Théâtre

Rain, un spectacle déroutant à Garnier

          Cette année, j’ai pris un programme théâtre et ballet un peu chargé, bien que j’ai déjà redistribué pas mal de pièces à mes amis faute de pouvoir y aller. Le premier ballet de la saison était Rain, à l’Opéra Garnier. J’avais visité l’opéra l’été dernier mais je n’y avais jamais vu de spectacle. Le lieu à lieu seul est impressionnant et vaut le déplacement ! Je n’y connais à peu près rien à ballet. J’ai fait un peu de danse classique et me suis empressée de tout oublier et j’ai vu somme toute assez peu de spectacles, ma culture reste donc entièrement à faire en la matière. Toutefois, tout le monde m’avait dit du bien de Rain, j’avais donc hâte d’en voir plus. Autant je suis assez à l’aise avec le classique, autant la danse contemporaine a tendance à me laisser plus perplexe et là, on est en plein dedans ! Pourtant, cette chorégraphie ne manque pas d’atouts.

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          Je ne suis pas la mieux placée pour vous parler d’un ballet n’étant pas experte en la matière mais je vais quand même vous livrer mon ressenti sur ce spectacle un peu particulier. Le décor est très épuré mais réussi je trouve. Les danseurs semblent évoluer sans logique sur la scène, courant d’un bout à l’autre pour un résultat très fluide qui rappelle l’eau qui coule. Moi qui suis adepte de « performance », elle m’a un peu manqué ici mais je ne peux nier que le résultat est hypnotique. Mais ce que j’ai adoré dans ce spectacle, c’est sa musique. Juste splendide. J’ai eu l’impression d’écouter pendant une heure le bruit d’un orage qui approche. C’était tellement beau ! D’ailleurs je crois bien que j’ai passé autant de temps à regarder l’orchestre jouer qu’à regarder les danseurs.

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          Si la technique ne m’a pas époustouflée – et bien que je n’aime pas spécialement les courses effrénées sur scène – il se dégage de cette chorégraphie beaucoup de grâce et de légèreté. Je ne sais pas si ça rappelle la pluie mais le bouillonnement sur scène est assez fascinant.  Le jeu des lumières est magnifique. Honnêtement, le résultat est un peu trop ensorcelant à mon goût, j’ai piqué du nez une ou deux fois. Ce n’est pas le genre de spectacle qui me touche le plus mais je l’ai tout de même trouvé très beau et assez intéressant. Il y a un moment où le message m’a semblé assez clair mais évidemment, j’ai oublié lequel en route. Peu importe au fond, il suffit de se laisser bercer par ce ballet atypique dont la musique déroutante m’a totalement conquise.

Théâtre

La colère du tigre, quand Monet et Clémenceau se confrontent

          « Un géant de la politique, Clémenceau et un géant des arts, Claude Monet, amis de longue date, passent quelques jours ensemble au bord de l’Atlantique. Deux caractères bien trempés, deux hommes à l’ironie célèbre, que l’âge n’a pas rendus plus sages. Monet a détruit des Nymphéas promis à l’Orangerie, une occasion pour le Tigre de piquer l’une de ses plus mémorables colères. »

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          J’ai toujours beaucoup aimé Monet qui est, sans originalité aucune, l’un de mes peintres préférés. Pourtant, bien qu’ayant vu de nombreuses expos et quelques documentaires lui étant consacrés, je ne savais rien de son amitié avec Georges Clémenceau. Ou alors j’ai oublié, c’est possible aussi. Quand j’ai entendu parler de cette pièce qui était consacrée à leur entretiens, avec Claude Brasseur en prime, j’ai forcément eu très envie de la voir. Comme ma maman était tout aussi tentée que moi, je me suis donc fait inviter. La première chose qui frappe, c’est la beauté du décor, à la fois relativement simple et sophistiqué. Sur scène : d’un côté un intérieur campagnard un peu caché, de l’autre une grande partie avec des accessoire qui figure l’extérieur. Par un jeu de projection sur une toile semi-transparente, on croirait voir un tableau de Monet, changeant au fil des heures. Une vraie merveille !

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          Les acteurs sont également exceptionnels. J’ai eu un peu de mal à m’y faire au début, peinant à entendre ce qu’il se passait sur scène, mais au fur et à mesure que la pièce avance, l’interprétation gagne en puissance. J’ai trouvé l’actrice qui joue l’amie de Clémenceau un peu en deçà de ses deux compères pendant la première moitié mais elle s’en sort finalement très bien. Quand à celle qui joue la bonne, elle est tout simplement géniale ! Quant au sujet, il est juste passionnant. Le texte revient sur un séjour de Monet chez Clémenceau où ils se sont empoignés au sujet des Nymphéas que Monet avait promis de livrer pour le musée de l’Orangerie, spécialement aménagé pour les accueillir, et qu’il ne finissait jamais. Autant vous dire qu’il y avait de la tension dans l’air…

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         J’ai beaucoup aimé cette pièce qui nous fait rentrer dans l’intimité de ces deux grands hommes et aborde des aspects de leur vie que je ne connaissais pas forcément. J’ai tout aimé dans cette pièce à la mise en scène très réussie. Voir deux grands acteurs jouer des rôles pareils est forcément un régal. Le décor est éblouissant et si je trouvais les places un peu chères, je dois dire qu’il justifie le prix à lui seul. J’ai adoré voir la lumière changer et le décor évoluer peu à peu, comme une succession de tableaux. Quant à la fin, je l’ai trouvée particulièrement émouvante. Une pièce magnifique à voir pour son sujet passionnant, ses acteurs mythiques et son incroyable décor.

