Mes lectures

Le plus petit baiser jamais recensé – Mathias MALZIEU

          Quand un inventeur dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l’embrasse, la situation s’annonce compliquée. Surtout quand celui-ci a le coeur en miette à cause d’une bombe d’amour qui l’a quittée. Heureusement, un détective génial va l’aider à retrouver sa belle invisible à l’aide de son perroquet dressé pour retrouver les filles un peu trop jolies. Arrivera-t-il à les réunir ?

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          J’avais eu un véritable coup de coeur pour le premier roman de Mathias Malzieu, une plume parfois encore un peu hésitante mais une fraîcheur et une inventivité comme un bol d’air frais dans la littérature contemporaine. Son second roman, mieux construit et mieux écrit, avec pourtant un peu moins de charme mais confirmait largement l’énorme potentiel du charismatique chanteur de Dionysos. Et puis, le troisième roman avait rompu le charme (voir l’article que je lui avais consacré). Je n’y avais pas retrouvé la même poésie, pas la même profondeur derrière la légèreté des mots, il n’y avait plus cette fêlure que j’aime tant chez lui et le tout m’avait semblé plein de bons sentiments et au final assez indigeste. Alors, avant d’ouvrir celui-ci, moi qui suis si réticente face aux histoires d’amour, j’ai eu un peu peur de ne pas retrouver derrière la folie du scénario, cette éraflure qui faisait tout résonner et le faisait sortir du lot.

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          Dès le début, on retrouve l’univers complètement fou de Mathias Malzieu. On ne s’y étonne même plus de croiser une fille invisible et un homme qui promène son coeur brisé dans une boîte, ça fait partie du décor. Mais très vite, j’ai réussi à rentrer dans son drôle de monde, ce que je n’avais pas réussi à faire avec son précédent roman. Les images farfelues qu’il peint les unes après les autres, ne sont que l’expression très imagée de sentiments qu’on a tous ressentis un jour où l’autre et d’un coup, tout paraît tellement limpide, dit avec ces mots-là ! L’histoire est pleine de petites trouvailles et de jeux de mots souvent très bien sentis. Cette histoire d’un homme qui oscille entre deux amours est à la fois drôle et touchante et pose des questions essentielles sur ce que sont l’amour et le bonheur. On le suit avec plaisir dans ses doutes, ses questionnements, ses excentricités aussi. Un personnage aussi loufoque qu’attachant qui n’est pas sans ressemblance avec son auteur. L’histoire sent le vécu et ça lui réussit ! Mathias Malzieu nous livre ici un texte touchant, à la fois drôle et sensible. L’écriture est toujours aussi enlevée et le style atypique mais avec un petit surplus de maîtrise qui en fait ressortir toute la poésie. L’auteur nous livre ici son meilleur roman et confirme sa place parmi les jeunes talents littéraires sur qui il faut compter. Un univers tendre et décalée qui m’a laissée sous le charme. 

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Tu n’es pas obligé de ne plus avoir peur. Il te faut juste accepter de vivre avec tes angoisses et les siennes. Ne pas les ignorer sans pour autant te focaliser dessus. On en est tous là.

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Mi-humains mi-thermomètres au mercure fiévreux, nous regardions partout ailleurs que dans nos yeux.

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C’était une sensation étrange. Comme si je courais après un éternel été sans jamais voir le soleil qui poussait devant ma porte.

Mathias Malzieu

Le plus petit baiser jamais recensé 

Flammarion

157 p. – 17€50

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          Ce roman m’a été envoyé dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Flammarion (comme mes lecteurs assidus le savent, avec moi l’envoi d’un livre gratuit est pourtant bien loin de garantir une bonne critique !). Dans l’ouvrage, l’auteur invente un chocolat au goût de baiser : cacao et orange sanguine. Hugo et Victor, l’excellent duo pâtissier/chocolatier (dont je vous parlais ici), l’a réalisé pour l’occasion ! Et comme ils ne font pas les choses à moitié, les éditions Flammarion en ont envoyé une boîte pour accompagner le roman. Une fine coque en chocolat, un caramel d’orange sanguine et un coeur de meringue à la fleur d’oranger, le tout présenté dans les boîtes/carnets emblématiques de la marque. Un régal pour les yeux et les papilles ! Merci donc aux éditions Flammarion et à Hugo et Victor pour cette délicate attention ainsi qu’à Mathias Malzieu pour son roman qui se dévore comme une friandise.

