Mes lectures

Top ten tuesday (3)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Mes 10 maisons d’édition ou collections préférées

1 – Gallmeister. Leur collection noire est magnifique, ils ont su créer des collections d’une rare unité, la qualité est toujours au rendez-vous. Une valeur sure et mon modèle de réussite.

2 – Actes Sud. Surtout Babel (notamment la magnifique retraduction de Dostoïevski) et Actes Noir, deux belles collections. Là aussi une réussite exemplaire qui redonne un peu d’espoir en l’avenir de l’édition.

3 – Gallimard. La Blanche reste une référence, Imaginaire est très bien aussi. La maison française de référence où tous les grands noms sont passés.

4 – Minuit. La maison qui a édité les grands noms du XX° siècle. La maison de la modernité.

5 – Flammarion. Je suis un rien de parti pris mais leurs livres de cuisine me font particulièrement rêver.

6 – Picquier. La maison qui ne publie que de la littérature asiatique. Une invitation au voyage.

7 – P. O. L. Les publications de la maison sont très inégales. Cependant, leur volonté de proposer des textes novateurs voire franchement dérangeant est louable.

8 – Phoebus. Une maison que je connais peu mais qui a réédité la quasi totalité de l’oeuvre de Jack London et rien que ça, c’est déjà bien.

9 – Le Sonneur. Une toute petite maison qui propose des livres aux couleurs vives sur des sujets variés. Des textes bien choisis qui méritent souvent le détour.

10 – Rue du Monde. Allez, un peu de jeunesse. Des livres tout en couleurs qui abordent de grands thèmes de société pour faire des têtes bien faites. Les illustrations sont une véritable invitation au voyage.

          Vous l’aurez remarqué, j’ai choisi des maisons d’édition plus que des collections, pour des raisons purement pratique. Sinon la place aurait manqué. Bien sûr je dois en oublier, ce que je vais regretter dès demain. Etant donné que j’aime les livres de manière générale, le choix est forcément difficile et susceptible de variations. J’aime particulièrement découvrir de petites maisons méconnues, qui proposent souvent des textes intéressants. De manière général, j’aime également les beaux papiers et les présentations soignées. Et vous, y a-t-il des maisons d’édition que vous aimez particulièrement ?

Culture en vrac

Hubert NYSSEN, mort d’un grand homme

          Hubert Nyssen est mort dans le 12 novembre dernier. Je ne l’ai appris qu’aujourd’hui même et tenais à rendre un modeste hommage à cette grande figure du monde des lettres. Il était le fondateur de la célèbre maison Actes Sud. Créé en 1969, l’Atelier de cartographie thématique et statistique (Actes) diversifie son activité et devient une maison d’édition dont le premier livre paraît en 1977. En 1983, les éditions dont le pari fou de s’installer à Arles. Personne alors ne croit à la possibilité de faire des livres ailleurs qu’à Paris.

          35 ans plus tard, la petite maison arlésienne rivalise avec les grands noms parisiens. Elle est devenue une véritable référence, grâce à bon nombre de choix avisés dans ses publications. La maison a connu son premier succès avec la publication de Nina Berberova. Elle a ensuite singé un coup de maître en faisant découvrir Paul Auster à la France. D’autres grands noms ont depuis rejoint le catalogue et la maison a accumulé les prix littéraires avec entre autres Nancy Huston, Laurent Gaudé, Mathias Enard, Imre Kertész ou Elfriede Jelinek (tous deux prix Nobel de littérature). En 2006 la maison signe sans doute le deuxième plus beau coup du siècle après Harry Potter en achetant pour une bouchée de pain (enfin, comparativement aux bénéfices récoltés)  les droits de Milenium de Stieg Larson pour le français et plusieurs langues étrangères. Le livre a connu un énorme succès et lancé une véritable mode du polar suédois. La maison a ensuite surfé sur le mouvement avec Camilla Lanckberg, autre gros succès. La maison est ainsi à l’abri du besoin pour de nombreuses années.

          Notons aussi la très belle collection de poche de la maison, Babel. Un peu plus chère que ses concurrentes, elle est d’une qualité incomparable (ah son beau papier crème, épais, qui résiste si agréablement sous les doigts…). On y trouve de nombreuses (re) traductions des classiques de la littérature russe, qui a donné un second souffle a bien des auteurs classiques quelques peu délaissés. La maison en grandissant en a racheté d’autres, pas pour les dévorer goulûment mais pour les sauver de la ruine.

          Hubert Nyssen a créé une maison d’édition humaine, qui propose des ouvrages de qualité. Un véritable visionnaire qui est allé au bout de ses convictions et a déniché bien des talents. Il a laissé il y a quelques années la direction de l’entreprise familiale à sa fille, Françoise. À contre courant du mouvement actuel, la maison représente l’une des plus belles réussites dans ce secteur. Elle s’est imposée comme une référence et son nom est gage de qualité. La disparition de cette figure tutélaire du monde des lettres va laisser un grand vide.

