Comédie britannique de Roger Michell avec Jim Broadbent, Lindsay Duncan, Jeff Goldblum
Pour fêter ses 30 ans de mariage, un couple d’anglais vient passer un week-end à Paris, ville qui avait hébergé leur lune de miel. Il redécouvrent la ville mais aussi peu à peu le bonheur d’être ensemble.
La bande-annonce m’avait donné envie de voir ce film qui s’annonçait comme une comédie douce-amère plutôt sympathique. J’étais donc assez enthousiaste avant d’entrer dans la salle. Malheureusement, ça n’a guère duré… Pourtant, ça commence plutôt bien. Je m’attendais à quelque chose de plus mordant mais les premières scènes sont assez agréables. Ce couple qui ne semble plus vraiment s’aimer a quelque chose de touchant et les répliques ne sont pas dénués d’un certain humour. On s’attend à ce que ça monte en puissance peu à peu, au fur et à mesure de leur rapprochement et on se dit, qu’il va être agréable de rire avec eux.
Et puis ça se gâte quelque peu. On verse plus dans les engueulades et de la méchanceté gratuite que dans l’humour tendre et léger. Ensuite vient la rencontre avec un ami et un passage absolument interminable… Ca parle pour ne rien dire et on s’ennuie ferme. Ce n’est qu’à la toute fin qu’on trouve un peu l’esprit qu’on avait espéré rencontrer dans ce film qui est sinon bien fade. Je ne suis pas la seule dans la salle à avoir piqué du nez devant cette comédie sans grand intérêt. L’idée était alléchante mais le résultat est loin d’être à la hauteur : dommage.
En 1946, le Japon est sous occupation américaine. Hisao revient de la guerre hanté par ses rêves et par une soif obsédante. Pour l’assouvir, il descend du train qui devait le conduire vers la femme qu’il aime. Sa valise contenant l’œuf de jade destiné à sa fiancée reste à l’intérieur. Va alors commencer pour lui un long chemin pour la retrouver.
Depuis que j’ai lu le merveilleux Quatre soldats lors de ma première année de fac, Hubert Mingarelli a rejoint mes auteurs préférés et j’ai lu une bonne partie de ses livres. Lorsque j’ai vu qu’il avait sorti un nouveau roman, je me suis donc jetée dessus sans même regarder de quoi il retournait. J’ai été très agréablement surprise de découvrir qu’il s’agissait d’un roman qui se passe dans le Japon d’après guerre. On retrouve dès les premières lignes le style si particulier d’Hubert Mingarelli : simple et juste, tout en discrétion et en délicatesse. Comme souvent chez cet auteur, l’histoire peut sembler anecdotique. Le rythme est lent, il ne se passe rien ou presque en apparence, et pourtant, ces lignes recèlent tant de choses !
Hubert Mingarelli peint comme personne les affres de l’âme humaine. La vie intérieure du personnage est décrite tout en nuances. L’écriture de l’auteur me donne l’impression d’un chuchotement. On entre dans ce livre comme sur la pointe des pieds, de peur de déranger. On découvre peu à peu la richesse du personnage, sa complexité. Le fil de l’histoire, qui paraissait si ténu, s’épaissit peu à peu, et on se passionne de plus en plus pour l’étrange quête de cet homme tourmenté. Si ce roman peut paraître fade et lent, si on parvient à en épouser le rythme et que la magie opère, quel bonheur que cette écriture où pas un mot n’est de trop ! Hubert Mingarelli signe ici un livre passionnant, tout en délicatesse, l’un de ses meilleurs.
Drame, romance, britannique de Jim Jarmusch avec Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska
Adam et Eve s’aiment bien que l’un vive à Détroit et l’autre à Tanger. Adam est un musicien torturé et sa femme entreprend un long voyage pour le rejoindre. Mais la joie des retrouvailles va être de courte durée et leur quotidien va être bousculé par l’arrivée d’Ava, la petite sœur d’Eve.
Je dois avouer que si je suis allée voir ce film, c’est essentiellement parce qu’il m’intriguait. Une histoire de vampires vue par Jim Jarmusch, j’avais du mal à voir ce que ça pouvait donner ! D’autant plus que les critiques étaient franchement bonnes, ce qui est toujours surprenant quand il y a des buveurs de sang à l’écran. Il fallait donc que j’aille voir de quoi il retournait. Dès la première scène, j’ai su que ce film allait être étrange et fascinant. Il faut dire que ça commence fort avec un portrait alterné des deux personnages qui semble suivre le mouvement du tourne-disque débitant une musique envoûtante. C’est hautement esthétique et vaguement écœurant, effet mal de mer oblige. Le ton est donné, ici les images sont recherchées, la lumière très travaillée et la musique au centre de tout pour un résultat d’une beauté parfois déroutante.
