Jeunesse·Mes lectures

Le vieux fou de dessin – François PLACE

          Tojiro est un jeune vendeur des rues dans le Japon du XIX° siècle. Un vieil homme qui semble un peu fou lui achète ses gâteaux. Ils sympathisent peu à peu et il lui propose de devenir son élève. Ce vieil homme, c’est Katsushika Hokusai, le plus grand artiste de son temps.

le vieux fou de dessin

        Cet album est aussi beau que prenant. Le petit Tojiro est un personnage très attachant et sa formation est l’occasion pour le jeune le lecteur (ou le moins jeune), de découvrir les techniques de l’estampe, en même temps qu’un petit morceau d’histoire japonaise. J’ai beaucoup aimé la manière dont les choses sont amenées, intégrées dans le cours de l’histoire. L’écriture est agréable, pas du tout infantilisante  tout en restant très claire, elle s’adresse aussi bien aux petites qu’à leurs aînés.

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          Les illustrations, qui sont bien dans l’esprit des travaux d’Hokusai, complètent très bien l’histoire et nous plongent dans l’ambiance d’Edo. Le texte est très dense et se rapproche presque d’un essai version jeunesse. Un style assez intéressant que j’ai bien aimé.  Je pense que c’est exactement le genre de livre que j’aurais aimé étant enfant, même s’il est sans doute un rien trop sage et studieux à mon goût, un petit brin de folie l’aurait rendu inoubliable. Une histoire qui s’adresse plutôt aux enfants déjà un peu grands et d’un naturel curieux. Un texte passionnant et des illustrations qui font voyager. Une belle découverte.

Expositions

Les expos du printemps

          C’est le printemps, plein de nouvelles expositions fleurissent dans la capitale. Pas toujours facile de s’y retrouver dans cette offre des plus vastes. Loin de moi l’idée de me montrer exhaustive, j’en serais bien incapable, mais voici 20 expositions en cours ou à venir à découvrir dans les principaux musées parisiens d’ici l’été.

523605_10151439929904926_1059412746_nGiotto e compagni : loué par ses contemporains, Giotto di Bondone a initié une véritable révolution picturale. L’exposition réunit une trentaine d’oeuvres afin de mettre en avant les innovations du peintre. Du 18 avril au 15 juillet au Musée du Louvre.

7759875547_l-affiche-de-la-nouvelle-exposition-du-louvre-a-paris– De l’Allemagne, 1800-1939. De Friedrich à Beckmann :  plus de 200 oeuvres qui retracent les thèmes majeurs de la pensée allemande au XIX° siècle. Une analyse de la façon dont les Beaux-Arts ont participé au renouveau de la tradition allemande. Du 28 mars au 24 juin au Musée du Louvre.

90388-exposition-macchiaioli-musee-orangerie– Les Macchiaioli, 1850-1874, des impressionnistes italiens ? : Les Macchiaioli sont un groupe d’artistes italiens réunis à Florence qui rompent avec le néoclassicisme et le romantisme. Ils ont insufflé une énergie nouvelle et initié le modernisme en Italie. Du 10 avril au 22 juillet au Musée de l’Orangerie.

affichel'ange du bizarreL’ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst : l’exposition s’intéresse à la face sombre du romantisme. Peintures, arts graphiques, sculpture, cinéma… plus de 200 oeuvres pour explorer le côté obscur de ce mouvement. Du 5 mars au 9 juin au Musée d’Orsay.

7760081509_l-exposition-eugene-boudin-au-musee-jacquemart-andre-du-22-mars-au-22-juilletEugène Boudin :  le peintre qui s’est particulièrement attaché à rendre compte des changements atmosphériques est un des précurseurs de l’impressionnisme. La première rétrospective parisienne du « roi des ciels » depuis 1899. Du 22 mars au 22 juillet au Musée Jacquemart André.

affiche-ziemJ’ai rêvé le beau, Félix Ziem : ce grand voyageur du XIX° siècle a peint l’Orient et ses merveilles. Une centaine d’oeuvres permet de constater la place du ciel et de l’eau dans sa peinture. Du 14 février au 4 août au Petit Palais.

