Cinéma·Divers

L’homme flottant

Comédie dramatique française d’Eric Bru avec Camille Bardery, Anne-Jacqueline Bousch, Muriel Gaudin
Anton flotte dans la piscine de Sofia depuis 5 ans. Accompagnée d’une joyeuse bande de comédiens venus tout droit du festival d’Avignon, Irina débarque, bien décidée à l’en faire sortir. Une histoire de vases communicants, d’eaux dormantes qui finissent par déborder…

L'homme flottant, affiche

Voilà un film pour le moins perturbant. A tel point que je ne sais trop qu’en dire… Je peux en tout cas vous assurer qu’il a le mérite de sortir du lot ! Il est inspiré d’Oblomov que je n’ai malheureusement jamais vu bien que j’aie réservé une place par deux fois (quand ça ne veut pas…). La pièce m’intriguait beaucoup et j’ai été très déçue de la rater. Ce film a donc été une petite consolation. Je ne connaissais pas l’histoire d’Oblomov, dont le film est librement inspiré et je dois avouer avoir été très surprise. Ici, un homme vit sur un matelas gonflable sur sa piscine. C’est euh… déroutant ! La visite de son ex accompagnée de ses amis quelque peu surpris par la découverte de ce personnage va venir troubler le rythme de la maisonnée.

L'homme flottant

Je n’ai pas toujours été très convaincue par ce film d’un point de vue technique. On est proche du théâtre, ce avec quoi j’ai toujours un peu de mal au cinéma. Ca sent le tout petit budget, avec une esthétique qui aurait mérité d’être plus travaillée. Enfin, on s’habitue. En revanche, côté cadrage, des choses assez osées sont tentées. Ce n’est pas toujours très réussi mais on sent au moins un bel enthousiasme et une envie d’essayer des choses nouvelles. Parfois ça fonctionne, parfois moins, mais au final ça donne un espèce de rythme un peu bancal au film que j’ai bien aimé et qui ne fait qu’affermir l’ambiance déjà très étrange. Les personnages m’ont été assez antipathiques mais j’ai apprécié leur évolution, la manière dont ils se dévoilent peu à peu. Le contraste entre les comédiens qui n’hésitent pas à s’imposer dans cette maison et cet homme si en retrait du monde est pour le moins intéressant et crée une sorte de flottement que j’ai beaucoup aimé.

L'homme flottant

J’ai trouvé que c’était très bien joué et s’il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dans ce film assez particulier, j’ai finalement bien apprécié son rythme totalement à part. Le film pose quelques questions intéressantes à travers la confrontation de ces êtres que tout semble opposer et il y a quelques moments de grâce. Ca m’a donné encore plus envie – si besoin était – de découvrir la pièce d’origine. Je n’ai pas tout aimé dans ce moyen-métrage pas totalement abouti mais j’ai trouvé qu’il faisait un pari osé, tant par le sujet que dans la manière de le traiter et c’est dans l’ensemble plutôt réussi. En tout cas, ça ne risque pas de laisser indifférent. Le film ne dure que 44 min mais est présenté précédé d’un court-métrage qui change en fonction des jours. La diffusion n’est pas très large mais j’espère que quelques parisiens se déplaceront pour découvrir ce petit film pas comme les autres.

Mes lectures

Rentrée littéraire 2016 : littérature française

L’indolente, de Françoise Cloarec

 

Qui est Marthe Bonnard ?
Toujours jeune, souvent nue, on la voit sur les toiles des plus beaux musées du monde, pourtant elle reste mystérieuse. Elle se dissimule dans la lumière du peintre Pierre Bonnard, avec qui elle partage sa vie entre 1893 et 1942.