Et l’histoire dans tout ça ? Elle m’a semblé un rien délaissée et c’est bien dommage. J’ai trouvé que c’était un rien compliqué et tiré par les cheveux. Les vampires ne sont là finalement que pour introduire le problème du sang contaminé et un propos écolo de manière on ne peut plus maladroite. Ils sont censés amener également un certain recul sur les activités humaines même si j’ai trouvé que l’effet tombait à plat. Les personnages étalent leur passif, chacun étant un génie méconnu et ayant côtoyé du beau monde. Ainsi, l’un d’eux serait le réel auteur des pièces de Shakespeare : mais pourquoi nous infliger ces propos inutiles qu’absurdes ? Sans compter un petit côté fleur bleue dont je me serais bien passée.
Pourtant, malgré ses grosses ficelles, le film ne manque pas d’intérêt. Le propos a beau être lourdaud, il pose des questions intéressantes sur notre société. Et surtout, c’est l’image est tellement belle et fascinante qu’on en oublierait presque les maladresses du scénario. La bande-son est quant à elle un vrai régal et mérite le détour à elle seule. J’ai été comme hypnotisée par la musique et me suis laissée porter sans peine par ce film. Malgré des faiblesses indéniables du côté de l’histoire, Jim Jarmusch signe un long métrage de toute beauté, étrangement déroutant.
Dans un monde couvert de glace, le savant Salpatrès veut convaincre ses contemporains de sa théorie : tout converge vers un même point, sorte de trou noir qui nous aspirera tous. Son amour pour Léda l’empêchera-t-il de repartir en expédition à la recherche du bout du monde ?
Cette BD me tentait bien. Le titre est plein de promesses quoique mystérieux et surtout, le dessin me plaisait beaucoup. L’univers graphique est assez singulier, dans des teintes froides avec un trait un peu vaporeux pour un résultat pour le moins poétique. L’histoire quant à elle est pour le moins déroutante ! Trois savant perdus dans la glace, un homme gelé, des théories étranges et une très belle femme au bord de la folie. Autant vous dire qu’on nage en eaux troubles !
Moi qui ne suis pas très portée sur le fantastique et le côté mystique, j’ai parfois été un peu perdue dans ce monde un peu particulier. J’ai beaucoup apprécié l’originalité du propos et la beauté du dessin mais je dois avouer ne pas être sure d’avoir bien tout compris… Est-ce important me direz-vous ? Eh bien je n’en ai pas la moindre idée ! Moi qui aime plutôt les choses bien tranchées, j’ai été un peu déstabilisée par cet univers vaporeux. Une lecture surprenante mais qui reste agréable et sort de l’ordinaire.
Film d’animation français de Stéphane Berla et Mathias Malzieu avec les voix de Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade, Jean Rochefort.
Jack est né à Édimbourg le jour le plus froid du monde. Tellement froid que son cœur a gelé. Le docteur Madeleine réussit à le sauver en le remplaçant pour une horloge mais attention, la mécanique est fragile et il faut la ménager. Pour cela, il y a trois règles à respecter : Ne pas toucher les aiguilles – Maîtriser sa colère – Ne jamais tomber amoureux. Mais c’était sans compter sur Miss Acacia, la chanteuse de rue que Jack serait prêt à suivre au bout du monde…
J’aime beaucoup l’univers de Mathias Malzieu, le charismatique leader de Dionysos. J’ai d’abord découvert le célèbre groupe de rock survolté avant de tomber sur ses textes poétiques. J’avais lu le premier, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, à sa sortie et malgré quelques maladresses, j’avais trouvé qu’il y avait un énorme potentiel dans ce livre-là. Un talent qui s’est confirmé peu de temps après avec La mécanique du cœur, un conte sombre et tendre à la fois. Et si je n’avais pas aimé (mais alors pas du tout) Métamorphose en bord de ciel, son dernier roman, Le plus petit baiser jamais recenséa été un énorme coup de cœur ! Sans compter que les chocolats créés par Hugo et Victor pour l’accompagner qui étaient juste divins… Bref, arrêtons-là le flot de louanges, d’autant que le principal concerné risque de les lire et que ça en devient presque indécent. Vous l’aurez compris, j’aime généralement ses trouvailles farfelues et quand j’ai vu qu’il ajoutait une corde à son arc en adaptant un de ses romans sur grand écran, je ne pouvais qu’aller voir ce que ça donnait.
