Bars, restaurants

Un déjeuner chez Lenôtre

          Perdues dans le quartier des Champs-Elysées à l’heure du déjeuner avec l’envie de se faire un bon restaurant, après moult détours, nous avons finalement atterri chez Lenôtre. Verdict. 

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          L’adresse ne propose pas de menu et les tarifs sont sans surprise assez élevés. A la carte, les plats proposés sont plutôt classiques. Nous avons opté pour du cabillaud au caviar d’aubergine et de la volaille accompagnée d’une tartelette aux légumes. Le poisson était très peu copieux, pour la volaille en revanche, les quantités étaient plus raisonnable. Et surtout elle était terriblement moelleuse ! Je n’avais jamais mangé un filet de poulet aussi bon ! Les desserts sont plus tentants les uns que les autres. Nous avons choisi un soufflé glacé à la fraise et du riz au lait à la cerise. Les deux étaient très bons. Mon riz au lait était particulièrement original et j’en aurais bien mangé une deuxième assiette.

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          Le service est très aimable et pas trop guindé, contrairement à la clientèle très bourgeoise. Le lieu est agréable avec une grande verrière et une terrasse pour profiter du soleil aux beaux jours. Même si l’addition est un peu salée, la cuisine est de qualité, classique mais impeccablement réalisée. Les desserts surtout méritent le détour. Le rapport qualité-prix n’est pas exceptionnel et les quantités sont un peu chiches mais côté qualité, il n’y a rien à y redire. Je n’irai peut-être pas jusqu’à vous conseiller d’aller vous y ruiner mais l’adresse est tout de même agréable.

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Café Lenôtre

10, avenue des Champs-Elysées

75008 Paris

Mes lectures

Aurora, Kentucky : une belle chronique de l’Amérique puritaine des annes 30 par Carolyn D. Wall

          Aurora, Kentucky, 1938. Olivia tient seule l’épicerie héritée de son père. Sa vie se partage entre son travail, son petit-fils – William, sa mère à moitié folle et les loups qui peuplent les collines. Dans un société profondément raciste, ses liens avec la communauté noire vont lui attirer des ennuis bien plus graves que ce qu’elle aurait pu soupçonner.

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          J’ai reçu ce livre dans le cadre du Swap organisé par Critéïne et réalisé avec Ashtray Girl. J’ai été très contente de le trouver dans mon colis car la quatrième de couverture me faisait vraiment envie. Je me suis donc lancée rapidement dans la lecture de ce roman et je n’ai pas été déçue ! Dès les premières pages, j’ai été accrochée par cette histoire. Le style, sans être exceptionnel, est très agréable. Une écriture plutôt simple mais efficace et qui dégage une impression de force qui colle parfaitement aux dures conditions de vie décrites. J’ai trouvé les personnages très attachants, leur psychologie est riche, ce qui donne une certaine épaisseur au roman. Chacun a ses petits défauts qui le rendent terriblement humain. Et bien sûr, quand on aime les personnages, on a envie de connaître leur histoire. Des gens simples au grand cœur qui vivent dans le dénuement et sont plein de bon sens : quelque chose qui me touche toujours.

          Le roman se construit autour de la relation de cette grand-mère à son petit-fils qui est très forte et touchante. Le personnage d’Olivia est particulièrement charismatique. Une femme forte, peu portée sur le sentimentalisme et qui semble hermétique aux préjugés de l’époque, ce qui n’est pas sans lui attirer bien des ennuis ! Les questions du racisme ou de la place des femmes sont abordées avec une certaine finesse. Absorbée par les problèmes familiaux et les soucis du quotidien d’Olivia et William, je n’ai pas saisi d’autres aspects de l’histoire avant les derniers chapitres, ce qui fut une excellente surprise. J’aimais déjà beaucoup ce roman qui m’apparaissait comme un beau texte intimiste mais il est en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît et offre une intéressante critique de l’Amérique des années 30. Ce livre m’a très agréablement surprise. J’ai pris un grand plaisir à cette lecture et je ne l’ai refermé qu’à regrets. Une belle découverte. 

Belew's Dairy Bar

Je suppliai Dieu de me laisser manger des tripes sans vomir, de m’aplatir le nez et de me donner des cheveux crépus. Je l’implorai au nom du carré de pommes de terre, avec ses plants retournés et ses pédoncules caoutchouteux. Je l’implorai au nom des tomates vertes et des concombres en tranches, des courgettes et des pastèques macérées. Au nom du révérend Timothy Culpepper, je priai pour être noire. Yessir. Amen.

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Il se passe quelque chose quand je me retrouve seule. Sans autre regard pour renvoyer le mien, un grand doute m’assaille et, dans ces moments-là, je me demande même si j’existe.

Cinéma

La crème de la crème

Comédie dramatique française de Kim Chapiron avec Thomas BlumenthalAlice IsaazJean-Baptiste Lafarge

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          Et si les lois du marché s’appliquaient aux relations amoureuses ? C’est la théorie que comptent bien expérimenter Dan, Kelliah et Louis, étudiants dans une prestigieuse école de commerce. Tout se vend et tout s’achète mais dans quelle limite ?

