Actualité·Cinéma

Les toiles enchantées

          En ce début d’année, PriceMinister lance une grande opération se soutien aux Toiles enchantées. Elle se nomme 1blog1séance. Le principe est simple : du 3 au 28 février, un article publié sur votre blog ou site internet se transforme en 15€ de don aux Toiles Enchantées, soit la possibilité pour 3 enfants handicapés de profiter d’une séance de cinéma. Pour cela, il suffit de répondre à 4 petites questions.

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  • Quel est votre premier souvenir du cinéma ?

          Chérie, j’ai agrandi le bébé. Eh oui, je n’ai pas toujours aimé le cinéma exigent, il fut un temps où les plus piètres comédies pouvaient trouver grâce à mes yeux… Ma toute première séance était en réalité Babar, aux dires de ma maman, j’avais 3 ans et j’avais eu très peur ! Chérie, j’ai agrandi le bébé étant sorti 3 ans plus tard, j’ai dû voir un certain nombre de dessins animés entre temps. Mais voilà, à 6 ans, ce film-là était mon premier « vrai » film, je me suis sentie tellement grande ce jour-là ! J’avais été fortement impressionnée par certaines scènes mais j’avais essayé de rester stoïque, quand on est grand, on n’a pas peur ! Un souvenir vraiment impérissable. Depuis, mes goûts ce sont quelques peu affinés mais je crois bien que ma fascination pour les salles obscures s’est confirmée ce jour-là.

          Après quelques recherches, La Belle et la Bête est sorti en 1991 et je me souviens parfaitement de l’avoir vu au cinéma, j’aurais été incapable de le dater ! Je pense aussi avoir vu Bernard et Bianca sorti l’année précédente (en tout cas, je l’ai beaucoup vu par la suite). J’ai même vu 2 fois Aladin en 1992 ! La mémoire est décidément une drôle de chose, j’aurais été incapable de remettre ces moments pourtant magiques dans le bon ordre. Mais que voulez-vous, on ne détrône pas un premier film de grands !

  • Quel est selon vous le meilleur film pour enfants de tous les temps ?

          Très difficile de répondre à cette question, d’autant plus que vous l’aurez compris, j’ai toujours été attirée par les films pour plus grands que mon âge. Très vite, j’ai délaissé les films destinés aux enfants et à 10 ans, je ne voyais quasiment plus que des films pour adultes (je ne vous raconte pas le traumatisme d’Harry, un ami qui vous veut du bien, j’en ai encore froid dans le dos !). Fréquentant en plus les salles d’art et d’essai, je suis plus calée en cinéma roumain ou coréen qu’en jeunesse… J’y reviens depuis peu mais souvent, même si je trouve des qualités à ces films que je vous avec plaisir, je me demande si je les aurais apprécié à 6 ans. Il me semble qu’ayant été une petite fille peureuse, la plupart des dessins animés actuels m’auraient terrifiée !

          J’avais adoré Aladin. Que voulez-vous, j’ai toujours eu un faible pour les mauvais garçons ! Le Roi lion et La Belle et la Bête m’avaient aussi marqué et je pense que je les reverrais avec plus de plaisir aujourd’hui (Ce rêve bleu ne passe plus, c’est quasi-rédhibitoire). J’ai aussi tellement aimé Bernard et Bianca étant enfant. Moins connu peut-être, j’ai un excellent souvenir du Cygne et la Princesse qui m’avait fait pleurer. Aujourd’hui, j’aime particulièrement l’humour qui vient s’immiscer dans les dessins animés avec par exemple Shreck, L’âge de glace ou Moi, moche et méchant. Vu un peu plus tard, Le Roi et l’oiseau a énormément nourri mon imaginaire. Comment choisir ? S’il ne fallait en citer qu’un, ce serait je crois un dessin animé que je n’ai pourtant jamais particulièrement apprécié : Bambi. Pourquoi ? Sans doute parce que j’ai l’impression que c’est réellement celui que tout le monde a vu et qui a fait pleurer des générations d’enfants, une longévité qui doit bien être signe de qualité non ? Mais je crois que les meilleurs films sont forcément ceux qui ont bercé notre enfance et nous évoquent tant de bons souvenirs, chaque génération à les siens, la mienne retiendra sans hésiter Le Roi Lion comme film emblématique mais chaque film vu enfant me rappelle sont lot d’émotions et reste magique à les yeux.