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          Et pour finir, 5 exemplaires du Plus petit baiser jamais recensé contenant un ticket d’or ont été dispersés en librairie. Ceux qui auront la chance de les trouver ne rencontreront sans doute pas Willy Wonka (quoi que…) mais auront la chance d’assister à une lecture-concert privé. Vous avez jusqu’au 28 avril pour les débusquer !

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Mes lectures

La compagnie noire IV – Glen COOK

          Jeux d’ombres est le quatrième tome de la série Les Annales de la Compagnie Noire. Un univers fantasy loin des sentiers battus et totalement addictif. Une fois que vous y aurez jeté un oeil, vous ne pourrez plus vous en passer. Verdict sur la lecture de ce quatrième volet.

          A la fin du troisième tome, on avait laissé la Compagnie Noire divisée et mal en point après une lutte acharnée contre des forces obscures. Avec ce quatrième opus, une nouvelle aventure commence (la série est divisée en plusieurs cycles et ici débute le deuxième). La troupe s’est sérieusement réduite et part à la recherche de ses lointaines origines. Un chemin qui va bien sûr s’avérer rempli d’embûches parfois pour le moins… inattendues ! J’avais un peu peur que ce changement de quête fasse perdre de son souffle à l’histoire. En effet, pas simple de finir un cycle haletant et de faire aussi bien avec le suivant ! C’est pourtant un pari des plus réussis ! Les personnages ont évolué, ils ont vieilli et préfèrent autant que possible éviter le combat, lui préférant la ruse (ou parfois la simple paresse…). Ce changement leur va bien, ça leur donne un charme nouveau et un côté bougon assez délectable.

          On sort ici complètement du célèbre combat forces du Bien/forces du Mal (où déjà les deux camps s’avéraient aussi retors l’un que l’autre), et notre compagnie se retrouve bien seule face à la quête de ses origines. Les dangers qu’elles devra affronter ne disent pas leur nom : bandits de grands chemins ou anciens ennemis à la rancune tenace, le chemin ne va pas s’avérer de tout repos… Comme les précédents, ce livre se lit d’une traite. On dévore ces nouvelles aventures dans un genre un peu nouveau. La plume de Glen Cook est un bonheur : des pires grossièretés au langage le plus soutenu, tout y passe, et toujours parfaitement à propos, pour notre plus grand plaisir ! Les péripéties s’enchaînent à un rythme soutenu et nombreux sont les nouveaux personnages qui viennent amener du sang neuf, pendant que les anciens gagnent encore en épaisseur psychologique. Bref, une série qui continue excellemment sur sa lancée et s’avère toujours aussi réjouissante. Loin des sentiers battus, une saga fantasy hyper prenante au style léché et aux personnages travaillés. On ne s’ennuie pas une minute et on n’a qu’une hâte : lire la suite !

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Rien ne saurait être plus irrationnel et aveugle – et godiche – qu’un homme empêtré dans une passion obsessionnelle.
Les femmes semblent moins bêtes. On les prétend plus faibles. Mais on prétend aussi qu’elles se transforment en harpies quand elles sont frustrées.

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Peut-être quelqu’un viendra-t-il avant que j’y passe? J’en ai tellement marre que j’aimerais voir arriver même quelqu’un de l’autre camp. Saloperie de flèche. Achevez-moi. Qu’on en finisse.