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           A priori, ce film n’est pas exactement le style que j’affectionne mais j’étais curieuse de voir ce que ça pouvait donner. La jeunesse dépravée est un sujet assez fascinant même si ça fait rarement de bons films. Je trouvais toutefois intéressant de voir les dessous des grandes écoles qui derrière leur réputation de sérieux hébergent souvent de sacrés fêtards. Ce film m’a laissé une impression un peu mitigée. L’idée de départ pouvait sembler assez séduisante, pourtant, ça a comme un air de déjà vu. Le film apparaît comme un rien superficiel, malgré une volonté de se montrer novateur. Toutefois, il se laisse regarder non sans un certain plaisir. Il y a pas mal de bonnes idées (le parallèle entre les relations amoureuses et les lois du marché ne manque pas de sel) mais elles ne sont malheureusement pas suffisamment exploitées. On reste un peu trop à la surface des choses, n’allant jamais vraiment au bout des idées. Le réalisateur semble se chercher et ne pas oser aller à fond la carte de la provocation.

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          Il y a une belle énergie dans ce film et les jeunes acteurs sont convaincants. C’est d’ailleurs ce qui fait son charme. Je craignais un peu que cette jeunesse dorée ne me soit franchement antipathique. Certes, je n’ai guère d’affinités avec les personnages mais ils ont tous leurs petites faiblesses qui les rend finalement assez attachants. Le déroulement de l’histoire est prévisible mais fonctionne tout de même plutôt bien. La romance qui plane est peut-être de trop et donne au film un côté naïf qui colle mal avec ses prétentions de subversion mais c’est également ce qui rend ses personnages parfois touchants et pas simplement têtes à claques. Le film joue aussi sur les effets de modes avec des Twitter, Facebook et langages SMS cités à tout va. Ca veut faire jeune mais ça en fait trop et manque de naturel. Un peu plus de sobriété dans la forme n’aurait pas fait de mal. Malgré un manque de maturité évident, ce film a toutefois des qualités avec une belle idée de départ et des acteurs prometteurs. Ce n’est pas du grand cinéma mais on passe un bon moment.

Théâtre

L’art de la fugue

          Vacillements, chutes, apparitions et disparitions des corps se conjuguent sur les notes de L’art de la fugue de Jean Sébastien Bach. Un couple se cherche dans un décor en constant mouvement. Un jeu de déconstruction qui se joue à deux, grave et léger à la fois.

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          C’était la première fois que j’allais au Centquatre et je dois dire que j’ai été très séduite par le lieu. Il faudra que j’y retourne en journée pour profiter de la librairie et des cafés qui m’ont semblé très agréables. Je dois avouer que je ne savais pas grand chose sur ce spectacle avant d’aller le voir, simplement qu’il s’agissait de cirque. Je n’avais pas fait le lien entre le titre et L’art de la fugue de Jean-Sébastien Bach, pièce que j’apprécie particulièrement et que j’aurais adoré savoir jouer. Quand j’ai vu un piano sur la scène j’ai été absolument ravie ! La pianiste arrive sur scène en premier et commence à jouer L’art de la fugue donc. J’ai trouvé cela terriblement émouvant, j’en ai eu des frissons tellement c’était beau ! Ensuite, une jeune femme entre en scène. Pour seul décor, un immense cube en bois dans lequel elle ouvre une fenêtre. Un homme la rejoindra ensuite et on les verra tous deux autour d’une table dans une scène du quotidien à laquelle ils donnent beaucoup de poésie.

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          Le décor se déconstruit et évolue au fil du spectacle. J’ai beaucoup aimé sa simplicité apparente et son incroyable inventivité. Sur scène, les deux interprètes se cherchent sans jamais sembler arriver à se rejoindre dans un joli jeu de poursuite et de fuite qui semble ne jamais devoir finir. L’histoire d’un couple avec ses difficultés comme ses moments de tendresse. Il y a un jeu très intéressant avec le décor et un trampoline qui se cache à l’intérieur. C’est plein de légèreté et les acrobaties semblent naturelles tant elles sont exécutées avec aisance. La mise en scène joue beaucoup sur les répétitions et j’ai trouvé qu’on frôlait parfois l’ennui sans pour autant jamais tomber dedans. Plus on avance dans le spectacle et plus l’histoire se dessine et fascine. La mise en scène est très belle avec un jeu de lumières extrêmement intéressant mais également un certain humour. Un spectacle entre cirque et danse assez fascinant : c’est tendre et poétique, c’est à voir.

Mes lectures

Si j’étais un livre

          Si vous étiez un livre, que voudriez-vous ? Un lecteur assidu ? Une histoire passionnante ? José Jorge Letria et André Letria nous offrent quelques idées de réponses…

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         Je suis tombée sur cet album en traînant au rayon jeunesse d’une de mes librairies favorites et je suis totalement tombée sous le charme. J’ai toujours aimé les livres qui traitent des livres (justement) ou de la lecture. J’en ai d’ailleurs plusieurs dans ma bibliothèque. Celui-ci est un peu particulier puisqu’il nous propose, non sans humour, de nous mettre dans la peau d’un livre. Il vous donnera envie de vous faire tout petit pour vous glisser dans votre bibliothèque au milieu des ouvrages en attendant qu’un lecteur vienne vous feuilleter.

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          Les illustrations sont originales, elles représentent le livre dans tous ses états : livre-tente ou livre-train, on peut l’imaginer partout autour de nous. C’est plein de poésie et de tendresse, je me suis émerveillée à chaque page. Le texte n’est pas en reste et donne avec subtilité des pistes sur ce que peut représenter la lecture : une ouverture sur le monde, un moyen de lutter contre l’ignorance, un plaisir. Je suis tombée amoureuse de cet album inventif et joliment illustré. Un véritable appel à aimer les livres, à mettre absolument dans toutes les mains, petites ou grandes.

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