L'indolente, couvertureUn livre que j’attendais pas mal, d’un part parce que j’aime bien Pierre Bonnard comme peintre, d’autre part, parce que j’avais beaucoup aimé le roman Elle par bonheur et toujours nue, sur le même thème. Je dois dire que j’ai été assez déçue… Je n’ai pas du tout accroché avec le style. Ce n’est pourtant pas mal écrit mais le ton m’a dérangée. Je me suis constamment sentie coincée entre essai et roman sans trop savoir sur quel pied danser. Je n’ai pas trop aimé que l’auteur prête à Pierre et Marthe Bonnard foule de sentiments tout en gardant beaucoup de distance. J’aurais préféré que le choix soit plus net entre quelque chose de très factuel ou au contraire de franchement romancé. Marthe ne m’est pas apparue comme particulièrement sympathique et j’ai eu beaucoup de mal à accrocher avec son histoire. J’ai trouvé ça dépourvu de sensibilité. Bien que ce ne soit ni mal écrit ni inintéressant je n’ai pas réussi du tout à accrocher avec ce livre et je n’ai finalement pas eu l’envie de continuer ma lecture jusqu’au bout.

Je crois qu’on la regarde parce que personne n’arrive à cerner qui elle est, les mots ne la racontent pas. Bonnard, lui, par les représentations qu’il fait d’elle, donne une image à son corps. Comme si il lui disait : « Regarde, tu es cela.. »

Vie prolongée d’Arthur Rimbaud, de Thierry Beinstingel

 

La confusion a régné un instant à l’hôpital de la Conception à Marseille. Un homme est mort, dont on ignore le nom, mais qu’on présente par erreur à Isabelle Rimbaud comme son frère. C’est d’un inconnu qu’elle fait transporter la dépouille pour l’enterrer à Charleville. Pendant ce temps, déjouant les pronostics des médecins, Arthur guérit.

Vie prolongée d'Arthur Rimbaud, couvertureDeuxième roman français (pour une fois, c’est la littérature étrangère qui est à l’honneur chez moi en cette rentrée), seconde déception. Je n’attendais pas grand chose de ce roman. Je me méfie toujours un peu de ce genre d’élucubrations autour de la vie d’un artiste. En même temps, quand c’est bien fait, ça peut être génial. Et puis j’adore Rimbaud (je sais, comme tout le monde), je n’ai pas su résister. La bonne nouvelle, c’est que c’est très bien écrit, même si le style est parfois un peu trop ampoulé. Le point de départ est un peu tiré par les cheveux mais une fois les premières pages passées, on l’oublie assez vite et on commence à s’intéresser à cet homme qui essaie de se construire une nouvelle vie. Ca aurait pu fonctionner si ce n’était pas aussi long, et surtout si l’auteur ne se mettait pas de temps en temps à citer du Rimbaud à tout va en égrenant des anecdotes sur sa vie. Ce total manque de subtilité m’a largement dérangée, au point que j’ai fini par abandonner cette lecture pourtant pas désagréable. J’aurais aimé quelque chose de moins figé et qui ressemble moins à un inventaire de chaque moment de la vie de Rimbaud. Un roman improbable qui manque de fantaisie, c’est bien le comble !

Posons un postulat : la littérature est dans tout et vice-versa, elle n’est pas en marge , elle ne s’affaisse pas entre les pages d’un livre , elle court , on ne peut la retenir.

La légende, de Philippe Vasset

 

Le narrateur, fonctionnaire au Vatican, fabrique des saints, cercle leurs auréoles et organise leurs cultes, tout en reconnaissant qu’ils n’inspirent plus grand monde. En compagnie de Laure, elle aussi soucieuse de renouvellement, il se met en quête d’autres figures et d’autres modèles, hors des villes et de l’Eglise, mais aussi de sa propre vocation.

La légende, couvertureBon, bon, bon, comment dire ? J’ai mal commencé avec la littérature française cette année puisque ce roman a lui aussi été une déception. Je m’attendais à des histoires croustillantes sur le Vatican, ses dessous, ses secrets. C’est d’ailleurs comme ça qu’est vendu le livre. C’est l’histoire d’un prêtre défroqué qui évite soigneusement de parler de la cause de sa déchéance. On pressent le gros scandale mais il tarde à venir sur le tapis. Finalement, après une attente interminable que l’auteur passe à tourner autour du pot, on en vient au cœur du problème avec certes un comportement assez douteux mais qui paraît bien gentillet face aux problèmes de pédophilie auxquels se confronte l’Eglise. Tout ça pour ça… C’est ce que je me suis dit en découvrant le pot aux roses. Quant aux arcanes du pouvoir, on les voit finalement assez peu. On se perd plutôt dans des digressions sans fin sur des vies de saints. J’ai peiné à voir où c’était sensé en venir – et je ne vous parle même pas des passages sur des personnages étranges, je ne comprends même pas ce qu’ils font là ! En gros, c’est assez chiant. Heureusement, ce n’est pas trop mal écrit, c’est toujours ça de pris. Un roman dont l’histoire se disperse bien trop à mon goût et qui ne m’a guère convaincue.

