Mes lectures

S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson

          « Devant les coups du sort il n’y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l’on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s’abandonne à vivre. C’est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit. »

TESSON Sylvain COUV S'abandonner à vivre

          Je vous livre la quatrième de couverture tel quelle ; je ne l’aurais pas mieux dit ! Pour une fois qu’elle est réussie… Vous le savez peut-être, j’étais tombée littéralement amoureuse de Sylvain Tesson avec Dans les forêts de Sibérie. Le Petit traité sur l’immensité du monde m’était quand à lui tombé des mains, j’en venais à me demander comment le même homme avait pu écrire deux textes si différents. Il parle de lui dans les deux, de ses voyages, et pourtant l’un me sortait par les yeux quand j’étais fascinée par l’autre. Vraiment étrange. J’ai donc lu ses nouvelles Une vie à coucher dehors. J’ai trouvé que ça ressemblait à du London, ni plus ni moins, soit rien moins que l’un de mes auteurs préférés ! J’ai donc remisé mon expérience malheureuse dans un coin de ma mémoire pour devenir une inconditionnelle des aventures de ce voyageur intarissable. Si rares sont les auteurs vivants qu’on a que l’on peut admirer !

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          Quand je suis allée à la librairie début janvier sans rien avoir suivi de la rentrée et que j’ai vu côte à côte un livre d’Andréï Makine et des nouvelles de Sylvain Tesson, j’ai frôlé la syncope (et encore je n’avais pas vu Mingarelli sur la table à côté…). Tant de joie d’un coup, c’était à peine croyable. Vous pensez bien que je me suis jetée dessus comme s’il n’y avait pas déjà une centaine de livres qui sommeillent sur mes rayonnages (un détail). Et quand la libraire m’a appris que Sylvain Tesson lui-même serait là quelques jours plus tard, mon bonheur fut à son comble ! Evidemment, j’ai assisté à cette rencontre. L’auteur n’est pas réputé pour son assurance devant la foule. Pourtant, son discours était passionnant et empreint d’un humour que je ne lui soupçonnais pas (pas à ce point en tout cas) et m’a ravie. Que dire sinon que sa culture étonne autant que ses saillies grinçantes ? L’écouter fut un réel plaisir et ne fait que renforcer mon admiration pour cet homme étonnant.

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          Après cette longue digression, venons-en au cœur du sujet : ses nouvelles. Si Une vie à coucher dehors avait pour thème central les grands espaces (comme son nom l’indique un peu), ici, ce sont à des nouvelles plutôt citadines que nous avons affaire. Si certaines se passent en extérieur, la plupart ont Paris ou d’autres grandes villes pour décor. Je dois avouer que je préfère qu’on me décrive la traversée d’une immensité gelée à une rencontre sur les quais de Seine. L’amour a aussi plus de place dans ce recueil, même s’il est souvent déçu ; là encore, on s’éloigne un peu de mes préoccupations premières. Mais bon, la plume de Sylvain Tesson reste égale à elle-même ; ses textes recèlent à la fois de la force et une certaine poésie, le tout teinté d’une ironie parfois cruelle qui n’est pas pour me déplaire. J’aime ce style si particulier qui lui est propre et s’affirme de livre en livre. Si ces nouvelles m’ont semblé dans l’ensemble moins fortes que son recueil précédent, elle n’en demeurent pas moins une très bonne lecture qui ne manquera pas de laisser quelques traces. 

– L’amour, c’est se rencontrer, se dissoudre, disparaître.
– Tu arrêtes, chéri, avec tes aphorismes de paquet de lessive ?

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Je n’ai pas de téléphone portable car je trouve d’une insondable goujaterie d’appeler quelqu’un sans lui en demander au préalable l’autorisation par voie de courrier. Je refuse de répondre au « drelin » du premier venu. Les gens sont si empressés de briser nos silences…J’aime Degas,lançant « c’est donc cela le téléphone ? On vous sonne et vous accourez comme un domestique. » Les sonneries sectionnent le flux du temps, massacrent la pâte de la durée, hachent les journées, comme le couteau du cuisinier japonais le concombre.