Mes lectures

Pablo, T2 : Apollinaire – Clément OUBRERIE et Julie BIRMANT

          Dans le 2° tome de cette BD retraçant la vie de Pablo Picasso, le peintre croise la route du poète Guillaume Apollinaire. Avec toujours Max Jacob à ses côté, il continue sa découverte de la vie parisienne auprès de Fernande et fait la rencontre des premiers collectionneurs à s’intéresser à ses toiles.

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          J’ai reçu cette BD dans le cadre de « La BD fait son Festival », partenariat organisé par Price Minister. Le principe est simple, une BD issue de la sélection 2013 du festival d’Angoulême en échange d’une critique. Je me suis bien sûr empressée de postuler et ai jeté mon dévolu sur cette BD qui me semblait passionnante ; avec toutefois le vague regret que ce ne soit là que le tome 2… J’aurais voulu lire le tome 1 avant mais malheureusement, ma librairie ne l’a pas reçu aussi vite que je l’aurais souhaité et je ne voulais pas trop différer cette lecture (d’autant que j’en ai pas mal qui m’attendent…). Une fois n’est pas coutume, vous aurez donc la chronique du tome 2 avant celle du tome 1 !

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          J’avais un a priori très positif sur cette BD. Je ne suis pas une inconditionnelle de Pablo Picasso (loin s’en faut !) mais sa vie fut palpitante et ses rencontres aussi variées qu’enrichissantes. Sans compter que l’époque fait tout de même rêver d’un point de vue artistique ! Si j’ai regretté de ne pouvoir la commencer par le début, cette histoire peut toutefois se prendre en route, chaque tome étant construit autour d’une rencontre particulière. Toutefois, je vous recommande de ne pas suivre mon exemple et de commencer par le commencement ; les titres suivent un ordre chronologique et il est donc beaucoup plus simple de les lire dans l’ordre pour s’y retrouver ! Ce deuxième opus a donc pour sous titre « Apollinaire » mais si le poète fait bien des apparitions fréquentes dans ces pages, le choix du titre m’a paru quelque peu racoleur, en effet, c’est plutôt Fernande qui est au centre de l’histoire. Un titre un peu traître donc mais assez malin : en effet, quoi de plus vendeur que de mettre côté à côte deux noms si prestigieux ?

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          Passons à présent aux choses concrètes. Le type de dessin me touche moyennement, un rien trop « brouillon » à mon goût, j’ai tendance à préférer les traits plus francs (mon amour du classicisme, toujours). Toutefois il s’en dégage une énergie certaine et il traduit bien l’esprit bohème qui règne dans le milieu artistique de l’époque. Sans compter que l’aspect moderne du trait colle bien avec l’univers de Picasso, qui est alors en pleine recherche de son style. Un choix judicieux donc, qui retranscrit bien l’ambiance qui pouvait régner dans l’atelier du peintre. En revanche, le choix des la police texte m’a laissée perplexe. Elle reprend un style manuscrit en mode pattes de mouches qui est parfois à la limite du lisible. Ca a certes son charme, le côté spontané, tout çaaaaa, mais ça a  quand même légèrement gâché mon plaisir. Si les éditeurs pouvaient calmer cette mode du « écrit main » pour quelque de plus sobre, ce serait pas mal. Un texte clair c’est bien aussi !

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          Si cet aspect pas tout à fait assez carré m’a un peu gênée pendant les premières pages, je m’y suis peu à peu habituée (bien obligée si je voulais continuer ma lecture) et surtout, je me suis vite laisser prendre par l’histoire, oubliant un peu les légers désagréments dus à la mise en forme. En effet, l’histoire reste forcément intéressante ! On découvre l’univers de Picasso dans ses jeunes années, alors qu’il était encore inconnu et fraîchement débarqué à Paris. On peut y déceler les prémices de sa personnalité qui se fera de plus en plus excentrique. Un univers vraiment prenant dans lequel on prend plaisir à déambuler. Le troisième et dernier tome sortira le 26 avril. L’histoire reste donc concentrée sur jeunes années du peintre, ce qui permet de se concentrer sur les contradictions de l’homme plus que sur sa vision artistique. C’est ce qui fait d’ailleurs tout le charme de cette série ! Une BD très intéressante qui prend le temps pour poser ses personnages pour nous dévoiler un Picasso méconnu, loin des idées reçues. J’ai hâte de lire la suite !