Voilà le problème, conclus-je : on produit du saint à la chaîne – quatre cent quatre-vingt-deux sous le dernier pontificat, rendez-vous compte ! –, mais leurs chapelles restent vides et les fidèles les boudent. Qui les blâmeraient ?

L’archipel d’une autre vie, d’Andréï Makine

 

Une chasse à l’homme à travers l’infini de la taïga, au crépuscule de l’ère stalinienne. Qui est donc ce criminel aux multiples visages que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer ?

L'archipel d'une autre vie, couvertureAh, Andreï Makine ! Depuis la lecture de La musique d’une vie il y a une quinzaine d’année, l’un de mes auteurs préférés. La qualité de ses romans est une peu inégale mais j’aime la mélancolie qui se dégage de ses textes et j’espère toujours que la magie va une fois de plus opérer. J’étais donc ravie d’apprendre qu’il publiait un nouveau roman en cette rentrée (comme tous les deux ans grosso modo). Cette fois, ce n’est pas tant une histoire d’amour qui est mise qu’un récit d’aventure, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Une fois de plus, l’auteur nous emmène dans sa Sibérie natale, et le voyage mérite le détour ! Il y aurait presque des airs de Jack London ou de Sylvain Tesson dans ce roman-là, autant vous dire que j’étais aux anges. On retrouve une fois de plus une certaine lenteur dans l’écriture d’Andreï Makine qui dépeint comme personne la taïga enneigée (ou pas enneigée d’ailleurs). J’aime ce rythme particulier qui se met en place et donne envie de savourer chaque ligne. Le genre de roman qui nous fait voyager. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance de ce livre. On s’attache peu à peu au personnage principal, on se met dans sa peau et on espère avec lui un peu de liberté. C’est subtil et c’est beau. A n’en pas douter, un Makine grand cru.

L’imminence du retour me donnait une sensation troublante, celle de me retrouver devant une maison cachée dans la forêt, de m’apprêter à pousser le portail, puis d’y renoncer, retournant vers ma vie d’avant. Les autres aussi devaient voir dans cette fin d’errances la chance évanouie de franchir un seuil inconnu…

Repose-toi sur moi, de Serge Joncour

 

Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s’y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l’affrontement mais ils finissent par apprendre à se connaître.

Repose-toi sur moi, couvertureJ’ai découvert Serge Joncour il y a une dizaine d’années et je suis de suite tombée sous le charme de son humour noir et de son cynisme à tout épreuve. Commencer un de ses roman, c’est l’assurance de passer un bon moment. J’avais adoré son livre d’il y a quatre ans, L’amour sans le faire, pas drôle du tout pour la peine mais 400 pages de pure délicatesse. J’espérais vraiment le retrouver dans cette veine. Ca tombe bien, parce que c’est le cas. Les histoires d’amour et moi, ça fait deux. Sauf quand elles sont racontées par Serge Joncour. Ce roman-là est romantique, c’est indéniable, certains lui ont d’ailleurs reproché, pourtant, je suis de suite rentrée dedans. Le rythme est lent mais les personnages m’ont de suite été sympathiques (enfin, lui surtout, je m’y retrouve bien plus) et j’ai pris un grand plaisir à les découvrir. Leur histoire est à la fois prévisible et improbable mais je n’ai pas pu m’empêcher d’y trouver une certaine beauté. Pour être franche, plus que l’histoire, c’est le style qui me fait fondre, c’est tellement subtil, je m’y sens comme dans un cocon : c’est si douillet, on a envie de s’en envelopper comme d’un plaid tout doux. Avec une plume pareille l’auteur pourrait me raconter n’importe quoi. J’ai été touchée par la solitude de ces deux êtres, ça sonne tellement juste ! On pourrait regretter la manière un peu improbable dont les choses se mettent en place mais l’ensemble est fluide et agréable à lire. J’ai été happée par l’univers qui se met en place peu à peu et j’ai dévoré ce livre à toute vitesse. Serge Joncour s’est surpassé avec cette histoire d’amour tout en délicatesse, un de mes coups de cœur de la rentrée.