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Il retenait tout, elle s’efforçait d’oublier. Il savait relier ,elle savait regarder. Il cherchait des références, elle ne croyait qu’à l’inédit. Il était myope. Elle haïssait les taupes.

Et pour les curieux, découvrez le Paris de Sylvain Tesson ici. Une interview passionnante sur BMF. 

Mes lectures

Et quelquefois j’ai comme une grande idée – Ken Kesey

Attention chef-d’œuvre !

          La grève fait rage à Wakonda, tous les bûcherons font front mais une famille résiste face au syndicat. Les Stamper, seuls contre tous, s’attirent les foudres de la population. Mais le retour à la maison du petit dernier après des années d’absence pourrait bien ébranler la résistance. En effet, si Lee revient, en apparence fragile, ce n’est pas pour aider son frère mais pour s’en venger et anéantir coûte que coûte l’inébranlable Hank Stamper.

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          La quatrième de couverture y va fort dans la comparaison élogieuse : « C’est Faulkner. C’est Dos Passos. C’est Truman Capote et Tom Wolfe. C’est un chef-d’œuvre. » Eh bien je ne l’aurais pas mieux dit ! Ce livre est foisonnant, inclassable, difficile aussi : il fait partie de ces rares lectures qui marquent profondément un lecteur, bouleversent ses habitudes. Un grand roman comme un n’en lit qu’une poignée dans une vie. Une lecture pour moi comparable au choc du Seigneur des anneaux au début de mon adolescence, à ma découverte de Racine à 15 ans ou à celle de Dostoïevski à mon entrée en fac. Dans les contemporains, seul Somoza je crois m’a fait un effet comparable, avec une écriture difficile et un univers incomparable. On a ici de la légèreté dans l’écriture mais une telle complexité dans la forme que plus d’un s’y perdront mais quelle récompense à la clef pour ceux qui en viendront à bout ! Vous l’aurez compris, ce texte est à placer pour moi parmi les très grands. Ce texte de 1964 vient juste d’être publié en français. Merci à Monsieur Toussaint Louverture de nous avoir livré cette traduction magnifique et indispensable.

          Étrangement, je trouve qu’il est assez difficile e parler de ce roman. Il est tellement inclassable, surprenant et riche que toute tentative de description semble réductrice. Bien que le ton soit plutôt léger et plein d’humour, l’écriture est extrêmement complexe. Le point de vue de cesse de varier, avec différents narrateurs rarement identifiés de manière explicite. On peut entendre les pensées d’un personnage pendant qu’un autre est en train de lui parler, ce qui est particulièrement déroutant. On pourrait craindre la plus grand confusion avec ces changements constants mais il n’en est rien, chaque personnage a une identification tellement forte qu’on reconnaît sa voix parmi les autres à sa manière de s’exprimer ou à un détail habilement disposé. Si cette polyphonie (certains diraient cacophonie tant ça se coupe la parole dans tous les sens) ralentit la lecture et rend aussi ce texte incroyablement vivant. J’ai rarement vu personnages aussi réalistes et hauts en couleurs, on est embarqué dans leur univers, on peut presque entendre leurs cris qui résonnent dans la maison. Une vitalité qui m’a totalement séduite.

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          Quant à l’histoire, là encore ça fourmille dans tous les sens. L’histoire de jalousie entre les deux frères n’en finit plus de rebondir et de créer quiproquos et situations improbables. Une relation toxique qui crée un réel suspens, on se demande à chaque page s’ils vont finir par se réconcilier ou s’entre-tuer. Pour assaisonner le tout (il ne faudrait pas qu’on s’ennuie non plus), nos deux frères ennemis sont au cœur d’une vraie guerre qui les oppose aux bûcherons grévistes et, par extension, à toute la ville. Ils doivent batailler avec les éléments entre le travail en forêt et leur maison construite contre toute logique tout près lit de la rivière et menacée à chaque intempérie. Et puis il y a Viv, la femme de Hank, si douce qu’elle en attendrit Lee, ce qui ne va pas arranger les relations des deux frères. Autant dire que ce n’est pas l’action qui manque !