  • Une machine à voyager dans les films vient d’être inventée. Vous avez la possibilité de vivre les aventures d’un de vos héros cinématographiques d’enfance, dites nous qui ?

          Enfant, je voulais être Pocahontas. Elle est tellement belle ! Elle a l’air libre à courir comme ça dans les feuilles qui volent. Et puis elle a Grand Mère Feuillage et parler à un vieil arbre sage c’est trop classe. Bon, aujourd’hui, je ne rêve plus de John Smith, alors je ferai peut-être un autre choix… Quoi que sa chevelure soyeuse, sa peau bronzée et les paysages dans lesquels elle évolue me fassent de l’œil quand même. Sinon j’ai toujours trouvé que Mooglie avait l’air de bien s’amuser dans la jungle. Il a de chouette copains, ils chantent, il danse et il peut parler avec les animaux. Ca me plairait bien je crois. Je me rends compte que j’ai toujours été très « vie sauvage » dans mon idéal, moi qui vit au cœur de Paris et travaille à La Défense, mais ce n’est sans doute pas là la moindre de mes contradictions.

  • Dites nous en une phrase pourquoi vous aimez les Toiles Enchantées !

          Depuis toute petite, j’ai toujours beaucoup apprécié les salles de cinéma, et ce surement d’autant plus que je n’avais pas la télé à la maison. Les films me faisaient rêver, m’ouvraient d’autres horizons, des vies différentes des miennes. C’est encore le cas aujourd’hui même si avec le temps, les émotions sont surement moins vives. J’ai eu une enfance heureuse et sans problèmes, mais maintenant que ma santé me joue des tours, le cinéma est l’endroit où je ne réfugie quand je le peux. Une sortie pas trop contraignante physiquement, contrairement aux expositions par exemple qui peuvent s’avérer éprouvantes, et qui aide à penser à autre chose pendant 2h. Je trouve ça important que des enfants malades ou handicapés, souvent mis à l’écart par leur état de santé, puissent profiter de ces moments à part. Une très belle initiative.

Faites-un-don

          Les Toiles Enchantées sillonne les routes de France pour offrir gracieusement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés des séances de cinéma dans leur établissement, en projetant les films dont tout le monde parle, au moment même leur sortie en salle, voire parfois en avant-première, en présence des comédiens ou des réalisateurs.

          Vous aussi, répondez à ce questionnaire (les modalités ici) ou faites un don et distribuez un peu de bonheur.

Mes lectures

Poupées – Rainer Maria Rilke

          Trois courts textes autour de l’enfance. Ces nouvelles de Rainer Maria Rilke sont suivies d’un essai de Charles Baudelaire intitulé La morale du joujou. Bien que ce soient deux auteurs que j’apprécie, je ne connaissais aucun de ces textes et j’avais hâte de les découvrir, d’autant que le thème était pour le moins prometteur.

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          Je dois avouer que contre toute attente, j’ai beau être une inconditionnelle des nouvelles de Rilke, je n’ai pas grand choses à dire de celles-ci. Je n’ai absolument pas accroché. J’ai trouvé la première nouvelle notamment extrêmement obscure. J’ai eu le plus grand mal à entrer dans le texte et à suivre ce qu’il s’y passait. Disons que c’est quasi mystique, très empreint de spiritualité, ce que je ne goûte guère avec mon esprit terriblement terre à terre. Les pages sont peu nombreuses mais j’ai dû me faire violence pour en venir à bout. Pourtant, il y a tout de même beaucoup de choses intéressantes dans ces textes qui proposent une vision de l’enfance dénuée de tout aspect puéril. Le merveilleux se confronte à la réalité dans ces trois nouvelles très différentes mais exigeantes et difficiles que complète très bien le texte de Baudelaire sur le rapport de l’enfant à ses jouets.