Un grand merci à Price Minister pour cet envoi. Et puisqu’il fallait noter cette lecture, je lui attribuerait la note de 16/20.

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Chroniques de la haine ordinaire – Pierre DESPROGES

          Le recueil des célèbres chroniques radiophoniques de Pierre Desproges. « Entre autres sujets de raillerie où je me suis plu à vautrer mon ignominie congénitale au fil de ces pages, le cancer, les cancéreux, les cancérologues et les gaietés de l’escadron métastatiques venaient bien sûr en bonne position. »

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          Tout le monde a déjà entendu au moins une fois un bon mot issu de la plume acérée de Desproges. Pas de sujet tabou, tout est bon pour exercer son humour décapant. Il a tenu des années durant une chronique radio matinale dans laquelle tout le monde en a pris pour son grade. Bien que n’ayant pas connu ses chroniques et ne les ayant jusque-là jamais lues, j’étais plus d’une fois tombée sur ses traits d’esprits caustiques, à des occasions diverses et variées. Cette lecture s’annonçait donc des plus vivifiantes.

          Malheureusement, mon enthousiasme a vite été douché par la réalité. Certes, Desproges a un humour grinçant qui s’avère par moments assez jouissif mais comme toutes chroniques quotidiennes, elles sont de qualité inégale. Sans compter que les sujets d’actualité ont la fâcheuse tendance à vieillir. J’ai trouvé que dans l’ensemble, on tombait quand même souvent dans l’humour facile voire de mauvais goût. Au final, il y a certes quelques piques assez bien senties mais ça ne suffit pas vraiment à faire un ensemble convaincant. Ca se confirme une fois de plus, on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde…

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Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire « Bonjour à tous», j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

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Si les hommes font moins de conneries en février, c’est parce qu’ils n’ont que vingt-huit jours.

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Au paradis on est assis à la droite de Dieu. C’est normal, c’est la place du mort.

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14 – Jean Echenoz

          1914, le début de la guerre. Cinq hommes du même village partent au front. Une femme attend le retour de deux d’entre eux. Mais quand seront-ils de retour ? Rentreront-ils seulement ? Mais la guerre ne tue pas seulement les hommes, elle les abîme aussi. 

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          De Jean Echenoz, je n’avais lu que Je m’en vais qui, bien que de lecture agréable, ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Toutefois, devant tout le bien qu’on a pu dire de ce nouveau roman, je me suis lancée dans cette lecture avec plaisir. Je n’ai guère apprécié les premières pages, dont j’ai trouvé le style un rien pesant. Fort heureusement, très vite, cela s’arrange et gagne en légèreté. L’histoire ne se perd pas en détail inutiles et la vision de la guerre qui y est proposée est très intéressante. En effet, celle-ci y est vue de l’intérieur, par les expériences des personnages. Le récit est moins sombre qu’il y paraît, l’amitié venant compenser un peu l’horreur des tranchées, le quotidien prenant quelque peu le pas sur la peur. Dommage que la fin vienne un peu couper ce bel élan et ne soit pas à la hauteur du reste. Si ce roman ne me marquera sans doute pas durablement, j’ai beaucoup apprécié son ton surprenant et son regard inhabituel sur la guerre. Un petit livre qui mérite le détour.

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Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n’est-il pas la peine de s’attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n’est-il d’ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d’autant moins quand on n’aime pas tellement l’opéra, même si comme lui c’est grandiose, empathique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui ça fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c’est assez ennuyeux.