Parfois, à des petits carrefours inattendus de la vie, on découvre que depuis un bon bout de temps déjà on avance sur un fil, depuis des années on est parti sur sa lancée, sans l’assurance qu’il y ait vraiment quelque chose de solide en-dessous, ni quelqu’un, pas uniquement du vide, et alors on réalise qu’on en fait plus pour les autres qu’ils n’en font pour nous.

La suture, de Sophie Daull

 

Alors qu’elle vient de perdre Camille, sa fille de 16 ans, l’auteure se penche sur le passé de sa mère, Nicole, disparue trente ans auparavant. A partir de quelques lettres et photographies, elle tente de reconstituer son existence, entreprenant de déchiffrer les lieux et paysages où Nicole a vécu.

La suture, couvertureJ’attendais beaucoup du second roman de Sophie Daull. J’avais été profondément émue par Camille mon envolée, son premier roman, sorti l’année dernière. Elle y raconte la mort de sa fille et son deuil de manière extrêmement touchante. C’avait été mon gros coup de cœur de la rentrée littéraire 2015. Je dois tout de même avouer que je ne voyais pas bien comment elle pourrait renouveler l’exploit tant ce livre était dans l’émotion mais je n’en étais que plus curieuse. La bonne nouvelle c’est que c’est toujours aussi bien écrit. La jeune auteur a décidément un sacré style ! En revanche l’histoire… comment dire ? … on s’en fout ! Je sais, c’est horrible, c’est la recherche des origines, ça devrait me toucher un minimum mais franchement, impossible de m’y intéresser un tant soit peu. J’ai trouvé ça d’un ennui mortel, d’autant plus qu’elle ne découvre finalement pas grand chose. On est loin du déferlement d’émotions du roman précédent. J’avoue avoir eu le plus grand mal à me plonger dans cette lecture – sans jamais d’ailleurs y arriver vraiment – et j’en suis venue à bout avec difficulté. Malgré une belle écriture, un roman qui m’a laissée sur ma faim, une petite déception de la rentrée.

De cette mathématique du fracas et de la perte, je vais poser une équation à deux inconnues : le passé de ma mère, le futur de ma fille. Brouillons éternels. Clairement, ces deux inconnues le resteront pour toujours.

Théâtre

Le cirque Le Roux s’invite à Bobino

          L’année dernière, j’avais eu la chance d’avoir deux invitations pour du cirque à Bobino avec la compagnie Les 7 doigts de la main. C’avait été un véritable coup de foudre ! Je crois bien que c’est le plus beau spectacle de cirque qu’il m’ait été donné de voir. Simplement magnifique. Quand cette année j’ai entendu parler du cirque Le Roux, dont les membres ont justement appartenu – entre autres – à la compagnie Les 7 doigts de la main, et qui se produisent à Bobino, forcément, j’ai eu très envie de découvrir leur univers. Je m’étais un peu renseignée sur internet et les images qui j’avaient vu, avec un style rétro en noir et blanc, me faisaient terriblement envie. Je remercie donc infiniment leur attachée de presse de m’avoir donné l’occasion d’aller les voir (et de m’avoir offert une place en or !).