Expositions

Salon du Livre de Paris, 2011

          Jeudi soir se tenait l’inauguration du Salon du Livre de Paris. La soirée d’ouverture était consacrée aux 30 ans de la loi sur le prix unique du livre.

          Le prix unique du livre, c’est quoi ? En France, depuis 1981, la loi Lang (du nom du ministre de la culture de l’époque) impose un prix unique pour chaque ouvrage édité. Ce prix est déterminé par l’éditeur et est indiqué sur le livre (parfois sous forme de code), le revendeur (librairie, supermarché, vendeur de biens culturels…) est tenu de respecter ce prix. Il peut toutefois accorder à ses clients une remise de 5% ou faire payer des frais supplémentaires dans le cadre d’une commande. Contrairement aux idées reçues, le livre ne coûte pas plus cher chez votre libraire ! Cette loi vise à éviter la concurrence déloyale et à protéger ainsi les petits libraires. Ne croyez pas pour autant que la situation est facile pour eux ! Si la loi leur permet de survivre, le système avantage largement les grosses structures. Aujourd’hui, on trouve encore en France des librairies indépendantes de grande qualité mais leur équilibre est toujours plus précaire alors n’hésitez pas à aller acheter vos livres chez votre libraire et à faire passer le message autour de vous !

          Le Salon du Livre regroupe chaque année de nombreux éditeurs. Il permet de découvrir de petites maisons qui ont très peu de visibilité en librairie. Pour les petites structures, ce sont souvent les éditeurs eux-mêmes qui tiennent les stands. L’occasion de discuter et de faire de belles rencontres littéraires. N’hésitez pas notamment à passer sur le stand des éditions du Sonneur qui vous accueilleront chaleureusement. N’oubliez pas non plus de jeter un oeil au programme des conférences et signatures. Vous avez encore une journée pour profiter de la plus grande librairie de France, porte de Versailles.

Culture en vrac

Les 10 + gros éditeurs de l’année 2009

          Livres Hebdo a présenté récemment les 200 pricipaux éditeurs français pour 2009. Je me contenterai de reprendre ici les 10 premiers. Je voulais vous faire un beau graphique mais ma version de Word ayant expiré et mon cours sur l’histoire de l’esthétique m’attendant en vue des partiels, j’ai dû renoncer à cette idée. Veuillez donc excuser la présentation un peu triste.

          En 2009, 216 sociétés d’édition affichaient un chiffre d’affaire supérieur à un million d’euro, elles représentent 153 groupes ou maisons indépendantes et 7,15 milliards d’euros. Le nombre de ces sociétés a connu une baisse régulière ces dernières années (en 2007, on dénombrait dans le même classement 236 sociétés représentant 172 groupes). Contrairement à ce que cela pourrait laisser supposer, ce n’est pas tellement que l’édition va mal mais plutôt en raison de récentes fusions et reprises qui, contrairement ce qui a été le cas au début des années 2000, ne doit pas grand chose aux stratégies des grands groupes.

Les 10 premiers du classement sont :

Hachette livre : 2273 million de CA (soit 34 % des 7,5 milliards que représentent les sociétés de ce classement)

Editis : 751 millions (10,5 %)

France Loisir : 370 millions (5,2 %)

Media-participations : 319 millions (4,5 %)

Lefebvre Sarrut : 314 millions(4,4 %)

Reed Elvesier : 265 millions (3,7 %)

Groupe Flammarion : 263 millions (3,7 %)

La Martinière groupe : 260 millions (3,6 %)

Groupe Gallimard : 243 millions (3,4 %)

Panini France : 237 millions (3,3 %)

Les autres éditeurs du classement représentent 25 % du chiffre d’affaire réalisé par les sociétés de ce classement.

          La moitié des sociétés ont connu un recul de leur croissance en 2009, y compris parmi les grands groupes habitués à de fortes croissances. cependant quelques belles croissances en littérature ou sports dénote du dynamisme de l’édition française. Parmi les plus belles croissances, Sonatine, Lattès, Métailié ou Verdier.

          Rien de bien nouveau en somme. Si le moral de l’édition française n’est pas au beau fixe, ce n’est pas la déroute non plus. En temps de crise, on aurait pu s’attendre à pire pour la culture. A suivre dans un an pour les résultats 2010.

Culture en vrac

Prix littéraires

Demain sera décerné le dernier grand prix littéraire de cette année : le prix Interallié ; suite à quoi, je ferai un point sur les lauréats 2010. A demain donc pour la découverte des récompenses littéraires de cette rentrée !