86208-exposition-marie-laurencin-musee-marmottan-monet-2013Marie-Laurencin :  l’une des femmes peintres les plus célèbres du XX° siècle. 90 oeuvres pour la plupart conservées au Japon sont rassemblées pour mettre en avant son style tout en fraîcheur et rêveries. Du 21 février au 30 juin au Musée Marmottan-Monet.

affiche_chagall_def-8b272Chagall entre guerre et paix : le peintre a traversé le XX° siècle et connu les deux guerres, qui ont bien sûr trouvé une place dans son oeuvre. Une centaine de toiles sont ici réunies autour des thèmes de la guerre et la paix. Du 21 février au 21 juillet au Musée du Luxembourg.

paul-jacoulet-musee-quai-branly-L-jFSv01Un artiste voyageur en Micronésie, l’univers flottant de Paul Jacoulet : cet artiste français a passé la majorité de sa vie au Japon mais a également voyagé en Chine ou en Micronésie. 160 dessins, croquis et estampes retracent son parcours. Du 26 février au 19 mai au Musée du Quai Branly.

thumb-keith-haring---une-exposition-evenement-au-musee-d-art-moderne-7032Keith Haring : Le MAM s’associe au Centquatre pour cette rétrospective de l’artiste américain. Une exposition de grande ampleur pour mettre en avant l’aspect profondément politique de son oeuvre. Du 19 avril au 18 août au Musée d’art moderne.

Centre Pompidou affiche Eileen GrayEileen Gray : entre arts décoratifs et architecture, le travail d’Eileen Gray semble scindé en deux. Cette exposition propose de lire au contraire son oeuvre dans la continuité afin de tenter de mieux le comprendre. du 20 février au 20 mai au Centre Pompidou.

sous-influences_xlSous influences : les oeuvres de cette exposition explorent les relations entre création artistique et psychotropes. Une recherche de transgression et de créativité qui existe depuis la nuit des temps et est ici mise à l’honneur. Du 15 février au 19 mai à La Maison Rouge.

200x150-paciV5Adrian Paci, vies en transit : le travail d’Andrian Paci est fait de tensions, réel/irréel, conflictuel/merveilleux.  Le travail de l’artiste albanais est présenté à travers des oeuvres diverses, aussi bien photos, vidéos, sculptures ou peintures. Du 26 février au 12 mai au Jeu de Paume.200x150-LAGuillotV4

Laure Albin Guillot, l’enjeu classique : cette photographe a marqué de son empreinte le milieu du XX° siècle. Plus de 200 documents – tirages originaux, magazines, documents – lui rendent hommage et nous font découvrir ou redécouvrir son travail. Du 26 février au 12 mai au Jeu de Paume.

img_3033Rodin, la chair, le marbre : Rodin a beaucoup travaillé le marbre, cherchant à donner à la froideur de ce matériau la chaleur de la chair. C’est cet aspect de son travail que cette exposition met avant. Voir ma critique ici. Du 8 juin 2012 au 1° septembre 2013 au Musée Rodin.

214637_tresors-de-la-chine-ancienne-bronzes-rituels-de-la-collection-meiyintangTrésors de la Chine ancienne : cette exposition présente des bronzes archaïques chinois de la collection Meiyintang. Une importante collection de bronzes rituels présentée au public pour la première fois. Du 13 mars au 10 juin au Musée Guimet.

166297_cheveux-cherisCheveux chéris : entre art et ethnologie, la place du cheveu dans la société et ses représentations. Une exposition riche et passionnante à voir absolument ! Voir ma critique ici. Du 18 septembre 2012 au 14 juillet 2013 au Musée du Quai Branly.

209143_fragile-murano-de-la-renaissance-au-xxie-siecle-paris-07Fragile- Murano : les chefs-d’oeuvres des maîtres verriers de Murano, de la Renaissance à aujourd’hui. Deux cents pièces de différentes époques pour retracer l’histoire de ce verre d’exception. Du 27 mars au 28 juillet au Musée Maillol.

89100-exposition-paris-haute-couture-a-lhotel-de-ville-de-parisParis Haute Couture : la ville célèbre pour ses grands couturiers leur consacre une exposition. Des modèles, dessins et photographies pour rendre hommage à cette industrie synonyme de charme et d’élégance. Du 2 mars au 6 juillet à l’Hôtel de Ville.

exposition-monde-enchante-jacques-demy-L-hh5w41Le monde enchanté de Jacques Demy :  des extraits de films, photographies, peintures ou sculptures du cinéaste ou par des artistes qui ont revendiqué son influence. De quoi se replonger dans son univers coloré et musical. Du 10 avril au 4 août à la Cinémathèque.

En espérant que vous trouverez votre bonheur dans cette petite sélection. Bonnes visites !

