Expositions

Aventuriers des mers

          On continue dans la (courte) série expos avec un style différent. Direction l’institut du Monde Arabe. Un endroit qui réserve souvent de belles surprises. Le titre de l’exposition est en tout cas prometteur et invite au voyage. On est dans le bain avant même l’entrée avec un très beau bateau devant le bâtiment qui nous donne instantanément envie d’en découvrir plus. Comme toujours dans ce musée (pour ce que j’en ai vu en tout cas), la scénographie est assez belle avec notamment des lumières très travaillées qui créent une ambiance intimiste que j’ai trouvée agréable. Après bon… je dois avouer que les aspects commerciaux ne me passionnent pas plus que ça – ou en tout cas ce n’est pas exactement ce à quoi je m’attendais – et j’ai trouvé qu’ils étaient beaucoup mis en avant, ce qui est au fond logique vu que ça reste quand même la première raison de naviguer.

Aventuriers des mers

          Je n’ai toutefois pas pu m’empêcher d’être un peu déçue. Les objets présentés sont assez hétéroclites, surtout dans la deuxième partie, et j’ai trouvé que ça manquait d’unité. Il y a également une certaine impression de vide qui se dégage. L’exposition m’a semblé un peu courte et pas assez fournie. Il y a beaucoup de textes mais la période couverte est large et c’est donc nécessairement compliqué d’approfondir suffisamment pour bien comprendre les enjeux de ce thème. J’ai eu du mal à appréhender les choses dans leur globalité. Ou alors j’étais fatiguée, c’est possible aussi. En revanche, il y a de nombreuses vidéos, notamment sur des marins célèbres. J’ai beaucoup aimé cette idée, même si la réalisation m’a moins emballée : des visages sans corps racontent des histoires qu’il nous faut écouter debout au milieu du passage et bien souvent, le son de ces vidéos a un peu parasité mes lectures. Ca permet toutefois de se pencher sur des aspects intéressants et plus ludiques du sujet.

Aventuriers des mers

          Il y a également une vidéo d’un conte que j’ai bien aimée, une histoire de test de bateau dans les conditions de l’époque qui est intéressante et une vidéo sur des pêcheurs traditionnels que j’ai bien aimée mais m’a semblé moins pertinente étant donné que cet aspect n’est pas réellement évoqué durant l’exposition. J’en oublie surement car de ce côté-là le matériau est assez riche. Dans l’ensemble, si nous avons vu quelques jolies pièces, j’aurai aimé que certains aspects soient plus approfondis (plus de matière autour des épices ou des tissus par exemple) et l’ensemble m’a paru un peu léger malgré de gros efforts pour fournir un contenu diversifié. La partie que j’ai préféré reste la cartographie avec quelques pièces impressionnantes. Le thème me tentait beaucoup mais cette exposition ne m’a malheureusement qu’à demi séduite.

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Aventuriers des mers

Institut du Monde Arabe
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
75005 Paris

Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h

Plein tarif, 12€

Divers

Janvier, le bilan

Bon, je ne sais pas pour vous, mais pour moi 2017 commence sur la même lancée que 2016 a fini : pas super bien. Allez savoir pourquoi les problèmes de santé refusent de s’envoler sous prétexte que c’est la nouvelle année. Forcément, mon mois de janvier ressemble donc un peu trop à mon goût à mon mois de décembre qui ressemblait lui même à novembre et ainsi de suite. Bref. Pas mal de lectures donc, toujours, même si on a connu mois plus faste en nombre de volumes lus, étant donné qu’il y avait un gros pavé dans le lot (pas encore fini d’ailleurs), en nombre de pages, ça chiffre. 6 livres lus ce mois-ci donc. Je me suis lancée dans la rentrée littéraire de janvier dont je vous parlerai bientôt, quand j’en aurai fini avec les très nombreuses nouveautés qui m’attendent. Coup de cœur ce mois-ci pour Canicule et No home.

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Pour le cinéma, c’est toujours la cata avec un seul et unique film vu. Je vous en parle ici. J’ai eu envie d’y aller, j’ai essayé, mais j’ai souvent trouvé mieux à faire (comme la sieste par exemple, à tout hasard), mais je ne désespère pas de retrouver les salles obscures bientôt avec plus d’assiduité.
Relativement peu de films vus à la maison également, à peine une dizaine. Plus de séries en revanche, je regarde en ce moment plus facilement des programmes courts. J’ai découvert 22-11-63, London spy et Undercover.

Ca bouge un peu côté culture avec pas moins de 3 expositions vues ce mois-ci. Oui, oui, trois ! Quand on pense que ça faisait plus d’un an et demi que je n’en avais pas vu une seule, j’ai explosé les compteurs là. Bon, ma condition physique était loin d’être optimale pour en profiter dans des conditions à peu près potables mais je me suis déplacée, j’ai jeté un œil aux jolies choses exposées, j’ai même lu un ou deux panneaux, c’est déjà énorme. Gros coup de cœur pour Machines à dessiner, aux arts et métiers.
C’était plus calme pour le reste des sorties mais une pièce de théâtre vue tout de même, Amargi, que j’ai qui plus est beaucoup aimée. Vous noterez qu’en plus pour une fois je suis à peu près à jour dans mes chroniques. Dingue non ? Ce n’est donc pas terrible mais pas si catastrophique non plus. Espérons que ça ira mieux dans les prochains mois.

