En ce moment en vacances à la montagne, j’ai profité d’un des rares rayons de soleil de ce mois d’août pour aller ramasser des myrtilles. J’espérais pouvoir partager avec vous une super recette de tarte, clafoutis ou autre mais les touristes nous avaient devancées et il ne restait pas grand chose. A défaut d’une belle cueillette, j’ai donc ramené de cette escapade quelques photos que voici.
Detective Dee 2 : La légende du Dragon des Mers
Film d’action, aventure, arts martiaux hongkongais de Tsui Hark avec Mark Chao, William Feng, Carina Lau, Angelababy
Après que la flotte royale ait été attaquée par un dragon des mers, Dee se retrouve à enquêter avec un jeune magistrat. Mais il devra également empêcher l’enlèvement de la courtisane Yin dont la beauté éblouit la ville entière. Deux enquêtes entremêlées qui vont lui donner bien du fil à retordre.
J’avais vu lors de sa sortie le premier opus de Detective Dee. Je dois avouer que j’avais été déroutée par ce film aux nombreuses références dont j’ignorais tout, au point de ne savoir qu’en dire. Voilà que le même problème se pose de nouveau avec le second volet. Je suis très bon public pour ce type de films, pourtant, si j’ai regardé celui-ci avec plaisir, j’ai parfois eu l’impression de manquer de références pour bien le comprendre (un peu moins que dans le premier tout de même, je dois bien l’admettre). J’ai souvent eu le sentiment de rater quelque chose ou de ne sans doute pas apprécier au mieux certains aspects. Je vais donc faire au mieux pour essayer de démêler un peu tout ça…
La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est l’omniprésence de la 3D. Je ne suis absolument pas une adepte de cette technologie que je juge dans l’ensemble totalement inutile. Ici, j’ai trouvé qu’elle avait sa place, donnant du relief tant au décors qu’aux scènes de combat. Ces dernières semble gagner une dimension supplémentaire (ce qui est effectivement le cas vous me direz) et le réalisateur use et abuse d’effets spéciaux pour les rendre plus impressionnantes et surprenantes à la fois. En revanche, si pour une fois j’ai trouvé la 3D employée à bon escient, j’ai également eu l’impression par moments qu’elle donnait un côté un peu « carton-pâte » au décor qui est…surprenant. Je n’arrive pas vraiment à déterminer si c’est parce que quelque chose cloche dans la manière de l’utiliser, si elle est parfois d’une qualité douteuse, ou si c’est parce que c’est moi qui ne suis définitivement pas assez habituée.
L’histoire m’a semblé moins construite que dans le premier mais peut-être n’est-ce qu’une impression. La débauche de péripétie rend la trame un peu brouillonne et tend à faire oublier l’idée de départ. Etrangement, ça ne m’a guère dérangée tant j’étais prise par l’histoire. Elle ne m’en a d’ailleurs pas paru particulièrement moins efficace même s’il y a un moment au milieu où j’ai décroché. Il faut bien admettre que le surnaturel et moi ne sommes pas très amis et les histoires de dragons m’ont un peu perdue. Mais finalement, cet égarement fut passager et je suis vite intéressée à la suite de l’histoire, toujours aussi riche en rebondissements. C’est dans ce genre de passages qui me déroutent un peu que je me demande chaque fois si ça ne fait pas référence à une légende chinoise dont j’ignorerais tout et qu’un public asiatique comprendrait immédiatement. Inutile de vous dire que je n’ai toujours pas trouvé la réponse. Vous remarquerez que ça fait quand même beaucoup de points sur lesquels je me sens incertaine pour un seul et même film.
Toutefois – et là je n’ai aucun doute – j’ai trouvé qu’il y avait des scènes magnifiques. Comme souvent dans le cinéma asiatique, il y a beaucoup de jeux de ralentis que j’ai trouvé dans l’ensemble très maîtrisés. Les combats sont aussi assez impressionnants avec quelques petites originalités qui n’étaient pas pour me déplaire. Il y a également une forme d’humour très appréciable chez le personnage de Dee qui semble à la fois invincible et en décalage avec total avec ses collègues. On frôle parfois le ridicule tant certaines scènes sont improbables mais une seule m’a semblé totalement absurde, les autres demeurant toujours étrangement belles et fascinantes. Les costumes comme les décors sont impressionnants et les références historiques nombreuses. Le personnage de Dee est d’ailleurs inspiré d’un magistrat qui a réellement existé durant l’époque Tang. Tout semble démesuré et tend au grandiose dans ce film, y parvenant assez bien sans rien perdre de sa légèreté. Un bon divertissement qui bouscule nos habitudes de spectateur occidental et m’a fait passer un très agréable moment.