Expositions·Mes lectures

Le petit Tokaido de Hiroshige

        Utagawa Hiroshige, sans doute le peintre japonais le plus célèbre dans son pays, est entre autres réputé pour avoir consacré une série d’estampes au Tokaido, la célèbre route reliant Edo à Kyoto. Ce très beau coffret nous propose d’accomplir nous aussi ce voyage.

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          Bien qu’Hiroshige soit sans doute le peintre japonais le plus connu sur sa terre d’origine, il demeure en France méconnu du grand public. Il est un maître de l’ukiyo-e « images du monde flottant »: des estampes très colorées de l’époque d’Edo. Vers 1830, il se lance dans une série d’estampes sur le Tokaido, la célèbre route qui mène d’Edo, actuelle Tokyo, à Kyoto. L’oeuvre du peintre a beaucoup influencé les peintres français, notamment les impressionnistes et, quelques années plus tard, Vincent Van Gogh. Pourtant, l’artiste n’avait jusqu’à présent jamais été exposé en France. C’est la Pinacothèque qui a redressé ce tort, lui consacrant cette années une très belle exposition que vous pouvez découvrir ici. Il vous reste d’ailleurs quelques jours pour vous y rendre, courez-y !

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          J’avais beaucoup aimé l’exposition consacrée à cet artiste et avait notamment été très impressionnée par ses paysages de neige, de toute beauté. Pourtant, je n’avais pas succombé au catalogue de l’exposition, légèrement au dessus de mes moyens. Toutefois, fait des plus rares, je suis retournée voir cette exposition avant qu’elle ne ferme, et n’ai pu cette fois résister à l’envie de garder un souvenir de cette oeuvre si délicate. Après avoir hésité longuement entre plusieurs livres de reproductions, je me suis finalement laissée tenter par celui-ci, qui me semblait avoir le plus de chance de sortir de ma bibliothèque de temps en temps.

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          Il s’agit en effet d’un très bel objet. Le format est celui d’un livre de poche classique, très maniable donc, ce qui est relativement rare pour des livres d’art (qui sommeillent donc chez moi en haut de l’étagère la plus difficile à atteindre, la seule assez spacieuse pour les contenir…) – il est d’ailleurs la version allégée d’un volume un peu plus imposant. Il se présente sous forme de coffret. Il y a d’une part un petit carnet rédigé par Nelly Delay, consacré à l’origine de ce sujet du Tokaido ; et d’autre part, la reproduction des 53 étapes décrites par l’artiste. Ce dernier n’est qu’une grande feuille pliée en accordéon, il est donc possible de voir toutes les étapes d’un seul coup d’oeil – à condition d’avoir un très grand salon, bien sûr ! Les éditions Hazan nous livrent ici un très beau livre à un prix abordable, à la fois maniable et esthétique, qui donne envie de le feuilleter encore et encore.

Expositions

Rodin, la chair, le marbre

          Rodin est considéré comme l’un des maîtres de cette matière noble qui est le marbre. Il est considéré comme le matériau le plus proche de la chair, la virtuosité de l’artiste se mesure à sa capacité à donner à cette matière froide la souplesse et la chaleur de la chair. L’exposition réunit une cinquantaine de marbres de l’artiste afin de témoigner de la place de celui-ci dans son oeuvre. 

   Paolo et Francesca dans les nuages     La Danaïde, Grand modèle     Mains d'amants

          L’exposition est installée dans la chapelle, ce qui lui confère une très jolie lumière. Elle présente une cinquantaine de marbres ainsi que quelques maquettes en plâtre ou terre cuite. Les marbres sont répartis en deux salles. Sa technique particulière du non finito, reprise ensuite par d’autres artistes, est particulièrement mise en avant. Souvent dévalorisés par la critique, les marbres représentent pourtant un pan important de l’oeuvre du l’artiste. J’ai beaucoup aimé la scénographie de l’exposition, qui met très bien les oeuvres en valeur. En revanche, j’ai trouvé les panneaux explicatifs un peu tristes. S’il y a bien quelques explications, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas des précisions sur certaines sculptures par exemples. J’ai été un peu frustrée à la sortie de cette exposition, certes très belle, mais pour laquelle j’ai eu l’impression de manquer peut-être un peu de références pour pouvoir l’apprécier pleinement. Quelques très belles sculptures sont présentées et le musée est des plus agréables, avec un personnel charmant et un jardin où il fait bon flâner par temps ensoleillé. Une bonne idée de sortie.