Cinéma

Sur le chemin de l’école

Documentaire français de Pascal Plisson

          Au quatre coins du monde, des enfants parcourent chaque jour de nombreux kilomètres pour avoir la chance d’aller à l’école et de s’instruire. Des heures de marches ou de longues chevauchées qui traduisent une soif d’apprendre parfois difficile assouvir.

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          Ce documentaire suit quatre enfants sur le chemin de l’école : Jackson, 11 ans, au Kenya ; Zahira, 12 ans, au Maroc ; Samuel, 13 ans, en Inde ; et Carlos, 11 ans, en Argentine. Des vies très différentes et qui pourtant toutes recèlent un point commun, chacun doit faire de longs kilomètres pour rejoindre l’école. A pied ou à cheval, chacun parcourt des distances interminables dans l’espoir que le savoir lui amènera une vie meilleure. J’apprécie généralement beaucoup ce type de récit. J’avais notamment beaucoup aimé La traversée du Zanskar qui abordait également le thème de l’éducation.

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          Pourtant, si bien sûr le parcours de ces enfants est intéressant, j’ai été un peu déçue par ce film. Au premier abord j’ai été très surprise de trouver le film en VF, je n’avais pas fait attention ai moment de choisir la séance et c’est vrai que je trouve que la VO aide à se plonger dans le bain. Je me suis également questionnée sur le choix des enfants avec notamment un petit garçon handicapé qui vit certes un calvaire mais fait un rien tire-larme… Quant au choix de filmer uniquement par beau temps, on peut se demander s’il est vraiment représentatif du quotidien de chacun ou s’il est avant tout esthétique.

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          On suit la progression des enfants pas à pas sur leur chemin vers l’école. Un chemin difficile et semé d’embûches. La manière de filmer m’a parfois parue un peu larmoyante. On ne plaint pas les tambours et violons… J’aurais sans doute préféré quelque chose de plus neutre. C’est dommage car ces histoire se suffisent à elles-même, nul besoin d’en rajouter dans l’émotion ! A la toute fin, les enfants sont interviewés sur leur avenir et il est bien sûr question de ce qu’il est advenu d’eux depuis le tournage : j’ai trouvé par moments dans les paroles quelque chose d’artificiel même si elles sont surement sincères sur le fond, et la conclusion en forme de « happy end » ne m’a pas semblé très peu représentative de ce type de parcours. C’est dommage, ça m’a donné l’impression que ces enfants étaient mis en scènes pour faire passer un message alors que leur parole brute aurait finalement eu plus de portée tant elle est touchante en soi.

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        En effet, ici chacun des enfants semble réussir dans ses projets – ce qui est toujours une joie pour le spectateur – mais dans le monde réel, combien d’échecs pour une réussite ? combien d’abandons face aux difficultés ? combien de doivent se résigner face à la misère ? Peut-être suis-je un rien négative mais j’ai il m’a semblé voir la version Disney d’un documentaire sur l’éducation dans les zones reculées, dans un monde où il fait toujours beau et où tout finit toujours bien. Malheureusement dans le monde réel ce n’est pas aussi simple. La famille ne veut pas toujours envoyer les enfants à l’école, eux-mêmes se découragent souvent et les conditions matérielles les contraignent souvent à l’abandon précoce de leurs études. J’ai trouvé un côté un peu trop lisse à ce documentaire qui a malgré tout a le mérite d’ouvrir le genre au grand public. Ces enfances extraordinaires méritent tout de même toujours qu’on leur accorde un moment. 