La vérité sur l’affaire Harry Quebert, un roman (trop ?) ambitieux de Joël Dicker
Après avoir connu un premier succès immense, Marcus Goldman jeune écrivain à succès, connaît les affres de la page blanche. Son éditeur le presse de lui fournir un nouveau roman et il voit arriver l’échéance sans avoir écrit la moindre ligne. Quand son ami Harry – son ancien professeur et écrivain de talent – est accusé du meurtre d’une jeune femme disparue 30 ans auparavant, il est convaincu de son innocence. Il décide alors d’aller sur place découvrir ce qu’il s’est passé et rétablir la vérité.
J’avais énormément entendu parler de ce roman qui a eu le Grand Prix du roman de L’Académie Française et le Goncourt des lycéens en 2012. Deux distinctions qui sont souvent synonyme de qualité. Pourtant, il semblait que si beaucoup avaient adoré et n’avaient plus pu refermer ce livre une fois entamé, une minorité l’avait trouvé mal écrit et au fond assez insipide. Connaissant ma tendance à être à contre-courant du plus grand nombre, je craignais un peu de faire partie de la deuxième catégorie et j’ai repoussé ma lecture un certain avant de finalement me décider à m’y mettre cet été dans une envie à la fois de lecture pas trop difficile et de gros pavés. Je dois bien avouer qu’au début, je n’ai trop su que penser de ce roman – et n’ai d’ailleurs jamais vraiment réussi à me décider…
L’écriture ne m’a pas parue catastrophique du tout, mais pas bonne non plus. Juste plate. Enfin, dans le meilleur des cas car plus on avance, plus les clichés s’empilent et les dialogues deviennent insipides. Je n’en pouvait plus d’entendre Harry appeler la jeune fille dont il était amoureux « Nola chérie ». J’ai trouvé qu’il y a avait entre eux un manque total de naturel. Mais bon, dans l’ensemble, mis à part certains passages qui m’ont un peu agacée, j’ai trouvé que si le style n’était pas exceptionnel, il n’était pas non plus particulièrement plus mauvais qu’un autre. Facile à lire, il a par moments même un côté assez accrocheur. L’histoire est quant à elle plus prenante, même si elle n’est pas exempte de défauts.
J’ai trouvé que l’énorme point faible de ce roman, ce sont ses femmes. En effet, toutes celles qu’on y croise semblent hystériques, idiotes, voire les deux. Pas une ne m’a été franchement sympathique, elles sont plus caricaturales et imbuvables les unes que les autres. Je redoutais chaque apparition de la mère de Marcus dans le roman tellement je la trouvais hérissante. Sinon, dans l’ensemble, l’ouvrage est très influencé par la littérature américaine et ça se sent ! Là aussi, l’hommage manque parfois un peu de finesse et j’ai eu l’impression dans certains passages que l’auteur empilait ses connaissances du pays par besoin de prouver quelque chose plus que par nécessité pour l’histoire. Un défaut que l’on retrouve souvent chez les jeunes auteurs, ce besoin de tout dire, la volonté tout mettre dans un grand roman, qui finalement le dessert par manque de sobriété et de maîtrise.
