Cinéma

The young lady

          Drame historique, romance britannique de William Oldroyd avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton
1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

The young lady, affiche

          On m’avait dit le plus grand bien de ce film. Ceux qui l’avaient vu m’en avaient parlé avec enthousiasme mais sans rien me révéler de l’intrigue. J’ai eu une première fois l’occasion d’aller le voir mais j’avais un truc léger et vu le synopsis je me suis dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée. Ca me rappelait un peu Mademoiselle Julie que je n’avais pas franchement adoré. Pourtant, quelques jours plus tard, je me suis laissée convaincre. Alors, honnêtement, le titre en anglais est autrement plus parlant que la VF « Lady Macbeth » : on n’est pas là pour faire de la broderie…

The young lady, image

          C’est étrange. J’ai aimé ce film. Il a des qualités indéniables, tant sur le fond que sur la forme, mais alors, bonjour l’ambiance, je me suis rongée les ongles pendant tout le film qui m’a paru interminable et en sortant je n’étais vraiment pas bien, ce qui m’arrive somme toute assez rarement. C’est pesant comme ambiance. Voire carrément malsain. Avec une belle montée en puissance pendant le film. Ames sensibles s’abstenir… Et pas un personnage pour rattraper l’autre, à part la bonne peut-être qui donne un brin d’humanité au tout. Ah ça, ça ne respire pas l’espoir !

The young lady, image

          Malgré tout. Ou justement pour ces raisons, j’ai beaucoup aimé ce film. Les huis clos ne sont pas trop ma tasse de thé, pas plus que les drames passionnels mais dans le genre, c’est très réussi. Il faut dire aussi que c’est remarquablement interprété. L’actrice principale a une présence impressionnante. La mise en scène est très sobre mais la photo léchée. Ça crée une ambiance assez froide plutôt réussie. Qu’on aime ou non, peu de chances que l’ambiance vous laisse indifférent. Peu de fausses notes à vrai dire dans ce film. Impeccable et glaçant. 

Divers

Mai, le bilan

          Un mois de mai pas trop catastrophique même si concrètement je n’ai pas fait grand chose. J’ai eu l’impression de lire beaucoup, mais seulement 6 livres au compteur. Étrange, c’est sans doute parce que c’étaient tous des romans assez longs que j’ai eu l’impression de lire autant. Ni BD ni jeunesse en revanche. Gros coup de cœur pour l’excellent Chanson douce de Leïla Slimani.

          Je galère encore un peu avec le cinéma. L’envie est revenue mais on ne peut pas dire que pour le moment ça m’aide beaucoup à me déplacer. La fatigue, les horaires qui ne m’arrangent pas toujours, pas facile de reprendre le rythme mais j’y travaille. Je suis très déçue d’avoir raté certaines projection de Cannes au Gaumont Opéra faute d’être assez en forme pour me déplacer. Seulement 3 films vus mais je compte bien faire mieux en juin !
Pas mal de films vus de chez moi mais j’ai oublié de les noter… Mémoire de poisson bonjour ! Je sais qu’il y avait de bonnes choses dedans mais impossible de me rappeler quoi. Moins de séries en revanche mais tout de même l’excellente saison 3 du Bureau des légendes.

          Pour le reste, peu de sorties. Toujours pas de théâtre, c’est triste, la vie sans abonnement ne me satisfait pas trop, pas simple d’être fauchée ! En revanche, j’ai eu l’occasion de découvrir l’exposition Shakespeare romantique qui a été une bonne surprise. Et j’ai vu un concert de Big junior au Silencio que j’ai adoré. Ce n’est déjà pas si mal.

          Pas de gros projets pour juin mais de nombreux livres m’attendent et ceux de la rentrée littéraire de septembre ne vont pas tarder à arriver. J’ai du pain sur la planche ! Pas mal d’expos me tentent, je vais essayer d’en faire une ou deux. Ce sera déjà pas mal. Et vous, quels sont vos projets ?

Divers

Les 7 ans du blog : concours

          Déjà 7 ans, que le temps passe vite ! C’est incroyable. Et dire que je ne pensais pas tenir plus de quelques semaines. C’est vrai que le rythme de publication est moins soutenu qu’au début, mes problèmes de santé m’ont forcée à ralentir sérieusement, mais depuis quelques temps que suis revenue à des publications plus régulières. Les visites ont drastiquement baissé, j’essaie de m’y habituer, ça va forcément avec l’activité du blog. Il y a eu des hauts et des bas, j’ai même songé à arrêter à un moment mais 7 ans, ça a surtout été tellement de bons moments !

