Cinéma

A Company Men, de John WELLS

          Drame britanico-américain de John Wells avec Ben Affleck, Tommy Lee Jones, Chris Cooper, Kevin Costner.

          L’histoire de trois hommes qui travaillent depuis longtemps dans la même société, a des niveaux hiérarchiques différents. Tous ont un salaire exorbitant, une belle maison, une belle voiture. Lorsque leur entreprise réduit ses effectifs, tous vont être confrontés à un monde qui change et qui jusque là les avait totalement épargnés. Bobby aura du mal à accepter d’avoir perdu son emploi, mais quand il se verra forcé de quitter sa maison et de travailler comme charpentier pour beau-frère, il va découvrir qu’il y a peut-être plus important que l’accumulation de signes extérieurs de richesse.

          Oui, oui, oui, je vous entends d’ici : pfff… encore un de ces films plein de bons sentiments à l’américaine, encore un nanard… Bon, certes, si on dégage le message du film, c’est tout beau tout gentil. Seulement, c’est plutôt bien fait. Les personnages sont complexes, le héros est loin d’être un modèle… Le film est plutôt convaincant et ne tombe jamais dans la mièvrerie.

          C’est assez bien fait dans l’ensemble : l’histoire se tient, quelques très beaux plans. Le plus grand atout de ce film reste toutefois son casting ! Tommy Lee Jones, Ben Affleck, Kevin Costner, mais que demander de plus ? Ben Affleck se bonnifie avec l’âge, il est vraiment très bon dans ce film. Je n’irai pas jusqu’à crier au chef-d’oeuvre. L’histoire on la connaît et si c’est bien fait, ce n’est pas non plus palpitant. Un bon film tout de même.

Cinéma

Sucker punch, de Zack SNYDER

          Film d’action américain de Zack Snyder avec Emily Browning, Aby Cornish, Jena Malone.

          Babydoll est enfermée contre son gré. On entre dans son imaginaire, qui l’aide à s’évader. Entre orphelinat et hôpital psychiatrique, difficile de savoir où se situe vraiment l’action. Elle imagine avec ses amis des combats spectaculaires qui leurs permettraient de retrouver la liberté.

          Bon, certes, c’est un résumé très très résumé, mais c’est amplement suffisant. Cette fois encore, mon commentaire sera lapidaire : nul ! Que dire de plus ? Pourtant bon public pour les films d’action, je n’ai pas du tout accroché. Je me suis ennuyée à périr. J’ai même piqué du nez par moments. La bande son est bien. Les images soignées. Les effets spéciaux impressionnants. Le tout reste pourtant d’une platitude sans nom. L’intrigue tarabiscotée est sans intérêt. C’est bourré de clichés et larmoyant au possible. Une grande déception.

Cinéma

Ma part du gâteau, de Cédric KLAPISCH

          Comédie dramatique de Cédric Kaplisch avec Gilles Lellouche, Karin Viard, Audrey Lamy.

          France est ouvrière à Dunkerque. Quand son usine ferme, elle décide de devenir femme de ménage à Paris. Elle trouvera un emploi chez Steve, trader, qui gagne donc sa vie sur le dos des usines qui ferment. Chacun va se trouver confronté à un univers qu’il ignore et changer peu à peu.

          L’idée était certes un peu déjà vue, un peu dégoulinente de bons sentiments aussi mais pas foncièrement mauvaise. Le film lui par contre, l’est (foncièrement mauvais s’entend). Les 20 premières minutes sont un supplice : les clichés s’enchaînent à un rythme d’enfer, les dialogues sont d’une platitude sans nom, on atteint des sommets de nullité. Ensuite, ça s’arrange un peu. On s’habituerait presque aux personnages et même si le tout reste maladroit, on se surprend même à sourire par moments. Et puis la fin arrive. Et là… là ! eh bien on reste sans voix devant tant de médiocrité ! On retombe une fois de plus dans les clichés (gentils ouvrier/méchant trader) et l’histoire prend un tour des plus improbables avant de finir en queue de poisson. Les cahiers du cinéma l’ont dit avec justesse : « D’un réalisateur qui veut nous faire partager sa conscience de gauche, nous ne voyons que l’inconsciente gaucherie de son écriture. ». A éviter absolument.

Cinéma

True Grit, d’Etan et Joel COHEN

          Western américain des frères Cohen, avec Hailee Steinfeld, Jeff Bridges, Matt Damon, Josh Brolin.

          1870, dans l’ouest américain. Un homme abat le père de Mattie Ross, 14 ans. La justice de semblant pas prompte à faire son travail, la jeune fille décide de se faire justice elle-même, par tous les moyens.

