Bars, restaurants

Pâtisserie / Salon de thé Sandyan, l’adresse toulousaine qui rend accro

          Il y a peu, ouvrait à Toulouse une nouvelle pâtisserie salon de thé, tout près de Jeanne-d’Arc. Un endroit luxueux où les gâteaux sont exposés dans des vitrines tels des bijoux. Et il faut dire que c’est du grand art ! Il fallait que j’aille déguster ces petites merveilles…

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          Yannick Delpech est connu dans la région toulousaine car il officie à L’amphitryon, l’un des rares restaurants étoilés de la région. On pouvait donc s’attendre à du haut niveau avec cette nouvelles adresse uniquement consacrée à la pâtisserie. Contrairement à Paris où elles sont légion, il y a peu de grandes pâtisseries à Toulouse (où alors je ne les connais pas) et si certaines sont très bonnes, rares sont celles qui peuvent prétendre à l’excellence. Sandyan vient donc étoffer une offre un peu maigre en gâteaux haut de gamme, d’autant plus que l’enseigne propose une pâtisserie résolument moderne. Je suis allée plusieurs fois à Toulouse récemment, ce qui m’a permis de tester une bonne partie de leur carte, pour mon plus grand plaisir.

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          Le salon de thé à l’étage est minuscule et donc vite plein. La déco est très épurée mais une jolie vaisselle japonaise colorée vient la réchauffer un peu. Le choix de pâtisseries est très large et la carte des thés généreuse. Le service de celui-ci est impeccable, avec un sablier pour chaque théière afin que l’infusion soit parfaite. Les prix élevés comparés à la concurrence pourraient en revanche décourager. Toutefois, cette légère contrariété sera effacée dès la première bouchée : c’est tout simplement divin ! Ma maman qui m’accompagnait a pris une tarte aux pommes caramélisées qui était parfaite, quant à moi, j’ai choisi une création plus originale à base de génoise pistache, mandarine et sirop épicé : que c’était bon ! La texture était surprenante et le goût explosif, un vrai régal.

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          Après un tel plaisir à la dégustation, nous avons donc voulu goûter d’autres créations afin de confirmer cette première impression plus qu’enthousiaste. Au programme, thé vert matcha et mangue, cachou-citron ou ananas-coco. Certaines formes sont très originales, d’autres plus classiques, il y en a pour (presque) tous les goûts ! La présentation est particulièrement soigné, avec notamment deux très belles présentations en trompe l’œil. En revanche, ici la pâtisserie est quasi-exclusivement individuelle. Toutefois, les formes choisies permettent de rassembler plusieurs petits gâteaux pour donner l’illusion d’une grosse pièce si vous souhaitez un format plus familial. Si certains m’ont forcément un peu moins convaincue que d’autres, ces pâtisseries sont de vraies réussites, aussi bien visuelles que gustatives. On trouve des jeux de textures intéressant dans la plupart de ces créations et les saveurs sont équilibrées. De plus, une partie de la carte varie régulièrement et, pour ne rien gâcher, le personnel est charmant. Côté tarifs, comptez environ 6€ pour un gâteau individuel. Cela peut paraître excessif à certains mais c’est teeeellement bon ! Une très bonne adresse qui rivalise avec les plus grands et m’a totalement conquise !

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Sandyan

54 bis rue Alsace-Lorraine

31 000 Toulouse

Cinéma

Ida – la très belle surprise de ce début d’année

Drame polonais de Pawel Pawlikowski avec Agata Trzebuchowska, Agata Kulesza, Dawid Ogrodnik

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          Dans les années 60, en Pologne, une jeune femme qui a grandi dans un couvent s’apprête à prononcer ses vœux. Avant la date fatidique de son entrée dans les ordres, la Mère supérieure lui demande d’aller voir sa tante qui est sa seule famille et n’a jamais souhaité la rencontrer. Ensemble, elles vont partir à la recherche de leur passé.

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          Dès les premières images, Ida a de quoi surprendre. Le film est dans un format carré, en noir et blanc, avec un très joli grain. Une esthétique qui nous plonge immédiatement dans l’époque et l’atmosphère un rien austère de ce film. Le sujet me faisait un peu peur, n’étant pas très portée sur la religion. Pourtant, j’ai vite été happée par la grâce de ce film si particulier. La religion est finalement en simple toile de fond et se sont l’identité et la mémoire qui constituent le vif du sujet. Des thèmes traités avec une grande justesse et qui montrent un visage de la Pologne dont j’ignorais à peu près tout.

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          En effet, en allant à la rencontre de sa tante, Ida renoue avec ses origines liés à des épisodes très sombre de l’Histoire. Le passé du pays et celui de sa famille s’entremêlent habilement, sans jamais devenir pesant. La relation entre les deux femmes évolue peu à peu, tout comme Ida, qui se perd autant qu’elle se retrouve dans cette quête de la vérité. Le scénario déjoue habilement les attentes et brosse un portrait touchant de ces femmes blessées. Un film beau et fort, d’une grande justesse : bouleversant.