          Vous l’aurez compris, je ne trouve rien à reprocher à ce livre qui est un véritable monument. Pourtant, malgré mon enthousiasme certain, j’ai peiné à en venir à bout ! J’avais beau adorer le style et être totalement accrochée à l’histoire, cette lecture m’a pris beaucoup, beaucoup de temps (il faut dire aussi que c’est un sacré pavé !). En effet, la construction est tellement dense qu’on avance un peu à tâtons, j’ai eu l’impression de défricher au fur et à mesure de mon avancée, avec quelques retours en arrière pour essayer de ne pas rater trop de nuances en route ; il y a tellement de détails dans tous les sens ! Pourtant, quand je suis arrivée à la fin, j’ai réussi à me faire surprendre par des choses qu’on savait depuis le début mais que j’avais totalement oubliées, noyée sous le flot d’informations. Quelque chose me dit que ce n’est pas un hasard, mais une volonté de l’auteur de se jouer de son lecteur, le faisant quelque peu tourner en bourrique : un tour de force qui m’a assez impressionnée. Beaucoup de thèmes majeurs sont abordés – le travail, la famille, l’amour, la société… – avec un humour qui ma ravie ! C’est grinçant à souhait, tout comme j’aime. Malgré ses innombrables qualités, ce roman reste difficile, à la fois par sa narration originale, son univers particulier (les amoureux de littérature américaine seront aux anges) et son incroyable densité. Une lecture savoureuse et surtout un très grand moment de littérature.

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Dans le temps, j’accusais toujours le gamin de faire semblant d’être faible. Mais pour faire semblant d’être faible, il faut l’être. Car si on est fort, on n’a pas la faiblesse de simuler. Non personne ne peut jamais faire semblant d’être faible. Tu peux seulement faire semblant d’être fort…

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J’arrête pas de me dire qu’il faudrait que j’aille lui serrer la main et lui dire comme ça me fait plaisir qu’il soit là, mais je me rends compte que c’est un truc impossible pour moi. Je serais incapable de faire ça, pas plus que je pourrais embrasser la joue poilue du paternel et lui dire combien ça me fait de la peine de le voir dans cet état. Ou pas plus que le paternel pourrait me complimenter et me dire beau boulot fiston depuis que je me suis cassé la gueule et que t’as abattu de l’ouvrage pour deux. C’est pas notre genre, c’est tout.

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– Docteur…çà y est, je deviens fou, je disjoncte dans les grandes largeurs, çà me tombe dessus !  […]
– Non, Leland, pas vous. Vous, ainsi que beaucoup d’autres de votre génération, vous trouvez en quelque sorte exclu de ce refuge-là. Il vous est désormais impossible de « devenir fou » dans le sens classique de l’expression. Il fut un temps où les gens « devenaient fous » fort à propos, et disparaissaient de la circulation. Comme des personnages de fiction à l’époque romantique. Mais de nos jours… », et là je crois qu’il s’était même payé le luxe de bailler, « …vous êtes trop bien informés sur vous-mêmes et votre psychisme. Vous connaissez trop intimement un trop grand nombre de symptômes de la maladie mentale pour vous laisser prendre par surprise. Et autre chose encore: tous autant que vous êtes, vous avez le don de vous libérer de votre frustration par le biais de fantasmes trop malins pour être honnêtes. Et vous, Leland, vous êtes le pire de la bande de ce point de vue. Alors…vous serez peut-être névrosé jusqu’à la moelle pour le restant de vos jours, et malheureusement aussi vous serez peut-être bon pour un petit séjour à Bellevue et vous allez sans aucun doute en prendre pour 5 années supplémentaires de séances payantes avec moi – mais j’ai bien peur que vous ne soyez jamais complètement dingue.
Et il s’était renversé dans son élégant fauteuil club avant d’ajouter : – Désolé de vous décevoir, mais le meilleur diagnostic que je puisse vous offrir, c’est une bonne vieille schizophrénie à tendance paranoïaque.

          Une adaptation cinématographie a été fait au cinéma en 1971est sortie dans les salles en 1971 sous le titre Le clan des irréductibles avec Paul Newman et Henry Fonda. Maintenant que j’ai découvert son existence, il faut que je le voie d’urgence !