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La colère du Tigre, de Philippe Madral

Mise en scène de Christophe Lidon

Avec Claude Brasseur, Michel Aumont, Sophie Broustal, Marie-Christine Danède

Théâtre Montparnasse

31 rue de la Gaîté, 75014 Paris

Du mardi au samedi à 20h30

De 18 à 54€ la place

Expositions

Les Mayas s’exposent au Quai Branly

          Le musée du Quai Branly propose toujours des expositions très intéressantes, cette fois, ce sont les mayas qui sont à l’honneur. J’ai toujours été fascinée par les civilisations qui ont érigé des pyramides alors qu’on sortait à peine de nos cavernes (j’exagère à peine). Et puis quand notre enfance a été bercée par Les cités d’or, on a forcément une certaine attirance pour les civilisations précolombiennes même si mes connaissances en la matière sont pour le moins sommaires et que j’ai une fâcheuse tendance à tout mélanger. C’était donc l’occasion d’améliorer un peu ma culture ma culture générale.

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          Nous avons fait cette exposition après avoir passé 2h à arpenter l’autre accrochage du moment, Tatoueurs Tatoués. Je dois avouer que je commençais à avoir mal aux pieds, et au dos, et à être fatiguée. Je n’étais donc pas dans des conditions optimales pour en profiter et je savais que je la ferai un eu au pas de course, quitte à revenir la voir plus tard si elle me plaisait vraiment. Je dois avouer que je n’ai pas été emballée-emballée… Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas lu touuus les panneaux mais seulement celui d’introductions puis ceux qui expliquaient des objets qui m’intriguaient ou qui concernaient des aspects qui me parlent plus que les autres comme l’écriture par exemple.

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          Je dois avouer que je n’ai pas trop accroché avec cette exposition. La fatigue et le temps déjà passé dans le musée ce jour-là sont doute en partie responsables mais tout de même, je n’ai pas été aussi subjuguée que je l’espérais. Il y a énormément de poteries dans cet accrochage. Certaines sont de toute beauté, extrêmement bien conservées avec des décors très fins et des couleurs incroyables. Toutefois, leur grand nombre finit par lasser un peu. Il  y a également beaucoup de statuettes, ce qui ne me passionne guère. Le résultat est assez monotone. Certaines pièces sont toutefois splendides, comme certains masques de jade. Malheureusement, ceux-ci apparaissant à la fin, je commençais à être moins disponible, d’autant plus que les gens se ruaient un peu dessus.

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          Malgré des aspects intéressants et quelques beaux objets vraiment magnifiques, j’ai eu du mal à rentrer dans cette exposition. Je suis assez fascinée par la finesse des sculptures et l’ingéniosité des mayas sur bien des points. Il est également intéressant de voir à quel point cette civilisation était évoluée, à travers son calendrier, ses jeux ou son écriture. Pourtant, j’ai eu le plus grand mal à me représenter leur mode de vie et ça m’a franchement manqué pour apprécier pleinement ce que je voyais. Je crois que j’aurais aimé plus de photos replaçant les objets dans leur contexte ou d’explications sur l’utilisation concrète des objets aux quotidien afin de mieux appréhender cette culture si riche et mystérieuse. Peut-être qu’en refaisant l’exposition avec plus de temps (et moins de monde), je me ferai une idée plus précise du mode de vie maya. Un sujet passionnant et de belles pièces pour une exposition qui m’a un peu laissée sur ma faim.

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Mayas

Musée du Quai Branly

37 quai Branly – 75007 Paris

Tous les jours sauf le lundi de 11h à 19 ou 21h

Plein tarif, 9€ exposition seule, 11€ avec les collections permanentes

Théâtre

Combat, une pièce choc

          L’histoire d’un homme qui a toujours envié la réussite de sa sœur et, quand l’occasion va se présenter, va tout faire pour la protéger, quitte à endosser une faute qui n’est pas la sienne.

          Puisque je m’étais lamentablement trompée de salle la première fois, je suis retournée voir Combat au Lucernaire et cette fois, je ne me suis pas ratée. Malgré la presse dithyrambique cette pièce, certes m’intriguait, mais ne me tentait pas des masses. Je dois avouer que j’ai été très agréablement surprise. Ce n’est a priori pas trop mon genre, le côté un peu absurde a tendance à me rebuter et l’introspection n’est pas franchement mon fort. Heureusement, l’univers de cette pièce s’étant bien au-delà de ça. C’est aussi une histoire de famille, d’amour, de doutes, d’échecs.