Et vous, quoi de neuf en ce début d’année ?

Cinéma

The Birth of a Nation

Biopic, film historique, drame américain de et avec Nate Parker avec Armie Hammer, Aja Naomi King, Penelope Ann Miller.
Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, connaît des difficultés financières et accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

The Birth of a Nation, affiche

          Bien que je sois très loin de maîtriser le sujet, je m’intéresse aux films (et livres) sur l’esclavage. En grande partie par besoin de « comprendre » je crois. Besoin de comprendre les causes, les conséquences et de me rappeler à quel point c’est proche de nous finalement. Pourtant, si dans la littérature il y a quelques réussites sur le sujet – notamment l’excellent No home sorti en cette rentrée de janvier et dont je vous parlerai bientôt – au cinéma je suis souvent bien plus mitigée. On peine encore à trouver le bon équilibre, le sujet est encore trop brûlant pour être traité avec le recul nécessaire. J’avais bien aimé Twelve years a slave sans y voir le chef d’œuvre attendu malgré d’indéniables qualités. Je ne désespère tout de même pas de trouver la perle rare. Je suis donc allée voir ce film pour voir de quoi il retournait.

The Birth of a Nation

          Je ne connaissais pas du tout l’histoire de cet homme qui a décidé de se rebeller contre la profonde injustice du système et j’ai trouvé le personnage passionnant, il n’a pas été sans me rappeler Spartacus (esclave, révolte, je ne suis pas allée chercher la référence très loin). On suit son évolution et on voit la naissance de la rébellion. C’est qui plus est plutôt bien interprété. Ce personnage assez atypique et méconnu – me concernant du moins – est le point fort de ce film. Il y a également une certaine attention portée à l’esthétique. Il faut admettre que c’est assez beau, il y a quelques jolis plans durant lesquels on se surprend à trouver de la poésie dans les champs de coton, ce qui s’avère plus dérangeant qu’autre chose. De bonnes bases tout de même avec un personnage intéressant, de bons acteurs et une photo léchée. Malheureusement le film n’est pas pour autant exempt de défauts, loin s’en faut.

The Birth of a Nation

          La réalisation reste très classique, voire franchement convenue, tous les efforts de Nate Parker ne parviennent qu’à un formalisme désespérant. Sans surprise, c’est violent, même si la violence est plus psychologique que physique dans l’ensemble mais ce n’en est pas particulièrement plus facile à regarder. Histoire d’en rajouter une couche, la musique en fait des tonnes avec force violons tire-larmes, particulièrement dans la seconde moitié où c’est à la limite du supportable. Sur le fond, je suis plus mitigée. Je suis toujours fascinée par les grandes figures de la révolte mais j’avoue que le côté religieux m’a parfois mise profondément mal à l’aise, bien que certains passages possèdent une beauté particulière. En revanche l’insertion de rêves mystiques m’a laissée perplexe. Ce film en fait souvent trop : trop scolaire, trop complaisant, trop trop quoi. Au final, malgré de bonnes intentions et un sujet en or, un résultat en demi-teinte, même si je serai un peu plus indulgente que l’Express selon qui « The Birth of a Nation est une défaite paradoxale de la pensée et du cinéma : nécessaire et raté, volontaire et déprimant. »

Théâtre

Amargi, anti-tragédie de la dette

          Bon soyons honnêtes, le sujet de cette pièce ne me tentait pas du tout. J’y suis allée parce que mon copain avait adoré la précédente pièce de l’auteur – Judith Bernard – et que pour une fois que c’est lui qui voulait me traîner au théâtre je ne pouvais décemment pas refuser. Sans être totalement nulle en économie, on ne peut pas dire que je maîtrise le sujet ou que je m’y intéresse outre mesure. Je m’y intéresse juste assez pour trouver le monde de la finance abject et avoir envie de m’enfouir sous ma couette, mais je ne suis clairement pas assez calée pour envisager une issue optimiste. Le sujet est ardu et franchement obscur pour le néophyte. La seule pièce que j’aie vu qui traitait plus ou moins d’économie, c’était La septième vague que j’avais détesté. Je n’y allais donc pas avec un enthousiasme débordant cette fois. Direction la Manufacture des Abbesses pour la dernière représentation.