Cirque Le Roux, Bobino
Cirque Le Roux ©Francesca Torracchi

          L’arrivée des acrobates sur scène m’a fait forte impression. La mise en scène est très soignée, la lumière est très travaillée et les costumes réussis. Le cadre semble être en noir et blanc, on se croirait dans un vieux film américain. Il y a d’ailleurs un générique de début qui finit de nous plonger dans cette ambiance. Je m’attendais donc à en prendre plein la vue pendant un peu plus d’une heure. Malheureusement, le début m’a un peu déçue. J’ai trouvé qu’il y avait un problème de rythme. La première moitié du spectacle tient plus du théâtre que du cirque. Ca parle pas mal, ça crie, ça gesticule, tout ce que je déteste. On est dans le vaudeville surjoué, un humour potache qui me laisse de marbre (et encore, je suis gentille…). Je me suis même dit que si je n’avais pas été au beau milieu d’une rangée, je serais certainement partie. Heureusement que la musique est très bien choisie. L’humour un peu lourd tranche avec le raffinement du cadre et surtout, c’est long, très long. Les meilleures blagues sont toujours les meilleures. Il faut dire aussi que je suis très peu réceptive à ce genre d’humour, autour de moi, le public riait aux éclats, on peut donc supposer que je suis juste une fois de plus la rabat-joie de service. Côté acrobaties, ça commence doucement mais on ne peut pas dire que ça s’enchaîne avec beaucoup de fluidité. C’est dommage parce qu’elles sont belles, très bien chorégraphiées, et surtout, l’humour muet qu’ils y pratiquent fonctionne à merveille, j’aurais aimé qu’ils jouent plus cette carte-là.

Cirque Le Roux, Bobino
Cirque Le Roux ©Francesca Torracchi

          Et puis, tout change. Le décor reste le même, toujours aussi élégant (avec même une petite surprise que j’ai trouvée magnifique), mais d’un coup les acrobaties s’enchaînent, le rythme est plus soutenu et surtout, qu’est-ce que c’est beau ! On en prend plein la vue. Certaines acrobaties sont très impressionnantes. Le porteur du groupe m’a sidérée, j’ai rarement vu pareil colosse, et sa stature permet des choses assez osées. On a l’impression que rien ne peut l’ébranler, il ne tremble à peu près jamais (même si les pyramides humaines ne valent pas celles de la compagnie XY). En revanche, j’ai été scotchée par un numéro d’équilibres particulièrement poétique puis par la dynamique d’une chorégraphie à quatre où les acrobaties s’enchaînent sur un rythme effréné. Le spectacle se finit sur un numéro de mat très réussi. Si individuellement les artistes ne sont pas les meilleurs que j’ai vus dans la discipline, en groupe, ils font des merveilles. Ils signent tour à tour la descente la plus élégante qu’il m’ait été donné de voir, puis la plus impressionnante. Finalement, malgré un petit passage à vide, j’ai beaucoup aimé ce spectacle. J’ai rarement vu pareil sens de la mise en scène ! Je n’ai pas trop accroché avec l’humour de la partie plus théâtrale du début mais j’ai apprécié qu’il y ait un réel fil conducteur, qui fonctionne d’ailleurs très bien. Un spectacle très bien pensé qui manque un peu de rythme au début mais se rattrape largement sur la longueur. Des acrobaties impressionnantes dans un décor splendide : un spectacle qui malgré quelques défauts sort largement du lot. A découvrir absolument !

Cirque Le Roux Bobino affiche

Cirque Le Roux
The Elephant in the room

Bobino
14-20 rue de la Gaîté
75014 Paris

Du 28 septembre au 31 décembre 2016

De 23 à 53€ la place

Divers

Septembre, le bilan

Enfin un peu de vie dans ce mois de septembre. Après quelques jours chez mes parents et un été franchement difficile, le retour à Paris n’a pas été simple. La bonne nouvelle c’est qu’enfin j’ai pu ressortir un peu. Alléluia, il était temps ! Côté lecture, ça marche toujours pas mal avec, comme on s’en doute, beaucoup de romans de la rentrée littéraire (en viendrais-je donc à bout un jour ?) mais aussi quelques BD. Au total, 10 livres lus en septembre dont 8 romans de la rentrée. J’ai été particulièrement heureuse de retrouver Andréï Makine pour un nouveau roman tout en sensibilité dont je vous parleai bientôt. J’ai également beaucoup apprécié le dernier Joyce Maynard et le Tony Parsons.

v2 sig

La grande nouvelle du mois c’est mon retour au cinéma. Bon, rien de bien extravagant non plus mais j’ai enfin repris tant bien que mal un rythme à peu près normal avec 5 films vus. Les coups de cœur ne se sont pas bousculés mais j’ai beaucoup aimé Voir du pays et j’ai trouvé L’homme flottant pour le moins surprenant.
En revanche, peu de films et séries vus de chez moi, je suppose qu’on ne peut pas tout faire !

