Expositions

Gustave Doré : l’imaginaire au pouvoir au Musée d’Orsay

          Gustave Doré est connu pour ses illustrations de textes célèbres dont ceux de Perrault, Dante ou Balzac. Mais l’exposition est l’occasion de découvrir les multiples autres talents du graveur : aquarelliste, peintre, sculpteur… C’est une oeuvre très variée que nous propose de découvrir le Musée d’Orsay à travers exposition consacrée à l’artiste.

bf361e919ee4540e9eb23a96f0a81b03

          Je tenais vraiment à voir cette exposition. Ayant fait des études d’édition, je connaissais bien sûr les célèbres gravures de Gustave Doré et j’étais enthousiaste à l’idée de les voir « en vrai ». Pourtant, j’avais du mal à imaginer ce qu’il pourrait y avoir d’autre qu’un grand nombre de gravures, ne connaissant pas d’autres aspects de l’oeuvre de l’artiste, et j’avais peur que ce soit un peu monotone. Finalement, c’est très loin d’être le cas ! J’ai beaucoup aimé cette exposition très riche et qui offre une incroyable variété. En effet, si Gustave Doré est connu pour ses gravures, c’est loin d’être le seul aspect de son travail et il a réalisé des choses extrêmement différentes, tant par le support que par les sujets abordés.

Le_cirque_de_Gavarnie_de_Gustave_01_1231

          L’étendue des talents de cet homme est assez impressionnante ! L’exposition est vaste et j’ai beaucoup apprécié de découvrir de salle en salle de nouveaux aspects de l’oeuvre de Gustave Doré. Bien sûr, ses nombreuses gravures sont très belles mais j’ai également apprécié certaines de ses huiles, avec quelques très belles scènes, et ses paysages, très lumineux. L’exposition est vaste et très intéressante. J’ai pris un grand plaisir à l’arpenter et je pense même la revoir avant qu’elle ne ferme pour mieux apprendre à connaître ce grand artiste dont tout le monde connaît les illustrations. Un très bel accrochage qui mérite largement le détour. 

LesSaltimbanques

Gustave Doré (1832-1883). L’imaginaire au pouvoir.

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’honneur

75007Paris

Du 18 février au 11 mai 2014

Du mardi au dimanche

11€

Théâtre

Ballet Revolucion

          La troupe cubaine de Ballet Revolucion mélange les styles entre la grâce du ballet, la sensualité des danses latines et l’énergie des mouvements contemporains. Un show unique sur des musiques actuelles revisitées qui a déjà fait le tour du monde.

Capture-236x342

chicas4          J’ai gagné deux places pour assister à ce spectacle grâce à Luzycalor que je remercie. Ca tombait à pic puisque justement, ce spectacle me tentait beaucoup et seul les tarifs me faisaient hésiter (comme souvent à Paris…). J’ai finalement bien fait d’attendre, jamais je n’aurais été aussi bien placée si j’avais pris les places moi-même : dans une loge tout devant, avec super vue sur la scène, l’idéal pour bien profiter du spectacle ! Autant vous dire que j’étais tout excitée à cette idée ! Une seule chose m’inquiétait un peu malgré toutes les critiques très positives que j’avais entendues, le mélange du ballet et du contemporain me laissait perplexe et je n’étais pas sure d’apprécier les musiques. Usher, Rihanna ou David Guetta ne sont en effet pas ma tasse de thé et je voyais mal ce que ça pouvait donner avec de la danse classique…

des-performances-incroyables

photo-by-Nilz-Boehme_BRE0228_N1          Mes craintes se sont vite envolées tant ce qui se déroule sur scène est fascinant ! Les tableaux sont vraiment magnifiques, même si dans la première partie il y a peut-être quelques longueurs. La musique, jouée par un orchestre sur scène, passe finalement très bien et le mélange de danse classique et contemporaine avec quelques accents de danses latines est aussi original que réussi. D’un morceau à l’autre, les univers sont très différents et j’ai beaucoup aimé cette variété. Dans ce type de spectacle, j’apprécie particulièrement les tableaux dans lesquels les danseurs sont très nombreux sur scène ; même si les solos sont nécessaires pour laisser la place aux figures les plus techniques, j’ai tendance à trouver que l’harmonie laisse une impression plus forte par l’énergie dégagée. L’équilibre entre le performance individuelle et collective est ici extrêmement bien dosée, ce qui est assez rare. Je n’ai vraiment rien à redire à ce spectacle tout y est impeccable, jusqu’à la plastique parfaite des danseurs qui vend du rêve à elle seule. Je n’hésiterai pas à prendre des places si la troupe repasse sur Paris. J’ai passé une excellente soirée avec ce Ballet Revolucion plein d’énergie et d’inventivité. Magnifique.

