confirme son talent. L’apparition de Sandra Ho, Cristina Yang dans Grey’s anatony fut aussi une bonne surprise. Côté casting, bonne pioche donc. Dans l’ensemble, il n’y a pas grand chose à redire à ce film. C’est propre, c’est bien fait, c’est impeccable. Peut-être un peu trop. Le sujet est bien traité, avec sensibilité. J’ai cependant trouvé le tout un peu lisse. Il m’a manqué quelque chose pour accrocher, ça n’a déclenché en moi aucune émotion. Un film agréable qui pourtant ne me marquera sans doute pas.