Cette année, je n’ai malheureusement pas pris d’abonnements théâtre et ballet, ce qui risque de restreindre drastiquement mes sorties de ce côté-là. Nous verrons bien comment j’arrive à m’organiser. Aucun spectacle vu pour le moment en cette rentrée.
Pas de nouveaux jeux vidéos (mon ordinateur m’a lâchée, ça n’aide pas) mais pas mal de nouveaux jeux de société testés avec quelques jolies découvertes.
Espérons que l’automne continuera sur cette lancée.

Cinéma

Voir du pays

Drame français de Delphine et Muriel Coulin avec Soko, Ariane Labed, Ginger Roman
Deux jeunes militaires, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Avec leur section, elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, au milieu des touristes en vacances, pour ce que l’armée appelle un sas de décompression, où on va les aider à « oublier la guerre ». Mais on ne se libère pas de la violence si facilement…

Voir du pays, affiche

          Je suis allée voir ce film totalement au hasard, sans avoir la moindre idée de quoi il pouvait bien retourner. C’est sans doute pas plus mal, le sujet m’inspirant assez peu, je doute fort que je me serais déplacée en connaissance de cause, même si le film a tout de même eu le prix Un Certain regard du meilleur scénario à Cannes. C’aurait été dommage car le film est loin d’être inintéressant. J’ai déjà eu l’occasion de voir des reportages sur des centres qui accueillent les militaires à leur retour de mission mais on ne peut pas dire que je suive ça de très près, même si au fond je trouve intéressant de savoir comment ils sont suivis (ou non justement) suite à des traumatisme. Le sujet a donc été plutôt une bonne surprise dans la mesure où je suis assez curieuse mais en même temps je craignais une certaine violence, tant psychologique que physique, dont je n’avais pas nécessairement envie ce soir là.

Voir du pays

          A défaut d’être réellement violent, le film est surtout très anxiogène. Et plus on avance dans l’histoire, pire c’est. Je crois bien que j’ai passé la quasi-totalité du film à me ronger les ongles (mais c’était bien hein). J’ai trouvé le casting irréprochable et j’ai eu l’excellente surprise d’y retrouver Ariane Labed, vue notamment dans Fidelio, l’odyssée d’Alice. Les actrices ont suivi un entraînement militaire pour rentrer dans la peau de leur personnage et certains des acteurs sont des militaires. Je ne connais pas bien le milieu mais ça m’a semblé très réaliste et c’est un des aspects du film que j’ai beaucoup apprécié. Je me suis demandé à quel point les méthodes du film sont bien celles utilisées par l’armée et je ferais bien quelques recherches à ce sujet car j’ai été assez surprise et intriguée par l’emploi de la réalité virtuelle. Le contraste entre le lieu de « décompression » et l’état d’esprit des troupes est saisissant et crée une ambiance très particulière.

Voir du pays

          Sans être spécialement sympathiques, les personnages n’en sont pas moins relativement attachants. D’où une certaine inquiétude quant à leur sort. Evidément, de retour de mission, les traumatismes sont légion et trois jours ne suffisent pas à en venir à bout, d’autant plus que la loi du silence continue de régner. Quant à la place des femmes, elle semble encore bien ténue. Inutile de préciser qu’il y a quelques tensions avec leurs homologues masculins… Je craignais de trouver cette partie là excessive ou au contraire idéalisée mais là encore, ça m’a semblé sonner juste. Certains ont jugé le film maladroit mais je l’ai pour ma part trouvé efficace. La mise en scène est sobre et aurait peut-être mérité un peu plus de profondeur mais cette austérité fonctionne plutôt bien avec le milieu militaire qu’elle dépeint. L’approche qui tend presque au documentaire ne pousse pas à l’émotion mais accentue surement la tension qui naît peu à peu. Un film très sobre qui n’est pas tendre avec l’armée et s’avère extrêmement anxiogène. Malgré tout, une excellente surprise.