         Pour une fois, je vais être brève. Non pas parce que je n’ai pas aimé, loin s’en faut, mais parce que je n’ai pas à ma disposition les outils nécessaires à une bonne critique comme il faut. Je n’y connais rien en western, aucune culture en la matière. Du coup je n’ai quasi aucun point de repère ou de comparaison, ce qui est forcement problématique. Tout ce que je peux dire de ce film, c’est que je l’ai aimé. Je n’ai pas adoré, je ne crie pas au chef-d’oeuvre, mais j’ai trouvé que c’était un très bon film. Les acteurs sont excellents, l’histoire se tient, il y a de l’action mais point trop, c’est bien filmé : rien à y redire, j’ai passé un très bon moment. Je soupçonne que j’ai raté tout un tas de références qui donnent de la profondeur au film mais bon, c’est de ma faute, si je regardais autre chose que des films récents de temps en temps, je ne serais pas ainsi réduite au silence. En tout cas, un film que je recommande.

Cinéma

La traversée du Zanskar, de Frederick MARX

          Documentaire américain de Frederick Marx avec Richard Gere (voix off).

          Le Zanskar se situe au nord de l’Inde, c’est une ancienne province tibétaine de confession bouddhiste. La région est très reculée et extrêmement pauvre. Pour sauvegarder leur culture, des moines emmènent quelques enfants du village dans des écoles bouddhistes. La route passe par des cols à plus de 5000 mètres d’altitude, infranchissables 8 mois par an. Les enfants qui partent ne reverront pas leur famille durant toute leur scolarité, soit une dizaine d’années, voire plus pour certains. La route est longue et tous ne sont pas sûrs d’arriver vivants.

         Ce documentaire nous offre l’histoire brute, sans aucune mise en scène. Simplement ces moines et ces enfants filmés caméra à l’épaule, et la voix de Richard Gere qui commente leur histoire quand le besoin s’en fait sentir (notament pour présenter l’histoire de la région). Les personnages sont très attachants, surtout le moine, lui-même originaire de la région et parti étudier loin de chez lui adolescent. De son propre aveu, il a choisi la voix de la religion car enfant, il pensait que les moines ne manquant jamais de nourriture ni de thé, étaient les hommes les plus heureux.

           Si la majorité de la population est très croyante, les écoles bouddhistes sont surtout pour les familles un des meilleurs moyens d’ascension sociale. Dans une région où il n’y a aucun moyen de communication, où la population vit dans le plus grand dénuement et où en dehors des moines tous les habitants sont illettrés, les enfants qui restent n’ont pas d’autre choix que de vivre comme leurs ancêtres. Quelques uns, choisis dès leur plus jeune âge par les moines, pourront aller à l’école, à plus de 200 km de là. Pour les parents, cela signifie des années de séparation : 10 ou 15 ans sans revoir leurs enfants. Ce départ est un déchirement et à la fois le seul moyen de sortir de la misère. Un choix difficile entre le désir de garder ses enfants près de soi et celui de leur offrir la chance d’un avenir meilleur.

          La route qui les mène à l’école passe par plusieurs cols à plus de 5000 mètres d’altitude, enneigés la majorité de l’année. Les plus petits ont à peine 4 ans, 11 ou 12 pour les plus vieux. La traversée dure 15 jours et se fera à pied ou à cheval, dans le froid et la neige. Aucun d’eux ne sait réellement ce qui l’attend de l’autre côté, s’il réussira dans la voie qui a été choisie pour lui. Pourtant, adultes comme enfants risquent leur vie dans cette traversée.

          Un très beau documentaire qui nous fait découvrir une région méconnue. Il est intéressant de voir ce rapport à l’éducation, conçue comme le seul moyen à la fois de sortir de la misère, mais aussi de conserver vivantes les traditions d’un pays en trouvant le moyen de les transmettre. J’ai trouvé surprenant que, contrairement à ce qui a été le cas en France du temps où les conditions de vie étaient sensiblement les mêmes, les parents préfèrent envoyer leurs enfants à l’école pour un résultat incertain, faisant ainsi un pari risqué, plutôt que de conserver la main d’oeuvre pour les travaux de la ferme. Aujourd’hui, le Zanskar se modernise peu à peu, une route est en train d’ être construite. Mais si les habitants vont gagner en confort et pouvoir sorti de leur enclave enneigée, cela menace leur culture qui risque de se noyer dans celles qui l’environne. Pour eux se pose aujourd’hui une question essentielle dans chaque société : comment allie tradition et modernité ?