          J’ai pris un énorme plaisir à écrire la plupart des articles de ce blog, surtout les articles thématiques, plus long à mettre en place et souvent peu lus mais tellement intéressants à écrire. Les 4 premières années, j’ai écrit chaque jour ou presque. J’ai ensuite eu des problèmes de santé qui m’ont forcée à ralentir sérieusement le rythme. Après une grosse période creuse, je m’en tiens actuellement à un article tous les 3 jours. Il n’y a dans l’ensemble pas autant de retours que je le souhaiterais, surtout depuis que je me suis mise aux réseaux sociaux, mais en revanche j’ai fait beaucoup de belles rencontres. Certains lecteurs sont devenus des amis et ça, ça n’a pas de prix. Qui aurait cru à l’ouverture de ce blog qu’il me permettrait de faire autant de rencontres enrichissantes ?

          7 ans, c’est plus 1500 articles. J’ai beau avoir réduit le rythme, ça en fait des lignes écrites ! Relativement peu de commentaires en revanche, environ 3500. 350 abonnés sur le blog, 800 sur Twitter, beaucoup moins sur Facebook et Instagram que je délaisse un peu. Au fond, ce n’est pas tant que ça vu la durée de vie du blog mais je m’en satisfait assez bien. D’autant plus que je ne passe franchement pas ma vie à faire de la pub. Même sur internet, le réseautage et moi, ça fait deux. Mais j’avoue que si j’ai mis du temps à en comprendre le fonctionnement, j’aime bien Twitter – enfin, en dehors des périodes électorales en tout cas.

          Depuis sa création, le blog c’est 460 000 pages vues. La meilleure année du blog a été 2014 avec jusqu’à 350 visites par jour en moyenne (on en est bien loin aujourd’hui !). Vos articles préférés sont toujours sensiblement les mêmes depuis déjà plusieurs années : Culture occitane, les troubadours avec 14 000 vues, Les plus belles bibliothèques de Paris avec 22 000 vues et On n’est pas sérieux quand on a 17 ans de Barbara Samson avec 24 000 vues ! Je dois avouer que je suis assez surprise du succès de certains articles. La plupart de mes visites aujourd’hui viennent d’articles déjà anciens, ce qui est parfois un peu frustrant.

Anniversaire

          CONCOURS : Je ne fais quasi jamais de concours mais pour cet anniversaire j’avais envie de vous gâter un peu. Je propose donc 3 lots à gagner. Ces livres proviennent tous de ma bibliothèque, il est donc possible qu’ils ne soient pas en parfait état, certains sont des services de presse. Tous ne sont pas des livres que j’ai aimé mais j’espère qu’ils vous plairont. Je les ai rassemblés autour de 3 thèmes.

Lot 1 : Déjanté
Indian psycho d’Arun Krishnan, Gangsterland de Tod Goldberg et La vie sexuelle des sœurs siamoises d’Irvine Welsh.
Lot 2 :  Malsain
Fermez les yeux de C. J. Cooper, Les élues de Maggie Mitchell et The girls d’Emma Cline.
Lot 3 : Court
Crash et Invisible d’Alex Jestaire, Hiver à Sokcho d’Elisa Shua Dusapin, La femme au colt 45 de Marie Redonnet et Les enfants qui mentent n’iront pas au paradis de Nicolas Rey.

          Il y aura de petites surprises dans chacun. Pour participer, précisez en commentaire pour quel lot vous jouez et pourquoi vous aimez ce blog. Je me réserve le droit d’invalider une participation, ce concours étant avant tout une occasion de récompenser mes fidèles lecteurs. N’hésitez pas à partager sur les réseaux sociaux. Tirage au sort le 20 juin.

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Musique

Big junior au Silencio

          Je suis loin d’être une spécialiste côté musique, vous noterez d’ailleurs que je n’en parle à peu près jamais. Après une adolescence passée des écouteurs toujours rivés aux oreilles, avec le temps, ma curiosité s’est sérieusement émoussée et j’écoute toujours un peu les mêmes vieux trucs, essentiellement lors de mes déplacements en voiture ou en transports en commun. Peu de concerts et peu de nouveautés, je ne me sens donc pas très légitime pour en parler. Mais bon, voilà que j’ai eu l’occasion d’aller voir Big junior au Silencio et le Silencio, il y avait fort longtemps qu’on me le vendait comme un des endroits les plus fous de Paris. Ce club propose des concerts, des projections de films dans sa mini-salle de ciné et des cocktails hors de prix, le tout dans une cave gigantesque. J’avoue, je me suis laissée tenter.