Cinéma

The Immigrant

Drame, romance, américain de James Gray avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner

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          Quand Ewa et Magda quittent la Pologne pour les Etat-Unis en 1921, elles espèrent y trouver une vie meilleure. Mais à leur arrivée, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Sa sœur va alors tout faire pour la sortir de là, dût-elle pour cela se prostituer.

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          On attendait beaucoup du dernier James Gray, annoncé comme l’un des grands films de cette année. Je l’ai vu le jour même de sa sortie, c’est dire le temps qu’il m’aura fallu pour vous en parler. Oui, j’ai pris un peu de retard dans mes articles récemment, non seulement je n’écris pas beaucoup mais en plus je sors pas mal… On va essayer de combler ce retard en 2014 ! Je dois avouer que pour ma part je n’étais pas bien sure de goûter autre mesure les charmes de ce grand mélo – n’étant pas une adepte du genre, je suis très exigeante en la matière – et puis Marion Cotillard et moi, ce n’est pas franchement une grande histoire d’amour… Tout ça pour dire que si je voulais voir ce film, j’étais un peu réticente tout de même.

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          Je dois bien admettre que ce film s’est avéré assez proche de ce que j’attendais. L’image est très belle, extrêmement travaillée. Quant à l’histoire, elle est très forte. En revanche, malgré ses indéniables atouts, je n’ai pas vibré autant que je l’aurai voulu. Tout d’abord, Marion Cotillard, que je n’apprécie guère – quoiqu’elle joue plutôt bien dans ce film – est à l’écran du début à la fin, presque toujours en gros plan. Il n’y en a que pour elle ! Difficile donc pour moi d’apprécier pleinement l’histoire quand tout ne tient que par un personnage qui m’est assez antipathique… Ensuite, j’ai trouvé l’ensemble quelque peu figé et froid.

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          Tout est impeccable dans ce film, il n’y a pas grand chose à y redire. Il est splendide et mené de main de maître. Mais un peu trop peut-être, il reste peu de place pour l’émotion dans cette mécanique bien huilée. On est dans un univers sombre et violent digne des Misérables, avec une bonne dose de désespoir que vient éclairer une histoire d’amour et de jalousie. Tout est là pour nous faire vibrer. Et pourtant… Si j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder ce film, j’étais bien loin de verser ma petite larme, ce qui est un peu décevant pour un mélo tout de même. Certes, nul n’était besoin de tomber dans le larmoyant mais un rien d’émotion n’eut pas été du luxe et aurait un peu réchauffé l’atmosphère. Un beau film à l’esthétique intéressante mais qui manque un peu de chaleur pour être le chef-d’œuvre qu’on attendait.

Mes lectures

L’éducation sentimentale – Gustave Flaubert

          Quand le jeune Frédéric arrive à Paris, il est plein d’enthousiasme. Il a de grandes idées, rêve d’amour, de richesse et de gloire. Mais il tombe sous le charme de Madame Arnoux, une femme mariée et chaste, aucune autre ne trouvera plus grâce à ses yeux et il va va peu à peu perdre ses illusions.

7763470613_l-education-sentimentale          Si j’ai lu beaucoup de classiques de la littérature française à l’adolescence puis au durant mes premières années de fac, il y avait un petit moment que je les délaissais, j’avais donc pris comme résolution de m’y remettre un peu en 2013. C’est ainsi que j’ai sorti L’éducation sentimentale de ma bibliothèque. Je dois avouer que j’avais toujours entendu dire que ce roman était difficile en raison de son contexte historique. En effet, il se déroule en pleine Révolution de 1848 et les évènements apparaissent en toile de fond du récit. Il est vrai que quelques notions historiques sur la période sont donc préférables pour bien en comprendre les enjeux. Mais malgré mes connaissances assez sommaires, cela n’a toutefois pas gêné ma lecture.