Rodin au dépôt des marbres à côté de la Main de Dieu

Rodin, la chair, le marbre

Jusqu’au 1° septembre 2013

Musée Rodin

79 rue de Varenne

75007 Paris

Fermé le lundi

Actualité·Expositions

Les expos de la rentrée

          Septembre, l’heure de la rentrée, dans les musées aussi. De nouvelles expositions font leur entrée, de nouveaux artistes s’exposent. Petite sélection des expositions parisiennes de cette fin d’année.

– Pour commencer, non pas une exposition mais l’ouverture d’un nouveau département au Louvre : les arts de l’Islam. Projet en préparation depuis de nombreuses années, ces nouvelles salles du célèbre musée ouvrent enfin leurs portes. A voir aussi bien pour les merveilles qu’elles comprennent que pour le plus grand projet architectural entrepris par le musée depuis l’installation de la Pyramide. En effet, les salles sont construites à l’emplacement de la Cour Visconti, un grand sous-sol a été creusé un un tapis volant irisé (c’est le musée qui le dit, pas moi…) vient recouvrir cet espace. Je compte moi-même m’y rendre au plus vite !

– Le Musée du Luxembourg nous propose de découvrir Le cercle de l’art Moderne, avec une exposition sous titrée « collectionneurs d’avant-garde au Havre ». Au programme des réjouissances, Corot, Derain ou Dufy, qui tous en leur temps furent des artistes d’avant-garde. L’occasion également de découvrir des collections qui depuis ont été dispersées de par le monde. Une période que j’aime, notamment en raison du travail sur la couleur, et donc une exposition que je me réjouis déjà d’aller voir.

– Le Grand Palais aussi fait sa rentrée. La célèbre galerie nous offre deux expositions : Bohèmes et Edward Hopper. Si je ne sais au juste ce que contient la première mais son titre me fait rêver, par le vent d’ailleurs et de liberté qu’il apporte. Le Grand Palais a déjà prouvé sa capacité à réunir de très belles toiles autour d’un thèmes avec notamment Mélancolie il y a quelques années. Me voilà donc intriguée. Quant à Edward Hopper, c’est un artiste que je connais peu et les quelques toiles que j’en ai aperçues me donnent envie d’en savoir plus. Une seule solution donc : m’offrir le luxe d’un billet combiné pour échapper au dur problème du choix.

Les dérives de l’imaginaire nous attendent au Palais de Tokyo. Je suis habituellement très circonspecte face aux propositions offertes par le lieux. Ceux qui passent régulièrement par ici le savent, l’art moderne et moi, ça fait deux. Mais là, je crois que je vais faire une exception. Ce titre m’inspire tout particulièrement et les quelques photos que j’ai pu en voir me paraissent très prometteuses. En parallèle, le travail de Ryan Gander est présenté, et là aussi, contre toute attente, les quelques clichés de ses oeuvres me donnent envie d’en découvrir plus. Le Palais de Tokyo va-t-il enfin réussir à me réconcilier avec l’art contemporain ? On en prend le chemin… verdict très prochainement.

Orsay sort un peu des sentiers battus (enfin façon de parler hein…) avec l’exposition L’impressionnisme et la mode. Le thème en lui-même ne me parle pas des masses… Comme vous le savez, la mode et moi, ça fait deux, dentelles et autres froufrous me laissent de glace. Mais ici c’est la scénographie qui m’intrigue. En effet, elle confronte tableaux de maîtres et tenues d’époque. Une mise en relation des toiles avec ce qui les a inspirées qui me semble pouvoir être intéressante. Je pense donc aller y jeter un oeil par curiosité.

– Le meilleur pour la fin, l’exposition que j’attends en trépignant d’impatience se tient à la Pinacothèque : Van Gogh, rêves de Japon. Sans grande originalité, j’ai toujours adoré Van Gogh. J’avais découvert son travail sur le Japon à Amsterdam, dans le musée qui lui est dédié. C’avait été une véritable révélation. Un aspect de son oeuvre qu’on connaît peu et qui mérite pourtant amplement le détour. Une exposition qui m’enthousiasme donc tout particulièrement. En même temps se tient l’exposition Hiroshige, artiste japonais qui a justement inspiré le peintre hollandais. Une confrontation qui peut donc s’avérer tout à fait passionnante. Sans aucun doute, si je ne devais voir qu’une exposition, ce serait celle-là !

          Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive. On peut également aller voir Soutine à l’Orangerie, Cheveux chéris au Quai Branly ou Rubens, Van Dyck, Jordaens à Marmottan Monet. Ce ne sont pas les possibilité qui manquent !

Et vous, avez-vous repéré des choses qui vous inspirent pour ces prochaines semaines ?