Étrangement, je n’étais pas d’un optimisme débordant en arrivant dans la salle. Il faut dire que les images de synthèse ne m’emballaient guère et que pour ce que j’en avais vu, le style ne m’inspirait pas outre mesure. Et puis que de louanges partout sur internet du style : « tellement émouvant », « j’ai eu la larme à l’œil du début à la fin », « c’est si beau, merci Mathias pour ce grand moment d’émotion », et autres élans d’enthousiasme dont je me méfie au plus haut point. Déjà, quand tout le monde aime, souvent, je suis la rabat-joie qui trouve à y redire et puis tout cela manquait un peu de nuance à mon goût. Enfin, le film était en quelque sorte une double adaptation étant donné qu’un album était sorti en même temps que le roman, reprenant la même histoire. L’univers étant très rock et très tourmenté, il me semblait difficile de faire un film destiné aux enfants sans le dénaturer un peu. Je n’étais donc pas sans craintes comme vous pouvez le constater…
Et puis, dès les premières images, j’ai retrouvé l’ambiance du livre. Certes, les images de synthèse ne sont pas trop ma tasse de thé, mais on est rapidement pris dans l’histoire et on en oublie vite qu’on aurait sans doute préféré quelque chose de plus « adulte » dans le dessin. L’histoire et la musique ont été remaniées (pour ne pas dire édulcorées) pour être accessible au jeune public. Pourtant, on reconnaît sans peine les mélodies et les moments forts du conte qui ne sont pas dénaturés par cette adaptation. J’ai d’ailleurs redécouvert que j’aimais beaucoup la voix de Mathias Malzieu (c’est pénible les gens avec autant de qualités à la fin ! ). On va de trouvailles en trouvailles dans ce film et on s’émerveille de mille détails. Certains étaient déjà dans le roman, d’autres sont venus s’y ajouter pour créer un univers visuel extrêmement riche et franchement fascinant. Je me suis souvent dit que ça ne devait pas être simple tout les jours de vivre dans la tête de Mathias Malzieu, on en a un bon exemple à l’écran : ça grouille de bizarreries dans tous les sens, c’est absolument génial et vaguement effrayant !
L’histoire est très prenante, on vibre pour ce pauvre Jack que la vie n’a pas épargné. Retrouvera-t-il Miss Acacia ? Pourront-il s’aimer ? Le suspens est insoutenable. La fin, très poétique, est une réussite. La musique du film fait pour beaucoup à son charme avec des mélodies entraînantes. Ce sont les mêmes voix que sur l’album qu’on retrouve, ce qui lui donne un charme supplémentaire pour ceux qui connaissaient déjà les musiques de La mécanique du cœur. J’ai beaucoup aimé entre autres choses le train accordéon, le fameux bouquet de lunettes ou la référence à Méliès… Et un détail peut-être mais dans le livre j’imaginais Madeleine très vieille alors que là, elle est tout simplement magnifique ! Un petit rien qui m’a ravie, par étrange identification à mon homonyme.
Malgré tout, j’aurai sans nul doute préféré à cette version familiale un film destiné aux adultes, avec la musique d’origine et un univers visuel plus sombre. Si j’ai beaucoup aimé ce film, je ne me suis pas vraiment laissée émouvoir, certainement en raison d’un côté un rien trop lisse à mon goût. J’aurais aimé ressortir les yeux embués par cette belle histoire mais ce ne fut pas le cas. L’adaptation reste toutefois une belle réussite qui ravira les enfants comme leurs parents. Mathias Malzieu confirme son talent dans un nouveau domaine où sa créativité trouve la place de s’épanouir, venant encore étoffer son univers si reconnaissable. Je serais curieuse de voir ce que donnerait un film un peu moins grand public et surtout, j’espère maintenant ardemment une adaptation du plus petit baiser. Je suis ressortie de la salle le cœur léger et le sourire aux lèvres, une petite musique et plein d’images poétiques en tête, agréablement surprise par cette très jolie mécanique.