Expositions

Roman d’une garde-robe au musée du Carnavalet

          « Le chic d’une Parisienne de la Belle Epoque aux années 30 » ; cette parisienne c’est Alice Alleaume, première vendeuse de 1912 à 1923 chez Chéruit, 21, place Vendôme. Sa garde-robe, exposée ici, compte des robes venues de chez les plus grands couturiers et ses tenues ont inspiré ses contemporaines. Le musée du Carnavalet nous propose de les découvrir.

Roman d'une Garde-Robe

          Voilà une exposition qui m’intriguait (je l’ai vue au dernier moment, et j’ai tardé à vous en parler, elle est donc terminée à l’heure où j’écris cet article). Je n’y connais strictement rien en matière de mode mais j’apprécie généralement le style du début du siècle dernier, que je trouve élégant sans être trop sophistiqué. Un temps où les vêtements semblaient faits pour être portés, ce qui semble évident mais dont on peut parfois douter quand on voit la mode actuelle. Et puis j’aime beaucoup le musée du Carnavalet, ce qui faisait deux bonnes raisons d’aller voir de quoi il retournait.

7_12

          Pourtant, je dois admettre que je n’ai pas grand chose à dire de cet accrochage. Très vite, j’ai arrêté de lire le texte qui ne m’a pas passionné et est tout de même très présent (sur le mode de vie d’Alice, les couturiers de l’époque, les histoires de famille…). Je me suis donc contentée de regarder les pièces exposées. Certaines sont très belles mais la plupart sont assez abimées, ce qui a un peu réduit ma capacité d’émerveillement.

11_6

          Bien qu’il y ait de nombreuses pièces exposées, on en fait finalement assez vite le tour. Et j’ai été un peu déçue de ne pas me sentir plus concernée par tout ça. J’aurais aimé me sentir immergée dans l’univers de cette jeune femme et finalement, tout ça m’a laissée assez froide bien que certaines robes m’aient beaucoup plus. Une visite que j’ai trouvée agréable mais qui ne m’a pas passionnée autant que je l’aurais cru.

Théâtre

Benjamin Millepied : L.A. Dance Project 2 au Théâtre du Châtelet

          Ce printemps, le théâtre du Châtelet, offrait quelques représentations de danse contemporaine pour le 2° L.A. Dance Project avec Benjamin Millepied. L’occasion pour la novice que je suis de découvrir quelques créations contemporaines.

273147_l-a-dance-project-2-benjamin-millepied-paris-01

          Je dois avouer aller voir assez rarement des spectacles de danse. Bien qu’ayant vaguement pratiqué la danse classique, j’ai a peu près tout oublié et n’y connais donc pas grand chose – pour ne pas dire franchement rien. Pourtant, je trouve qu’un beau ballet comme une chorégraphie épurée peuvent être splendides et j’ai donc décidé de profiter de l’offre parisienne pour me cultiver un peu en la matière. Mon abonnement pour la saison quasi-complète des ballets à l’Opéra ne débutant qu’en septembre, j’ai donc commencé par un spectacle présenté par le Théâtre du Châtelet : 4 chorégraphies contemporaines originales présentées par la troupe de Benjamin Millepied, danseur et chorégraphe français amoureux de Los Angeles.