Crédit : Neige Cathelineau
Crédit : Neige Cathelineau

          J’ai trouvé qu’il y avait une violence incroyable dans cette pièce, comme je n’en avais sans doute jamais vu au théâtre. La proximité avec les acteurs ne fait que renforcer le sentiment de malaise pour un effet des plus poignants. C’est extrêmement bien joué. Ces personnages perdus, malheureux, désabusés qui se battent contre eux-même sont criants de réalisme et leur faiblesse est terriblement touchante. Je pense que c’est là la plus rendre réussite de cette pièce : nous faire croire en ses personnages imparfaits qui nous ressemblent un peu.

          Côté mise en scène, quelques bonnes idées également avec notamment un fond sonore très réussi qui crée une ambiance à part et contribue grandement à nous faire rentrer dans cet univers. Moi qui ai du mal avec les engueulades, j’ai été servie ! Mais si j’ai parfois été mal à l’aise, dans l’ensemble ça s’est bien passé. Cette pièce, très violente parfois, bouscule le spectateur dans ses habitudes et le sort clairement de sa zone de confort. C’est ce que j’ai apprécié. Au-delà du fait d’aimer ou non, on est confronté à quelque chose de différent. Une pièce que j’ai aimée pour sa force et son originalité. A voir !

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Combat de Gilles Granouillet

Mise en scène de Jacques Descorde

Avec Anna Andreotti, Astrid Cathala, Erwan Daouphars, Jacques Descorde

Le Lucernaire

53, rue Notre-Dame des Champs

75006 Paris

Jusqu’au 16 novembre

Théâtre

Roméo et Juliette déçoivent à Chaillot

          Comme vous avez pu le voir ici, mon programme culturel pour cette année est pour le moins chargé avec beaucoup, beaucoup de danse contrairement à mon habitude. J’ai d’ailleurs commencé la saison par un ballet que j’attendais avec impatience, Roméo et Juliette à Chaillot. J’y avais vu l’année dernière une formidable Cendrillon, drôle et inventive, qui m’avait donné l’envie de voir plus de danse, beaucoup plus de danse. J’espérais donc que la magie opérerait de nouveaux avec ce classique de la littérature maintes fois adapté et réadapté. La musique de Prokoviev, un de mes compositeurs préférés, ne pouvait que finir à me motiver à aller voir de qui il retournait.

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Crédits : Cécile Martini, Didier Philispart, Léo Ballani

          Je n’avais pas fait attention en regardant le programme que c’étaient des enfants sur scène – Josette Baïz et le groupe Grenade. J’avoue que ç’a un peu été le choc. Enfin, j’ai essayé de garder l’esprit ouvert (je dis bien « essayé »). Au début puis à plusieurs reprises, il y a des textes récités dont je n’ai pas bien compris d’où ils sortaient. Ensuite, c’est de la danse contemporaine. Comme pour beaucoup de choses, j’ai toujours été plutôt classique. D’autant là la mise en scène est très brouillonne : les rôles de Roméo et Juliette ne sont pas clairement définis et sont joués tour à tour par différents enfants. Il arrive même qu’il y ait plusieurs couples en scène en même temps. Je sais que le ballet ne peut pas être une illustration parfaite d’un texte, c’est toujours délicat, mais là, je n’ai RIEN retrouvé de Roméo et Juliette. Si je n’avais pas su de quoi il retournait, je n’aurais pas compris de quoi il s’agissait avant la scène finale. Et encore.

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Crédits : Cécile Martini, Didier Philispart, Léo Ballani

          Pour le reste, pas de décor à part de grands panneaux semi-transparents qui ne sont pas du plus bel effet si on n’est pas parfaitement en face et à hauteur de la scène et cachent les danseurs, c’est assez désagréable. Les costumes sont à peu près inexistants également et pas flatteurs pour deux sous. Finalement, ce qu’il y a de mieux dans cette mise en scène, ce sont encore les enfants qui dans l’ensemble, s’en sortent quand même assez bien. Certaines figures sont assez techniques mais ne sont pas du tout mises en valeur, perdues dans des tableaux qui apparaissent comme un peu confus. Rares sont les moments de grâce dans ce spectacle où souvent l’enchaînement entre les tableaux m’a semblé précipité. C’est vraiment dommage, la musique est tellement belle !

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Crédits : Cécile Martini, Didier Philispart, Léo Ballani

          Evidemment, dès qu’il s’agit d’enfants, tout le monde adore, les applaudissements ont donc été nourris. J’ai entendu des commentaires du style « la mise en scène est nulle, la danse pas terrible, mais c’était bien quand même non ? » Euh… si tout est nul je vois mal comment ça peut être bien… Ca m’a fait penser à un spectacle de fin d’année d’école de danse un peu plus élaboré que d’habitude. Je trouve quand même l’idée de donner à des enfants l’opportunité de danser sur de grandes scènes nationales très bonne (pour en savoir plus sur La belle saison avec l’enfance et la jeunesse, cliquez sur le lien). D’ailleurs, si je me suis ennuyée ferme tout au long de ce spectacle, je dois avouer que malgré une mise en scène très brouillonne que ces enfants s’en sortent plutôt. Une représentation décevante qui ne rend pas hommage aux classiques du ballet.