          L’écriture est bien sûr magnifique, un bijou d’équilibre. Malheureusement, j’ai bien moins accroché avec l’histoire et une belle plume ne fait pas tout. Cinq cents pages durant, Frédéric rêve de Madame Arnoux et de la pureté de son amour pour elle. Environ 250 pages pour lui baiser le poignet, c’est un peu plus que ma patience ne peut supporter. Le reste du temps, il vit au-dessus de ses moyens et décore son appartement, nous avons donc de longues pages sur le choix de la tapisserie ou la couleur des fauteuils. Bien sûr, le roman est loin de se résumer à ça mais ces pages là m’ont semblé bien longues et l’histoire d’amour a sans doute un peu vieilli. Si les premières pages avaient été un plaisir, j’ai eu du mal à me convaincre de venir à bout de ce roman un brin soporifique. A moins d’être un inconditionnel de Flaubert ou un grand romantique, une lecture qui risque de s’avérer bien fastidieuse.

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Qu’est-ce que j’ai à faire dans le monde ? Les autres s’évertuent pour la richesse, la célébrité, le pouvoir ! Moi, je n’ai pas d’état, vous êtes mon occupation exclusive, toute ma fortune, le but, le centre de mon existence, de mes pensées. Je ne peux pas plus vivre sans vous que sans l’air du ciel ! Est-ce que vous ne sentez pas l’aspiration de mon âme monter vers la vôtre, et qu’elles doivent se confondre, et que j’en meurs ?

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Rien n’est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l’on échoue.

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Les cœurs des femmes sont comme ces petits meubles à secret, pleins de tiroirs emboîtés les uns dans les autres.

Mes lectures

Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh

          Le jour où Clémentine rencontre Emma, la fille aux cheveux bleus, sa vie bascule. Elle tombe éperdument amoureuse et découvre avec elle l’amour et le désir. Elle l’aidera aussi à affronter le regard des autres, malgré les difficultés. Un amour que rien ni personne ne semble pouvoir détruire.105635_c

          Il y avait longtemps que je voulais lire cette BD dont j’avais beaucoup entendu parler, toujours dans les termes les plus élogieux. Quand le film qui en est inspiré est sorti, La vie d’Adèle, j’ai donc décidé d’aller le voir avant de lire l’original, l’inverse s’avérant bien souvent décevant. Je n’ai d’ailleurs guère apprécié ce film pourtant encensé par la critique mais on m’avait dit qu’il était fidèle à l’histoire d’origine ce qu’après lecture je trouve contestable, mais j’y reviendrai.

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          Hormis le sujet et l’histoire qui me tentaient bien, le dessin m’attirait beaucoup. Je le trouvais très beau et délicat. Les planches sont des aquarelles. L’ensemble reste essentiellement dans des tons neutres, des gris ou des beiges surtout, avec seulement quelques touches de couleur très lumineuses : le bleu des cheveux et des yeux d’Emma. Ca contribue au charisme du personnage et donne beaucoup de poésie à l’ensemble.

Numériser0002          Et cette histoire dont on parlait tant ? est-elle si belle ? eh bien oui, elle est simplement magnifique. Deux personnes qui s’aiment, c’est simple et c’est beau. La bande dessinée, par la concision du texte, oblige à aller à l’essentiel et j’ai trouvé ce travail très intéressant. On rentre rapidement dans l’univers de Clémentine et on partage son amour, ses doutes, ses peines aussi.

bleu          L’adaptation au cinéma reprenait cela dans une certaine mesure, cependant, maintenant que j’ai lu le texte, je peux dire qu’à mon sens elle en trahit totalement l’esprit. Difficile de dire en quoi sans vous parler de la fin de l’un et l’autre mais disons qu’un amour est absolu et l’autre pas, et c’est là tout la différence. La différence entre l’Amour avec un grand A et une histoire parmi d’autres. En cela, j’ai amplement préféré la BD, qui répond bien plus à ce que j’attendais de cette histoire, à ma soif d’absolu.

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          Je lis peu de BD mais j’ai réellement dévoré celle-ci. Impossible de la lâcher une fois ouverte. Le personnage d’Emma est lumineux et fait partie de ces héroïnes qui marquent. J’ai aimé le dessin comme le texte et tous deux s’équilibrent bien, l’un ne prenant pas trop le pas sur l’autre. Mais c’est l’histoire surtout qui fait toute la différence, absolument magnifique. Un trait délicat, un personnage charismatique et une histoire bouleversante : à lire absolument !