Mes lectures

Le Premier Homme – Albert Camus

          Jacques se souvient de son enfance à Alger, dans une famille pauvre mais aimante, à sa façon. Une vie simple et dure où l’amitié et les petits plaisirs prennent toute la place. Des jeunes années difficiles qui vont forger la personnalité du jeune Jacques et le marquer durablement. 

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          Le premier homme est le manuscrit sur lequel travaillait Albert Camus au moment de sa mort. Il reste inachevé et les nombreuses notes de bas de page sont autant de témoignages de l’écriture en cours, avec ses hésitations. L’écriture est très agréable, même si on sent par moments que le texte n’est pas fini. Il y a parfois des longueurs et quelques passages mériteraient d’être retravaillés, pourtant, quand on lit ce texte, on est avant tout marqué par la maîtrise et la qualité du style. On n’en est que plus frustré de le savoir inachevé, et on pense au chef-d’oeuvre qu’il se serait sans doute devenu.

          Si l’écriture d’une grande qualité, l’histoire n’est pas en reste. Ce roman est largement autobiographique et cela se ressent dans la force des souvenirs évoqués. Il y a beaucoup de tendresse dans ces lignes, malgré la rudesse de la vie qu’elles décrivent. C’est simple et dur, grillé par le soleil, où jamais rien n’est superflu, et où se cache pourtant une certaine beauté. Plus encore que la beauté de l’écriture, j’ai apprécié l’univers qu’elle esquisse, sec et intransigeant. Certains des souvenirs d’enfance de l’auteur sont particulièrement forts et émouvants, et on ne peut qu’admirer son incroyable parcours. Un très beau livre dont on ne peut que regretter qu’il n’ait pu être fini.

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La mémoire des pauvres est déjà moins nourrie que celle des riches, elle a moins de repères dans l’espace puisqu’ils quittent rarement le lieu où ils vivent, moins de repères aussi dans le temps d’une vie uniforme et grise.

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Une défiance résignée à l’égard de la vie, qu’ils aimaient animalement mais dont ils savaient par expérience qu’elle accouche régulièrement du malheur sans même avoir donné de signes qu’elle le portait.

Mes lectures

Où le regard ne porte pas – Georges ABOLIN et Olivier PONT

          Quand William arrive de Londres pour s’installer en Italie avec ses parents, il tombe instantannément amoureux de Lisa. Une jolie fillette brune qui n’a pas froid aux yeux. Avec les amis d’enfance de celle-ci, Nino et Paolo, ils vont former d’inséparables qui vont vivre de grandes aventures. Mais la vie va les séparer et il ne se retrouveront que bien plus tard, dans des circonstances mystérieuses qui vont mettre leur amitié à l’épreuve.un quatuor d’inséparables qui vont vivre de grandes aventures. Mais la vie va les séparer et il ne se retrouveront que bien plus tard, dans des circonstances mystérieuses qui vont mettre leur amitié à l’épreuve.

          Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le dessin de cette BD. Les visages y sont extrêmement expressifs, le trait fin et les paysages joliement esquissés, dans des tons tout en douceur. La première partie de l’histoire m’a également emballée. La rencontre entreles enfants et es difficultés du petit William à s’intégrer dans un monde qui n’est pas le sien sont très bien évoquées. L’histoire est simple et touchante. On s’attache beaucoup à ces enfants.

          La deuxième partie commence 20 ans plus tard et sur un tout autre ton. On assiste aux retrouvailles des quatre amis qui ont bien grandi, dans des circonstances étranges. On plonge peu à peu dans le fantastique. Je ne suis pas une adepte de ce type de glissements. Je pense que l’histoire aurait été tout aussi intéressante en restant terre-à-terre. Toutefois, c’est ici fait avec suffisamment de délicatesse pour ne pas trop gêner. On s’habitue vite à ce nouveau tournant que prend l’aventure et je me suis pour ma part laissée prendre au jeu. Je ne vous raconte pas la fin, mais je l’ai trouvée très réussie. Une BD tout en délicatesse que j’ai beaucoup appréciée.