Amargi, affiche

          Certes, le sujet n’est très drôle mais il y a finalement pas mal d’humour dans la manière dont c’est traité et c’est fait de manière très pédagogique. C’est clair, complet (enfin, autant que ça peut l’être en 1h30 bien sûr) et bien expliqué. On comprend tout, ce qui est déjà énorme. C’est même intéressant. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au début. On commence par le fonctionnement des prêts et des banques, ce qui n’est pas la partie la plus palpitante – ni la plus simple ! Ensuite on passe à l’histoire de la dette, et là, ça devient passionnant. J’avoue que je n’y connaissais rien en histoire de la dette, quand c’était né, comment, comment ça avait évolué : autant de questions que je ne m’étais jamais posées ou très vaguement. Le nom de la pièce vient de là. Amargi c’est l’annulation de la dette en Mésopotamie. De toutes les dettes, pour éviter les révoltes. Il semblerait que depuis le système ait été légèrement perverti.

Amargi, photo de Vincent Blanqui
Amargi, photo de Vincent Blanqui

          La mise en scène manque malheureusement de moyens mais est très inventive et permet de visualiser assez bien des problèmes somme toute plutôt abstraits. C’est d’ailleurs ce qui fait que la partie historique fonctionne mieux, il y avait encore un aspect un minimum concret et logique à la chose. Il y a un musicien qui joue essentiellement des percutions (mais pas que), ce qui ajoute de la profondeur au texte en en soulignant le rythme. J’ai également été assez convaincue par la performance des cinq acteurs qui parviennent à nous embarquer dans cet univers difficile. Si j’ai trouvé que la partie historique était la plus intéressante, j’ai également bien aimé qu’une solution pour sortir de l’impasse dans laquelle nous semblons être soit apportée, même si elle semble forcément un peu utopiste. Inutile de dire que cette pièce au sujet ardu est très engagée et je l’ai finalement beaucoup appréciée. On en ressort moins bête et plus optimiste, c’est assez rare pour être souligné.

Expositions

Machines à dessiner aux Arts et Métiers

Machines à dessiner, une exposition exceptionnelle, fruit d’une collaboration avec François Schuiten et Benoît Peeters, auteurs des Cités obscures et de Revoir Paris. Pivot de l’exposition, le dessin s’y dévoile comme une activité à la fois technique et poétique, entre précision et imagination.

Machines à dessiner, affiche

          Voilà pour le pitch officiel (que je vous ressors parce que je ne l’aurais pas mieux dit). Je dois avouer que je ne connaissais pas les deux commissaires d’expo mais bon, ma culture BD n’est pas très étendue. En revanche, j’avais déjà eu l’occasion d’aller aux Arts et Métiers et j’avais a-do-ré. J’avais hâte d’y revenir. Le sujet de l’exposition me tentait bien m’étant un peu intéressée au dessin plus jeune. En plus, les visites guidées sont gratuites, rien de tel pour découvrir ! Ca fait une éternité que je n’avais plus vu d’expositions, plus d’un an et demi je crois. Moi qui adore ça, ça me manquait terriblement. Malheureusement je ne peux plus rester debout très longtemps donc c’est un peu compliqué mais en évitant les heures de pointe et en se jetant sur le premier espace libre pour s’asseoir, ça ne se passe pas si mal.

Machines à dessiner

          J’ai vraiment beaucoup aimé cette exposition originale et très bien mise en scène avec un très gros travail sur les lumières notamment. Il y a des machines surprenantes et variées, qui aident à dessiner ou inspirent le dessin. Elles sont confrontées aux magnifiques dessins François Schuiten dont j’ai adoré le style précis et élaboré : ça m’a donné très très envie de découvrir ses BD (j’en ai ramené une à la maison par la même occasion). La visite guidée était très intéressante et permet de bien comprendre les enjeux de l’exposition, tout en mettant en valeur les pièces phare. Je me suis donc moins intéressée que d’habitude aux panneaux explicatifs qui m’ont toutefois eu l’air bien faits et complètent bien les explications du guide sur les objets qui ne sont pas présentés pendant la visite.

Machines à dessiner

          La visite guidée est en partie ciblée sur l’évolution du dessin technique et les innovations qui en ont résulté. C’est étonnamment passionnant. Bien sûr les grosses machines bizarres ne sont pas non plus en reste et fascinent le visiteur. Les vidéos sur les dessins de François Schuiten et ses méthodes de travail complètent parfaitement le tout. A l’entrée on nous remet un crayon à papier, et à la sortie, se sont les feuilles qui nous attendent avec plein d’objets étranges à dessiner pour nous essayer à ce style assez industriel. Eh bien j’avoue que c’est compliqué. Mais je me suis prise au jeu et ça m’a même donné envie de me remettre au dessin, que j’ai abandonné depuis bien trop longtemps ! J’ai trouvé ça très sympa de se confronter à la difficulté et d’avoir une partie plus manuelle et conviviale, c’est une bonne idée. Une exposition fascinante et originale qui a su me faire rêver.

Machines à dessiner

Machines à dessiner

Musée des Arts et Métiers
60 rue Réaumur
75003 Paris

Du 25 octobre 2016 au 26 mars 2017
Tlj de 10h à 18, 21h30 le jeudi, fermé le lundiPlein tarif 6€ pour l’exposition seule, 9€ avec les collections permanentes
Visite guidée tlj à 15h30 sauf jours fériés