jp_6001

          Le spectacle commence par Morgan’s last chug d’Emanuel Gat, chorégraphie qui m’a laissée très très dubitative. Je me suis ennuyée ferme et n’y ai trouvé à peu près aucun intérêt : le tout me semblait très brouillon, ça commençait mal ! La suivante, Peripheral Stream, d’Hiroaki Umeda, ne m’a guère plus inspirée. Pourtant, elle n’était pas dénuée d’intérêt. Les danseurs évoluent sur et devant deux surfaces blanches sur lesquelles sont diffusées des rayures, zigzags et autres formes géométriques en noir et blanc. La « musique » est un grésillement qui varie d’intensité pour un résultat genre écran de télé agonissant. Ca a un côté assez captivant, créant des ombres plutôt esthétiques aux mouvements des danseurs. Malheureusement, si la mise en scène ne manque pas d’audace, il y a un côté très crispant qui gâche un peu le tout.

c_6001

          Fort heureusement, ce qui a suivi était autrement moins obscur. Closer, de Benjamin Millepied, est une chorégraphie de toute beauté. Il n’y a qu’un couple sur scène, vêtu de blanc, qui semble se chercher, s’apprivoiser et tourbillonne sur un air de piano dans un ballet hypnotique. Tout en légèreté et en délicatesse, un véritable moment de grâce qui méritait à lui seul le déplacement (et le prix de la place). On finit sur Murder Ballade, de Justin Peck, à la fois dynamique et colorée, une réussite. Finalement, malgré des débuts un peu laborieux, j’ai beaucoup aimé ce spectacle qui proposait des créations très différentes. Celle de Benjamin Millepied restera pour moi un grand moment. Vivement l’année prochaine pour voir quelles belles surprises il nous réserve.

Expositions

Van Gogh / Artaud, le sucidé de la société

          Le musée d’Orsay consacre ce printemps une exposition à Van Gogh et Artaud. L’un de mes peintres préférés et un grand homme de théâtre : je ne pouvais que sauter sur l’occasion et y suis allée dès son ouverture pour me délecter des œuvres parfois troubles de ces deux génies.

vincent-van-gogh-la-nuit-etoilee-sur-le-rhone1 van gogh painting

          Quand j’ai constaté que l’espace d’exposition du rez-de-chaussée était partagé entre les accrochages Van Gogh et Doré, j’ai eu un peu peur. Je me suis demandé si le contenu n’allait pas être un peu chiche. Il faut dire aussi que les expositions Van Gogh ont été nombreuses ces dernières années et que j’étais un peu méfiance face à cette frénésie autour de l’œuvre de ce peintre d’habitude plus rare. Mais très vite, mon appréhension a été balayée par la beauté des toiles et leur diversité.

94767057

          J’ai rarement vu dans une même exposition autant de provenances différentes ! Les toiles viennent du monde entier. La diversité est au rendez-vous avec aussi bien des tableaux célèbres que d’autres, moins connus. J’ignorais totalement l’existence de certains d’entre eux, dont une série sur les ponts des canaux arlésiens.

Vincent_Van_Gogh_0014

          L’idée de cette accrochage vient d’un texte qu’Antonin Artaud a écrit sur Vincent Van Gogh et intitulé « Le suicidé de la société ». Des passages de l’ouvrage sont repris dans l’exposition et mis en relation avec des toiles du peintre. Une confrontation originale et pour le moins intéressante. J’ai trouvé la vision qu’avait Artaud de Van Gogh extrêmement juste, même si elle est parfois surprenante. Quelques phrases magnifiques se dégagent et viennent tout particulièrement marquer le visiteur.

2698497_Van_Gogh_-_Cafe_Terrace_at_Night_-_image

          Quelques œuvres d’Antonin Artaud sont également exposées. Même si elles sont d’un intérêt mineur en comparaison des chefs-d’œuvre qu’elles côtoient, elles permettent de mieux connaître l’artiste. Aussi, ses dessins sont très tourmentés et on peut constater à quel point la frontière est mince entre la folie et le génie. Ainsi les démons de l’un semblent trouver un échos dans la folie de l’autre. Peut-être est-ce également là un des secrets de la finesse de l’analyse faite par Antonin Artaud. Avec sa grande variété de toiles et son angle d’approche original, cette exposition est sans doute la plus belle que j’aie vue consacré au maître hollandais : sublime.

vincent-van-gogh-champs-de-bles-sous-un-ciel-nuageux-vers-1

Van Gogh / Artaud, Le suicidé de la société

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, 21h45 le jeudi

11 €

334113_vincent-van-gogh-antonin-artaud-le-suicide-de-la-societe_retaille