Mes lectures

Le pays du lieutenant Schreiber – Andréï Makine

          Andréï Makine consacre une biographie à son ami le lieutenant Schreiber, ancien militaire et héros de la Résistance au passé passionnant et méconnu. Un livre pour faire connaître son histoire afin qu’on ne l’oublie pas.

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          Certains le savent déjà, je suis une inconditionnelle d’Andréï Makine qui est un de mes auteurs contemporains favoris. Lorsque j’ai vu son nouveau livre en librairie, je n’ai donc même pas regardé de quoi il retournait et me suis littéralement jetée dessus ! Je dois avouer avoir été déçue en constatant qu’il s’agissait d’une biographie. Celle qu’il a consacrée à Catherine II de Russie était certes passionnante mais un rien romancée, ce qui n’était pas pour me déplaire. Ici, c’est à une biographie plus classique que nous avons affaire. Plus austère aussi. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce texte moins littéraire que ceux auxquels nous a habitué l’auteur.

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          Fort heureusement, l’histoire a de quoi captiver. Le lieutenant Shcreiber est un sacré personnage. Il raconte son passé de résistant avec une modestie surprenante. On a beau avoir beaucoup entendu parler de la guerre, celle qu’il raconte est plus intime, elle semble plus concrète aussi. Il raconte également la tristesse de voir se passé oublier, de constater qu’on ne reconnaît plus sur les photographies les jeunes gens qui ont combattu près de lui, que les noms, comme la mémoire, s’effacent. Si le style d’Andréï Makine ne parvient pas ici à prendre toute son ampleur, une petite histoire dans la grande aussi intéressante que touchante.

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Il faut tout simplement aimer le pays qui nous a donné l’hospitalité et, pour cela, il n’est pas inutile de se débarrasser de quelques oripeaux -confessionnels, coutumiers ou autres – qui rendent plus malaisée cette généreuse hospitalité.

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Personne ne lui avait expliqué que le monde poursuivait son train-train après le départ du soldat.

Divers

Swap littéraire

          Il y a peu, quand Critéïne, dont j’apprécie beaucoup le blog, a décidé d’organiser un swap, j’ai sauté sur l’occasion. Pour ceux qui ne sont pas au fait du jargon étrange des blogueurs, un swap, c’est un échange de colis. L’occasion de faire et de recevoir un cadeau en somme.Nous avons pris un peu de retard dans les envois et j’ai dû abandonner mon blog pendant quelques jours en raisons de problèmes de famille, ce qui fait que je dois être bonne dernière à publier mon article. J’en suis désolée…

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          J’ai eu pour binôme Ashtray girl que je ne connaissais pas avant cet échange (je vous invite d’ailleurs à aller découvrir son blog ciné). Dur dur donc de trouver que lui envoyer mais j’ai fait au mieux. Le colis devait contenir un livre correspondant aux goûts de notre binôme, un livre que nous avons particulièrement aimé et souhaitions conseiller et une petite surprise, le tout pour moins de 30€.  J’ai reçu un magnifique colis. En voici le contenu : 3 livres (La Belle et la Bête, Taliesin de S. R. Lawhead et Aurora, Kentucky de C. D. Wall), une jolie tasse, des biscuits à la framboise (que je ne connaissais pas bien qu’ils viennent de vers chez ma grand-mère qui me glisse toujours des spécialités locales dans le sac) et un petit mot sympa.

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           Je n’ai lu aucun des livres (non, non, même pas La Belle et la Bête dont je ne connais honteusement que la version Disney…) et bien que dans des styles très différents, ils me tentent tous. J’ai hâte de m’y mettre ! La tasse est très chouette, je sens qu’elle va beaucoup me servir. Quant aux biscuits, ils seront parfait pour accompagner le thé devant un bon livre justement. Je suis ravie d’avoir découvert une blogueuse sympa et les surprises qu’elle m’a envoyées ! Un colis qui au contenu très bien choisi, comme un cadeau d’anniversaire avant l’heure. Un grand merci à l’organisatrice et à mon binôme.

Cinéma·Jeunesse

Jack et la mécanique du coeur

Film d’animation français de Stéphane Berla et Mathias Malzieu avec les voix de Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade, Jean Rochefort.