Heureusement, malgré des rebondissements parfois un peu improbables, j’ai trouvé l’histoire prenante et j’avais réellement envie de voir comment ça finissait, ce qui fait que j’ai lu ce roman assez vite. Et même si j’ai parfois trouvé l’écriture maladroite et que certains passages m’ont agacée, dans l’ensemble, j’ai trouvé que ça se lisait très bien. D’autant plus que le style colle assez bien au genre choisi par l’auteur. Certains n’ont pas aimé les conseils sur l’écriture intercalés entre chaque chapitres. Pour ma part, j’ai trouvé qu’ils étaient dans l’ensemble assez juste et donnaient une vraie identité à ce roman. Moi qui suis habituellement plutôt tatillonne (enfin, c’est ce qui se dit en tout cas…), je n’ai pas un instant songé à tenir rigueur à l’auteur de ne pas complètement arriver à les appliquer lui-même. Je trouve déjà que l’effort est louable. Un roman très ambitieux dont le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur par manque de maturité sans doute. Si le style est parfois un peu bancal, il reste dans l’ensemble agréable et sert une histoire prenante pour un résultat mitigé mais somme toute assez réussi.
Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer.
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Deux choses donnent du sens à la vie : les livres et l’amour.
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L’amour, c’est très compliqué. C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l’amour, c’est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C’est pour ça que souvent, on pleure après.
La pâtisserie des rêves par Philippe Conticini
Depuis quelques années, on entend parler partout de Philippe Conticini comme faisant partie des meilleurs pâtissiers du moment. Il est réputé pour la subtilité de ses réalisations et le nom de son enseigne « La pâtisserie des rêves » me donnait terriblement envie de découvrir son univers de plus près.
Une des boutiques parisiennes de Philippe Conticini (il possède 6 points de vente, tous situé à Paris) fait également salon de thé et c’est dans celle-ci que j’avais prévu de me rendre pour un goûter. Malheureusement, elle n’est ouverte que 4 jours par semaine – dont un réservé aux enfants – et semble prise d’assaut par les gourmands. Et puis elle est dans le 16° arrondissement, qui est loin d’être mon favori… Il faut donc s’y rendre exprès, sans être sûr de trouver une table libre, dans un quartier de Paris qui ne m’inspire guère. J’ai donc repoussé plusieurs fois ma visite (d’autant plus que je voulais attendre ma maman) et ai fini par tomber par hasard sur la boutique du centre commercial Beaugrenelle avant de m’être décidée à me rendre à son salon de thé. Inutile de vous dire que j’ai sauté sur l’occasion !
Le monsieur est célèbre pour ses choux et sa propension à revisiter les classiques, notamment le mille-feuille et le Paris-Brest. J’avoue que ce ne sont pas mes pâtisseries préférées, ayant tendance à leur préférer des choses plus originales et/ou plus légères. Toutefois, il propose également quelques créations plus personnelles dont le Grand Cru Vanille. La boutique est très moderne et lumineuse et les gâteaux y sont présentés comme dans un écrin. 3 gâteaux me tentaient particulièrement, celui à la vanille sus-cité, un aux fruits exotiques il me semble, et la tartelette à l’orange. J’ai finalement opté pour cette dernière. J’aime beaucoup les tartes au citron et je me suis dit que ça me changerait un peu tout en me permettant d’avoir des points de comparaison.
A la première bouchée, j’ai été légèrement déçue, j’ai trouvé ça presque fade, je m’attendais à quelque chose de plus explosif en bouche. Côté texture en revanche, rien à y redire, tout est absolument parfait : la pâte légèrement craquante qui fond dans la bouche et la garniture crémeuse à souhait sans être lourde Sans compter la belle couleur orange qui donne envie de croquer dedans ! Et puis, bouchée à après bouchée, les saveurs se sont révélées et ce que j’avais pris pour de la fadeur s’est révélé être un incroyable équilibre qui met un peu de temps pour donner toute sa mesure. Le goût n’étant pas trop prononcé – et le dessert assez peu sucré, ce que j’apprécie particulièrement – les saveurs se dévoilent au fil de la dégustation pour une sensation de légèreté. Alors qu’à la première bouchée je n’avais presque rien senti, j’ai eu un léger goût d’orange en bouche très agréable longtemps après la dégustation. Une pâtisserie en apparence classique d’une grande finesse, aux notes aussi complexes que subtiles. La pâtisserie des rêves porte bien son nom. Du grand art.
par Philippe Conticini
Compter 5 à 7€ pour un gâteau individuel
Salon de thé 111 rue de Longchamp – 75016 Paris
Les indomptées, une fresque familiale touchante de Nathalie Bauer
Nathalie, Julienne et Gabrielle sont trois vieilles dames issues d’une même famille – deux sœurs et leur cousine – qui tentent ensemble de sauver le domaine familial. Leurs déboires sont l’occasion d’évoquer le passé et la vie de leur aïeux pour un roman qui jongle entre passé en présent.