Les membres du groupe Big Junior

          J’avais écouté un single de Big junior sur Deezer et pour tout vous dire je n’avais pas franchement accroché. Je trouvais le son intéressant mais la voix du chanteur ne passait pas du tout. Mais bon, l’attrait du lieu a été le plus fort, je leur ai donc donné une seconde chance. Et j’ai sacrément bien fait ! Ce concert était absolument génial. Le groupe mêle les genres avec un certain talent. Ils se définissent comme « la culture du paradoxe : hip hop et rock, douceur et énergie, nouveau mais pas amateur. Leur « Hip Wave » surfe sur des couleurs avec des allures multiples par ses rythmes et plonge l’auditeur dans un bain de fraicheur et d’incertitude. » Description assez fidèle de leur univers surprenant, à la fois rétro et déjanté.

Intérieur du Silencio, Paris

          Sur scène, leur énergie est communicative. J’ai bien aimé les sons vintage mêlés à des accents plus hip-hop avec un bon fond d’électro. Le mélange est très réussi et leur humour fait mouche. Il y avait un peu de monde à ce concert mais je trouve qu’ils auraient mérité un public plus dense et surchauffé mais l’ambiance était toutefois sympa. Contre toute attente, je n’ai en revanche pas trop apprécié les lieux. C’est sombre, avec une déco froide (dans les noirs et dorés), c’est bling-bling et assez surfait. De beaux matériaux pourtant mais le bar vide était désespérant. Les cocktails sont hors de prix mais pas particulièrement marquants. A peu près aucun intérêt. Verdict de la soirée ? Je suis allée au Silencio pour découvrir un club que tout le monde encense, sans attendre grand chose du groupe qui s’y produisait. J’ai été déçue par l’endroit, j’ai adoré le groupe – qui n’était pourtant a priori pas du tout mon genre – et son énergie communicative. N’hésitez pas à aller les découvrir sur scène.

Mes lectures

La vie sexuelle des soeurs siamoises

          Lucy, coach de fitness narcissique, méprise les gros, les faibles, les ratés. Or elle va se trouver mise au défi de transformer Léna, le genre de fille qu’elle n’aurait même jamais pensé croiser. Dans une Floride décadente obsédée par le corps, s’engage entre les deux femmes une amitié ambivalente et extrême qui va les métamorphoser.

          Voilà un livre dont le titre ne laisse pas indifférent : on ne peut plus racoleur. Je dois avouer que ça a plutôt marché puisque je suis allée lire la quatrième de couverture, qui m’a suffisamment séduite pour me donner envie d’en savoir plus. Je n’avais rien lu de l’auteur – Irvine Welsh – mais il était connu pour Transporting, adaptés avec succès au cinéma. J’étais donc très curieuse même si a priori le sujet ne m’emballait pas plus que ça (vous voyez un peu comme je peux me laisser appâter par un titre bizarre ?). Il n’y avait plus qu’à espérer une bonne surprise. Mais vu comment ça partait, je doutais fort que ce soit le genre de livre qui laisse indifférent.

Couverture de la Vie sexuelle des soeurs siamoises

          Je pense que cet article sera assez court parce que je ne sais pas trop quoi vous dire. Je n’ai pas trop aimé le style. Je n’ai pas trouvé ça mauvais non plus. Juste trop ordurier à mon goût, j’aime les styles  assez rond et là le personnage principal parle comme un charretier, même moi à côté je suis un modèle de retenue et de délicatesse, c’est dire… Cela au moins c’est énergique. Le personnage ne manque pas de vie. Elle est en revanche assez antipathique. Tout comme son acolyte. Pas franchement simple de s’attacher à la sportive psychorigide et à l’obèse dépressive. En même temps ça ne semble pas être le but, l’auteur ne se fatigue pas à essayer de nous les rendre sympathiques.

          Sous ses airs de joyeuse farce, ce roman aborde toutefois des sujets de société tels que l’obsession du corps, les dérives de la société de consommation ou notre besoin effréné d’obtenir la reconnaissance de nos pairs. Ce n’est pas toujours présenté avec beaucoup de délicatesse mais ça dérange : ça sonne juste. Plus on avance dans le livre, plus un malaise se met en place, contre-balancé toutefois (ou renforcé ?) par une impression de grand n’importe qui va croissant. L’autre grand n’importe quoi de ce livre, c’est l’orthographe : c’est bourré de fautes. J’en ai rarement vu autant, ça me désespère. J’ai même vérifié plusieurs fois que je n’avais pas affaire à des épreuves non corrigées mais non… Alors, ce roman ? Eh bien c’est surprenant. Pas mon genre, dingue, violent mais original, tant par l’histoire que par le ton. Divertissant aussi. C’est déjà beaucoup.

Portrait d'Irvine Welsh
Photo Murdo MacLeod

Non, j’aime pas, j’adore, putain ! Il faut les pousser à se rendre compte à quel point leurs culs sont répugnants, et mon regard fait un tour de la table, et je reprends d’une voix plus basse, plus rocailleuse : — Mais j’ose espérer que vous avez bien compris que je plaisantais avec mon histoire de requins, et j’attends leur réaction.