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          Jack est né à Édimbourg le jour le plus froid du monde. Tellement froid que son cœur a gelé. Le docteur Madeleine réussit à le sauver en le remplaçant pour une horloge mais attention, la mécanique est fragile et il faut la ménager. Pour cela, il y a trois règles à respecter : Ne pas toucher les aiguilles – Maîtriser sa colère – Ne jamais tomber amoureux. Mais c’était sans compter sur Miss Acacia, la chanteuse de rue que Jack serait prêt à suivre au bout du monde…

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          J’aime beaucoup l’univers de Mathias Malzieu, le charismatique leader de Dionysos. J’ai d’abord découvert le célèbre groupe de rock survolté avant de tomber sur ses textes poétiques. J’avais lu le premier, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, à sa sortie et malgré quelques maladresses, j’avais trouvé qu’il y avait un énorme potentiel dans ce livre-là. Un talent qui s’est confirmé peu de temps après avec La mécanique du cœur, un conte sombre et tendre à la fois. Et si je n’avais pas aimé (mais alors pas du tout) Métamorphose en bord de cielson dernier roman, Le plus petit baiser jamais recensé a été un énorme coup de cœur ! Sans compter que les chocolats créés par Hugo et Victor pour l’accompagner qui étaient juste divins… Bref, arrêtons-là le flot de louanges, d’autant que le principal concerné risque de les lire et que ça en devient presque indécent. Vous l’aurez compris, j’aime généralement ses trouvailles farfelues et quand j’ai vu qu’il ajoutait une corde à son arc en adaptant un de ses romans sur grand écran, je ne pouvais qu’aller voir ce que ça donnait.

          Étrangement, je n’étais pas d’un optimisme débordant en arrivant dans la salle. Il faut dire que les images de synthèse ne m’emballaient guère et que pour ce que j’en avais vu, le style ne m’inspirait pas outre mesure. Et puis que de louanges partout sur internet du style : « tellement émouvant », « j’ai eu la larme à l’œil du début à la fin », « c’est si beau, merci Mathias pour ce grand moment d’émotion », et autres élans d’enthousiasme dont je me méfie au plus haut point. Déjà, quand tout le monde aime, souvent, je suis la rabat-joie qui trouve à y redire et puis tout cela manquait un peu de nuance à mon goût. Enfin, le film était en quelque sorte une double adaptation étant donné qu’un album était sorti en même temps que le roman, reprenant la même histoire. L’univers étant très rock et très tourmenté, il me semblait difficile de faire un film destiné aux enfants sans le dénaturer un peu. Je n’étais donc pas sans craintes comme vous pouvez le constater…

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          Et puis, dès les premières images, j’ai retrouvé l’ambiance du livre. Certes, les images de synthèse ne sont pas trop ma tasse de thé, mais on est rapidement pris dans l’histoire et on en oublie vite qu’on aurait sans doute préféré quelque chose de plus « adulte » dans le dessin. L’histoire et la musique ont été remaniées (pour ne pas dire édulcorées) pour être accessible au jeune public. Pourtant, on reconnaît sans peine les mélodies et les moments forts du conte qui ne sont pas dénaturés par cette adaptation. J’ai d’ailleurs redécouvert que j’aimais beaucoup la voix de Mathias Malzieu (c’est pénible les gens avec autant de qualités à la fin ! ). On va de trouvailles en trouvailles dans ce film et on s’émerveille de mille détails. Certains étaient déjà dans le roman, d’autres sont venus s’y ajouter pour créer un univers visuel extrêmement riche et franchement fascinant. Je me suis souvent dit que ça ne devait pas être simple tout les jours de vivre dans la tête de Mathias Malzieu, on en a un bon exemple à l’écran : ça grouille de bizarreries dans tous les sens, c’est absolument génial et vaguement effrayant !

          L’histoire est très prenante, on vibre pour ce pauvre Jack que la vie n’a pas épargné. Retrouvera-t-il Miss Acacia ? Pourront-il s’aimer ? Le suspens est insoutenable. La fin, très poétique, est une réussite. La musique du film fait pour beaucoup à son charme avec des mélodies entraînantes. Ce sont les mêmes voix que sur l’album qu’on retrouve, ce qui lui donne un charme supplémentaire pour ceux qui connaissaient déjà les musiques de La mécanique du cœur. J’ai beaucoup aimé entre autres choses le train accordéon, le fameux bouquet de lunettes ou la référence à Méliès… Et un détail peut-être mais dans le livre j’imaginais Madeleine très vieille alors que là, elle est tout simplement magnifique ! Un petit rien qui m’a ravie, par étrange identification à mon homonyme.

208008.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Malgré tout, j’aurai sans nul doute préféré à cette version familiale un film destiné aux adultes, avec la musique d’origine et un univers visuel plus sombre. Si j’ai beaucoup aimé ce film, je ne me suis pas vraiment laissée émouvoir, certainement en raison d’un côté un rien trop lisse à mon goût. J’aurais aimé ressortir les yeux embués par cette belle histoire mais ce ne fut pas le cas. L’adaptation reste toutefois une belle réussite qui ravira les enfants comme leurs parents. Mathias Malzieu confirme son talent dans un nouveau domaine où sa créativité trouve la place de s’épanouir, venant encore étoffer son univers si reconnaissable. Je serais curieuse de voir ce que donnerait un film un peu moins grand public et surtout, j’espère maintenant ardemment une adaptation du plus petit baiser. Je suis ressortie de la salle le cœur léger et le sourire aux lèvres, une petite musique et plein d’images poétiques en tête, agréablement surprise par cette très jolie mécanique.