Ce roman est un de (très) rares que j’ai reçus des éditeurs pour la rentrée littéraire. Si j’avais demandé les 2 autres qui me sont parvenus, je n’avais pas retenu celui-là dans ma sélection. A la lecture de la 4° de couverture, l’histoire m’a semblé plutôt intéressante mais ça ne me paraissait pas trop être mon genre de littérature, j’étais donc un peu méfiante en entamant ma lecture. Pourtant, je dois avouer que j’ai été agréablement surprise. L’écriture est limpide mais jamais simpliste et même au contraire aux formulations assez recherchées, rendant ce roman très agréable à lire. L’histoire quant à elle est intéressante avec une partie qui se passe de nos jours et une autre (qui a ma préférence, je dois l’admettre) au début du siècle dernier, avec l’arrivée de la guerre et la difficulté de reconstruire après.
J’avais un peu peur d’un côté « régionaliste » trop marqué. Au premier abord, le livre m’a un peu fait penser à ceux que pouvait lire ma grand-mère sur le terroir ou la vie paysanne et dont le style un peu vieillot ne m’enchante guère. Pourtant ces sujets-là m’intéressent assez et je suis contente de trouver de temps en temps un roman qui sort un peu du lot. Ici le thème est abordé avec beaucoup de finesse puisque chacun des personnages semble avoir un attachement différent au domaine familial et un lien particulier avec ses racines. J’ai trouvé que cette pluralité permettait un point de vue global très intéressant sur la question. Le terroir est constamment présent sans que le trait ne soit jamais trop appuyé : il est en toile de fond, sert de décor aux histoires de chacune et, à travers le domaine, sa sauvegarde est l’enjeu principal du récit. Une manière un peu détournée de présenter les choses qui les rends plus légères et que j’ai appréciée.
Les trois figures principales du livre – inspirées de la famille de l’auteur – sont des personnages forts qui ont eu des vies assez remarquables quoique très dissemblables. La maison qui les a vues naître semble être la seule chose qui les unit. On découvre aussi à travers elles l’histoire de toute une famille, des femmes mariées à la ville, des hommes partis à la guerre, des naissances et des décès. La vie en somme. J’ai beaucoup aimé que le récit soit constellé de photographies en noir et blanc qui permettent de donner un visage à ces hommes et ces femmes qu’on suit pendant près de 500 pages. J’ai trouvé cela touchant même si la vie des grands propriétaire me parle bien moins que celle des « petites gens ». J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, en particulier avec les passages qui se déroulent au début du XX° siècle. Les autres m’ont un peu ennuyée parfois et je trouve presque qu’on aurait pu s’en dispenser. Une lecture que j’ai appréciée pour la clarté de son style et sa belle histoire qui traverse les décennies. Mais cette saga familiale est surtout un très bel hommage à cette famille comme on aimerait pouvoir en rendre à la nôtre.
Tout récit étant subjectif par nature et ne proposant qu’une version de la réalité, autant valait raconter les épisodes tels qu’ils auraient « dû » se produire si les êtres avaient été dotés d’un peu plus de poésie.
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Alors elle se demanda si c’était cela, la vie. Si c’était là ce qu’elle faisait : vous rattraper au moment où vous ne croyiez plus à rien et vous saisir, vous soulever, vous porter. Et l’attirance – l’amour peut-être -, c’était cela aussi ? Non un envoûtement, une palpitation du cœur, une pulsation de toutes les veines, mais le calme, l’assurance d’un horizon libre, d’une route aplanie, d’un voyage confortable ?
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La mort agissait souvent dans les familles comme une réaction chimique, révélant les conflits latents, faisant exploser le mélange détonant. Quelques gouttes mal dosées, et voilà qu’était anéantit le travail d’une ou plusieurs vies.


















